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2012/12/22

Les réseaux Euro-BRICS comme réponse à la crise scientifique

 Le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP) vient de publier la synthèse du troisième séminaire Euro-BRICS, organisé en partenariat avec l'Université MGIMO de Moscou (site en russeMGIMO UniversityInternational programs), ainsi que les recommendations à destination des décideurs politiques notamment du G20. Ce séminaire a réuni des intervenants de plusieurs pays de la zone euro (France, Allemagne, Belgique, Portugal, Pays-Bas) ainsi que de Russie, Chine, Brésil, Inde, Afrique du Sud. Voici le contenu du document en français et celui en anglais

Concrétisation de la vision élaborée par le LEAP et Franck Biancheri sur la construction dès à présent du monde de demain qui ne doit pas se réaliser sans les citoyens, ces séminaires sont un moment privilégié pour la société civile, au delà de l'établissement des réseaux et des programmes communs, de réunir les éléments permettant une anticipation politique représentative de notre monde multipolaire, lequel se renforce au quotidien. Si le moyen est une collaboration ouverte pour comprendre les facettes culturelles et tendances de fond qui façonnent actuellement le monde de demain, l'enjeu est aussi de proposer des outils et des clés de décision pour les représentants politiques, et pour les citoyens. C'est donc aussi un effort de vigilance concerté, aussi bien pour les uns que pour les autres. C'est nourrir la réflexion commune, contribuer à construire ensemble la route, car les seules choses écrites à l'avance ce sont celles dans lesquelles nous ne impliquons pas.

J'ai eu l'opportunité de présenter à cette occasion une intervention lors du thème "Vers le développement de réseaux thématiques Euro-BRICS, dans le domaine scientifique et technologique", dont voici ci-dessous le texte intégral. Elle se situe dans le prolongement de ce que j'ai déjà publié au sujet de la crise scientifique : Une théorie et un homme en crise; et La démocratie scientifique comme réponse à la crise scientifique


Les réseaux Euro-BRICS comme réponse à la crise scientifique.

Madame la Présidente, Monsieur l’Ambassadeur, Chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Je souhaite cibler mon intervention en argumentant pourquoi la création ou le renforcement de réseaux  Euro-BRICS est un élément crucial pour sortir dans un élan commun de la crise, prise ici dans toutes ses dimensions.
L’effet accélérateur de cette crise met en évidence la conjonction avec une profonde crise scientifique. J’ai ainsi souhaité m’appuyer sur un rapide constat effectué dans trois disciplines scientifiques, choisies parmi les plus porteuses pour notre avenir : la cosmologie;  l’économie ; et enfin le développement de nouvelles sources d’énergie.

I/ Concernant la cosmologie

Il faut tout d’abord bien comprendre l’intérêt majeur de cette discipline pour l’humanité. Pour ne prendre que la civilisation européenne, depuis Ptolémée, Galilée, puis Newton, Einstein, les révolutions dans le domaine de la cosmologie ont énormément d'influence culturelle sur tous les peuples. En particulier, c'est parce que ces révolutions vont de pair avec une refonte de la physique fondamentale, et en résumé de la conception géométrique de l’univers. Par ce biais, la compréhension de l'infiniment grand et lointain nous éclaire en retour sur l'infiniment petit et proche. De manière simplifiée, cette révolution se propage ainsi de la physique la plus mathématique à la cosmologie, à la physique des particules puis à la maîtrise conceptuelle des interactions présentes à ces échelles, c’est à dire les sciences expérimentales; puis à la technologie qui vient outiller ces manipulations conceptuellement maîtrisées.

En 1997, l’astrophysicien Jean-Pierre Petit publiait « On a perdu la moitié de l’univers »  dans lequel il détaillait les limites, impasses et contradictions extraordinairement profondes du modèle cosmologique dit « standard », associé à la théorie dite des cordes.

En 2006 Lee Smolin a publié « Rien ne va plus en physique ! » [2].
Ce livre retrace trois décennies de ce qu'on pourrait qualifier de recherche forcenée menée par des milliers de chercheurs pour tenter de donner un nouveau souffle à la physique théorique. Il existait à ce jour plus de 100 000 publications dans le domaine de la théorie des cordes !
Smolin met en évidence :
  • d’une part que cette théorie n’a encore jamais apporté le moindre résultat ou prédiction concrète ; mais aussi que cette théorie n’est pas scientifiquement réfutable. Il n’existe pas d’expérience accessible qui puisse prouver ses prédictions (ou bien en utilisant 1 million de milliard de fois l’énergie du LHC, dont les équipes au CERN ont découvert récemment le boson de Higgs).
Pour Smolin en particulier cette démarche de réfutabilité est incontournable. Pour les partisans de la théorie des cordes, elle est simplement dépassée. Ils proclament par exemple comme justification "si ça n'est pas vrai, au moins c'est beau". Avec ces gens la science s’est perdue dans la simple esthétique.
  • D’autre part qu’un résultat fondamental publié en 1992 [3], et base de presque tous les travaux postérieurs dans cette discipline, n’était pas utilisé de manière mathématiquement correcte, et remet en cause l’intérêt de la quasi-totalité des travaux effectués depuis lors.

