2017/11/27

Comment finira l'Empire de notre temps

Tablette d'Ebla

Livre de Daniel, 2.34-44 :
"Pendant que tu regardais, une pierre s'est détachée sans aucune intervention extérieure. Elle a frappé les pieds en fer et en argile de la statue et les a pulvérisés. Le fer, l'argile, le bronze, l'argent et l'or ont alors été pulvérisés ensemble, et ils sont devenus pareils à la bale qui s'échappe d'une aire de battage en été: le vent les a emportés et on n'a plus trouvé aucune trace d'eux. Quant à la pierre qui avait frappé la statue, elle est devenue une grande montagne et a rempli toute la terre.[]
Il y aura un quatrième royaume, solide comme du fer. En effet, le fer pulvérise et écrase tout. Tout comme le fer brise tout, il pulvérisera et écrasera les autres. Tu as vu les pieds et les orteils en partie en argile de potier et en partie en fer. De même, ce royaume sera divisé, mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mélangé à l'argile. Les doigts des pieds étaient en partie en fer et en partie en argile. De même, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile. Tu as vu le fer mélangé à l'argile parce qu'ils feront des alliances tout humaines. Cependant, ils ne seront pas vraiment unis l'un à l'autre, de même qu'on ne peut allier le fer à l'argile.
A l'époque de ces rois, le Dieu du ciel fera surgir un royaume qui ne sera jamais détruit et qui ne passera pas sous la domination d'un autre peuple; il pulvérisera tous ces royaumes-là et y mettra fin, tandis que lui-même subsistera éternellement."


2017/11/14

Logique tétravalente (Partie 2)



"Once again, it seems that there is a threshold for complex behavior - that is reached as soon as one has at least four states."
(Stephen Wolfram, A new kind of science)


Nous avons terminé la partie 1 en citant G.G. Granger. Page 30 de Sciences et réalité il notait : « la théorie kripkéenne ne saurait servir à interpréter la syllogistique modale d’Aristote, en particulier dans la mesure où les modalités kripkéennes sont des opérations de propositions, itérables et combinables entre eux, ce que ne sont jamais les modalités d’Aristote, pour qui la « nécessité du possible » par exemple semble dépourvue de sens. » C’est le moment d’introduire notre proposition de calcul formel propositionnel en logique tétravalente, pour tenter de combler ce manque. L'autre sujet sur le sens sémantique d'une telle logique sera traité dans une autre partie.

L’ouvrage de François Rivenc, Introduction à la logique pertinente (P.U.F., 2005), nous offre un état de l’art détaillé des structures des logiques alternatives à la logique binaire classique. Dans sa préface, l’auteur écrit : « L'idée est sans doute que la logique est le domaine de la rigueur absolue, des preuves impeccables : comment discuter ce qui légifère sur les conséquences nécessaires de vérités elles-mêmes nécessaires ? D'où la tentation d'utiliser de manière parfois absurde ses « résultats », dès lors qu'ils paraissent profonds, et de nature à conforter une vision philosophique. [...] il faut avouer que la manière dont la logique est enseignée dans les départements de philosophie porte une part de responsabilité dans cet état de choses. À l'opposé de l'esprit d'exploration et de remise en question, qui est censé être le lot de l'enseignement philosophique (je dis bien censé), la logique est présentée de manière beaucoup trop dogmatique. » C’est le premier piège qu’avertis nous essaierons d’éviter. Mais il poursuit : « Mais du point de vue conceptuel, ne faudrait-il pas au moins situer [la logique] ? Clarifier les choix qui ont présidé à sa construction, et qui doivent être évalués ? Comment réagir, par exemple, à la foisonnante pluralité des systèmes logiques d'aujourd'hui ? »

Notre proposition de réaction est de poursuivre la perspective de Guénon décrite dans la partie 1 de cette série et de formaliser une logique tétravalente, à quatre valeurs de vérité : Nécessaire, Possible, Impossible, Contingent. Nous verrons plus loin que la pertinence de la description de Guénon ne se limite pas à cela.

Définissons pour commencer l’opération d’identité logique d’une proposition p notée (p), qui redonne sa valeur de vérité initiale :


Il est possible de définir 4 autres opérations unaires (ne requérant qu'un seul argument ou opérande) : Contingence(p), Possibilité(p), Impossibilité(p), Nécessité(p). Ces opérations, pour toute valeur de vérité de p, rendent un résultat respectivement Contingent, Possible, Impossible, Nécessaire. 

L’intérêt principal du développement des logiques formelles depuis un siècle a été de montrer que « Le problème vient du fait qu'on peut caractériser autrement la négation, en termes de modèles, et que la « négation sémantique forte », liée aux Principes du Tiers exclu et de non contradiction, n'apparaît plus que comme une négation parmi d'autres. » (François Rivenc, Introduction à la logique pertinente, Pp. 151) Pour les logiciens, la question de savoir quelle est la vraie négation (la plus proche de la réalité) est encore ouverte, aussi étonnant que cela puisse paraître pour les autres.

Nous commençons donc par définir l’opérateur de négation. Notons tout d’abord que dans la logique classique booléenne, cette opération ne transforme pas une proposition en la niant, mais en donnant son complément, son inverse ou son contraire. Dans son chapitre sur la structure mathématique des treillis logiques (Pages 62-3), Rivenc nous indique les travaux de Dunn publiés en 1986 : 
« Les deux diagrammes suivants représentent respectivement : 1) un treillis de De Morgan à quatre éléments, le treillis 4. On observera que le premier possède une propriété remarquable : a et b sont identiques à leurs images par l'opération – [négation] (autrement dit, l'opération – a des points fixes). 
   

2) une algèbre de Boole à 4 éléments :

  »

Notons que la représentation graphique du treillis 4 est intermédiaire entre le carré d’Aristote et le losange de Guénon. La valeur 1 correspond au plus grand élément, et la valeur 0 au plus petit élément de vérité. Non seulement cela est cohérent avec les positions respectives de la Nécessité et de la Contingence, mais le choix de l’unité est également cohérent avec son attribution dans la Grande Triade.


Note : Rivenc aborde ensuite le sujet d’une sémantique à quatre valeurs de vérité. Nous reviendrons sur ce point dans une prochaine partie. La présente est dédiée à notre formalisation de la logique tétravalente.


