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2016/06/13

Communiqué de Jean-Pierre Petit

Il y a quelques mois le journaliste Jean-Claude Bourret avait repris contact avec moi.

Depuis 1991 tout le monde sait que je suis « interdit de médias ». Je ne communique, depuis un paquet d’années, que dans le cercle restreint de mes fans. L’idée d’un livre à deux a alors émergé et a vite fait son chemin, sous forme d’une longue interview. 
L’objet, 340 pages, est pratiquement prêt. On en est à la relecture et à des aménagements de détail. Jean-Claude a déjà trouvé le (grand) éditeur, enthousiaste, me dit-il. Selon notre planning le livre devrait sortir à l’automne. [NDE: dans un message du 2/10 sur son site, JP Petit annonce que sa sortie est planifiée en février 2017. Effectivement il sera disponible à partir du 24/02/2017. (Références du livre)]

Ce qui s’est fait jour au fil de cette rédaction est que nous faisions fausse route en pensant que la communauté scientifique pourrait réagir, de manière « conventionnelle ». 

On sait qu’arXiv a établi un barrage vis à vis de nos articles. Mais ceux-ci ont pu être installés sur le site concurrent Researchgate
Résultat : depuis des mois et des mois nous battons le record du nombre de consultations, de téléchargements. Mais question écho : zéro. [NDE: quelques citations d'articles]

Aucune réaction non plus après publication de quatre importants papiers dans des revues de haut niveau. [NDE: Modern Physics Letters A, Astrophysics and Space Science]
Evidemment on pourrait penser que pour pousser des idées il faut les présenter dans des séminaires, des congrès. Comptons alors 20 ans, c’est la moyenne. 

On ne peut pas se la jouer comme cela. D’où ce livre, qui d’ailleurs centré sur un projet. 

J’oubliais de préciser : quand j’ai parlé d’un tel livre Bourret m’a aussitôt dit « je ne veux pas prendre d’argent là-dessus ». J’ai dit la même chose. Donc le bénéfice des ventes ira intégralement dans la caisse d’UFO-science

Mais pourquoi faire ? 
Pour monter des manips de MHD dans un garage, aller dans des congrès internationaux ? 
Non, pour avoir une chance de développer un réseau UFO-catch. Cette caméra de surveillance de l’ensemble du ciel, sur 360° est opérationnelle depuis 2008. Jean-Christophe Doré, son inventeur, l’a ensuite simplifiée, pour abaisser son coût de production. En listant ses composants on est en dessous de 200 euros. 

Le système est opérationnel. Nous avons maintenant plusieurs caméras qui donnent lieu à des détections multiples et nous reconstituons alors la trajectoire en 3D de l’objet observé. 

Le système de Doré est très en avance sur les caméras FRIPON puisque les caméras Ufo-catch enregistrent le spectre de la source. Ainsi, dans les détections réalisées (se référant à de simples étoiles filantes) l’analyse du spectre a conclu à une micrométéorite de type ferrique. 

Le but du projet est de susciter l’implantation d’un vaste réseau d’UFO-catch à travers la France, puis à travers le monde (le dispositif ne fait et ne fera l’objet d’aucune prise de brevet). Avec le livre on fournira les « plans » permettant de construire soi-même ces caméras. Mais si l’argent collecté (par les ventes et éventuellement pas des dons) est suffisant on pourra susciter la production de kits. 

Les possesseurs d’Ufo-catch s’auto-organiseront en réseau en dialoguant à travers un forum qui leur sera réservé. Quand deux possesseurs auront observé le même objet, ils pourront échanger leurs données et les traiter grâce à un logiciel freeware qui leur sera fourni. Et cela en France, mais aussi dans tous les pays où la contagion jouera. 

Bien sûr, dans la majorité des cas, ce qu’ils capteront correspondra à la chute d’une étoile filante ou d’un bolide. Auquel cas, nous nous en sommes assurés, ils pourront adresser ces données au réseau FRIPON

Evidemment, le but de notre traque c’est la trajectoire d’ovni, qui ne pourra alors être réduite ni à l’observation de lanternes thaïlandaises, ni au reflet de lasers sur des nuages, etc. On squeezera alors complètement les actions de désinformation de structures comme le Geipan
Au-delà il faut bien comprendre le sens de cette entreprise Ufo-catch
Nous voulons faire sortir enfin le chat du sac.
Se doter de ces stations d’enregistrement équivaudra à dire : 
- Nous ne croyons plus, ni à nos institutions scientifiques, ni à un quelconque organisme institutionnel pour faire émerger la vérité concernant ce phénomène ovni. Nous pensons même, au contraire, que tous ces gens ne souhaitent qu’une chose : maintenir ce sujet sous le boisseau. Nous nous sommes donc dotés des instruments qui permettront que la vérité éclate, et le temps travaillera désormais pour nous. 
Il y aura ceux qui se procureront le matériel pour construire ces caméras de détection, ou le kit permettant de réaliser ce montage. Mais aussi ceux qui donneront corps à ce projet, en achetant des livres (et/ou) en faisant des dons.

Revenons au livre. Nous l’avons conçu pour qu’il se présente (aussi) sous la forme d’un divertissement. Il est truffé d’anecdotes, parfois savoureuses. On y découvrira des choses inédites, comme le fait, prouvé par ses écrits, ce qui en surprendra plus d’un, que j’ai été lié d’amitié avec Alexandre Grothendieck, qui avait même fait acte de parrainage, par écrit pour le … GESTO lors de sa création ! Mais j’avais gardé tout cela secret. 
Pour ceux qui l’ignorent (voir Wikipedia) Grothendieck est dans le domaine des maths ce qu’Einstein est dans le domaine de la physique et de la cosmologie.