Alain Connes, médaille Fields, a ainsi écrit dans la préface : 
« Il y a là un réel problème, car la science n'avance pas sans confrontation avec la réalité. Il est parfaitement normal de laisser du temps à une théorie en gestation pour se développer sans pression extérieure. Il n'est pas contre pas normal qu'une théorie ait acquis le monopole de la physique théorique sans jamais la moindre confrontation avec la nature et les résultats expérimentaux (...). Il n'est pas sain que ce monopole prive des jeunes chercheurs de la possibilité de choisir d'autres voies, et que certains leaders de la théorie des cordes soient à ce point assurés de la domination sociologique, qu'ils puissent dire : ‘si une autre théorie réussit là où nous avons échoué, nous l'appellerons théorie des cordes’. »
Jean-Pierre Petit, initiateur d’une cosmologie alternative et féconde [1], a souligné peu après : 
« Même pour quelqu'un comme Woit  [4], une idée nouvelle ne pourrait émerger que "du sérail", de l'université de Columbia, ou de Princeton. Comment pourrais-je, moi, Français, retenir une seule seconde l'attention de ces gens ? »
Philip Anderson, prix Nobel de physique, a lui écrit à propos de la théorie des cordes : 
« Ce que je pense c'est que c'est la première fois depuis des siècles qu'une qu'on se trouve en science face à une démarche pré-Baconienne, qui n'est pas guidée par l'expérimentation. On propose un modèle de la Nature en souhaitant qu'elle s'y conforme et non en cherchant à s'approcher plus près du réel. Il est peu probable que la Nature se conforme à ce qui n'est autre qu'un souhait de notre part.

    Ce qui est triste, comme certains jeunes théoriciens me l'ont expliqué, c'est que ce secteur est si développé que c'est devenu une activité à plein temps, auto-suffisante. Ceci signifie de d'autres directions ne seront pas explorées par de jeunes chercheurs imaginatifs et que toute carrière tentant de se situer en dehors de ce domaine sera bloquée. »
On constate combien le parallèle avec les dogmes de l’économie néolibérale est frappant.

II / le débat en Économie

Le professeur Jacques Généreux a dénoncé en 2001 dans les Vraies Lois de l’Économie [5] la dérive scientiste du courant néolibéral, dominant en économie [6]. Il montre surtout par une simple étude bibliographique combien tous les éléments les plus fondamentaux de la théorie néolibérale (équilibre général des marchés initié par Walras) sont contraires à la réalité (homogénéité des produits, rendements factoriels constants, concurrence pure et parfaite, absence de cout fixe de production, équivalence de tous les acteurs, mobilité instantanée des personnes, absence de prise en compte du temps, et aussi atteinte de l’équilibre entre offre et demande par tâtonnement du marché…). Ces résultats ont été publiés depuis la fin des années 70 pour la plupart. Pourtant, combien d’économistes et de décideurs travaillent encore en utilisant ces conceptions dépassées ?

La discipline de l’économie doit rendre au final un seul service : celui de l’aide à la décision, en proposant des outils conceptuels performants pour anticiper les situations à venir. Généreux, et Granger avant lui, ont argumenté qu’il n’existe pas de lois en économie au même sens que les lois en physique. En économie, les seules lois valables sont les lois décidées par les hommes. D’où la nécessité de développer l’économie politique. Les lois du marché ne sont en réalité que des croyances.

Nous pouvons reprendre le discours qu'a récemment écrit le professeur Jean Gadrey à propos de la crise faisant rage dans la discipline de l'économie [7] pour l’étendre au domaine scientifique (au moins dans les disciplines mentionnées ici), ce qui donne :

« Le débat, de nature collective, devrait se dérouler d’une part au sein des associations de scientifiques, d’autre part dans tous les lieux, services publics, médias et associations où la démocratie scientifique et l’information scientifique sont considérées comme des biens communs à défendre.
Je crois en effet que les principales questions s’expriment moins en termes de conflits d’intérêts (bien que cette question reste à débattre) qu’en termes de PLURALISME, DE CONNIVENCE et de FORMATION DES CROYANCES SCIENTIFIQUES. Elles relèvent de la sociologie, des sciences politiques, de la philosophie morale et politique, de l’éthique professionnelle, plus que du droit et de la science.»