Nous avons à trancher entre 2 possibilités :
  • soit le contradictoire du possible est le possible, et le contradictoire de l’impossible est l’impossible (cas 1, négation dite de De Morgan) ;
  • soit le contradictoire du possible est l’impossible, et le contradictoire de l’impossible est le possible (cas 2, négation booléenne).

Nous retenons le cas 2 par cohérence sémantique, mais aussi par respect des oppositions mises en évidence par la Triade. La table de vérité de l’opération négation notée ¬ est donc la série de définitions suivantes :


Définitions:
  • Une proposition est composée d'un ou plusieurs termes qui ont un sens dans le langage naturel ou mathématique ou en logique. Une proposition donnée ne présente qu'une seule valeur de vérité parmi les quatre. Nous utiliserons la notation p pour exprimer indifféremment une proposition ou sa valeur de vérité.
  • Une formule est composée d'une ou plusieurs propositions reliées par une ou plusieurs opérations logiques. Une formule donnée ne présente qu'une seule valeur de vérité parmi les quatre. Ainsi, une formule peut tenir le rôle d'une proposition dans une autre formule. 
  • Une formule est dite être une tautologie si sa valeur résultante de vérité est Nécessaire pour toute assignation de valeur de vérité à chacune de ses propositions.  
  • Une formule est dite être une contingence ou également une contradiction si sa valeur résultante de vérité est Contingent pour toute assignation de valeur de vérité à chacune de ses propositions.
  • Une formule qui n'est ni une tautologie ni une contradiction est appelée une potentialité. (Elle est appelée contingence en logique bivalente ; c'est un terme que nous ne retenons pas pour ce cas).

Nous pouvons vérifier par la table de vérité que la formule ¬(¬(p)) = p est une tautologie. Cette formule donne la valeur de vérité de p, pour toute valeur de vérité de p : la double négation d’une proposition p, ou involution, peut se simplifier et donne la valeur de vérité de la proposition p.


Note : Le signe de l’égalité signifie que les valeurs de vérité des propositions de part et d’autre du signe = sont équivalentes dans chaque cas considéré. Cette relation d’équivalence p = q peut s’exprimer également comme les vérifications simultanées de l’implication matérielle directe p → q et de l’implication matérielle réciproque p ← q (à ne pas confondre avec l’implication contraposée). Ces relations sont développées ci-après. 

La table de vérité de l'opération négation peut servir à vérifier les tautologies des opérations unaires :

  • Contingence(p) ¬(Nécessité(p))
  • Possibilité(p) = ¬(Impossibilité(p))


La principale difficulté pour le calcul propositionnel du premier ordre en logique tétravalente est d’établir les tables de vérité des opérations logiques de conjonction extensionnelle ET, notée soit AND soit ∧, et de disjonction extensionnelle OU, notée soit OR soit ∨. Ce sont des opérations à deux opérandes.

L’utilisation de la négation booléenne implique que notre treillis 4 de De Morgan devient une algèbre de Boole, i.e. un treillis distributif complémenté avec :
  • un plus petit élément noté 0 = p ¬p = Contingent pour tous p et q, aussi appelée plus basse valeur de vérité;
  • et un plus grand élément noté 1 = p ¬p = Nécessaire pour tous p et q, aussi appelée plus haute valeur de vérité.
Cette dernière formule est la fonction exprimant le tiers exclu. Pour autant nous verrons de façon plus détaillé dans la dernière partie de cette série d'articles le rapport sémantique entre la Nécessité et la valeur VRAI utilisée dans la logique bivalente.

Les éléments exposés jusqu'ici suffisent à démontrer que la négation de la formule "p et simultanément la négation de p" est une tautologie. En effet :
¬(p  ¬p) = ¬(Contingent) = Nécessaire pour tous p.
Notre proposition est de considérer maintenant l’opération ∧ comme donnant, par principe, l’intersection entre les valeurs de vérité des deux propositions, ou le résultat de vérité minimum. L’échelle entre les valeurs de vérité provient des propriétés du treillis 4 et de la Triade : Nécessaire est la valeur la plus grande, Contingent la plus petite ; Contingent est issu de Possible et d’Impossible, lesquels proviennent de Nécessaire. La série d'axiomes est résumée par la table de vérité suivante :


Nous considérons ensuite l’opération ∨ comme donnant, par principe, l’union entre les valeurs de vérité, ou le résultat de vérité maximum. Avec cette opération, le résultat peut être soit p soit q, soit les deux à la fois. Comme vu ci-avant, l’échelle entre les valeurs de vérité provient des propriétés du treillis 4 et de la Triade : Nécessaire est la valeur la plus grande, Contingent la plus petite ; Possible et Impossible sont issus de Nécessaire. La série d'axiomes est résumée par la table de vérité suivante :




Propriétés du treillis logique :

Un treillis T est un ensemble non vide muni de deux opérations ⋀ et ⋁, satisfaisant les propriétés suivantes (a, b et c sont dans notre cas des propositions vérifiant l’une des 4 valeurs de vérité) :

Idempotence :
a ⋀ a = a                    a ⋁ a = a  

Commutativité :
a ⋀ b = b ⋀ a             a ⋁ b = b ⋁ a  

Associativité :
a ⋀ (b ⋀ c) = (a ⋀ b) ⋀ c ; cette formule peut ainsi se noter par convention a ⋀ b ⋀ c
a ⋁ (b ⋁ c) = (a ⋁ b) ⋁ c ; cette formule peut ainsi se noter par convention a ⋁ b ⋁ c  

La première relation est démontrée par la table de vérité suivante (équivalence des colonnes 5 et 7) :


La deuxième relation est démontrée par la table de vérité suivante (équivalence des colonnes 5 et 7) :



Distributivité :
Un treillis distributif est un treillis satisfaisant les deux lois suivantes de distributivité (ici à gauche) qui s'impliquent mutuellement :
a ⋀ (b ⋁ c) = (a ⋀ b) ⋁ (a ⋀ c)
a ⋁ (b ⋀ c) = (a ⋁ b) ⋀ (a ⋁ c)
La distributivité à droite se vérifie également en logique tétravalente, au moyen des tables de vérité.

