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2013/07/02

World population in 2050 : new revision but what about accuracy?

United Nations has released this month the 2012 revision of their demographic forecast :
the world population of 7.2 billion in mid-2013 is projected to increase by almost one billion people within the next twelve years, reaching 8.1 billion in 2025, and to further increase to 9.6 billion in 2050 and 10.9 billion by 2100. These results are based on the medium-variant projection.

Source : United Nations, Department of Economic and Social Affairs, Population Division (2013). World Population Prospects: The 2012 Revision, Key Findings and Advance Tables.

The "constant fertility" scenario assumes the current fertility rate in the different countries remains unchanged in the future. This rate is the most critical parameter in the U.N. projections, whereas there are many others important parameters.

This global trend is putting even further pressure on natural ressources, as described in our previous articles about the Global Ecological Crisis (MAP1MAP2).

But we would like here to challenge these U.N. projections. The authors speak about Medium (Median (50%) prediction interval), High (Higher 95% prediction interval) and Low (Lower 95% prediction interval) fertility scenarii but do not propose, define or estimate accuracy for each of them. We have first think to compare current data with past projections. We can observe in the figure that the different scenarii produce significant separate results 20 to 30 years in the future. What about comparing currently measured population sizes with U.N. projections made in the 70's ?

Well, this job has already been done, with much greater details I would have hope. In 2000, the Panel on Population Projections published "Beyond Six Billion: Forecasting the World's Population", a detailed scientific study to examine official population projections: to assess their assumptions, estimate their accuracy and uncertainty (past U.N. projections did not precise the prediction interval), and evaluate the implications of current demographic research for projection procedures. This study is freely available.
The results are in short: 



Using the ex post approach and an appropriate statistical model developed after analysis of errors in international forecasts, we estimated prediction intervals for the current U.N. forecast. These intervals are constructed on the assumption that errors in current projections resemble those in past projections made after 1970. Our results suggest that the uncertainty in country projections is quite variable and is dramatically greater than suggested by U.N. high-low scenarios, with a typical 95-percent range more than twice as wide as the U.N. high-low intervals.
Regional 95-percent intervals are similarly variable but generally much narrower than country intervals. For developing regions, however, they are still consistently wider than U.N. high-low intervals. Across regions, the median 95-percent interval in 50-year projections was 40 per-cent wider than the U.N.’s high-low interval. However, prediction intervals are proportionally narrower for industrial regions and for the world as a whole. In these cases, our estimated prediction intervals are narrower than the intervals defined by the U.N. high-low scenarios. The world prediction interval also suggests a greater possibility of a downside than an upside error, making sustained population decline appear quite unlikely during the next 50 years.

2013/06/20

Yves Cochet et la conscience sociale

L'Institut Momentum est depuis 2011 un groupe de réflexion sur la décroissance, dans un contexte de crise écologique globale. Yves Cochet en est l'un des acteurs les plus connus. 

Le 28 septembre dernier, il a animé un séminaire où l'on trouve ceci (pdf p9) :

"La totalité des rapports sociaux entre humains est fondée sur une interaction cognitive (l'interaction spéculaire) qui émerge nécessairement lorsque des individus se rencontrent et qui constitue simultanément leur être-au-monde par une boucle incessante entre l'individu et son environnement. L'être humain est tout à la fois modelé par le monde qui lui préexiste et modélisateur du monde par les actions qu'il entreprend. Certes, comme chez Girard, cette boucle est alimentée par l'imitation mais, dans la spécularité, cette imitation est aussi bien imitation du même qu'imitation de la différence, mimésis duplicative et mimésis différentielle. La spécularité concerne les entrecroisements des représentations du monde que chacun élabore progressivement dans l'intersubjectivité avec autrui et avec les tiers. L'enfant (et l'adulte !), doté de cette faculté de modéliser le monde, apprend aussi bien à imiter les autres qu'à s'en distinguer. Il possède ainsi un ensemble de représentations du monde, notamment une représentation de lui-même aux yeux des autres (les autres sont nos miroirs, ce qu'indique le qualificatif "spéculaire"). Au sein d'une communauté humaine, chacun étant placé dans la même position que les autres, la mimésis duplicative tend à rapprocher les représentations du monde des uns et des autres, en particulier la représentation que les autres ont de ma représentation du monde, de telle sorte que les réactions des autres à mes gestes ne soient pas imprévisibles, voire dangereuses. La mimésis duplicative tend à unifier ainsi la communauté autour de valeurs, de principes et de comportements communs. Dans le même temps, la mimésis différentielle (le principe de distinction, eut dit Pierre Bourdieu) garantit la diversité sans laquelle l'indifférenciation contagieuse créerait un chaos social de purs rivaux, une violence générale dans la communauté, « la guerre de tous contre tous » écrivait Thomas Hobbes. (Y. Cochet in Entropia 13, 2012) Une des modalités de l’interaction spéculaire est la contagion par la mimésis duplicative, c’est-à-dire l’imitation mutuelle massive au sein d’un groupe." 

