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2017/04/30

Le combat souverainistes contre mondialistes financiers

Odoxa a publié les résultats d’un sondage réalisé les 26 et 27 avril 2017 sur les intentions de report de voix au 2ème tour.

Ces résultats présentent toutefois 2 limitations sérieuses :
  • Odoxa reconnaît que 20 % des répondants affirmant aller voter au 2ème tour sont encore indécis sur leur choix et ne se prononcent pas ; les reports sont donc calculés sur la base des autres répondants;
  • la marge d’erreur présentée correspond à celle d’un sondage par tirage aléatoire. Le sondage a utilisé la méthode des quotas, pour laquelle il n’existe pas de méthode mathématique connue déterminant la marge d’erreur.

Ceci dit, nous avons utilisé ces intentions de report dans notre précédent modèle de calcul de report de voix.
Nous obtenons Macron 56,5% et Marine Le Pen 43,5%, avec une proportion d’abstention+blanc+nul RECORD de 40,3 % (précisons-le à nouveau : avec l’hypothèse que le choix final des 20 % d’indécis ne modifie pas cette répartition).

Ces résultats d’Odoxa ont été obtenus avant l’annonce du support de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen, avant la publication de la vidéo de Jean-Luc Mélenchon annonçant son refus de soutenir l’un des deux candidats et avant le résultat de la consultation lancée auprès du mouvement La France Insoumise qui ne sera connu que le 2 mai.

Il est important de noter que les votes non exprimés au 2ème tour profiteront indirectement à Macron puisqu’il a obtenu plus de voix au premier tour. En effet imaginons que 100 % des électeurs des autres candidats s’abstiennent au 2ème tour : Macron aurait à nouveau plus de voix que Le Pen, et gagnerait.
Nous pensons que la proportion des votes non exprimés sera au final autour de 30 % comme au second tour de la présidentielle de 1969 (plus haut historique) car beaucoup d'électeurs comprendront que malgré leur réticence ils ne peuvent pas de défausser. Cette élection est un moment historique de la France.

En conservant les intentions brutes de reports d’Odoxa (50 % de Fillon vers Macron, et 40 % des reports de Mélenchon vers Macron), nous avons calculé les reports minimum vers Le Pen et vers le vote non exprimé qui sont nécessaires pour arriver à l’équilibre au 2ème tour (50 % pour chaque candidat).
Nous obtenons alors les résultats suivants au 2ème tour :
  • Reports de Fillon vers Le Pen : 33 % (et vers non exprimé : 17%)
  • Reports de Mélenchon vers Le Pen : 60 % (et vers non exprimé : 0%)
  • Total Abstention + blanc + nul : 32,4 %

Les résultats détaillés sont consultables ici. Ils sont compatibles avec ceux du simulateur de BFMTV, mais plus précis que lui.


Observer un tel report des électeurs fillonistes est tout-à-fait possible. Par contre observer 60 % de report de la France Insoumise vers Marine Le Pen est beaucoup moins probable… sans être impossible !

Et même si Macron l'emporte, ce sera sur un score bien moindre que celui de Jacques Chirac en 2002. Car l'enseignement majeur de ce premier tour, c'est que l'esprit de souveraineté de la France s'est une nouvelle fois levé au sein de notre peuple, et rien ne pourra empêcher qu'il se fortifie et s'impose contre ses adversaires, le moment venu. 

Le combat souverainistes contre mondialistes financiers

Nous identifions deux éléments clés du second tour. 
Tout d'abord 30 % des votants de 18 à 25 ans ont voté pour la France Insoumise. C'est de très bon augure pour la vivacité de notre démocratie. Ils sont d’abord attirés par cette espérance de souveraineté, de liberté à reconquérir, plutôt que repoussés par un FN dont ils n’ont aucun souvenir de son fondateur si ce n’est par média interposé. Le PCF de Georges Marchais n’a plus rien à voir avec le PCF de 2017, puisque Robert Hue soutient Macron le néolibéral. De la même façon, le FN des années 70 n’a plus rien à voir avec le FN de 2017.