Absorption :
a ⋀ (a ⋁ b) = a          a ⋁ (a ⋀ b) = a
que peut démontrer la première formule, comme les propriétés précédentes, en utilisant les tables de vérité (ici par l'équivalence des colonnes 2 et 4) :


De plus, a ⋀ (a ⋁ b) = (a ⋀ a) ⋁ (a ⋀ b) =  a ⋁ (a ⋀ b) = a , donc la deuxième relation est démontrée.

On peut aussi vérifier que les propriétés suivantes sont valables pour le treillis 4 de notre logique tétravalente :

Eléments neutres, bornes supérieure et inférieure :
a ⋁ Contingent = a (que l’on peut noter a + 0 = a)
a ⋁ Nécessaire = Nécessaire (que l’on peut noter a + 1 = 1)
a ⋀ Nécessaire = a (que l’on peut noter a . 1 = a)
a ⋀ Contingent = Contingent (que l’on peut noter a . 0 = 0)

Simplification :
a ⋁ (¬a ⋀ b) = a ⋁ b         a ⋀ (¬a ⋁ b) = a ⋀ b

Démonstration :
a ⋁ (¬a ⋀ b) = (a ⋁ ¬a) ⋀ (a ⋁ b) = Nécessaire ⋀ (a ⋁ b) = a ⋁ b
a ⋀ (¬a ⋁ b) = (a ⋀ ¬a) ⋁ (a ⋀ b) = Contingent ⋁ (a ⋀ b) = a ⋀ b

(a ⋀ b) ⋁ (¬a ⋀ c) ⋁ (b ⋀ c) = (a ⋀ b) ⋁ (¬a ⋀ c)

Démonstration :
(a ⋀ b) ⋁ (¬a ⋀ c) ⋁ (b ⋀ c)                   (formule 1)
= (a ⋀ b) ⋁ (¬a ⋀ c) ⋁ ((a ⋁ ¬a) ⋀ (b ⋀ c))
= (a ⋀ b) ⋁ (¬a ⋀ c) ⋁ (a ⋀ (b ⋀ c)) ⋁ (¬a ⋀ (b ⋀ c))
= (a ⋀ b) ⋁ (a ⋀ b ⋀ c) ⋁ (¬a ⋀ c) ⋁ (¬a ⋀ b ⋀ c)
Sachant que a ⋁ (a ⋀ b) = a                   (par Absorption)
(a ⋀ b) ⋁ (a ⋀ b ⋀ c) = (a ⋀ b)
(¬a ⋀ c) ⋁ (¬a ⋀ b ⋀ c) = (¬a ⋀ c)
donc (formule 1) = (a ⋀ b) ⋁ (¬a ⋀ c)


Ces deux opérations AND et OR sont ensuite utilisées tout d'abord pour établir les valeurs de vérité de la fonction NON-OU, notée soit NOR soit ↓, et qui est explicitée par la formule ¬(p ∨ q) :


La fonction NON-ET, notée soit NAND soit ↑, est explicitée par la formule ¬(p ⋀ q) :


A l’aide des tables de vérité des deux fonctions NAND et NOR, on vérifie de plus que les deux relations de De Morgan sont vérifiées :
¬(p ⋀ q) = ¬p ∨ ¬q
¬(p ∨ q) = ¬p ¬q

La fonction de disjonction exclusive « OU exclusif », notée soit XOR soit , est explicitée par la formule (p ∧ ¬q) ∨ (¬p ∧ q). Avec cette opération, le résultat peut être p ou q, mais pas les deux à la fois.
Son inverse, la fonction « NON-OU exclusif », notée soit XNOR soit , est explicitée par la formule ¬(p q)


Ensuite, viennent les relations d’inférence ou propositions conditionnelles : 
  • implication matérielle directe qui est la relation « p infére q », « si p alors q », « p est la condition nécessaire à q », « pour q il faut que p », notée p → q , qui est logiquement équivalente à la fonction ¬p ∨ q, par axiome ;
  • la fonction réciproque « (alors) p si q », « q est la condition suffisante à p », « p seulement si q », « pour p il suffit que q », notée p ← q , qui est par définition la relation "q infère p", c'est-à-dire q → p = ¬q ∨ p ;
  • et leurs négations respectives.

Nous remarquons que la relation d'implication ne prend la valeur Contingent que dans le cas de la formule Nécessaire → Contingent, qui est similaire en logique bivalente à la formule VRAI  FAUX laquelle est évaluée à FAUX. Nous remarquons aussi que la relation d'implication en logique tétravalente prend la valeur Nécessaire (à rapprocher de VRAI) pour toute formule où soit p est Contingent, soit q est Nécessaire. Cependant, les implications en logique tétravalente ne sont pas limitées à ces cas, ce qui offre de toutes nouvelles perspectives de démonstration.

A l'aide de ces opérations nous pouvons vérifier les propriétés suivantes, que nous démontrons en logique tétravalente :

p → p
En effet cette formule est équivalente à ¬p ∨ p dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p.

La formule p ↛ q de négation de l'implication est définie par ¬(p → q) = ¬(¬p ∨ q) = p ∧ ¬q.

Simplification : 
De p et q, on peut inférer p. Ceci peut s'exprimer par la formule :
(p ∧ q) → p
c'est-à-dire  ¬(p ∧ q) ∨ p c'est-à-dire NAND(p,q) ∨ p dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q (cf tables de vérité).

De p et q, on peut inférer q. Ceci peut s'exprimer par la formule :
(p ∧ q) → q
c'est-à-dire ¬(p ∧ q) ∨ q c'est-à-dire NAND(p,q) ∨ q dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.

ou-Introduction :
De p, on peut inférer « p ou q ». Ceci peut s'exprimer par la formule :
p → (p ∨ q) 
c'est-à-dire ¬p ∨ (p ∨ q) c'est-à-dire ¬p ∨ p ∨ q dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.

Syllogisme disjonctif (modus ponens) : 
De p ou q, et de la négation de p, on peut inférer q.
En logique classique, pour la valeur VRAI, on l’exprime sous la forme : si d’une part, soit p est VRAI soit q est VRAI, et d’autre part la négation de p est VRAI, alors q est VRAI. 
Ceci peut s'exprimer par la formule :
¬p ∧ (p ∨ q) → q  

En effet, si on développe d’abord le terme de gauche :
¬p ∧ (p ∨ q) → q c'est-à-dire (¬p ∧ p) ∨ (¬p ∧ q) → q c'est-à-dire ¬p ∧ q → q c'est-à-dire ¬(¬p ∧ q) ∨ q c'est-à-dire p ∨ ¬q ∨ q c'est-à-dire p ∨ Nécessaire dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.