Un premier pas vers l’établissement de nouveaux lieux de discussions en économie est réalisé depuis mai 2011 avec la World Economics Association. [8] Signe d'une transparence accrue, il annonce à mes yeux une nécessaire et attendue démocratisation de la science.

III / Le développement des nouvelles sources d’énergie

Pour terminer, dans le domaine des nouvelles énergies, qui est sans doute le plus directement à même de modifier rapidement notre conception de l’avenir de l’humanité, les nouvelles idées porteuses peinent aussi énormément à émerger, victimes de groupes d’intérêts puissants. Je citerai par exemple :
  • les centrales utilisant la concentration solaire et des sels fondus caloporteurs, bien plus efficaces et écologiques que les panneaux solaires qui fleurissent, ou les centrales nucléaires ;[9]
  • la maîtrise de la magnétohydrodynamique (MHD) pour tout type de transport à vitesse hypersonique avec les technologies d’aujourd’hui; ce domaine a disparu des universités, capté pendant 30 ans par des recherches exclusivement militaires et secrètes, et commence à peine à revenir dans le domaine civil.
  • la maîtrise de la fusion par champs pulsés à haute fréquence (technologie des « Z-pinches »[10]), découverte en 2006, peut permettre une nouvelle révolution énergétique. Ce domaine de recherche est lui aussi en train de passer complètement sous le contrôle militaire mais des colloques scientifiques internationaux ont encore lieu tous les deux ans ; hélas l’Europe y est très peu représentée. Cette filière représente une alternative à ITER tout à fait intéressante, sachant que les faiblesses de conception font de ce dernier un projet sans issue (notamment à cause du phénomène des disruptions) en termes de coûts, de délai et surtout de fiabilité.[11] 
Ici en particulier, on assiste à la captation des budgets de recherche colossaux (15 milliards d’€) qui assèche les autres disciplines. Il faut défendre la voix d’idées alternatives tout à fait crédibles, dont le développement ne requiert qu'une faible fraction du budget d’ITER.

La démocratie scientifique comme réponse à la crise scientifique

Mon propos est bien de mettre en rapport la crise scientifique avec son groupe social actuellement dominant : la communauté scientifique, et de constater ses faiblesses. Les problèmes les plus aigus de cette communauté scientifique sont en résumé:
  • 1- absence de vraie confrontation ouverte des idées entre les chapelles ; au mieux chacune s'ignore et verse dans le copinage, au pire (quand une de ces chapelles devient socialement dominante) on organise honteusement la calomnie, le discrédit gratuit, la censure, l’étouffement, et l’éviction. De nombreux cas sont bien connus en France, le dernier ayant conduit cette année la justice à condamner un astrophysicien spécialiste de la théorie des cordes.[12]
  • 2- absence de vrai dialogue entre le reste de la société et les scientifiques ;
  • 3- absence de contrôle démocratique des stratégies de recherche, régulièrement aux mains de technocrates ou de décideurs à la vision très étroite. La science est un bien commun et un instrument au service des citoyens, dans les nombreux défis de l’humanité qui s’accumulent.

Au-delà de la perte profonde d'éthique scientifique d’une partie des acteurs en position dominante, c’est bien un signe que cette communauté n’est plus en état de gérer efficacement en son sein l’émergence de nouvelles idées scientifiques, de nouvelles conceptions, de nouveaux paradigmes. 
L’organisation actuelle de ce corps social est un frein à l'émergence de nouveaux modèles féconds, hélas au moment où l'humanité en a le plus besoin. Pour dénouer cette situation, un essor des réseaux scientifiques Euro-BRICS, dégagée de l’influence monopolaire anglo-saxonne et des acteurs actuels en pouvoir de blocage, est nécessaire. Il ne s’agit pas de construire de nouvelles institutions de recherche, mais bien en priorité d’offrir des nouveaux lieux d’expression, d’échanges, de traduction et de diffusion, et des nouveaux réseaux pour faire émerger des idées nouvelles sereinement débattues.