Le livre présentera une vaste revue de question, au terme de laquelle le lecteur sera convaincu de l’inertie, de l’incompétence et de la mauvaise foi du Geipan et des scientifiques qui ont gravité autour de tout cela. 

Quand l’intérêt pour le sujet ovni s’était trouvé démultiplié par nos premiers travaux de MHD on avait aussitôt, en 1977, créé le Gepan. A cette occasion Gilbert Payan m’avait dit : 
- Plus vous serez discret, plus on pourra vous aider. 
On a vu ce que cela a donné. Par ailleurs vous connaissez l’adage : 
- Si vous voulez enterrer une question, créez une commission chargée de l’étudier 
Maintenant ça n’est plus, ni au Geipan, ni à la communauté scientifique de gérer cette question. 
Nous allons faire en sorte que les citoyens de tous les pays s’en chargent eux-mêmes.

Le livre est aussi axé sur la faisabilité des voyages interstellaires, avec présentation d’un début de solution. 
Enfin, cerise sur le gâteau (sur laquelle nos ufologues pourront s’acharner) : la preuve, scientifiquement irréfutable, que l’affaire Ummo traduit bel et bien un contact avec « des gens venus d’ailleurs ». 
Un bon « menu », donc. Vous allez vous régaler.

Bourret et moi sommes sur les starting blocks. On a tous les deux hâte d’en découdre. 
Nous nous sommes bien mis d’accord : rien ne nous arrêtera. En 1991 j’avais reçu des menaces très précises. Je n’ai pas eu à y souscrire. Ayant perdu mon fils peu de temps avant, et seul contre toute la meute (à commencer par celle des ufologues, voir l’émission de Bercoff, sur la Cinq) mes nerfs ont fini par lâcher. Ce n’est pas la peur qui m’a fait décrocher, c’est l’épuisement. 
Là, c’est différent. Si des menaces sont proférées, nous en feront immédiatement état, et elles ne nous impressionneront pas, d’où qu’elles viennent et quelle que soit leur forme.

L’enjeu est trop important. 
Voilà …..


2016/01/24

Tous les cris les consciences S.O.S.iales


En hommage pour les 30 ans de la disparition de D. Balavoine, librement inspiré par l'émouvant "Tous les cris les S.O.S." (in les disques "l'Aziza", 1985 et "Sauver l'Amour", 1986).




*Tous les cris les consciences S.O.S.iales*
Chant hypertextuel, à l'âge d'internet.

Comme un fou va jeter à la mer
Des bouteilles vides et puis espère
Qu'on pourra lire à travers
S.O.S. écrit avec de l'air
Pour te dire que je ne suis plus seul
Je dessine à l'encre vide un geyser

Et je cours
Je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des maux qui m'entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Comprenant mieux la détresse
Des mots que j'envoie

Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs
Dans l'eau laissent une trace
Dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent
Mais les vagues les ramènent
En pierres d'étoile sur les rochers

Difficile d'appeler au secours
Quand tant de drames nous oppressent
Et les larmes nouées de stress
Étouffent un peu plus les cris d'amour
De ceux qui sont dans la faiblesse
Et dans un dernier espoir
Disparaissent

Et je cours
Je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des maux qui m'entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Comprenant mieux la détresse
Des mots que j'envoie

Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs
Dans l'eau laissent une trace
Dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent
Mais les vagues les ramènent
En pierres d'étoile sur les rochers

Et j'ai ramassé les bouts de verre
Contre le passé n'y a-t'il rien à faire
Il faudrait changer les héros
Dans un monde où le plus beau
Reste à faire

Et je cours
Je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des maux qui m'entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Comprenant mieux la détresse
Des mots que j'envoie



2015/10/07

La philosophie du nénufar

source de l'image

Adeline M. : Ce sont des crapauds et nous sommes des nénufars. 
Nathalie M. : Oui. Beaux, simples, élégants, et surtout bien arrimés, laissant l'eau couler sous les ponts. 
Anaïs P. : Les crapauds semblent s'asseoir au-dessus des feuilles. En réalité ils ont besoin des nénufars pour ne pas couler. 
Nathalie M. : Voici ce que les nénufars ont de plus fort : même quand ils doivent vivre dans un environnement saccagé et les pieds dans la boue, ils trouveront toujours la force et le moyen de garder la tête hors de l'eau.

2015/01/29

Conscience sociale et la résilience des peuples européens

Belle synthèse que voilà, et qui propose un lien entre comportement individuel et survie des grandes structures humaines.


Cependant les auteurs n'évoquent pas ce qui constitue le point de fuite des neuro-sciences: l'esprit.
Or, dans le cadre du développement de chaque esprit humain et de sa résilience, personne ne peut faire l'impasse longtemps sur la qualité de la philosophie morale, telle qu'enseignée par les religions. Celle-ci forme la base la plus profonde qui soit à la culture.

C'est ainsi que l'enracinement du christianisme orthodoxe chez les peuples russes explique la résilience extraordinaire dont ils ont fait preuve depuis 1905, et plus près de nous suite à l'effondrement de 1990.

Une leçon historique doit en être tirée, déjà exprimée par d'autres: les peuples de l'Europe ne se relèveront pas tant qu'ils n'auront pas décidé de renouer pleinement avec leurs racines chrétiennes. 