Affaiblissement, ou « paradoxe » de l'implication matérielle :
Si p, alors q infère p. Ceci peut s'exprimer par la formule :
p → (q → p)
c'est-à-dire  p → (¬q ∨ p) c'est-à-dire ¬p ∨ ¬q ∨ p c'est-à-dire Nécessaire ∨ ¬q dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.

On peut de plus présenter cet affaiblissement sous la forme de la négation : Si la négation de p, alors p infère q.
¬p → (p → q)
c'est-à-dire ¬p → (¬p ∨ q) c'est-à-dire p ∨ ¬p ∨ q c'est-à-dire Nécessaire ∨ q dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.

Loi de Peirce :
Si la formule "p infère q" infère p, alors les conditions précédemment énoncées infèrent p. Cette loi peut s'exprimer par la formule :
((p → q) → p) → p  
c’est-à-dire ¬((p → q) → p) ∨ p c’est-à-dire ¬(¬(p → q) ∨ p) ∨ p c’est-à-dire ¬(¬(¬p ∨ q) ∨ p) ∨ p c’est-à-dire ¬(( p ∧ ¬q) ∨ p) ∨ p c’est-à-dire ¬(( p ∨ p) ∧ (p ∨ ¬q)) ∨ p c’est-à-dire ¬( p ∨ p) ∨ ¬(p ∨ ¬q) ∨ p c’est-à-dire ¬p ∨ ¬(p ∨ ¬q) ∨ p c’est-à-dire Nécessaire ∨ ¬(p ∨ ¬q) dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.


Note :
Cette loi exprimée de façon plus particulière pour devenir valable en logique pertinente, qui est fondée sur la négation de De Morgan, est elle aussi vérifiée dans le cadre de notre logique tétravalente booléenne pour tous p,q :
(p → q) → (((p → q) → p) → p) 
= (¬p ∨ q) → a , en notant a la formule (((p → q) → p) → p)
= ¬(¬p ∨ q) ∨ a
= ¬(¬p ∨ q) ∨ Nécessaire , car la valeur de vérité de a est Nécessaire pour tous p,q (cf Loi de Peirce)
= Nécessaire pour tous p,q


Contraction dans le cas de 2 prémisses identiques pour une inférence :
(p  (p  q))  (p  q)
= (p → (¬p ∨ q)) → (¬p ∨ q)
= ¬(p → (¬p ∨ q)) ∨ (¬p ∨ q)
= ¬(¬p ∨ (¬p ∨ q)) ∨ (¬p ∨ q)
= (p ∧ ¬(¬p ∨ q)) ∨ (¬p ∨ q)
= (p ∧ (p ∧ ¬q)) ∨ (¬p ∨ q)
= (p ∧ ¬q) ∨ (¬p ∨ q)
= ¬q ∨ ¬p ∨ q
Nécessaire pour tous p,q

Substitution dans l'inférence :
((p → q) ⋀ (p → p)) → (p → (p → q))
= ¬((¬p ∨ q) ⋀ (¬p ∨ p)) ∨ (¬p ∨ (¬p ∨ q))
= (p ⋀ ¬q) ∨ ¬p ∨ q
= ((p ∨ ¬p) ⋀ (¬q ∨ ¬p)) ∨ q
= ¬q ∨ ¬p ∨ q
= Nécessaire pour tous p,q

Transitivité :
(p  q)  ((q  r)  (p  r))
= (¬p ∨ q) → ((¬q ∨ r) → (¬p ∨ r))
= ¬(¬p ∨ q) ∨ (¬(¬q ∨ r) ∨ (¬p ∨ r))
= (p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ ¬r) ∨ (¬p ∨ r)
= (((p ∧ ¬q) ∨ q) ∧ ((p ∧ ¬q) ∨ ¬r)) ∨ (¬p ∨ r)
= ((p ∨ q) ∧ (q ∨ ¬q) ∧ (p ∨ ¬r) ∧ (¬q ∨ ¬r)) ∨ (¬p ∨ r)
= ((p ∨ q) ∧ Nécessaire ∧ (p ∨ ¬r) ∧ (¬q ∨ ¬r)) ∨ (¬p ∨ r)
= ((p ∨ q) ∧ (¬q ∨ ¬r) ∧ (p ∨ ¬r)) ∨ (¬p ∨ r)
= (p ∨ q ∨ ¬p ∨ r) ∧ (¬q ∨ ¬r ∨ ¬p ∨ r) ∧ (p ∨ ¬r ∨ ¬p ∨ r) 
= Nécessaire ∧ Nécessaire ∧ Nécessaire dont la valeur de vérité est Nécessaire pour tous p,q.

On a vérifié au passage la formule pour tous p,q :
(p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ r) = (p ∨ q) ∧ (¬q ∨ r) ∧ (r ∨ p)

Enfin, la fonction d’équivalence logique ("p si et seulement si q"), notée soit = soit ↔, est obtenue quand l'implication directe (la première proposition infère la seconde) est vérifiée en même temps que l'implication réciproque (la seconde proposition infère la première). Elle est explicitée par la formule (p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p).

Démonstration :
(p ↔ q) ↔ (p → q) ∧ (p ← q)
= (¬p  q) ∧ (¬q  p)
= (¬p ∧ (¬q  p))  (q ∧ (¬q  p))
= ((¬p ∧ ¬q)  (¬p ∧ p))  ((q ∧ ¬q)  (q ∧ p))
= (¬p ∧ ¬q)  (q ∧ p)
donc (p ↔ q) ↔ (p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p) pour tous p,q.

La fonction de non-équivalence, notée soit ≠ soit ↮ , est explicitée par la formule ¬(p ↔ q). 


A des fins d'explication et de comparaison avec la logique binaire, nous avons de plus placé dans la dernière colonne de cette table la valeur VRAI (V) si les valeurs pour p et q sont identiques, et FAUX (F) sinon. On vérifie que la valeur VRAI correspond aux cas où l'équivalence p ↔ q a la plus haute valeur de vérité dans notre logique tétravalente, c'est-à-dire Nécessaire.