Ensuite, on a constaté cette semaine que le « front républicain » de 2002 n’a pas résisté à l’Histoire. La scène politique nationale et internationale de 2017 ne peut pas être analysée et jugée par des réflexes mentaux obsolètes. Le faux duel droite vs gauche s’est révélé enfin sous son vrai jour : celui d’un combat souverainistes contre mondialistes financiers. Les seuls fascistes encore présents sont les fascistes financiers qui menacent ouvertement les candidats à l'élection présidentielle :

Interview de Jean Lassalle

Dans ce combat, 4 propositions de force sensiblement équivalentes ont émergées au premier tour. La première ligne de défense a été prise. Les masques tombent et les législatives seront l’objet d’une profonde recomposition. Les digues du PS et LR ont cédé, à force d’ignorer les vrais débats. Macron a définitivement assassiné le PS et son programme économique est néolibéral, Reaganien. Les électeurs du PS vont-ils massivement se soumettre et supporter leur assassin politique, ajoutant la honte à la trahison dont ils ont fait l’objet ? 

Interview de l'économiste en chef de la banque d'affaires Chevreux à Paris

 La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit.
Allocution du général de Gaulle, le 20 mars 1964

2017/04/17

Les devoirs du journaliste et ceux du citoyen

Un journaliste professionnel est, dans la loi française, un employé. Il ne peut pas être auto-entrepreneur. Il peut obtenir une carte d'identité professionnelle de journaliste pour cette activité. 
"Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain.
Ce droit du public de connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes.
La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics."

Ces devoirs sont soulignés par la Charte de Déontologie de Munich en 1971 signée par  tous les syndicats de journalistes de 6 pays européens. 
Elle reprend la Charte d’éthique professionnelle des journalistes français dont la première version date de 1918, et la dernière de 2011.

Cette charte s'applique à tous les journalistes, professionnels ou pas.

"Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre.
Ces principes et les règles éthiques ci-après engagent chaque journaliste, quelles que soient sa fonction, sa responsabilité au sein de la chaîne éditoriale et la forme de presse dans laquelle il exerce.[...]
Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication."

C’est dans ces conditions qu’un journaliste digne de ce nom :
• Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles, mêmes anonymes ;
• Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;
• Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents (1), la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;
(1) sur ce point la charte de Munich précise: "ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents".
[...]
• Dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révélerait inexacte ;
[...]
• Défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique ;
[...]
• Ne touche pas d’argent dans un service public, une institution ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
• N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
• Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;
[...]
• Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge.

Pourtant, les dérives des journalistes et des médias sont nombreuses et ininterrompues. L'état de la présente campagne présidentielle en est la logique continuité, où il s'agit avant tout d'ignorer le cœur du débat et de transformer en spectacle médiatique une élection à l'américaine.

Créé en 2008, Conscience Sociale est un producteur culturel autonome, suivant la définition et pour les raisons que donnait Pierre Bourdieu en 1996. Nous l'écrivions il y a quelques années déjà : 

Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, Chomsky, Bourdieu, Orwell, de Sélys et Collon, Scott ou Joly, et d'autres encore, ont d'ailleurs précédé tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore. En particulier, le principe de la fabrication du consentement une fois imposé, le fait qu'à cet égard les sentiments des foules dépendent de l’influence délétère de bien peu, poussant à la précipitation, à l'incompréhension, à la suspicion ou à la peur, démontre mieux qu'autre chose le degré d'inconscience où nous sommes parvenus.
Un des bons préceptes d'une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d'un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en Occident n'est plus aujourd'hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un citoyen peut rester libre. Le problème n'intéresse plus les gouvernements. Il concerne la société civile et d’abord l'individu.
Le citoyen a le devoir de s'informer, et d'informer. Plus exactement, dans nos sociétés au consentement fabriqué, il a le devoir de bien s'informer, et de bien informer. 
Le citoyen ne doit pas rester un simple réceptacle, ou une simple courroie mécanique de transmission d'un like, il doit exacerber son rôle de relai actif de l'information. Chaque prise de parole est un acte politique en même temps qu'un acte de journalisme.

L'idée d'Assemblée Constituante poussée par plusieurs candidats est une répétition de l'Histoire. A force de repousser la vérité depuis si longtemps, celle-ci nous convoquera pour des Etats Généraux, quel que soit le nom du prochain Président(e). 
Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous tout de même.
(Comte de MONTALEMBERT, 1810-1870)

2015/01/08

Messages de l'état profond anglo-américain aux protectorats européens qui veulent s'émanciper


[mis à jour le 14/11/2015]

"Seul le combat pour la vérité permet d’échapper au garrot de la peur et de vaincre la résignation. Parce que vivre, c'est ne pas se résigner à une soi-disant fatalité."



Novembre 2015

Ces actes de terreur menés par des professionnels, ces actes de guerre asymétrique menés par des groupes secrets paramilitaires, au cœur de nos pays, est la véritable signature des agents d'un État Profond et non pas des prétendus "terroristes islamistes des quartiers".
Il s'agit d'un message de rétorsion commis en représailles à l’action de la France en Syrie. La diplomatie de la France a changé d'alliance en Syrie depuis le 27 septembre, acceptant enfin le nouveau réalisme géopolitique, qui se traduit par un délitement politique du bloc atlantiste. La France avait également bombardé un centre pétrolier du groupe Etat Islamique début novembre.