Une seconde leçon peut en être tirée, jamais évoquée à ma connaissance: la qualité de la philosophie morale d'une religion, et son maintien dans le temps, dépend très fortement de la gouvernance qui est organisée pour la faire vivre. 
En la matière pour l'Eglise catholique, la concentration du pouvoir spirituel aux mains du seul pape, assisté par la Curie, a conduit depuis le schisme de 1054 peu à peu à l'incurie et à la déchéance que le pape François entend désormais stopper.
Il est significatif de noter la toute autre organisation de la gouvernance de l'Eglise Chrétienne Orthodoxe, dont l'organisation présente un caractère multipolaire.

Le nouvel essor que je pense inévitable de la spiritualité chrétienne en Europe va entraîner du même chef un effort sur la réunification des patriarcats des Eglises Chrétiennes Orthodoxes et Catholiques, par l'organisation d'un grand concile. 

L'esprit européen est à la charnière entre relaxation et réorganisation.


[Les précédents articles de cette série sur l'Esprit Européen sont accessibles ici]

2015/01/01

Former des voeux, un exercice de conscience sociale pour Don Quichotte




"Je vous souhaite de souhaiter. Je vous souhaite de désirer. Le bonheur, c'est déjà vouloir. Comme en droit pénal, l'intention vaut l'action. Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous."
extrait d'une interview, donnée le 1er janvier 1968 sur Europe 1. Jacques Brel, L’Homme de La Mancha, y avait improvisé des vœux de nouvelle année. 





2014/08/31

La guerre d'Ukraine et l'esprit des peuples

[This article is also available in english].

Il est encore difficile aujourd'hui d'évoquer l’absence de liberté des grands médias occidentaux sans être taxé d'extravagance, de se voir convaincre d'être le neveu de Poutine.

Pourtant cette liberté parmi d'autres n'est qu'un des visages de la liberté tout court et l'on comprendra notre obstination à la défendre si l'on veut bien admettre qu'il n'y a point d'autre façon de gagner réellement la guerre dans laquelle ceux qui dirigent l’OTAN veulent précipiter l’Europe.

Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, Chomsky[1], Bourdieu[2], Orwell[3], de Sélys et Collon[3b], Scott[4] ou Joly[5], et d'autres encore, ont d'ailleurs précédé tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore. En particulier, le principe de la fabrication du consentement une fois imposé, le fait qu'à cet égard les sentiments des foules dépendent de l’influence délétère de bien peu, poussant à la précipitation, à l'incompréhension, à la suspicion ou à la peur, démontre mieux qu'autre chose le degré d'inconscience où nous sommes parvenus.

Un des bons préceptes d'une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d'un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en Occident n'est plus aujourd'hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un citoyen peut rester libre. Le problème n'intéresse plus les gouvernements. Il concerne la société civile et d’abord l'individu.

Et justement ce qu'il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, à l’orée ou au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l'ironie et l'obstination. 

La lucidité est le moteur de notre propre liberté

La lucidité suppose la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité. Dans le monde de notre expérience, il est certain que tout peut être évité. La guerre elle-même, qui est un phénomène humain, peut être à tous les moments évitée ou arrêtée par des moyens humains. Il suffit de connaître l'histoire des dernières années de la politique européenne pour être certains que la guerre, quelle qu'elle soit, a des causes évidentes. Cette vue claire des choses exclut la haine aveugle et le désespoir qui laisse faire. Un citoyen libre, en 2014, ne désespère pas et lutte pour ce qu'il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. S’il est auteur, quel que soit le média, il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.

Abandonner sa souveraineté, ou bien ne pas renoncer

Mais le citoyen peut aussi être un représentant de l’Etat. Les gouvernements américains et anglais ont tenté il y a 10 ans de décrédibiliser l’idéal des Nations Unies, de déshonorer tous les gardiens de notre conscience collective par le mensonge, la tromperie et l’injustice[6] en les entraînant dans la guerre en Irak, pour en être empêché in-extremis par la volonté et la voix courageuse d’un Ministre de la France[7]. Ces mêmes gouvernements tentent aujourd’hui de tirer à nouveau les ficelles pour nous précipiter dans la guerre en Ukraine, bientôt contre la Russie, en employant sans vergogne les mêmes méthodes infâmes[8]. Ils veulent cependant utiliser l’OTAN pour court-circuiter le Conseil de Sécurité de l’ONU, ayant appris de leur échec de 2003. Le sommet de l’OTAN au pays de Galles les 4 et 5 Septembre réunissant les 28 Etats membres de l’alliance n’a pas d’autre vocation que de remplacer dans l'opinion publique une résolution du Conseil de Sécurité sur l’intervention prochaine en Ukraine, qui sera précédée par des arrivées de troupes américaines dans les bases de l’Est de l’UE[9], mais aussi en Italie, en Hollande ou en Allemagne. C’est bien une réoccupation de l’Europe par l’armée américaine, les Etats européens n’ayant en réalité quittés leur statut de colonie lors des 70 années écoulées que lors de brèves parenthèses comme celle du Gaullisme. Le TTIP et les amendes récentes sur les banques européennes ne sont à cet égard que des moyens de rétablir l’imposition directe des européens, après l’imposition indirecte qui se manifeste au travers des achats de bons du Trésor américain par tous les Etats.

Quel homme trouvera le courage de marcher dans les pas de Dominique de Villepin lors du prochain sommet, et refusera par sa voix que son pays suive le chemin fatal où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne veulent mener l’alliance ? Qui, ne cédant pas à la précipitation, à l'incompréhension, à la suspicion ou à la peur, se rappellera les mots de Démocrite : le caractère d’un homme fait son destin ? Au sein de ce sommet, la lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les leurs doivent les conduire à donner la priorité au désarmement des adversaires en Ukraine, dans une paix qui ne serait pas un langage orwellien, en collaboration avec l’Union Eurasiatique.