Il est intéressant de voir les cas pour lesquels la valeur de vérité de l’équivalence p ↔ q n’a pas la valeur Nécessaire. On peut alors juger des multiples niveaux de fausseté (ou de vérité dégradée) que la logique tétravalente permet formellement de prendre en compte. La logique binaire classique doit être comprise comme une dégénérescence de la logique tétravalente, au sens utilisé en physique et au sens épistémologique tel que souligné par Guénon.

De la même façon que l’on a vérifié précédemment "si p alors p" (p → p), on vérifie aussi les formules pour tous p :
  • p ↔ p , c'est-à-dire "p est logiquement équivalent à p" est une tautologie. En effet (p ↔ q) = (p ∧ p) ∨ (¬p ∧ ¬p) = p ∨ ¬p = Nécessaire pour tous p ;
  • p ← p , c'est-à-dire "p si p" est une tautologie. En effet p ← p = ¬p ∨ p = Nécessaire pour tous p ;
  • p ↔ (¬p → p) , c'est-à-dire p est logiquement équivalent à la négation de p, laquelle infère p. En effet (¬p → p) = p ∨ p = p , pour tous p ;
  • ¬p ↔ (p → ¬p) , c'est-à-dire la négation de p est logiquement équivalente à p infère la négation de p. En effet (p → ¬p) = ¬p ∨ ¬p = ¬p , pour tous p ;
  • ¬p ↔ ¬(¬p → p) , c'est-à-dire la négation de p est logiquement équivalente à la négation de la formule "la négation de p infère p". En effet ¬(¬p → p) = ¬(p ∨ p) = ¬p , pour tous p ;

La fonction de non-équivalence logique est logiquement équivalente à la fonction XOR pour tous p,q.
¬(p ↔ q)  (p ∧ ¬q) ∨ (¬p ∧ q) c'est-à-dire XOR(p,q) 

Démonstration :
¬(p ↔ q)
= ¬((p ∧ q) ∨ (¬p ∧ ¬q)) 
= ¬(p ∧ q) ∧ ¬(¬p ∧ ¬q) 
= (¬p ∨ ¬q) ∧ (p ∨ q) 
= (¬p ∧ (p ∨ q)) ∨ (¬q ∧ (p ∨ q)) 
= ((¬p ∧ p) ∨ (¬p ∧ q)) ∨ ((¬q ∧ p) ∨ (¬q ∧ q)) 
= (Contingent ∨ (¬p ∧ q)) ∨ ((¬q ∧ p) ∨ Contingent) 
= (¬p ∧ q) ∨ (¬q ∧ p) qui est la définition de la fonction XOR pour tous p,q.

La formule "p équivalent à q" est équivalente à la formule "la négation de p est équivalente à la négation de q".   
(p q) ↔ (¬p ¬q)

Démonstration :
(¬p ↔ ¬q)
= (¬p ∧ ¬q) ∨ (¬(¬q) ∧ ¬(¬p))
= (¬p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ p)
= (p ↔ q) pour tous p,q.

Cinq syllogismes fondamentaux jouent le rôle de propositions premières dans un système de résolution par logique déductive, dès qu’ils ont été transformés en des propositions de forme implicative. Ils sont démontrés ci-après en logique tétravalente.

a1) Si d’une part p infère q, et d’autre part p, alors q.
((p → q)  p) → q
= ¬((¬p ∨ q)  p) ∨ q
= ¬((¬p  p) ∨ (q  p)) ∨ q
= ¬(Contingent ∨ (q  p)) ∨ q
= ¬(q  p) ∨ q
= ¬p ∨ ¬q ∨ q
= Nécessaire pour tous p,q.

a2) Ne pas confondre ce syllogisme avec l'équivalence suivante :
 ((p → q) → p)  (p ∧ (q → p))

Démonstration :
((p → q) → p) 
= ¬(¬p ∨ q) ∨ p
= (p ∧ ¬q) ∨ p
= p ∧ (¬q ∨ p)
= p ∧ (q → p)

b) Si d’une part p infère q, et d’autre part la négation de q, alors la négation de p.
((p → q)  ¬q) → ¬p
= ¬((¬p ∨ q)  ¬q) ∨ ¬p
= ¬((¬p  ¬q) ∨ (q  ¬q)) ∨ ¬p
= ¬(¬p  ¬q) ∨ ¬p
= p ∨ q ∨ ¬p
= Nécessaire pour tous p,q.

c) Si d’une part la négation de la formule "p et simultanément q", et d’autre part p, alors la négation de q.
(¬(p  q)  p) → ¬q
= ¬((¬p ∨ ¬q)  p) ∨ ¬q
= ¬((¬p  p) ∨ (¬q  p)) ∨ ¬q
= ¬(¬q  p) ∨ ¬q
= q ∨ ¬p ∨ ¬q
= Nécessaire pour tous p,q.

d) Si d’une part la proposition p ou la proposition q, et d’autre part p, alors la négation de q.
((p ∨ q)  p) → ¬q
= ¬(((p ∧ ¬q) ∨ (¬p ∧ q))  p) ∨ ¬q
= ¬(((p ∧ ¬q)  p) ∨ ((¬p ∧ q) ⋀ p)) ∨ ¬q
= ¬(p ∧ ¬q) ∨ q ∨ ¬q
= ¬(p ∧ ¬q) ∨ Nécessaire
= Nécessaire pour tous p,q.

e) Si d’une part la proposition p ou la proposition q, et d’autre part la négation de q, alors p.
((p ∨ q)  ¬q) → p
= ¬(((p ∧ ¬q) ∨ (¬p ∧ q)) ⋀ ¬q) ∨ p
= ¬(((p ∧ ¬q) ⋀ ¬q) ∨ ((¬p ∧ q) ⋀ ¬q)) ∨ p
= ¬((p ∧ ¬q) ∨ (¬p ∧ q ⋀ ¬q)) ∨ p
= ¬(p ∧ ¬q) ∨ ¬p ∨ p
= Nécessaire pour tous p,q.