Dr. Bruno Paul, 27/09/2012


Références :

[1] a) Disponible sur Amazon en français. For english readers, most of this content is available in The Dark Side of the Universe and The twin universes. For reading this content in many others languages, please browse http://www.savoir-sans-frontieres.com ;
b) International Conference on Astrophysics and Cosmology « Where is the matter ? », Marseille, 06/2001; see also others previous related scientific publications and the 12/2007 publication about Bigravity as an interpretation of the cosmic acceleration.
[2] Livre en français ; book in english.
[3] La finitude mathématique de la théorie des cordes.
[4] Qui a pourtant lui aussi publié en 2006 un livre très critique sur la théorie des cordes.
[5] Les vraies lois de l’Économie, J. Généreux, 2001; also available in português (tome 1, tome 2).
[6] See also « Dismal science faces dismal future », ABC News, 11/2012.
[7] « Liaisons dangereuses, c’est le printemps ! », Alternatives Économiques, 03/2012.
[8] On lira en particulier l’article fondateur de la WEA : How to bring economics into the 3rd millennium by 2020”, real-world economics review, issue no. 54, 27 September 2010, pp. 89-102.
[9] a) Des générateurs de vapeur solaire sont déjà commercialisés par AREVA ;
e) Concentrated solar power, Wikipedia.org
[10] Controled fusion using Z-machine : first scientific papers in english.
[11] « ITER, Chronique d'une faillite annoncée », JP Petit, 10/2011 ; also available in english, espanol, italiano, russe.
[12] « Bogdanoff et parquet versus Riazuelo: le jugement », Science21/Courrier International, 04/2012


2012/05/18

Une théorie et un homme en crise : les cordes et Alain Riazuelo

 Cette décennie voit l'écroulement du plus grand désastre intellectuel de l'histoire moderne de l'humanité : la théorie classique en cosmologie & astrophysique théorique autour du "modèle dit standard" et des "supercordes".

Cet effondrement prend depuis plusieurs années la forme d'un affrontement "à mort" (scientifiquement parlant) impliquant en particulier la personne de Alain Riazuelo (photo ci-contre). J'ai déjà mentionné sur ce blog son manque total de rigueur professionnelle et sa lâcheté dans le débat d'idées contre Jean-Pierre Petit et ses travaux en astrophysique. Rappels des faits: en août 2006, Alain Riazuelo a publié un court commentaire public sur le site de l'IAP critiquant uniquement l'article « Twin Universes Cosmology » paru dans Astrophysics and Space Science en 1995. Le ton employé est très discourtois, et l'auteur ne détaille pas tous ses arguments. On note également la phrase de conclusion qui prend un sens particulier si on s'intéresse aux prédictions quantitatives (succès et échecs) du modèle ΛCDM depuis 30 ans : « Aucune prédiction quantitative, et par conséquent aucune comparaison aux données actuelles. C'était pardonnable en 1995, mais certainement plus maintenant. En cosmologie comme ailleurs en astrophysique, on ne peut prétendre avoir le moindre sérieux si on ne fait pas de prédictions quantitatives. »
À la suite du commentaire de Riazuelo republié par un tiers sur l'article Jean-Pierre Petit et à ses propres contributions qui ont suivi entre le 14 août et le 9 octobre 2006 sur 21 journées, Jean-Pierre Petit s'est fait bannir à vie du projet Wikipedia France par 16 administrateurs francophones. Il a exprimé sa réponse et son désaccord profond sur son site personnel et sur Wikibuster dont les URL sont depuis inscrites sur la liste noire de Wikipedia France. Sur le fond scientifique et sociologique, Jean-Pierre Petit a tenu un journal ouvert pendant plus de 10 ans où il détaille les réponses qu'il a fournies à Riazuelo et à la direction de son institution, par écrit puis en vidéo, concernant en particulier ses demandes de débat scientifique en séminaire public, qui sont restées systématiquement ignorées par l'IAP, contrairement à toute règle d'intégrité et de déontologie scientifique (voir E. Vergès « Ethique et déontologie de la recherche scientifique » ; interview "La liberté d'expression" par Enquête et débat ; article La Croix 06/2018 ; conférence "Faut-il être hérétique pour innover en science ?" - réf. BNF).  

Mr Riazuelo s'est trouvé placé en chantre du modèle standard du fait que le champion d'une théorie alternative était lui aussi français, du fait de sa position à l'IAP, et surtout parce qu'il a été piqué au vif par un lecteur, un citoyen qui lui demandait de faire son devoir et de commenter ces travaux originaux. C'est bien cette intrusion de la citoyenneté pour relancer un débat scientifique complètement bloqué qui est ici à souligner.