Servir le mensonge, ou bien la liberté

En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d'opposer quelques refus. Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête. Or, et pour peu qu'on connaisse le mécanisme des informations, il est facile de s'assurer de l'authenticité d'une nouvelle. C'est à cela qu'un journaliste libre et un citoyen doit donner toute son attention. Car, même s'il ne peut dire tout ce qu'il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu'il ne pense pas ou qu'il croit faux. Et c'est ainsi qu'un journal libre se mesure autant à ce qu'il dit qu'à ce qu'il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l'on sait la maintenir. Car elle prépare l'avènement de la vraie liberté. En conséquence, un journal indépendant donne l'origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l'uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu'elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu'aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge.

C’est ce que nous attendons de tous les commentateurs à l’issue du prochain sommet de l’OTAN.

Chérir la vérité avec obstination

Nous en venons ainsi à l'ironie. On peut poser en principe qu'un esprit qui a le goût et les moyens d'imposer la contrainte est imperméable à l'ironie. On ne voit pas Kerry, Netanyahou, Fabius, Ashton, Iatseniouk, pour ne prendre que des exemples parmi d'autres, utiliser l'ironie socratique. Il reste donc que l'ironie demeure une arme sans précédent contre les trop puissants. Elle complète le refus en ce sens qu'elle permet, non plus de rejeter ce qui est faux, mais de dire souvent ce qui est vrai. Un journaliste libre, en 2014, ne se fait pas trop d'illusions sur l'intelligence de ceux qui l'oppriment. Il est pessimiste en ce qui regarde l'homme. Une vérité énoncée sur un ton dogmatique est censurée neuf fois sur dix dans les grandes rédactions. La même vérité dite plaisamment ne l'est que cinq fois sur dix. Cette disposition figure assez exactement les possibilités de l'intelligence humaine. Elle explique également que des journaux français comme Le Canard Enchaîné puissent publier régulièrement les courageux articles que l'on sait. Un journaliste libre, en 2014, est donc nécessairement ironique, encore que ce soit souvent à son corps défendant. Mais la vérité et la liberté sont des maîtresses exigeantes puisqu'elles ont peu d'amants.

Cette attitude d'esprit brièvement définie, il est évident qu'elle ne saurait se soutenir efficacement sans un minimum d'obstination. Bien des obstacles sont mis à la liberté d'expression. Ce ne sont pas les plus sévères qui peuvent décourager un esprit. Car les menaces, les suspensions, les poursuites obtiennent généralement l'effet contraire à celui qu'on se propose. Mais il faut convenir qu'il est des obstacles décourageants : la constance dans la sottise, la veulerie organisée, l'inintelligence agressive, l’ostracisme, et nous en passons. Là est le grand obstacle dont il faut triompher. L'obstination est ici vertu cardinale. Par un paradoxe curieux mais évident, elle se met alors au service de l'objectivité et de la tolérance.

Les esprits indépendants forment l'histoire

Voici donc un ensemble de règles pour préserver la liberté jusqu'au sein de la servitude. Et après ?, dira-t-on. Après ? Ne soyons pas trop pressés. Si seulement chaque citoyen des pays occidentaux voulait bien maintenir dans sa sphère tout ce qu'il croit vrai et juste, s'il voulait aider pour sa faible part au maintien de la liberté, résister à l'abandon et faire connaître sa volonté, alors et alors seulement cette guerre serait déjà gagnée, au sens profond du mot.

Oui, c'est souvent à son corps défendant qu'un esprit libre de ce siècle fait sentir son ironie. Que trouver de plaisant dans ce monde enflammé ? Mais la vertu de l'homme est de se maintenir en face de tout ce qui le nie. Personne ne veut recommencer aujourd’hui la double expérience de 1914 et de 1939. Il faut donc essayer une méthode qui serait la justice et la transparence, sous l’égide des Nations Unies puisque l’OTAN ne peut agir à sa place, pour conduire aux inspections, et au désarmement dans la paix. Mais la justice ne s'exprime que dans des cœurs déjà libres et dans les esprits encore clairvoyants. Former ces cœurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c'est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l'homme indépendant. Il faut s'y tenir sans voir plus avant. L'histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.

Même si finalement malgré tous nos efforts une nouvelle guerre a lieu, l’Europe étant une nouvelle fois détruite dans les années les plus terribles de sa longue histoire, il faut œuvrer dès aujourd’hui à sa future reconstruction. Cela commencera par insuffler l’esprit et le courage, et l’honneur. Les générations prochaines se souviendront alors de nos voix, retrouveront notre esprit et marcheront dans nos pas, bien après que l’OTAN aura été engloutie par l’histoire. Les peuples qui cultiveront ces valeurs ne cesseront pas de se tenir debout face à l'histoire et devant l’humanité.

Dr. Bruno Paul, d'après le manifeste d'Albert Camus.