Autres formules à considérer :

f)  La formule "p infère q" ou "p infère la négation de q" est une tautologie.
(p → q)  (p → ¬q)
= (¬p ∨ q) ∨ (¬p ∨ ¬q)
= ¬p ∨ q ∨ ¬p ∨ ¬q
= Nécessaire pour tous p,q.

g1) La formule "p infère q" ou "q infère p" est une tautologie.
 (p → q)  (q → p)
= (¬p ∨ q) ∨ (¬q ∨ p)
= ¬p ∨ q ∨ ¬q ∨ p
= Nécessaire pour tous p,q.

g2) Par extension, l'union circulaire des implications est une tautologie :
(p → q) ∨ (q → r) ∨ (r → s) ∨ (s → p)
= (¬p ∨ q) ∨ (¬q ∨ r) ∨ (¬r ∨ s) ∨ (¬s ∨ p)
= Nécessaire pour tous p,q,r,s.

h) La formule "p et simultanément q" infère l'équivalence des valeurs de vérité de p et de q.
(p ∧ q) → (p ↔ q)
= ¬(p ∧ q) ∨ (p ↔ q)
= ¬(p ∧ q) ∨ ((p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p))
= ¬(p ∧ q) ∨ (p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p)
= Nécessaire pour tous p,q.

i) La formule "négation de p et négation de q" infère l'équivalence des valeurs de vérité de p et de q.
(¬p ∧ ¬q) → (p ↔ q)
= ¬(¬p ∧ ¬q) ∨ (p ↔ q)
= ¬(¬p ∧ ¬q) ∨ (p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p)
= Nécessaire pour tous p,q.

j) La formule "p est équivalent à q" ou "p est équivalent à la négation de q" est une tautologie.
 (p ↔ q) ∨ (p ↔ ¬q)
= ((p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p)) ∨ (p ↔ ¬q)
= ((p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p)) ∨ ((p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ ¬p))
= (p ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p) ∨ (p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ ¬p)

que nous pouvons vérifier au moyen de la table de vérité ci-dessous. La formule j) présente effectivement la valeur de vérité Nécessaire pour tous p,q.



Autres lois du syllogisme hypothétique :

k1) Si p, alors la négation de p infère q.
p → (¬p → q)
= ¬p ∨ (p ∨ q)
= ¬p ∨ p ∨ q
= Nécessaire pour tous p,q

k2) Si p, alors d'une part la négation de p infère q et d'autre part q infère p.
p → ((¬p → q) ∧ (q → p))
= ¬p ∨ ((p ∨ q) ∧ (¬q ∨ p))
= ¬p ∨ (((p ∧ (¬q ∨ p)) ∨ (q ∧ (¬q ∨ p)))
= ¬p ∨ (((p ∧ (¬q ∨ p)) ∨ ((q ∧ ¬q) ∨ (q ∧ p))))
= ¬p ∨ (p ∧ (¬q ∨ p)) ∨ (q ∧ p)
= (p ∧ (¬q ∨ p)) ∨ ((¬p ∨ q) ∧ (¬p ∨ p))
= (p ∧ (¬q ∨ p)) ∨ (¬p ∨ q)
= (p ∨ ¬p ∨ q) ∧ (¬q ∨ p ∨ ¬p ∨ q)
= Nécessaire ∧ Nécessaire
= Nécessaire pour tous p,q

l) Si d'une part p infère q et d'autre part q infère r, alors p infère r.  
 ((p → q) ∧ ( q → r)) → (p → r)
= ¬((¬p ∨ q) ∧ (¬q ∨ r)) ∨ (¬p ∨ r)
= ¬(¬p ∨ q) ∨ ¬(¬q ∨ r) ∨ (¬p ∨ r)
= (p ∧ ¬q) ∨ ¬p ∨ (q ∧ ¬r) ∨ r
= ((p ∨ ¬p) ∧ (¬q ∨ ¬p)) ∨ ((q ∨ r) ∧ (¬r ∨ r))
= (¬q ∨ ¬p) ∨ (q ∨ r)
= ¬p ∨ r ∨ Nécessaire
= Nécessaire pour tous p,q

m) Si p infère q, alors, si q infère r alors p infère r.   
(p → q) → ((q → r) → (p → r))
= ¬(¬p ∨ q) ∨ (¬(¬q ∨ r) ∨ (¬p ∨ r))
= (p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ ¬r) ∨ (¬p ∨ r)
= (((p ∨ (q ∧ ¬r)) ∧ (¬q ∨ (q ∧ ¬r))) ∨ (¬p ∨ r)
= (((p ∨ (q ∧ ¬r)) ∧ (¬q ∨ ¬r)) ∨ (¬p ∨ r)
= ((p ∨ q) ∧ (p ∨ ¬r)) ∨ (¬p ∨ r)
= ((p ∨ q) ∨ (¬p ∨ r)) ∧ (p ∨ ¬r ∨ ¬p ∨ r)
= Nécessaire ∧ Nécessaire
= Nécessaire pour tous p,q

Règles de conversion et raisonnement par l’absurde :

n) La formule "p infère q" est équivalente à la formule "la négation de q infère la négation de p", c'est-à-dire à la contraposée de l'implication. 
(p → q) ↔ (¬q → ¬p)
= (¬p ∨ q) ↔ (q ∨ ¬p)
= ((¬p ∨ q) ∧ (q ∨ ¬p)) ∨ (¬(¬p ∨ q) ∧ ¬(q ∨ ¬p))
= ((¬p ∨ q) ∧ (q ∨ ¬p)) ∨ (¬p ∧ ¬q ∧ ¬q ∧ p)
= ((¬p ∨ q) ∧ (q ∨ ¬p)) ∨ ¬q
= (¬p ∨ q ∨ ¬q) ∧ (q ∨ ¬p ∨ ¬q)
= Nécessaire ∧ Nécessaire
= Nécessaire pour tous p,q

o) La formule "p infère la négation de q" est équivalente à la formule "q infère la négation de p".  
 (p → ¬q) ↔ (q → ¬p)
= (¬p ∨ ¬q) ↔ (¬q ∨ ¬p)
= ((¬p ∨ ¬q) ∧ (¬q ∨ ¬p)) ∨ (¬(¬p ∨ ¬q) ∧ ¬(¬q ∨ ¬p))
= (¬p ∨ ¬q) ∨ (p ∧ q)
= ¬p ∨ (¬q ∨ (p ∧ q))
= ¬p ∨ ((¬q ∨ p) ∧ (¬q ∨ q))
= ¬p ∨ (¬q ∨ p)
= Nécessaire ∨ ¬q
= Nécessaire pour tous p,q