Janvier 2015

Ici aussi, ces actes de terreur menés par des professionnels comme le décrit l'ancien patron du GIGN, cette guerre asymétrique, secrète, au cœur de nos pays, est la véritable signature des agents d'un État Profond et non pas des prétendus "terroristes islamistes des quartiers".
Bien que toute la vérité soit encore loin, il s'agit d'un message
... parce que la veille, Hollande a déclaré vouloir s'émanciper de la tutelle anglo-américaine :

... et parce que depuis le 1er janvier, avec la naissance officielle de l'Union Eurasiatique, la grande bascule géopolitique de l'Europe se réalise. Les énergies accumulées dans les préparatifs sont libérées et les pays bougent: 

Pour mieux comprendre le contexte d'ensemble de cette guerre qui devient visible pour tous parce que l'ennemi est désormais acculé, voici un très bref rappel historique du quasi-protectorat anglo-américain sur la France et l'Europe, après la période gaulliste pour l'une et après la deuxième guerre mondiale pour l'autre, en particulier pour l'Allemagne:
en 2009


en 2007, à propos de l'après 1945
« La mise en place des organisations stay-behind dans les pays de l’OTAN débuta dès le lendemain de la seconde guerre mondiale », confirma le rapport officiel du gouvernement allemand en 1990.
Référence: Daniele Ganser, Les Armées Secrètes de l’OTAN - Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest, Ed. Demi-Lune, 2007, Pp. 262.

en 2005, à propos de 1989
Danielle Mitterrand, épouse pendant quatorze ans du président de la République française, dans une entrevue avec le journaliste colombien Hernando Calvo Ospina le 28 Octobre 2005:
« DM: Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.
Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ? 
HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ? 
DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’homme, en juillet 1989, j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux Etats-Unis.
L’Etat français n’invita pas plusieurs dignitaires en particulier des latino-américains. Comme par hasard, c’était ces pays-là que Washington voulait détruire.
Je me rappelle avoir dit à François : "Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des Etats-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités…?" 
Ce fût une honte. 
HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ? 
DM : En France, on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ?
Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer «leur» démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. 
La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française: cela ne veut rien dire. »
Le président François Mitterrand, un soir d'octobre 1994 à l'Elysée confiait :
« Balladur est un naïf... Il veut jouer au chef d'Etat mais il ne savait pas pour l'Arabie Saoudite que ce sont les Américains qui tiennent cette partie du monde...  
La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique.
Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort. Apparemment.
Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. [...]
Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort...
Une guerre... Ils sont en guerre permanente... Une guerre sans mort apparemment... Il faut se souvenir de tout ce qu'ils ont fait depuis trente ans contre le Concorde... Leur propagande... Leurs manipulations... Leurs mensonges...»
Georges-Marc Benamou, Le Dernier Mitterrand, pp.52-54, 1997, Plon.

Depuis fin 2014 en particulier ces morts français en France sont très apparents, mais il ne faut pas pour autant oublier ceux qui ont perdus la vie lors de tous les attentats commis sur notre sol depuis 1945.
Ceci dit désormais les français sont confrontés aux mêmes miliciens tueurs que les ukrainiens russophones. L'Etat Profond anglo-américain panique de manière prononcée et active ses agents et les groupuscules extrémistes qu'ils contrôlent. Il n'existe aucun "loup solitaire" terroriste, sauf dans la bouche de ceux qui refusent de réfléchir.

La "soft power" de l'empire anglo-américain a disparu, il n'a d'autres recours que la violence brutale envers ses anciens "protégés" européens. Cela veut dire que notre décolonisation est engagée.
Rétrospectivement, il est justifié d'affirmer que la prise de contrôle de la France avait commencé par l'accord de Washington en décembre 1971, si l'on omet le puissant travail de sape opéré dans les années 1930 qui a conduit au désastre de mai 1940.

Si elle est pourtant inéluctable, la rapidité de cette décolonisation dépend néanmoins des efforts de chacun d'entre nous.

C'est pourquoi il faut soutenir notre président dans cette nouvelle direction d'émancipation.

Les Atlantistes seront bientôt tondus. Car qui veut les voir élus en 2017 alors que nous avons pris conscience de qui sont nos vrais ennemis dans cette guerre contre les peuples ?