[1] ‘La fabrication du consentement: de la propagande médiatique en démocratie’, Edward Herman et Noam Chomsky, 1988
[2] ‘Sur la télévision’, Pierre Bourdieu, 1996
[3] '1984', E.A. Blair, dit George Orwell, 1949
[3b] 'Attention Médias ! Mediamensonges du Golfe. Manuel antimanipulation', Michel Collon, 1992
[4] La politique profonde et l’Etat profond’, Conscience-Sociale.org, 03/2014
[6] a) « Discours de Colin Powell devant le Conseil de Sécurité de l'ONU », 05 février 2003 ; b) Dès 2004, les inspections américaines menées pendant la guerre s'accordent pour dire que l'Irak avait abandonné son programme nucléaire, chimique et biologique après 1991 (Iraq Survey Group Final Report, GlobalSecurity.org, 2004) ; c) « Colin Powell : comment la CIA m'a trompé », Nouvel Observateur, 03/2013
[8]Russia Invades Ukraine”, Strategic NATO Public Relations Stunt. Where are the Russian Tanks?, Global Research, 08/2014
[9] publié quelques heures après la parution de notre article: 'Europe de l'Est: l'Otan veut déployer cinq nouvelles bases', RiaNovosti, 31/08/2014

2014/04/08

Combler le vide stratégique


Ecoutez cette interview sur Xerfi Canal de Philippe Baumard, Professeur des universités à Aix-Marseille Université et chercheur au sein de la chaire Innovation & Régulation des services numériques de l'École Polytechnique.
Pourrait-on imaginer titre plus explicite que celui de « vide stratégique » ? Assurément non. On doit donc être reconnaissant à Philippe Baumard, figure emblématique de la discipline de l’intelligence économique d’avoir aussi clairement mis les mots sur nos maux actuels.
Ce serait donc l’incompétence des élites qui serait l’un des facteurs explicatifs déterminants de la crise que nous vivons depuis bientôt 7 ans… si ce n’est plus.

Une interview menée par Jean-Philippe Denis.



2014/02/10

La conjecture de Valéry, de Paul à Paul

Dans sa lettre célèbre La Crise de L'Esprit, Paul Valéry est loin d’être le premier à parler de l’idée d’Europe.
Mais il est le second (*) à notre connaissance à parler de l’Esprit européen d’une part, et d’autre part de la « physique intellectuelle et sociale » qui pourrait décrire l’évolution de cet Esprit. Il tire de cette intuition physique une étonnante prédiction pour l’époque, qui pourrait se généraliser sous la forme d’une conjecture (1):
« Je prétendais que l’inégalité si longtemps observée au bénéfice de l’Europe devait par ses propres effets se changer progressivement en inégalité de sens contraire. C’est là ce que je désignais sous le nom ambitieux de théorème fondamental. »
Ce décalage du centre de gravité, historiquement vers l’Ouest puis désormais vers l’Est s’observe bel et bien dans la part respective du PIB mondial.


Valéry veut poser par ce moyen la question encore plus fondamentale du devenir de l’Europe. Il la pose au sortir de la Grande Guerre, et il offre à la réflexion deux facettes :
La première sur la difficulté de créer la paix, et sur le développement d’une nouvelle philosophie européenne engendrée après Hegel et Marx fait l’objet de la première lettre.
La deuxième concerne le repositionnement de l’Europe vis-à-vis de la Grande Asie, face à l’inéluctable retour de balancier de ce que l’on appelle aujourd’hui en géopolitique la puissance, mais – insistons bien sur ce point – que Valéry argumente comme étant la résultante du développement de l’Esprit des peuples.
Valéry avait doublement raison : d’abord par la deuxième Guerre Mondiale et par les conflits « froids » ou régionaux jusqu’à nos jours qui ne sont que des conséquences de mauvaises conditions de paix et d’affrontement direct de mouvements issus d’idéologies post-Hégéliennes, post-Marxistes et post-Kantiennes (Heidegger, Trotsky, Weishaupt, Gentile…). Cette primauté de la lutte a conduit à un siècle de ralentissement intellectuel, accaparé par la dimension marchande et les effondrements humains. Mais il n’a pas réussi à inverser la progression éveillée de l’Esprit à l‘Est, tout au mieux à gagner quelques années.
La crise de l’Esprit européen est toujours une question d’actualité, et le repositionnement de l’Europe vis-à-vis de la Grande Asie se pose avec plus d’acuité que jamais.
 Nous avons choisi de marcher dans la piste esquissée par Valéry : il n’y a pas de destin irrévocable pour l’Europe. Cette liberté de l’Esprit nous permet d’affirmer qu’il n’y a pas de menace que le Peuple européen ne saurait maîtriser. Et c’est bien en cherchant cette liberté qu’on la crée.
Pour une telle recherche, nous avons consacré un thème - et non pas l’ensemble de notre recherche - à la considération des ensembles géopolitiques. Nous étudions par ailleurs l’individu pensant, c’est-à-dire l’Esprit et la Liberté au moyen du personnalisme avec Berdiaeff et Mounier, ainsi que la lutte de la vie personnelle avec la vie sociale, c’est-à-dire la conscience sociale. Nous avons utilisé dans certains travaux une méthode très innovante créée par le L.E.A.P., l’anticipation politique, pour tenter d’élaborer plus efficacement des relations entre le choix individuel, l’évolution de la société, le devenir des peuples. Eclairer le devenir, même d’une vacillante chandelle, vaut mieux que de maudire les ténèbres (2). Cette nouvelle liberté crée une nouvelle zone d’espace que peut parcourir notre intellect. Elle seule peut rendre possible une nouvelle destination, parce que le chemin sera différent.
Nous avons également marqué l’espace des sciences politiques en ajoutant un nouveau minuscule grain de sable au bord du monde - les principes de la Démocratie Agile - là où il n'y avait que le néant. Ce grain pourrait un jour devenir rocher ou montagne. C’est un point d’appui, qui a la particularité de s’adapter à la taille du levier que l’on utilisera. Ce levier pourrait servir de forceps permettant d’accoucher (3) d’une nouvelle Renaissance.
Il ne tient qu’aux peuples européens de l’utiliser, pour créer une nouvelle différence dans le phénomène démocratique, et prolonger le mouvement de l’Esprit européen. Je crois cet apport également diffusible au sein des autres peuples, bien qu’à des vitesses différentes. L’Europe ne possède qu’une respiration d’avance avec l’expérience initiée par le mouvement 5 étoiles ou d'autres initiatives.
Il ne tient aussi qu’aux Européens, et à leurs organisations commerciales et politiques, de surfer résolument la vague porteuse et d’engager des partenariats stratégiques avec les pays BRICS. Que certains le veuillent ou non, le rôle de la Russie dans cette ambition historique est indépassable. L’Histoire de l’Europe ne peut pas s’écrire sans elle. Elle pourrait s'épuiser en s’écrivant contre elle, pour des décideurs insensibles au vent de l’Histoire, et par des peuples Européens restés aveugles, sourds et muets. Cette crise de l’Esprit Européen se terminerait alors en une satellisation politique, au petit cap du bout du monde que mentionne Valéry.

Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !
L’air immense ouvre et referme mon livre,

Paul Valéry, Le cimetière marin, 1920.

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(*) [26/01/2018] La version initiale de cet article disait "le premier". Nous corrigeons cet ordre en mentionnant un passage méconnu dans l'ouvrage d'Alexandre Saint-Yves, marquis d'Alveydre : La Mission de L'Inde en Europe - La Mission de l'Europe en Asie (rédigé en 1886, publication originale de manière posthume en 1910, pp. 107-116 et 167-170). Non seulement il fut le premier à décrire précisément la "physique intellectuelle et sociale" (pour reprendre l'expression que Valéry, ignorant l'oeuvre de Saint-Yves d'Alveydre, utilisera plus tard), mais il fut le premier à proposer une solution de rétablissement de l'Occident -la seule et vraie solution- qui sera reprise et développée par Guénon à partir de la publication d'Orient et Occident.
"Depuis un siècle, en Europe, le dégagement des sciences physiques a momentanément noyé dans un déluge de faits précieux mais de nomenclatures barbares, et les plus hautes facultés de l’esprit humain, et son sens synthétique ou religieux, et ses ressouvenirs les plus profonds.
Depuis ce temps aussi, le fil de communication entre l’Agarttha [NDE: comprendre ici l'Orient] et l’Occident est momentanément coupé, car encore une fois le nom de cette grande Université est : Fermée à l’Anarchie !
Européens, rouvrez les communications, croyez-moi, non d’une manière occulte, mais au grand jour. [...]
Si vous ne faites pas la Synarchie, je vois, à un siècle d’échéance, votre civilisation judéo-chrétienne pour toujours éclipsée, votre suprématie brutale pour toujours matée par une renaissance incroyable de l’Asie tout entière, ressuscitée, debout, croyante, savante, armée de pied en cap, et accomplissant sans vous, à votre encontre, les Promesses sociales des Abramides, de Moïse, de Jésus-Christ et de tous les Kabbalistes judéochrétiens.
Et de même que je vous signale le danger pour vous, je vous crie et je vous crierai le remède tant que Dieu m’en laissera la force.
Le remède n’est pas militaire, car à ce jeu vous finirez par instruire militairement, en les frappant, près d’un milliard d’Asiatiques qui vous feront tôt ou tard connaître leur poids.
Le remède n’est pas diplomatique : déjà presque toute l’Asie fait partie de votre Corps diplomatique et, saisie des engrenages de la machine de vos ruses et de vos jalousies mutuelles, elle vous y fera passer un jour, et vous y broyer entre elle et les deux Amériques.
Le remède que je vous propose, vos Livres Sacrés, vos Sciences sociales et l’Histoire universelle à la main, est purement intellectuel, juridique, organique.
C’est la Synarchie, c’est la loi historique de l’Humanité, que je vous ai irréfutablement démontrée dans mes Missions précédentes.
C’est là et non ailleurs qu’est votre sauvegarde, vis-à-vis de vous même et vis-à-vis de l’Asie.
C’est là qu’est votre entente possible avec elle, entente d’intelligences, de consciences et de volontés, à travers vos propres Corps enseignants, juridiques et économiques, c’est-à-dire à travers tous vos prêtres et tous vos maîtres, tous vos gouvernements et toutes vos forces productrices. [...]
Prenez la peine de relire tout ce que j’ai dit dans la Mission des Souverains et dans la Mission des Juifs du rôle politique que la Papauté a été forcée de jouer jusqu’à Pie IX, jusqu’au dernier Concile.
Ce rôle est désormais impossible, et l’évolution de la fonction papale vers un Souverain Pontificat d’Arbitrage purement intellectuel et purement social est certaine, quoique lente.
Vous avez vu jusqu’à présent des papes qui étaient les empereurs romains de leur Église, et cela a eu sa raison d’être temporaire, dans la longue gestation de la civilisation actuelle.
Mais il en est des organes sociaux comme des rouages d’une montre, et si ceux qui correspondent à l’aiguille des minutes marchent vite et d’une manière visible aux yeux, le progrès des autres, quoique insaisissable aux regards, n’en fait pas moins mouvoir l’aiguille de ces heures qui pour les collectivités sont des siècles.
Sans Autorité au-dessus de vous, empereurs et rois d’Europe, ou présidents de républiques, vous êtes voués à la destruction mutuelle de vos Peuples, de vos Pouvoirs et de vos Puissances, ainsi qu’au dualisme, au duel plutôt, des gouvernants et des gouvernés de vos États.
Cette loi fatale d’anarchie et de Mort, dont je vous ai dévoilé toutes les causes secrètes, ne peut pas plus être abrogée par vous que par les révolutionnaires qui tendent à usurper vos sceptres et vos trônes pour substituer des politiciens d’en bas à ceux d’en haut.
Tout Dualisme, quel qu’il soit, ne s’abroge jamais que par l’action du Trinitarisme.
C’est pourquoi il faut qu’au-dessus de vous se dresse une Autorité désarmée de tous moyens violents qui, appuyée sur tous les Corps enseignants de votre Continent, s’abstenant de tout arbitraire dogmatique, ne soit qu’un Arbitrage suprême de vos démêlés mutuels et de vos débats intestins.