p1) La formule "p infère q" et simultanément "p infère la négation de q" est équivalente logiquement à la négation de p.  
 ((p → q) ∧ (p → ¬q)) ↔ ¬p
= (((¬p ∨ q) ∧ (¬p ∨ ¬q)) ∧ ¬p) ∨ (¬((¬p ∨ q) ∧ (¬p ∨ ¬q)) ∧ p)
= (((¬p ∨ q) ∧ (¬p ∨ ¬q)) ∧ ¬p) ∨ ((¬(¬p ∨ q) ∨ ¬(¬p ∨ ¬q)) ∧ p)
= ((((¬p ∨ q) ∧ ¬p) ∨ ((¬p ∨ q) ∧ ¬q)) ∧ ¬p) ∨ (((p ∧ ¬q) ∨ (p ∧ q)) ∧ p)
= ((((¬p ∨ q) ∧ ¬p) ∨ ((¬p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ ¬q))) ∧ ¬p) ∨ ((p ∧ ¬q ∧ p) ∨ (p ∧ q ∧ p))
= ((((¬p ∨ q) ∧ ¬p) ∨ ((¬p ∧ ¬q) ∨ Nécessaire)) ∧ ¬p) ∨ (p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ p)
= ((((¬p ∨ q) ∧ ¬p) ∨ Nécessaire) ∧ ¬p) ∨ (p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ p)
= ¬p ∨ (p ∧ ¬q) ∨ (q ∧ p)
= ((¬p ∨ p) ∧ (¬p ∨ ¬q)) ∨ (q ∧ p)
= ¬p ∨ ¬q ∨ (q ∧ p)
= ¬p ∨ ((¬q ∨ q) ∧ (¬q ∨ p))
= ¬p ∨ ¬q ∨ p
= Nécessaire pour tous p,q

p2) La formule "la négation de p infère q" et simultanément "q infère p" est équivalente logiquement à p.  
  ((¬p → q) ⋀ (q → p)) ↔ p
(¬p → q) ⋀ (q → p)
= (p ∨ q) ⋀ (¬q ∨ p)
= (p ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ (q ⋀ (¬q ∨ p))
= (p ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ (q ⋀ p)
= (p ⋀ ¬q) ∨ p ∨ (q ⋀ p)
= ((p ∨ (q ⋀ p)) ⋀ (¬q ∨ (q ⋀ p))) ∨ p
= ((p ∨ (q ⋀ p)) ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ p
= (p ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ (q ⋀ p ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ p
= (p ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ (q ⋀ p) ∨ p
= (p ⋀ (¬q ∨ p)) ∨ ((q ∨ p) ⋀ p)
= (p ⋀ (q → p)) ∨ (p ⋀ (¬q → p))
= p ⋀ ((q → p) ∨ (¬q → p))
= p ⋀ (¬q ∨ p ∨ q ∨ p)
= p , pour tous p,q

q)  Si p infère q, alors d'une part p infère la négation de q et d'autre part simultanément la négation de q infère la négation de p.  
(p → q) → ((p → ¬q) ∧ (¬q → ¬p))
= ¬(¬p ∨ q) ∨ ((¬p ∨ ¬q) ∧ (q ∨ ¬p))
= (p ∧ q) ∨ ((¬p ∧ (q ∨ ¬p)) ∨ (¬q ∧ (q ∨ ¬p)))
= (p ∧ q) ∨ (¬p ∧ q) ∨ (¬p ∧ ¬p) ∨ (¬q ∧ q) ∨ (¬q ∧ ¬p)
= (p ∧ q) ∨ (¬p ∧ q) ∨ (¬p ∧ ¬p) ∨ Nécessaire ∨ (¬q ∧ ¬p)
= Nécessaire pour tous p,q

Expressions de l’implication en termes d’alternative et de conjonction :

r) La formule p infère q est équivalente à la négation de la formule "p et simultanément négation de q".
(p → q) ↔ (¬(p ∧ ¬q))
= (¬p ∨ q) ↔ (¬p ∨ q)
= Nécessaire pour tous p,q

s) La négation de la formule p infère q est équivalente à la formule "p et simultanément négation de q".
(p ∧ ¬q) ↔ (¬(p → q))
= (p ∧ ¬q) ↔ (¬(¬p ∨ q))
= (p ∧ ¬q) ↔ (p ∧ ¬q)
= Nécessaire pour tous p,q

t) La formule si p et simultanément q, alors r, est équivalente à si p, alors q infère r.
((p ∧ q) → r) ↔ (p → (q → r))
= (¬(p ∧ q) ∨ r)) ↔ (¬p ∨ (¬q ∨ r))
= ((¬p ∨ ¬q ∨ r) ∧ (¬p ∨ ¬q ∨ r)) ∨ (¬(¬p ∨ ¬q ∨ r) ∧ ¬(¬p ∨ ¬q ∨ r))
= (¬p ∨ ¬q ∨ r) ∨ (¬(¬p ∨ ¬q ∨ r))
= Nécessaire pour tous p,q

u) La formule "p infère q et simultanément p infère la négation de q" est équivalente à l'opération p NOR q.
(p → q) ⋀ (p → ¬q) ↔ (p NOR q)

Démonstration :
(p → q) ⋀ (p → ¬q)
= (¬p ∨ q) ⋀ (¬p ∨ ¬q)
= (¬p ⋀ (¬p ∨ ¬q)) ∨ (q ⋀ (¬p ∨ ¬q))
= ¬p ∨ (¬p ⋀ ¬q) ∨ (q ⋀ ¬p)
= ¬p ∨ ((¬p ∨ (q ⋀ ¬p)) ⋀ (¬q ∨ (q ⋀ ¬p)))
= ¬p ∨ ((¬p ∨ (q ⋀ ¬p)) ⋀ ¬q ⋀ ¬p)
= ¬p ∨ ((q ⋀ ¬p) ⋀ ¬q ⋀ ¬p)
= (¬p ∨ (q ⋀ ¬p)) ⋀ (¬p ∨ ¬q)
= (¬p ∨ q) ⋀ ¬p ⋀ (¬p ∨ ¬q)
= (¬p ∨ q) ⋀ ¬p ⋀ ¬q
= ((¬p ⋀ ¬q) ∨ (q ⋀ ¬q)) ⋀ ¬p
= ¬p ⋀ ¬q
= ¬(p ∨ q)
= p NOR q , pour tous p,q

v) La formule "p infère q et simultanément la négation de p infère q" est équivalente à l'opération p AND q.
((p → q) ⋀ (¬p → q)) ↔ (p ⋀ q)