Mise à jour le 16/01/2015: 

Une psy-ops très bien menée... 

Il faut se libérer de l'émotion d'abord, et rebondir positivement et avec perspicacité sur le rassemblement qui s'est manifesté. 

Si nous ne le faisons pas, d'autres le feront à notre place, pour leurs intérêts qui sont contraire aux nôtres, et c'est ainsi qu'un peuple se retrouve mené comme un troupeau qui ne comprend jamais qu'il est dirigé vers l'abattoir.

___________________________

Bilan macabre -très partiel- de ces dernières années qui nous unis contre le terrorisme de l'État Profond transnational et ses crimes fomentés contre les peuples afin d'inciter une escalade vers les guerres civiles (sans compter les pays qui ont hélas déjà sombré dans ces guerres). Sources: 1, 2, 3.

Novembre 2015, Paris, France : 129 morts, environ 352 blessés (provisoire).
Novembre 2015, Beyrouth, Liban : 43 morts
Octobre 2015, Yola, Nigéria : 55 morts 
Octobre 2015, Sinaï, Egypte (vol russe Kogalymavia / Metrojet) : 224 morts 
Octobre 2015, Tchad : 37 morts
Octobre 2015, Ankara, Turquie : 102 morts, 500 blessés
Août  2015, Nigéria : 50 morts
Août 2015, Bangkok, Thaïlande : 21 morts
Juillet 2015, Suruç, Turquie : 32 morts, 100 blessés 
Juillet 2015, Gombe, Nigéria : 49 morts
Juin 2015, Sousse, Tunisie : 38 morts
Juin 2015, Koweit City, Koweit : 27 morts, plus de 227 blessés
Juin 2015, N'Djamena, Tchad : 37 morts
Mai 2015, Koudeih, Arabie saoudite : 21 morts
Mai 2015, Pakistan : 45 morts
Avril 2015, Garissa, Kenya : 148 morts, 79 blessés
Mars 2015, Tunis, Tunisie (musée du Bardo) : 24 morts, 47 blessés
Mars 2015, Mogadiscio, Somalie : 20 morts
Mars 2015, Yémen : au moins 142 morts
Février 2015, Kano, Nigeria : 34 morts
Janvier 2015, Sinaï, Égypte : 30 morts
Janvier 2015, massacre de Baga, Nigéria : au moins 200 morts, 2 000 personnes portées disparues
Janvier 2015, Pakistan : au moins 55 morts, au moins 59 blessés
Janvier 2015, Paris, France : 17 morts, 21 blessés
Janvier 2015, Sanaa, Yémen : 40 morts

Novembre 2014, Kano, Nigéria : environ 120 morts, 260 blessés
Juillet 2014, vol MH17 : 298 morts
Mai 2014, Jos, Nigéria : 118 morts, plus de 56 blessés
Mars 2014, Kunming, Chine : 29 morts, 143 blessés
Février 2014, Borno, Nigéria : au moins 200 morts
Décembre 2013, VolgogradRussie : 30 morts
Septembre 2013, Nairobi, Kenya : 67 morts, 175 blessés
Mars 2012, Toulouse et Montauban, France : 7 morts, 6 blessés
Juillet 2011, Oslo, Norvège : 77 morts, 151 blessés
Avril 2011, Minsk, Biélorussie : 12 morts, 100 blessés
Avril 2011, Marrakech, Maroc : 17 morts, 20 blessés
Mars 2010, métro de Moscou, Russie : 39 morts, 102 blessés
Novembre 2008, Bombay, Inde : au moins 166 morts 
Juillet 2006, Bombay, Inde : 209 morts, plus de 700 blessés
Décembre 2005, Amman, Jordanie : plus de 60 morts, 115 blessés 
Octobre 2005, New Delhi, Inde : plus de 62 morts, 210 blessés
Octobre 2005, Bali, Indonésie : plus de 20 morts, plus de 100 blessés
Juillet 2005, Londres, UK : 56 morts, 700 blessés
Juillet 2005, Charm el-Cheikh, Egypte : 64 morts
Septembre 2004, Beslan, Russie : 344 morts
Août 2004, Moscou, Russie (2 avions de ligne) : 89 morts 
Mars 2004, Madrid, Espagne : 191 morts, 1400 blessés
Octobre 2002, Théâtre de Moscou, Russie : 128 morts
Octobre 2002, Bali, Indonésie : 202 morts, 240 blessés
Septembre 2001, USA : 2977 morts, plus de 600 blessés
Septembre 1999, Bouïnaksk, Moscou, Volgodonsk, Russie : 293 morts et 651 blessés
Août 1998, attentats des ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya : 224 morts, plus de 4000 blessés
Février 1998, Coimbatore, Inde : 58 morts et plus de 200 blessés
Novembre 1997, Louxor, Egypte : 62 morts, 26 blessés
Juillet 1995, Paris, France : 10 morts, plus de 130 blessés
Juin 1995, Boudionnovsk, Russie : 150 morts
Août 1980, Bologne, Italie : 85 morts, plus de 200 blessés