Et si je vous conseille de prendre la Papauté comme point culminant et comme axe de cette magistrale évolution, c’est que, si vous ne le faites pas, au lieu d’un Souverain Pontificat européen et chrétien dont vous n’aurez pas voulu, vous en aurez un autre avant un siècle d’ici, mais asiatique et doublé d’une Maîtrise universitaire dont l’Esprit fera certainement la Synthèse intellectuelle et sociale que vous n’aurez été ni dignes de comprendre, ni capables d’accomplir. [...]
Vous n’en voudrez pas ? Vous ne ferez pas cette Synarchie judéochrétienne ? Soit, c’est votre affaire.
Mais pendant que vous vous enfoncerez plus avant dans toutes vos anarchies intellectuelles, politiques et sociales, l’Asie se reconstituera, n’en doutez pas ! dans sa Synarchie primitive, et c’est elle qui, vos deux Testaments à la main, exécutera sans vous, et contre vous au besoin, la Promesse sociale, universelle, qu’ils renferment.
Pourquoi contre vous au besoin ? Parce que si vous ne modifiez pas synarchiquement votre régime colonial, vos colonies asiatiques ou africaines vous échapperont forcément, et pendant que vous continuerez à vous enferrer militairement et économiquement en Europe même dans l’engrenage de l’Anarchie de votre Gouvernement général, la fédération des peuples asiatiques, les Arabes y compris, se resserrera en un seul Corps amphictyonique autour de l’Agarttha. [...]
Admettons que l’aveuglement des hommes d’État et des hommes d’Église, la haine mutuelle des sectes et des partis internationaux ou nationaux empêchent d’advenir ce Souverain Pontificat synarchique, cette reconstitution de toute l’Autorité enseignante, ce Conseil de Justice des États européens, ce Conseil œcuménique de toutes les nations judéochrétiennes.
Admettons que l’hébètement et l’impuissance actuels continuent, et qu’un pareil réveil de la Foi et de la Science, de l’intelligence et du bon sens total de notre Continent soit une impossibilité et une chimère.
Disons que l’Europe actuelle est le meilleur des mondes possibles, que toutes ses anarchies sont le triomphe suprême de la Science et de la Civilisation modernes, que l’abrogation synarchique que j’en indique, les
Textes sacrés et l’Histoire à la main, ne vaut même pas la peine qu’on y songe et qu’on s’en occupe.
Mais alors, faut-il voir face à face les perspectives qui restent ouvertes à l’avenir de l’Europe, si l’on supprime les précédentes ?
Fermons donc le Temple du Règne de Dieu, et continuons à rester au dehors la proie de toutes les fatalités déchaînées par toutes les anarchies.
Tiares, Mitres, Couronnes, Gouvernements, Nationalités, Universités après Églises, Chrétienté après Christianisme, tout continuera à être incessamment la pâture de la destruction, entre les anarchistes d’en haut et ceux d’en bas.
Évêques en tête, en habit noir ou en tenue militaire, l’Europe officielle, aux prises avec elle-même, continuera à mener gaiement, tambours battants, mèches aux canons, le deuil de notre État Social et de sa civilisation.
Mais, pendant ce temps, veuillez jeter un coup d’œil du côté de l’Asie, pour peu que vous ne soyez pas un politicien de hasard, n’ayant pour tout horizon que le bout de votre nez ou de l’intérêt particulier de votre personne ou d’un parti.
À cinquante ans d’échéance, vous verrez l’Asie renaître à l’Esprit de son antique synthèse celtique.
Vous la verrez s’abstenir sagement de toutes vos folies, se délivrer prudemment de vous par vous-même, reconstituer autour de son Souverain Pontife aux sept couronnes l’Alliance synarchique d’il y a cinq mille ans.
Et si persévérant quand même dans le système du Gouvernement général selon l’Ordre de Nemrod, vous continuez encore à vous démembrer mutuellement, vous qui aurez fermé vos oreilles aux doux appels de la Promesse chrétienne, vous serez forcés de les ouvrir aux clairons tonitruants du Jugement dernier.
Les armes à la main, l’Asie vous empêchera de venir la troubler dans son observance de la Loi du Règne de Dieu, et, Chine et Islam en avant, sous la conduite de vos propres instructeurs militaires, elle viendra vous
imposer de mettre votre signature au bas de la Promesse sociale des Abramides, de Moïse et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que vous aurez repoussée.
Entre ces deux perspectives, je ne crois pas que l’Europe pensante puisse, tôt ou tard, hésiter.
En attendant, je fais des vœux pour qu’entre la Synarchie et l’Anarchie les politiciens essayent de trouver un moyen terme : ils ne trouveront que des atermoiements funestes.
Quant à moi, j’ai terminé mon œuvre et couronné par ce livre mes trois
Missions précédentes.
J’ai fait ce que je devais, advienne que pourra !"

(1) Cette proposition est une conjecture car elle reste non démontrée mathématiquement. Valéry ne l’ignorait pas et il veut ici sans doute renforcer la dimension essentielle de sa proposition. 

(2) Comme le disait Lao-Tseu il y a 2500 ans. 