Depuis lors, cette position héritée de défenseur champion du modèle "standard" l'a poussé à prendre position de manière particulièrement véhémente contre les travaux de doctorat des frères Bogdanoff, puisque ce sont encore des français (décidément!). Riazuelo fut prisonnier d'une psychologie de "défenseur ultime" qui sacrifie sa propre éthique. Les frères Bogdanoff, devant les manoeuvres répréhensibles et répétées de Riazuelo, ont décidé de porter plainte, ainsi que contre la revue Ciel et Espace qui est l'organe de presse au service exclusif des défenseurs du modèle cosmologique standard, et qui ne s'en cache pas. Le 14 mars dernier, les frères Bogdanoff ont gagné leur procès. Deuxième incursion de la société dans le débat scientifique, cette fois via un recours en justice. On est monté d'un cran.


Il est frappant de constater que l'écroulement du modèle standard s'accélérant, on assiste désormais à un "appel à la patrie en danger". C'est ainsi qu'une lettre ouverte de Ciel & Espace recueillant 334 signatures de scientifiques vient d'être publiée. 
Dès lors, il est facile d'identifier deux camps irréductibles :
La confrontation entre les deux camps ne peut pas s'arrêter, et ne peut même que s'amplifier. Ceux qui ont signé cette lettre n'ont fait que rendre légitime l'existence du second camp, qui ne peut plus aujourd'hui être simplement ignoré. Malgré leur nombre apparent, ils se sont marginalisés dans une posture défensive qui  met en lumière leur refus du vrai débat scientifique, transparent, comme le réclame Jean-Pierre Petit depuis des années. Dès lors, les jours du modèle cosmologique standard (et des supercordes) comme modèle dominant, ainsi que du pouvoir de mandarin de ceux qui le défendent, sont comptés. Les défenseurs emblématiques seront remplacés, les plus féroces isolés, pour permettre aux nouvelles idées de s'installer, et sortir enfin de l'ornière intellectuelle. La France a un devoir particulier en la matière. Ici aussi, notre école de pensée a rendez-vous avec l'Histoire.

Ainsi en va-t'il des mondes qui s'écroulent. Ce changement de paradigme, ici en astrophysique, est aussi à rapprocher de la fin du statu quo général qui a prévalu dans notre société occidentale depuis 1945. Le fait qu'il se déroule dans le champ scientifique est aussi un point d'orgue, puisqu'il met en lumière la capacité d'un système humain, sensé être le plus transparent et ouvert à la contradiction, de s'enfoncer dans une impasse pendant toute la durée de vie active d'une génération. C'est donc un indicateur pertinent pour nos travaux d'anticipation politique.

MAJ 25/05/2012 :
J'ai publié un autre billet pour expliquer le fondement de ma démarche : la démocratie scientifique.

MAJ 26/05/2012 :
On lira avec intérêt cet article de Courrier International : y a t'il une menace Bogdanoff ?

MAJ 15/07/2015 puis régulièrement complété :
a) S'ajoutant aux références qui existaient déjà, on peut citer :
Il faut noter que d'autres chercheurs essaient de suivre la roue du leader de la cosmologie bimétrique, mais sans se référer à aucun de ses travaux précédents en cosmologie (ADS). En effet il existe, dans la littérature, des travaux concernant des modèles « bimétriques », qui n’ont rien à voir avec celui de Petit. Dans ce cas la seconde métrique se réfère à des « gravitons » dotés d’une masse, et même dans certains cas d’un « spectre de masse ».

b) la percée historique du modèle cosmologique JANUS du Dr J.-P. Petit est décuplée depuis septembre 2013. On en jugera avec les publications scientifiques de premier plan suivantes :
Et ce n'est que le début de l'effondrement que j'annonçais dans mon anticipation politique de 2012 :
  • Un excellent résumé de ces 40 années de recherche sous forme de vulgarisation scientifique est désormais disponible : J-C Bourret, J-P Petit, Contacts Cosmiques - Jusqu'où peut-on penser trop loin ?, Guy Tredaniel Ed., (3 Oct. 2018), 400 p.
    • p. 381, J.-P. Petit trouve une autre utilité aux sondes Pioneer X et XI, qu'il avait déjà mentionné dans L'univers gémellaire, p. 85 : la détection directe de masses négatives interstellaires par leur effet gravitationnel ralentisseur sur les sondes. Ce ralentissement reste inexpliqué jusqu'à présent, malgré des efforts acharnés pour parvenir à une explication démontrée sur le mouvement de bout en bout, pas seulement sur celui observé à partir de l'orbite de Saturne. Prochaine publication à paraître, conformément au modèle cosmologique Janus dont ce sera la 14ème preuve observationnelle.
      J.-P. Petit (et coll.) mènent déjà 13 à zéro dans le match contre l'ensemble des cosmologistes terriens.
Les articles publiés peuvent également être téléchargés à partir de Sci-Hub.