2015/01/01

Former des voeux, un exercice de conscience sociale pour Don Quichotte




"Je vous souhaite de souhaiter. Je vous souhaite de désirer. Le bonheur, c'est déjà vouloir. Comme en droit pénal, l'intention vaut l'action. Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous."
extrait d'une interview, donnée le 1er janvier 1968 sur Europe 1. Jacques Brel, L’Homme de La Mancha, y avait improvisé des vœux de nouvelle année. 





2014/12/31

Pour le réveillons-nous-veaux, gagnons notre liberté


Le réveillon du Nouvel An est une fête. 
Quel meilleur moment pour faire un cadeau ?

Je vous offre le moyen de devenir libre.

Tout commence par l'apprentissage de sa prison. Un prisonnier qui ne reconnait pas sa prison ne pourra jamais se libérer.

Voici une synthèse rapide des caractéristiques d'un état totalitaire, illustrées à partir de 2 exemples dans l'histoire du XXème siècle.

1ère étape, interrogez-vous sur les caractéristiques ci-dessous: dans quelle mesure décrivent-elles le système politique d'un pays occidental de votre choix (France, Allemagne, USA, Japon, UK, Israël...)?




2ème étape, pensez à ce que l'histoire nous apprend du devenir de tout état totalitaire: il ne subsiste qu'au détriment de sa propre population en la dévorant, tant que celle-ci l'accepte.

3ème étape: pensez à l'alternative que nous propose les pays BRICS en termes de voie de développement.

Combien de maux supporterez-vous encore de la part de nos soit-disant élites occidentales?

_________________
Maj le 8/01:
Le célèbre Stiglitz écrit: "how much more pain will Europe have to endure before reason is restored?"

2014/08/31

La guerre d'Ukraine et l'esprit des peuples

[This article is also available in english].

Il est encore difficile aujourd'hui d'évoquer l’absence de liberté des grands médias occidentaux sans être taxé d'extravagance, de se voir convaincre d'être le neveu de Poutine.

Pourtant cette liberté parmi d'autres n'est qu'un des visages de la liberté tout court et l'on comprendra notre obstination à la défendre si l'on veut bien admettre qu'il n'y a point d'autre façon de gagner réellement la guerre dans laquelle ceux qui dirigent l’OTAN veulent précipiter l’Europe.

Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, Chomsky[1], Bourdieu[2], Orwell[3], de Sélys et Collon[3b], Scott[4] ou Joly[5], et d'autres encore, ont d'ailleurs précédé tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore. En particulier, le principe de la fabrication du consentement une fois imposé, le fait qu'à cet égard les sentiments des foules dépendent de l’influence délétère de bien peu, poussant à la précipitation, à l'incompréhension, à la suspicion ou à la peur, démontre mieux qu'autre chose le degré d'inconscience où nous sommes parvenus.

Un des bons préceptes d'une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d'un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en Occident n'est plus aujourd'hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un citoyen peut rester libre. Le problème n'intéresse plus les gouvernements. Il concerne la société civile et d’abord l'individu.

Et justement ce qu'il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, à l’orée ou au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l'ironie et l'obstination. 

La lucidité est le moteur de notre propre liberté

La lucidité suppose la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité. Dans le monde de notre expérience, il est certain que tout peut être évité. La guerre elle-même, qui est un phénomène humain, peut être à tous les moments évitée ou arrêtée par des moyens humains. Il suffit de connaître l'histoire des dernières années de la politique européenne pour être certains que la guerre, quelle qu'elle soit, a des causes évidentes. Cette vue claire des choses exclut la haine aveugle et le désespoir qui laisse faire. Un citoyen libre, en 2014, ne désespère pas et lutte pour ce qu'il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. S’il est auteur, quel que soit le média, il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.