Cette interaction cognitive est une des composantes essentielles de ce que j'appelle la conscience sociale

La suite du séminaire traite de l'effondrement systémique mondial. Si les relations schématisées sont intéressantes à explorer, je ne suis pas en accord avec tous les points expliqués, pour deux points essentiels et incontournables:
  • 1) le système monde ne se modélise pas de manière homogène, il faut impérativement rajouter une dimension géospatiale. Les premières conséquences de la crise apparue en 2007 ont bien mis en évidence la dislocation géopolitique mondiale, mouvement à contre pied de la globalisation.
  • 2)  il faudrait très fortement nuancer l'hypothèse "Au sein d'une communauté humaine, chacun étant placé dans la même position que les autres". A la dimension géospatiale je propose de rajouter une dimension d'"empreinte sociale". Cette empreinte est le fruit des nécessaires rapports humains que nous devons tisser et entretenir. C'est une mesure du tissu collectif. Il a peu de choses à voir avec la densité de population, mais davantage avec la densité des rapports humains pour entretenir le collectif et notre rôle dans ce collectif. Cette empreinte sociale est le facteur clé qui détermine si un collectif trouve une solution à sa survie. Pensez à une catastrophe qui se produirait dans une région habitée par les touaregs nomades, et une catastrophe, touchant au départ le même pourcentage de la population, cette fois à Los Angeles par exemple. Où se trouve l'empreinte sociale la plus forte ?
Cette empreinte sociale est aussi un produit lentement accumulé par la culture d'un peuple. C'est pourquoi les peuples anciens méritent toute notre attention, en plus de notre respect.
C'est aussi la raison pour laquelle l'anticipation concernant la zone euro est défaillante dans le cas de Paul Jorion (reprise par Y. Cochet dans ce séminaire). Il ne peut y avoir ici de bonne anticipation sans la dimension politique.

2013/01/25

La crise écologique globale exige une refonte du système monétaire international

 J’ai commencé depuis quelques semaines à rédiger un essai sous licence CC qui exposait les premiers résultats de l’approche transdisciplinaire que j’ai menée. Sa raison d’être est de contribuer aux réponses à la crise écologique globale. Comme je l’ai écrit en 2010 (ainsi que Dupré et Griffon en 2008), la crise systémique actuelle n’est qu’un des symptômes de cette crise ultime. J’écris ultime à dessein : cette crise sera dépassée ou renverra l’humanité dans un tel état de délabrement que toute ambition de libération de l’homme sera définitivement évanouie, tout comme sa propre humanité. En effet, pour résumer la situation en quelques mots simples : les études les plus poussées ont montré que notre planète ne pourra tout simplement pas nourrir et abreuver la population mondiale prévue en 2050, et pour certaines régions du monde dès 2030, dans les conditions actuelles des relations internationales. Les pertes humaines d’une nouvelle guerre comme celle de 1939-1945 (65 millions de victimes) ne changeraient rien à la situation globale. C’est une limite absolue induite par les répartitions dans l'espace et le temps entre la population, les moyens techniques, les ressources disponibles (matières premières et énergétiques). On consultera en priorité à ce sujet L. Brown « Plan B » plusieurs éditions ; D. Dupre, M. Griffon « La planète, ses crises et nous » 2008 ; et les références Agrimonde et MEA citées dans mes articles sur la crise écologique globale et la politique alimentaire internationale

Les voies menant à un progrès technique décisif sont interdites : c’est la crise scientifique (cf Ref. 1). La seule voie de sortie satisfaisante pour l’humanité passe par une refondation des relations internationales. Or celles-ci sont actuellement bloquées sur son point le plus fondamental : la réforme du système monétaire international. Si cette réforme n’est pas complètement menée à bien dans les 5 ans à venir, alors les soubresauts de la crise écologique globale imposeront ensuite une adaptation de la population mondiale aux ressources disponibles, malgré les naissances. Cela veut dire au final des centaines de millions de morts non naturelles, davantage encore tant que l’énergie disponible par habitant diminuera par épuisement, et un contrôle draconien des naissances dans les pays qui pourront l’organiser. Moins de rendement agricole, moins d’eau pour les cultures, moins de possibilités d’innovation technique et davantage de migrations incontrôlées des populations. Ce déclin de civilisation face à une crise écologique a déjà été historiquement analysé de manière très fouillée (cf J. Diamond, « Collapse », 2005). Nous connaissons donc toutes les terribles conséquences, étape par étape de cette voie d’un déclin par paliers brutaux. 