1 Octobre 2018 : 
Après des années de bataille juridique les frères Bogdanoff ont enfin, en appel, eu gain de cause contre le CNRS, condamné pour diffamation pour avoir été à l'origine de la diffusion d'un rapport mettant en cause la qualité de leurs travaux de thèse, auquel le journal Marianne donna écho. C'est l'astrophysicien Alain Riazuelo qui transmit à la revue ce rapport. Dans Janus 25, à 13 minutes 35 secondes, J.P. Petit avait exprimé son opinion, positive, sur leurs travaux, alors que nombre d'autres scientifiques, y compris une académicienne, Françoise Combes, invoquant un "droit au blâme", avaient signé un manifeste dans Ciel & Espace (voir lien au début de cet article) clouant les jumeaux au pilori, et accroissant ainsi leur préjudice humain et professionnel.

24/11/2018 :
F. Henry-Couannier (Univ. de Luminy) avait publié un article de cosmologie gémellaire avec Petit et D'Agostini en 2005 (cf ci-dessus). Il a ensuite continué à développer sur cette base son propre modèle d'extension bimétrique de la RG baptisé Dark Gravity. Il cite les travaux de Petit comme référence, et utilise le terme "Champ Janus" dans son modèle, mais les différences sont fortes avec le modèle de Petit :
  • The Dark Side of Gravity, Global Journal of Science Frontier Research (A), Vol 13, Issue 3, (2013), 1-53 ; Arxiv. Note: Henry-Couannier a reconnu en 2018 que que ce journal était une "arnaque" pour chercheurs qui payent pour publier leurs travaux sans se douter toujours qu'il n'y a pas de véritable revue par un pair.
  • The Dark side of Gravity vs MOND/DM, 8/01/2019, présenté au séminaire de l'IAP de décembre 2018. 
Depuis 2014, il publie des travaux pour étendre son modèle afin d'expliquer les effets LENR :
Ce pourrait être également un développement futur pour Janus, après celui de #SuperJanus.

12/01/2019 : Controverse scientique publique avec Thibault Damour
Le 5 novembre 2018 Thibault Damour a répondu au questionnement d'un spectateur à propos des travaux de Petit sur le modèle cosmologique bimétrique Janus, à la sortie d'une conférence qu'il venait de donner dans le cadre du 18ème congrès Wright à Genève. Cet échange a été filmé. L'académicien argue que le modèle Janus ne repose sur aucune base mathématique et qu'ainsi "il n'est même pas faux", parce qu'il ne dérive d'aucune action, d'aucune dérivation lagrangienne. Il évoque une lettre qu'il a envoyée à Petit il y a des années et qui serait restée sans réponse. Petit a précisé dans une vidéo publique qu'il lui avait répondu il y a des années en lui disant que le modèle cosmologique bimétrique Janus était bien fondé sur une dérivation Lagrangienne (publiée en 2015 7), en fournissant les documents à l'appui, publiés dans des revues de haut niveau, dont celle qui constitue pour Damour une référence : Physical Review D 8.
Le 4 janvier 2019, Damour a publié sur sa page de l'IHES une critique de 7 pages sur les équations de champ du modèle Janus (plus précisément sur 3 publications de 2014 9,10 et 2016 11), en réponse à une lettre du 7 décembre 2018 que Jean-Pierre Petit lui a adressée 12. La rédaction de cette critique publiée par Damour a fait l'objet de conseils scientifiques de la part de Nathalie Deruelle, ainsi que de Luc Blanchet.
Petit a annoncé à la fin de la vidéo Janus 26 qu'il critiquerait les travaux en cosmologie bimétrique de Damour dans une prochaine vidéo à paraître, et qu'il répondrait en détails à cette critique du 4 janvier dans le prochain épisode Janus 27 13.

13/03/2019 : Petit a publié la vidéo Janus ép. 27. Elle est accompagnée d'une annexe scientifique de 54 pages qui explique l'évolution du modèle bimétrique Janus. A partir de la page 28, la critique de Damour, Blanchet et Deruelle est analysée et le modèle Janus est précisé : il évolue légèrement pour respecter les identités de Bianchi. Désormais JCM est décrit comme dérivant d'une action selon la méthode variationnelle. Il dispose d'une nouvelle dérivation lagrangienne. Ces raffinements du modèle, habituels en physique, ne remettent pas en cause les résultats précédemment obtenus par rapport aux observations astronomiques. Le lagrangien obtenu permet de modéliser finement l'effet de lentille négative du Répulseur du Dipôle. Cette mise à jour de Janus est validée par une nouvelle publication acceptée: Physical and mathematical consistency of the JCM, Progress in Physics, accepted Feb. 2019, vol. 15, issue 1 (à paraitre).