Abandonner sa souveraineté, ou bien ne pas renoncer

Mais le citoyen peut aussi être un représentant de l’Etat. Les gouvernements américains et anglais ont tenté il y a 10 ans de décrédibiliser l’idéal des Nations Unies, de déshonorer tous les gardiens de notre conscience collective par le mensonge, la tromperie et l’injustice[6] en les entraînant dans la guerre en Irak, pour en être empêché in-extremis par la volonté et la voix courageuse d’un Ministre de la France[7]. Ces mêmes gouvernements tentent aujourd’hui de tirer à nouveau les ficelles pour nous précipiter dans la guerre en Ukraine, bientôt contre la Russie, en employant sans vergogne les mêmes méthodes infâmes[8]. Ils veulent cependant utiliser l’OTAN pour court-circuiter le Conseil de Sécurité de l’ONU, ayant appris de leur échec de 2003. Le sommet de l’OTAN au pays de Galles les 4 et 5 Septembre réunissant les 28 Etats membres de l’alliance n’a pas d’autre vocation que de remplacer dans l'opinion publique une résolution du Conseil de Sécurité sur l’intervention prochaine en Ukraine, qui sera précédée par des arrivées de troupes américaines dans les bases de l’Est de l’UE[9], mais aussi en Italie, en Hollande ou en Allemagne. C’est bien une réoccupation de l’Europe par l’armée américaine, les Etats européens n’ayant en réalité quittés leur statut de colonie lors des 70 années écoulées que lors de brèves parenthèses comme celle du Gaullisme. Le TTIP et les amendes récentes sur les banques européennes ne sont à cet égard que des moyens de rétablir l’imposition directe des européens, après l’imposition indirecte qui se manifeste au travers des achats de bons du Trésor américain par tous les Etats.

Quel homme trouvera le courage de marcher dans les pas de Dominique de Villepin lors du prochain sommet, et refusera par sa voix que son pays suive le chemin fatal où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne veulent mener l’alliance ? Qui, ne cédant pas à la précipitation, à l'incompréhension, à la suspicion ou à la peur, se rappellera les mots de Démocrite : le caractère d’un homme fait son destin ? Au sein de ce sommet, la lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les leurs doivent les conduire à donner la priorité au désarmement des adversaires en Ukraine, dans une paix qui ne serait pas un langage orwellien, en collaboration avec l’Union Eurasiatique.

Servir le mensonge, ou bien la liberté

En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d'opposer quelques refus. Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête. Or, et pour peu qu'on connaisse le mécanisme des informations, il est facile de s'assurer de l'authenticité d'une nouvelle. C'est à cela qu'un journaliste libre et un citoyen doit donner toute son attention. Car, même s'il ne peut dire tout ce qu'il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu'il ne pense pas ou qu'il croit faux. Et c'est ainsi qu'un journal libre se mesure autant à ce qu'il dit qu'à ce qu'il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l'on sait la maintenir. Car elle prépare l'avènement de la vraie liberté. En conséquence, un journal indépendant donne l'origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l'uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu'elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu'aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge.

C’est ce que nous attendons de tous les commentateurs à l’issue du prochain sommet de l’OTAN.

Chérir la vérité avec obstination

Nous en venons ainsi à l'ironie. On peut poser en principe qu'un esprit qui a le goût et les moyens d'imposer la contrainte est imperméable à l'ironie. On ne voit pas Kerry, Netanyahou, Fabius, Ashton, Iatseniouk, pour ne prendre que des exemples parmi d'autres, utiliser l'ironie socratique. Il reste donc que l'ironie demeure une arme sans précédent contre les trop puissants. Elle complète le refus en ce sens qu'elle permet, non plus de rejeter ce qui est faux, mais de dire souvent ce qui est vrai. Un journaliste libre, en 2014, ne se fait pas trop d'illusions sur l'intelligence de ceux qui l'oppriment. Il est pessimiste en ce qui regarde l'homme. Une vérité énoncée sur un ton dogmatique est censurée neuf fois sur dix dans les grandes rédactions. La même vérité dite plaisamment ne l'est que cinq fois sur dix. Cette disposition figure assez exactement les possibilités de l'intelligence humaine. Elle explique également que des journaux français comme Le Canard Enchaîné puissent publier régulièrement les courageux articles que l'on sait. Un journaliste libre, en 2014, est donc nécessairement ironique, encore que ce soit souvent à son corps défendant. Mais la vérité et la liberté sont des maîtresses exigeantes puisqu'elles ont peu d'amants.