Démonstration :
(p → q) ⋀ (¬p → q)
= (¬p ∨ q) ⋀ (p ∨ q)
= (¬p ⋀ (p ∨ q)) ∨ (q ⋀ (p ∨ q))
= (¬p ⋀ q) ∨ (q ⋀ (p ∨ q))
= (¬p ∨ (q ⋀ (p ∨ q))) ⋀ (q ∨ (q ⋀ (p ∨ q)))
= (¬p ∨ q) ⋀ (¬p ∨ p ∨ q) ⋀ (q ∨ q) ⋀ (q ∨ p ∨ q)
= (¬p ∨ q) ⋀ q ⋀ (q ∨ p)
= (¬p ∨ q) ⋀ q ⋀ p
= ((¬p ⋀ p) ∨ (q ⋀ p)) ⋀ q
= q ⋀ p ⋀ q
= p ⋀ q , pour tous p,q.

w) Première transposition de l'axiome Gödel-Löb de la logique modale en logique tétravalente :
Nécessité(Nécessité(p) → p) → Nécessité(p)
= ¬(Nécessité(¬Nécessité(p) ∨ p)) ∨ Nécessité(p)
= Contingence(Contingence(p) ∨ p) ∨ Nécessité(p)
= Contingence(p) ∨ Nécessité(p)
= Contingent ∨ Nécessaire
= Nécessaire, pour tous p.

x) La Possibilité et l'Impossibilité d'une proposition ne sont pas logiquement équivalentes.
Ceci revient à démontrer que la formule Possibilité(p) ↔ Impossibilité(p) est une contradiction.
Possibilité(p) ↔ Impossibilité(p)
= (Possibilité(p) ∧ Impossibilité(p)) ∨ (¬Possibilité(p) ∧ ¬Impossibilité(p))
= (Possible ∧ Impossible) ∨ (Impossible ∧ Possible)
= Contingent, pour tous p.

y)  Nous avons vu ci-avant que la valeur de vérité de la proposition p est logiquement équivalente à la formule "si la négation de p alors p".
On démontre de même l'équivalence suivante, qui n'est qu'un cas particulier de la propriété considérée :
(¬(p → q) → (p → q)) ↔ (p → q)

Démonstration :
¬(p → q) → (p → q)
= ¬(¬p ∨ q) → (¬p ∨ q)
= ¬p ∨ q ∨ ¬p ∨ q
= ¬p ∨ q
= (p → q) , pour tous p,q

z) Certaines tautologies sont directement le reflet de la métaphysique à l'origine de la conception de notre logique.
Il est Nécessaire que le Nécessaire implique le Possible, ou que le Nécessaire implique l'Impossible.
(Nécessité(p) → Possibilité(p)) ∨ (Nécessité(p) → Impossibilité(p)) 
= ¬Nécessaire ∨ Possible ∨ ¬Nécessaire ∨ Impossible 
Possible ∨ Impossible 
= Nécessaire , pour tous p.

Remarquons que la tautologie est conservée si on utilise ici le OU exclusif.  
(Nécessité(p) → Possibilité(p)) (Nécessité(p) → Impossibilité(p)) 
= (¬Nécessaire ∨ Possible) ∨ (¬Nécessaire ∨ Impossible)
= Possible ∨ Impossible
= (Possible ∧ ¬Impossible) ∨ (¬Possible ∧ Impossible)
= Possible ∨ Impossible
= Nécessaire , pour tous p

Affirmer que le Nécessaire implique le Possible, et simultanément que le Nécessaire implique l'Impossible est une contradiction.
(Nécessité(p) → Possibilité(p)) ∧  (Nécessité(p) → Impossibilité(p))
= (¬Nécessaire ∨ Possible) ∧ (¬Nécessaire ∨ Impossible)
Possible  Impossible 
= Contingent , pour tous p.


Perspectives :

Tout d’abord nous avons montré que toutes les formules connues en logique bivalente booléenne restent valables dans notre logique tétravalente. Tous les résultats mathématiques et scientifiques produits à partir de la logique bivalente conservent ainsi leur valeur. Cependant, la logique bivalente ne forme qu’un sous-ensemble de ce qu’il est possible de formaliser par la logique tétravalente.

Sur le plan de la recherche en logique de la démontrabilité, le théorème de Löb et l'axiome de Gödel-Löb pourraient être reformulés à partir de la logique tétravalente, au lieu d'utiliser la logique modale classique.

Les applications de la logique tétravalente seront très nombreuses. Son développement dans l’écosystème scientifique pourra s’inspirer de celui existant pour la logique modale classique. En informatique théorique on pourra ainsi appliquer la transformation de Tseytin aux formules issues de la logique tétravalente. Le principe est de décrire dans un schéma un circuit logique de traitement, où les portes représentent les fonctions logiques AND, NOR, NOT etc que nous avons formalisées en logique tétravalente. La transformation de Tseytin permet ensuite de générer des formules CNF, qui sont nécessaires à la résolution du problème de satisfiabilité booléen (appelé SAT en théorie de la complexité qui vise à résoudre les problèmes dits NP-complets), ici par l’approche CNF-SAT. On utilise à cet effet un logiciel solveur SAT. On pourra de même appliquer la logique tétravalente aux problèmes de décision dits de « satisfiabilité modulo des théories » (SMT).

En logique modale classique, on utilise divers langages informatiques de programmation (comme Molog, Modal Prolog, Modal Logic Programming...) pour simuler le fonctionnement de ces logiques particulières sur un ordinateur standard. On pourra adapter facilement ces langages pour simuler un fonctionnement en logique tétravalente.

Les portes logiques des schémas évoqués ci-avant pourront dans une autre étape être matérialisées sous une nouvelle forme, celle de circuits électroniques imprimés ou intégrés.

______________________



[dernière mise à jour : 11/12/2017]