15/03/2019 : Vaincre son égo.

"J'ai découvert ce papier, consigné par Gabriel Chardin. Cet "anti plasma", quelle trouvaille. https://arxiv.org/pdf/1804.03067.pdf  Et cette phrase : "These models could be viewed as the Newtonian limit of some biometric extension of General Relativity" : "Ces modèles pourraient être considérés comme la limite Newtonienne de quelque extension bimétrique de la Relativité Générale". De minables petites tentatives de pillage scientifique. Réussir à parler de tout cela sans évoquer nos travaux, faut le faire. Ce Chardin, quel opportuniste ! Il est bien placé, à la Direction Générale du Cnrs, "responsable des grands instruments". Il espère que l'antimatière "va tomber vers le haut". Si c'était le cas il se précipiterait sous les projecteurs en disant . "C'est moi qui …". Mais ça n'a pas l'air de venir. Cette antimatière de labo a bien l'air de tomber bêtement vers le bas, comme je l'ai prédit. Chardin est un théoricien comme moi je suis archevêque. Quid de ce modèle de Milne-Dirac qui contredit les auteurs du prix Nobel pour la mise en évidence de l'accélération de l'expansion. Mais on essaye de se placer comme on peut. C'est le grenouillage habituel des milieux de la recherche française (mais dans tous les pays c'est pareil). Ca me rappelle la MHD, il y a trente ans. C'est malhonnête, minable. 

 Je bosse avec la mathématicienne Nathalie Debergh. Quelle différence, humainement ! Rigueur, honnêteté, humanité, courage, humour, et passion, aussi. Ce qu'il faut pour se trouver éjectée de l'université de Liège. Car, qu'on ne s'y trompe pas, c'est partout pareil. Avec des états de service impressionnants, un esprit exceptionnellement brillant, elle s'est vue barrer l'entrée de l'université. Elle est prof dans une école technique, enseigne à des institutrices et des étudiants en agronomie (…).

 Dans ces milieux, quand on a décidé de faire tomber quelqu'un, on fait tout pour que la personne ainsi condamnée n'en ait pas conscience. 

- Ah, ma petite Nathalie, votre candidature, ça n'a pas marché cette année. Mais ne vous découragez pas. Il faut se dire que l'année prochaine …. 
Alors que ces gens savent pertinemment qu'elle a été "condamnée" par la maffia locale parce que trop brillante, parce qu'elle appelle un chat un chat, parce que ses exceptionnelles qualités font de l'ombre aux autres. Dans le monde de la recherche, être brillant est plus un handicap qu'un avantage. Quand on est comme Nathalie, on ne voit pas le coup venir. On est plongée dans ses recherches. On produit à tout va (cent articles parus dans des revues top niveau). . Jusqu'au jour où c'est la dernière année. Où l'université a choisi un "profil" tel que ses compétences ne puissent être prises en compte. Alors c'est la porte. Retrouver un job n'importe où, tant bien que mal. 

Moi je m'en suis sorti parce que je me suis toujours efforcé d'anticiper. Sauf la fois où la DG du Cnrs m'avait viré de l'observatoire par lettre de cachet. Je ne pensais pas qu'ils auraient été jusque là. Je pense à James Lequeux, complice de cette opération de "prophylaxie". Lequeux, qui disait qu'il avait le cuir aussi épais que celui d'un rhinocéros. Mais j'ai échappé à ce coup là aussi. Depuis, je n'ai que mépris pour cette institution qu'est le Cnrs, dont la devise devrait être " Je ne veux pas le Savoir". Des structures qui fonctionnent comme la Maffia. 

Vous savez pourquoi Nathalie a pris contact avec moi ? Elle m'a dit "j'ai découvert en vous un type intègre. Et ça ne court pas les rues dans le monde université-recherche". Le résultat de cette collaboration a été un super papier en mécanique quantique. 
Qu'est-ce que je fais, maintenant ? Je me tourne vers Nathalie. Nous échangeons. J'ai basculé dans la géométrie symplectique. Passionnant, et à terme utile. Mais les internautes me demanderont en vain " alors, cette vidéo Janus 28 ? ". Il n'y aura plus de vidéo Janus. 

