2015/07/29

Le mystère de la Croix des Pénitents

Vous trouverez facilement le village de Les Mées dans les Alpes de Haute-Provence, situé au sud de Sisteron. C'est un village pittoresque mais qui recèle surtout, pour qui sait bien chercher, de curieux mystères.

Si vous passez dans la région ce mois d'Août, c'est une occasion unique d'approcher l'Histoire de la Provence d'une manière tout à fait particulière. Voici pourquoi.


Le village des Mées lové autour de ses rochers. Dans le rond bleu une mystérieuse cavité, à 65 mètres de hauteur. Au loin, la Durance.

C'est d'abord une curiosité géologique. En face du village se trouve la vallée de la Durance. Le massif des rochers des Mées est dans la continuité du plateau de Valensole. Il s'est formé il y a 3 millions d'années à partir de ce que les géologues appellent du "poudingue" (déformation francophone du mot anglais "pudding"). Il a été érodé par les pluies, le gel et le vent. Curieusement, dominant le village est restée cette étrange falaise dont les "capucins" atteignent 117 mètres de haut et qui se dressent, en surplonb, au dessus de la vallée.



A gauche, vous voyez l'amorce d'une combe verdoyante, qui se comporte en fait comme un bassin de collecte des pluies. Avant la révolution française de 1789 ce bassin était exempt de végétation. Quand de fortes pluies déboulaient, le village était noyé. A cette époque les Méens ont demandé d'arranger cela. Des ingénieurs ont alors fait creuser une galerie de 250 mètres de long, dont vous découvrirez aisément la sortie presque à l'aplomb de la grotte, au niveau du sol. C'est une balade amusante, à faire avec une simple lampe de poche et des baskets, en famille. Ce tunnel débouche dans la combe, où les ingénieurs avaient disposé des digues pour briser la violence des flots et rediriger toute cette eau vers cette "conduite forcée". Elle se prolongeait par un viaduc, dont il reste aujourd'hui quelques vestiges, et qui renvoyait l'eau vers la Durance. Mais c'est le reboisement qui a davantage sauvé le village de l'eau que tous ces ouvrages. 

Ce qui est fort étrange dans cette falaise, et peu connu, c'est ceci :

L'anfractuosité se situant à 65 mètres de hauteur, au milieu de la falaise. Totalement inaccessible.

Rapprochons-nous un peu.



Mais que fiche cette croix là-haut, qui l'a posée, quand et comment ? De mémoire de Méens, nul ne le sait... sauf les légendes.



Le problème n'est pas simple car, même avec les moyens techniques d'aujourd'hui le poudingue est impossible à escalader. Cette croix, on trouve sa trace dans des chroniques du XVIIe siècle, et son origine était déjà décrite comme étant un mystère complet. Le Dr Jean-Pierre Petit, à qui j'emprunte ce texte, a été le premier à l'approcher, il y a 47 ans, en descendant en rappel. Impossible alors de la toucher : la falaise est en surplomb, et c'est d'ailleurs cette situation qui a pu protéger ces bois de la pluie. Quelques mois plus tard un alpiniste, Patrice Cordier, a pu la toucher pour la première fois après 2 tentatives et 2 jours d'efforts avec son équipe en descendant en rappel le long d'un canyon latéral, puis en effectuant une traversée en plantant force pitons "spéciaux" dans ce matériau problématique. Ce faisant, il a réussi à en ramener un fragment... dont l'analyse par le laboratoire du CEA à Saclay a été un échec. 

46 ans plus tard, au bout d'une longue chaîne humaine j'ai récupéré ce petit morceau, et j'ai trouvé comment l'analyser avec toute la rigueur scientifique qui s'impose pour une datation archéologique.

J'ai fait effectuer la toute première datation au carbone 14 de la Croix des Pénitents. Je présenterai la démarche, son résultat et le contexte historique de la Croix lors d'une conférence le 17 août 2015 à 17h au cinéma des Mées (en face de la mairie).
Entrée libre.

En fait, ça sera une conférence à deux car le Dr. Jean-Pierre Petit a aussi des choses extrêmement intéressantes à raconter sur cette affaire, à laquelle il s'intéresse de très près depuis 1968...

Si vous regardez en détail la photo précédente, vous verrez qu'il y a une formation bizarre, au sommet de cette anfractuosité. Voici une vue au télé-objectif prise dimanche dernier par Michel Jacob, photographe à Sisteron :



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On distingue en bas et à droite des traînées blanchâtres qui sont des fientes de corneilles, lesquelles nichent là-haut et disparaissent... on ne sait où. Ce sera l'objet de la deuxième partie de la conférence.