(3) La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. (A. Gramsci)

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Liens vers les autres parties du thème l'Esprit Européen :
Partie 1
Partie 2 (cet article)
Partie 3
Partie 4

2013/08/20

Our Research Pages


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Data series, historical data and graphs :


Annexes sur l'étude de la crise écologique globale :



  • Travaux et études publiés | Interventions lors de séminaires
    Published studies | Public seminars
    Studien veröffentlicht | Interventionen in Seminaren
    Los estudios publicados | Las intervenciones en los seminarios




2013/06/25

#PRISM: voir avant, voir après

 J'ai eu le plaisir d'animer une session jeudi 20 à 13h lors de la dernière conférence Pas Sage en Seine 2013 (PSES2013), à propos de l'affaire #PRISM.

"Anticiper #PRISM et anticiper la suite de l'histoire : Le geste politique d'Edward Snowden avait été correctement anticipé dans un contexte de montée en puissance de l'hacktivisme aux U.S. Nous discuterons de l'utilisation de la méthode de l'anticipation politique pour cette analyse, et ce qu'elle nous apprend pour la suite de la transformation socio-politique en cours aux U.S."

Vous pouvez retrouver son enregistrement vidéo ici, et le support que j'ai utilisé ici. Il est diffusé sous CC BY SA. (Le micro ne fonctionnait pas toujours très bien, désolé pour la qualité du son.)

Un point important que l'on n'a pas abordé lors de cette session: l'implication du GCHQ et l'impact de cette information sur la politique intérieure du Royaume-Uni et sa relation avec l'Union Européenne.

2013/06/20

Yves Cochet et la conscience sociale

L'Institut Momentum est depuis 2011 un groupe de réflexion sur la décroissance, dans un contexte de crise écologique globale. Yves Cochet en est l'un des acteurs les plus connus. 

Le 28 septembre dernier, il a animé un séminaire où l'on trouve ceci (pdf p9) :

"La totalité des rapports sociaux entre humains est fondée sur une interaction cognitive (l'interaction spéculaire) qui émerge nécessairement lorsque des individus se rencontrent et qui constitue simultanément leur être-au-monde par une boucle incessante entre l'individu et son environnement. L'être humain est tout à la fois modelé par le monde qui lui préexiste et modélisateur du monde par les actions qu'il entreprend. Certes, comme chez Girard, cette boucle est alimentée par l'imitation mais, dans la spécularité, cette imitation est aussi bien imitation du même qu'imitation de la différence, mimésis duplicative et mimésis différentielle. La spécularité concerne les entrecroisements des représentations du monde que chacun élabore progressivement dans l'intersubjectivité avec autrui et avec les tiers. L'enfant (et l'adulte !), doté de cette faculté de modéliser le monde, apprend aussi bien à imiter les autres qu'à s'en distinguer. Il possède ainsi un ensemble de représentations du monde, notamment une représentation de lui-même aux yeux des autres (les autres sont nos miroirs, ce qu'indique le qualificatif "spéculaire"). Au sein d'une communauté humaine, chacun étant placé dans la même position que les autres, la mimésis duplicative tend à rapprocher les représentations du monde des uns et des autres, en particulier la représentation que les autres ont de ma représentation du monde, de telle sorte que les réactions des autres à mes gestes ne soient pas imprévisibles, voire dangereuses. La mimésis duplicative tend à unifier ainsi la communauté autour de valeurs, de principes et de comportements communs. Dans le même temps, la mimésis différentielle (le principe de distinction, eut dit Pierre Bourdieu) garantit la diversité sans laquelle l'indifférenciation contagieuse créerait un chaos social de purs rivaux, une violence générale dans la communauté, « la guerre de tous contre tous » écrivait Thomas Hobbes. (Y. Cochet in Entropia 13, 2012) Une des modalités de l’interaction spéculaire est la contagion par la mimésis duplicative, c’est-à-dire l’imitation mutuelle massive au sein d’un groupe." 

Cette interaction cognitive est une des composantes essentielles de ce que j'appelle la conscience sociale

La suite du séminaire traite de l'effondrement systémique mondial. Si les relations schématisées sont intéressantes à explorer, je ne suis pas en accord avec tous les points expliqués, pour deux points essentiels et incontournables:
  • 1) le système monde ne se modélise pas de manière homogène, il faut impérativement rajouter une dimension géospatiale. Les premières conséquences de la crise apparue en 2007 ont bien mis en évidence la dislocation géopolitique mondiale, mouvement à contre pied de la globalisation.
  • 2)  il faudrait très fortement nuancer l'hypothèse "Au sein d'une communauté humaine, chacun étant placé dans la même position que les autres". A la dimension géospatiale je propose de rajouter une dimension d'"empreinte sociale". Cette empreinte est le fruit des nécessaires rapports humains que nous devons tisser et entretenir. C'est une mesure du tissu collectif. Il a peu de choses à voir avec la densité de population, mais davantage avec la densité des rapports humains pour entretenir le collectif et notre rôle dans ce collectif. Cette empreinte sociale est le facteur clé qui détermine si un collectif trouve une solution à sa survie. Pensez à une catastrophe qui se produirait dans une région habitée par les touaregs nomades, et une catastrophe, touchant au départ le même pourcentage de la population, cette fois à Los Angeles par exemple. Où se trouve l'empreinte sociale la plus forte ?
Cette empreinte sociale est aussi un produit lentement accumulé par la culture d'un peuple. C'est pourquoi les peuples anciens méritent toute notre attention, en plus de notre respect.
C'est aussi la raison pour laquelle l'anticipation concernant la zone euro est défaillante dans le cas de Paul Jorion (reprise par Y. Cochet dans ce séminaire). Il ne peut y avoir ici de bonne anticipation sans la dimension politique.