Damour avait attaqué, bille en tête, avec sa lettre recommandée avec accusé de réception. Sûr de lui il avait même mis "sa démonstration" dans sa page de l'IHES. Mais ajoutera-t-il ma réponse ? Comme j'ai attendu deux mois que mon papier soit définitivement accepté par Progress in Physics il disait à qui voulait l'entendre " j'ai mis Petit K.O.". Le retour de balancier est brutal. Vous avez vu le vide de cette "massive bigravity" ! Vertigineux. Quarante pages de vide, de bluff, de vent. Pour montrer le vide de ce papier il a fallu que j'explique ce qu'était une action. Là aussi c'est minable. Et que dire de cette Françoise Combes et de ses mille publications. Ils sont magnifiques, nos académiciens. Et Villani, qui m'a envoyé deux cartes postales avec "ses encouragements". Candidat à la mairie de Paris. Déclare "l'enfouissement des déchets nucléaires est la moins mauvaise solution", alors qu'il n'y connait rien. Il y a un sujet que je connais bien : c'est la théorie cinétique des gaz, le domaine où Villani a eu sa médaille Field. Il a été assez intelligent pour comprendre que "sa contribution" ne débouchait sur rien. Après, il s'est empressé de laisser tomber toute recherche, pour se concentrer sur ce qui est l'axe de sa vie : sa recherche d'identité. Parce que ce costume, ce déguisement, cette araignée, à quoi ça rime ? Il a besoin de ça pour exister ? C'est pathétique. Pour se balader comme ça il faudrait l'humour d'un Oscar Wilde. Après la mairie de Paris, c'est quoi me plan ? Ministre de la recherche ? Et, pourquoi pas, président de la république. Macron y est bien parvenu. 

Vous savez ce que j'ai tendance dire à propos du monde université-recherche : 

- Au mieux, ils sont lâches. 

Sauf, de temps à autre, des grandes figures comme Lichnérowicz. Je n'oublierai jamais. Sans lui je n'aurais jamais pu publier mes travaux de dynamique galactique des années soixante. Lichné, c'était un grand seigneur de la recherche. Après, on a eu des types comme Evry Schatzmann. Savez vous qu'avant de devenir un ennemi acharné il a été président du Jury de ma thèse, en 1967. Il savait donc ce que je valais. Mais pour lui, j'étais un "criminel" : j'avais relié le phénomène ovni à la science. Je devais disparaître. Rappelez vous. Il avait fait comme Damour, avec la MHD. L'histoire "du baron de Muchaüsen". Pour exercer ce droit de réponse à Annecy en 1976 j'étais venu en ambulance, sur un brancard, victime de mon accident du travail, dans mon labo. 

Je lis de temps en temps des mots d'internautes qui me reprochent "de régler des comptes". Mais le monde de la recherche est, sauf rares exceptions, de temps à autre, un grouillement de cloportes. 

De temps en temps un homme se bat pour une idée, comme feu mon grand ami Jacques Benveniste. On l'a tué. Des types comme Charpak, et beaucoup d'autres, ont mis le paquet. Je disais " Jacques, abandonne, dégage, tu vas y laisser ta peau". Qui ira demander des comptes à cet ancien directeur de l'INSERM qui avait prononcé son exclusion de son labo de Clamart, ce qui avait contraint Jacques à se réinstaller dans des baraquement Algeco, dans la cour ! Je crois qu'i'il s'appelait Lazare. Honte ! Honte ! A la fin Jacques payait ses collaborateurs avec son propre argent. Il courrait de tous côté pour trouver de l'argent. Son coeur amoché partait en miettes. Il est mort sur une table d'opération. Le chirurgien m'a dit " j'ai ouvert, mais je ne pouvais rien faire. son appareil cardiaque était en miettes". Il avait déjà été rafistolé maintes fois. 

Et Michel Bounias, viré de son labo de l'INRA d'Avignon, pour avoir publié et confirmé ses analyses sur une trace d'ovni à Trans en Provence en 1981. Exclu, excommunié. Reclus dans un bureau d'une fac. Privé de tous moyens. Honte ! honte ! Il s'était en outre attiré les foudres de l'INRA en dénonçant, le premier, l'effet mortifère des insecticides sur les abeilles ! Décédé d'un cancer. En fait du traitement auquel il a été soumis par sa hiérarchie. 

Je m'en suis toujours sorti parce que je pouvais changer de domaine de recherche. Je l'ai fait n fois. Et là, à 82 ans, c'est un nouveau changement. Je vous laisse vous démerder avec les Damour, les Françoise Combes, les Gilbert Chardin, les Etienne Klein, les Lachièze-Rey, les Riazuelo, etc … etc …. 

A moins que vous ne préfériez écouter leurs discours sans réagir. C'est à vous de voir. Maintenant, le spectateur, c'est moi."