Indiana Jones près de chez vous...

2015/05/09

Devoir de mémoire



À la question de l'IFOP: "Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?", 54% des sondés de 2015 répondent : "Les Etats-Unis". Or, en mai 1945, ils étaient 57% à répondre l’URSS, les Américains n'étant alors cités que par 20% des Français. 
Dans les faits, sur 10 soldats allemands tués entre 1939 et 1945, 8 le furent sur le front de l'Est.

C'est dans les années 90 que l'opinion en France s'est complètement inversée. Les premières commémorations du Débarquement appuyées par l'Etat ont eu lieu seulement en 1984, organisées par Mitterrand : elles marquent le début d'une rupture dans l’opinion.

Le 9 Mai les habitants des pays de l'ex-URSS rendent un hommage de masse au Régiment Immortel.    

Pour comprendre le sens profond de l'amour de la Patrie et pourquoi de tels sacrifices ont pu être consentis, il faut comprendre l'âme russe.
The meaning of our whole life and existence is love. It is love to the family, to the children, to the motherland. This phenomenon is complicated, it lies at heart of any of our behaviors. (V.V. Putin, 1952 - ; conférence de presse 18/12/2014)
Un tel amour est une communion d'esprits liés par la défense de leur sol. Si les communistes laïcs ont appelé ce mouvement la Grande Guerre Patriotique, cela reste dans son essence une manifestation de l'esprit chrétien. C'est cet esprit qui devait être détruit, qui ne l'a pas été, et qui s'annonce désormais plus grand que jamais.
La guerre idéologique se poursuit. Quand on nous priva de futur, et qu’on éteignit notre passé, et que nous pensions qu’on nous avait brisé, nous conservions notre esprit vainqueur, et chaque année, le 9 mai, nous nous souvenions et demeurions convaincus de ce que nous étions un peuple-vainqueur. Après l’échec des sanctions, nos « partenaires » finirent par comprendre qu’ils ne nous vaincraient pas par la seule voie économique. C’est pourquoi ils s’attaquent avec force à notre ancrage spirituel. (N.V. Starikov, interview 16/04/2015; traduction: Comité Valmy)
À titre de comparaison historique, les bilans des plus grandes catastrophes répertoriées de l'histoire humaine jusqu'en 1945 sont glaciaux mais éloquents :
  • 99% des Mayas du Peten (estimés entre 3 et 14 millions) ont disparu après l’an 800, suite à une profonde crise écologique et aux catastrophes en conséquence;
  • la peste noire en 1347 a tué entre 30% et 50 % de la population européenne en cinq ans, faisant environ 25 millions de victimes ; 
  • la famine irlandaise de la pomme de terre entre 1845 et 1851 fit un million de morts, et plusieurs millions de réfugiés et émigrants. En tout, la population irlandaise baissa de près de 25% en dix ans ; 
  • le génocide des philippins par les Etats-Unis entre 1895 et 1900 a coûté la vie à environ 1,4 million de personnes, soit 15% de la population de l'époque ;
  • le génocide perpétré d'avril 1915 à juillet 1916 a coûté la vie à environ 1,2 million de chrétiens Arméniens, soit 66% de leur population de l'époque en Anatolie et Arménie Occidentale ;
  • les grands troubles sociaux en URSS lors des années 1930 firent environ 15 millions de morts, soit entre 8 et 9% de la population de l’époque en URSS ; notons cependant à propos des famines une origine occidentale (via un blocus de l'or, inédit dans l'histoire commerciale humaine).
  • les pertes civiles et militaires de la Chine entre 1937 et 1945 lors de la seconde guerre sino-japonaise se sont élevées à 20 millions de morts environ, soit 5% de la population de l’époque en Chine ;
  • les pertes civiles et militaires de l'Allemagne entre 1939 et 1945 se sont élevées à 8 millions de morts environ, soit 10% de la population de l’époque en Allemagne ;
  • les pertes civiles et militaires de la Pologne entre 1939 et 1945 lors de la guerre contre l'Allemagne Nazie se sont élevées à 5,7 millions de morts, soit 16,5% de la population de l’époque en Pologne ;
  • les pertes civiles et militaires de l'URSS entre 1941 et 1945 lors de la guerre contre l'Allemagne Nazie se sont élevées à 27 millions de morts environ, soit 16% de la population de l’époque en URSS ;
Je me souviens.