Cette attitude d'esprit brièvement définie, il est évident qu'elle ne saurait se soutenir efficacement sans un minimum d'obstination. Bien des obstacles sont mis à la liberté d'expression. Ce ne sont pas les plus sévères qui peuvent décourager un esprit. Car les menaces, les suspensions, les poursuites obtiennent généralement l'effet contraire à celui qu'on se propose. Mais il faut convenir qu'il est des obstacles décourageants : la constance dans la sottise, la veulerie organisée, l'inintelligence agressive, l’ostracisme, et nous en passons. Là est le grand obstacle dont il faut triompher. L'obstination est ici vertu cardinale. Par un paradoxe curieux mais évident, elle se met alors au service de l'objectivité et de la tolérance.

Les esprits indépendants forment l'histoire

Voici donc un ensemble de règles pour préserver la liberté jusqu'au sein de la servitude. Et après ?, dira-t-on. Après ? Ne soyons pas trop pressés. Si seulement chaque citoyen des pays occidentaux voulait bien maintenir dans sa sphère tout ce qu'il croit vrai et juste, s'il voulait aider pour sa faible part au maintien de la liberté, résister à l'abandon et faire connaître sa volonté, alors et alors seulement cette guerre serait déjà gagnée, au sens profond du mot.

Oui, c'est souvent à son corps défendant qu'un esprit libre de ce siècle fait sentir son ironie. Que trouver de plaisant dans ce monde enflammé ? Mais la vertu de l'homme est de se maintenir en face de tout ce qui le nie. Personne ne veut recommencer aujourd’hui la double expérience de 1914 et de 1939. Il faut donc essayer une méthode qui serait la justice et la transparence, sous l’égide des Nations Unies puisque l’OTAN ne peut agir à sa place, pour conduire aux inspections, et au désarmement dans la paix. Mais la justice ne s'exprime que dans des cœurs déjà libres et dans les esprits encore clairvoyants. Former ces cœurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c'est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l'homme indépendant. Il faut s'y tenir sans voir plus avant. L'histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.

Même si finalement malgré tous nos efforts une nouvelle guerre a lieu, l’Europe étant une nouvelle fois détruite dans les années les plus terribles de sa longue histoire, il faut œuvrer dès aujourd’hui à sa future reconstruction. Cela commencera par insuffler l’esprit et le courage, et l’honneur. Les générations prochaines se souviendront alors de nos voix, retrouveront notre esprit et marcheront dans nos pas, bien après que l’OTAN aura été engloutie par l’histoire. Les peuples qui cultiveront ces valeurs ne cesseront pas de se tenir debout face à l'histoire et devant l’humanité.

Dr. Bruno Paul, d'après le manifeste d'Albert Camus.




[1] ‘La fabrication du consentement: de la propagande médiatique en démocratie’, Edward Herman et Noam Chomsky, 1988
[2] ‘Sur la télévision’, Pierre Bourdieu, 1996
[3] '1984', E.A. Blair, dit George Orwell, 1949
[3b] 'Attention Médias ! Mediamensonges du Golfe. Manuel antimanipulation', Michel Collon, 1992
[4] La politique profonde et l’Etat profond’, Conscience-Sociale.org, 03/2014
[6] a) « Discours de Colin Powell devant le Conseil de Sécurité de l'ONU », 05 février 2003 ; b) Dès 2004, les inspections américaines menées pendant la guerre s'accordent pour dire que l'Irak avait abandonné son programme nucléaire, chimique et biologique après 1991 (Iraq Survey Group Final Report, GlobalSecurity.org, 2004) ; c) « Colin Powell : comment la CIA m'a trompé », Nouvel Observateur, 03/2013
[8]Russia Invades Ukraine”, Strategic NATO Public Relations Stunt. Where are the Russian Tanks?, Global Research, 08/2014
[9] publié quelques heures après la parution de notre article: 'Europe de l'Est: l'Otan veut déployer cinq nouvelles bases', RiaNovosti, 31/08/2014

2014/07/14

Demain, la chute du mur du Dollar

J'écris ce texte à Berlin, là où le Mur est tombé il y a 25 ans.[*]

Ce jour-là, le 9 novembre 1989, un nouvel horizon s'est ouvert pour tous les Berlinois. Pour la première fois depuis 1962, ils pouvaient choisir de vivre là où ils voulaient, pour le mode de vie qu'ils désiraient. La chute du Mur leur offrait enfin une alternative, un nouvel espace de liberté, aussi bien pour ceux de l'Est que ceux de l'Ouest.

Comme JFK, « Ich bin ein Berliner ». Tout humain aspire à la liberté. C'est pourquoi ces murs dressés nous concernent tous.

25 ans plus tard, un autre mur tombe. Cette fois encore, les échos de cette chute feront plusieurs fois le tour de la planète.

Demain, le 15 juillet 2014, commence à Fortaleza au Brésil le 6ème sommet des dirigeants des pays BRICS. D'autres présidents sont invités pour des rencontres les jours immédiatement suivants.

Demain sera annoncée la signature de l'acte de création de la nouvelle Banque de Développement initiée par les pays BRICS, ainsi que celles de leur Fond de stabilisation des réserves monétaires. [1a] Il s'agit de la clé de voûte de notre anticipation politique sur l'émergence réussie du monde multipolaire. [1b]

Le siège de cette Banque sera fondé à Shanghaï, et sa présidence pour 5 ans sera tournante. Ouverte aux autres pays, les BRICS conserveront au moins 55% des parts et droits de vote. Elle opérera dans les devises nationales des BRICS, dès 2015, une fois les textes ratifiés par les Parlements nationaux.  

Ces institutions sont explicitement dédiées à offrir une alternative aux institutions de Bretton Woods [2] --la Banque Mondiale et le FMI-- qui assurent l'emprise du « consensus de Washington » et l'hégémonie du système monétaire international basé sur les échanges en Dollar US, et donc la --jusqu'ici-- nécessaire accumulation de réserves de titres libellés en dollar par tous les autres pays.
C'est une condition impérative au financement du développement des pays qui veulent bénéficier des "aides" du système international, lesquelles sont de plus accompagnées d'autres conditions particulièrement intrusives pour leur souveraineté économique, suivant une doctrine ultralibérale. Les décisions de ces institutions sont entièrement verrouillées par les Etats-Unis, y compris pour la modification de leur gouvernance [3].

Ce système qui prive de liberté (« there is no alternative »), c'est celui qui a érigé le mur du Dollar.

Demain est l'annonce d'un nouveau lendemain, celui où tous les pays de la planète vont se voir enfin offrir l'alternative dont ils étaient privés depuis 70 ans, pour pouvoir financer le futur de leur choix, sans conditions intrusives muselant leur économie. Cette alternative offrant davantage de liberté va créer une attraction irrésistible pour les autres pays. A ce titre, les BRICS ont déjà noué des relations avec le G77 regroupant désormais 133 pays, c'est à dire le monde entier sauf l'Occident.[4]

Aujourd'hui nous fêtons la prise de la Bastille, le symbole de l'émancipation par rapport à l'Ancien Régime. Elle aussi fut détruite pierre par pierre.
Demain, ce qu'il faudra retenir de cette signature c'est l'annonce de la chute du mur du Dollar.

Bastille, Berlin, Fortaleza: la liberté fait tomber les murs. 

Les conséquences pour l'Europe

A l'heure où les Etats-Unis et certains des gouvernements européens oeuvrent pour dresser de nouveaux murs en Europe de l'Est, où l'on parle de séparer des populations qui vivaient ensemble en paix depuis des décennies, où le sort voulu par ces dirigeants pour l'Ukraine ressemble de plus en plus à celui de l'ex-Yougoslavie, on ne peut que constater là un mouvement rétrograde par rapport à l'Histoire. Un soubresaut tactique dans le vide stratégique de l'Occident.

Ce vide appelle à être comblé. Pour les pays européens, et pour l'Euroland en particulier, il convient de comprendre enfin quel est le vrai mouvement de fond, comment les cartes sont en train d'être rebattues par la chute du mur du Dollar, et qu'il est donc plus que temps de développer, de tisser toutes les relations pertinentes avec les pays BRICS. Il  en va de notre Histoire.
En un mot : qu'il est enfin temps pour nos pays européens de développer une stratégie Euro-BRICS.[5]

Parce que nous voulons tous être des Berlinois. Nous voulons tous être libres.


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[*] Ce texte fait suite à ma dernière intervention lors de l'Agora Newropeans le 5 Juillet à Berlin ;
[1a] Ria Novosti, 07/2014 ; Romandie.com, 07/2014 ;
[1b] Nous avons été les premiers à anticiper publiquement l'impact réel de cette annonce. Voir 'Vers un nouveau système monétaire international - part 1', version EN ou FR, Conscience Sociale, 2013 ; 4ème séminaire Euro-BRICS, L.E.A.P., 2013 ; 
[2] Voir par exemple PressTV, 03/2013 ; La Voie de la Russie, 07/2014 ;
[3] Voir par exemple ‘FMI: La réforme de l'institution reste bloquée par Washington’, Les Echos, 01/2014 ;
[4] Courrier International, 06/2014 ;
[5] Cette analyse stratégique a été élaborée en tout premier par Franck Biancheri et le L.E.A.P., ce qui constitue à nouveau une anticipation politique dont l'écho est historique.