Il faut rajouter à ces facteurs celui d’une catastrophe écologique. L’étude de référence Millenium Ecosystem Assessment de l’ONU qui a rassemblé 1300 experts de 95 pays s’est aussi intéressée aux effets des futures catastrophes écologiques (Breakdown in Ecosystem Services). Un des 4 scénarios investigués (Order From Strength) indique une probabilité de 70% pour la survenue d’un accident écologique soudain et catastrophique qui toucherait 1 million de personnes, 40% de probabilité pour 10 millions de victimes, et 10% de probabilité pour 100 millions de victimes (MEA “Ecosystems and Human Well-Being”, volume 2 Scenarios, p.139). Un exemple de ce type de catastrophe serait par exemple la fusion d’un cœur de réacteur de centrale nucléaire, suivie d’un accident de criticité au sein du corium fondu, et d’une dernière explosion qui diffuserait dans l’environnement notamment des dizaines de kilos de plutonium produit lors du fonctionnement normal du réacteur, parmi les substances les plus toxiques. 

Comment imaginer un instant que notre sens de l’humanité, notre nature, resterait intact au travers d’un tel déclin qui déclencherait les pires instincts, même pour les populations des rares pays épargnés? Aucune nation ne peut espérer s’enfermer dans une forteresse et oublier que le reste du monde s’entretue. Ce futur, celui de nos enfants, se détermine de nos jours. Nous savons donc que c’est notre responsabilité dès aujourd’hui. Nous avons déjà argumenté que ne pas agir revient à faire un choix, négatif. Il n’existe pas de position neutre ou en retrait sur les décisions vis-à-vis de notre devenir collectif. Il ne s’agit pas pour autant de dire que « Soit vous faites partie de la solution, soit vous faites partie des freins ». Nous aurons l’occasion d’y revenir dans une prochaine analyse sociologique, plus fine. 

La voie recommandée par de nombreux auteurs ces dernières années (J. Diamond « Collapse » 2005 ; J. Rifkin « Une nouvelle conscience pour un monde en crise » 2010 ; F. Lenoir « La guérison du monde » 2012 ; J. de Rosnay « Surfer la vie » 2012) se limite à proposer de changer soi-même avant tout. Je pense qu’il faut y voir deux moments bien distincts: celui où la volonté de changer spirituellement se manifeste par un désir d’ouverture, par une recherche de supplément de concepts non formés (le terreau dont je parlais dans l'article pour les découvreurs) ; et celui de la création d’idées fécondes, d’un nouveau paradigme, ce qui est d’une toute autre teneur. Une nouvelle conscience est un préalable, mais ce n’est pas une solution. 

Seuls de rares auteurs ont tenté d’aller plus loin dans les propositions de solution : L. Brown « Plan B » plusieurs éditions; D. Dupré, M. Griffon « La planète, ses crises et nous » 2008 ; J. Rifkin « La troisième révolution industrielle » 2011 ; et dans la mesure de scénarios contrastés limités aux ressources agricoles, l’étude Agrimonde de 2010. Examinons les.

L’étude Agrimonde a produit sur cette base deux scénarios agricoles et alimentaires normatifs, visant à nourrir la planète de manière soutenable en 2050. Le scénario de rupture AG1 est basé sur des conditions beaucoup plus proches de la réalité actuelle, notamment sur l’évolution des rendements et des surfaces agricoles. L’une des conclusions principales est qu’AG1 nécessite impérativement une coopération internationale accrue sur les échanges de produits agricoles et la régulation de ce marché. Cette hypothèse est aussi centrale dans les solutions esquissées par Brown, Dupré et Griffon. Mais elle n’est pas conforme au constat de dislocation géopolitique mondiale que l’on a anticipé à la suite des travaux précurseurs du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, et que tout le monde constate aujourd’hui comme une des conséquences historiques de la crise systémique globale. Cette coopération internationale, tout comme le régime de garantie des droits afférents sont majoritairement portés au niveau des institutions internationales. Or " la garantie des droits interroge la nature et la légitimité des pouvoirs " (G. Massiah « Une stratégie altermondialiste », 2011). La dislocation géopolitique mondiale qui est en cours affaiblit les instances onusiennes. Elles sont le plus souvent impuissantes à garantir les droits, au bénéfice de la loi du plus fort et des justices à deux vitesses. L’inégalité de l’accès au droit s’aggrave. 

Les dernières pistes proposées par Rifkin (2011) prennent bien en compte cette continentalisation, pour reprendre un terme né en Europe qu’il utilise dans son dernier livre, par opposition à la mondialisation. Il estime aussi nécessaire de « mettre Adam Smith à la retraite », et identifie donc ce volet de la crise scientifique actuelle. Il propose également des solutions de production « latérale » d’énergie, par les citoyens.

A ma connaissance on ne connait pas encore de solution industrielle pour la pile à combustible, ou encore  le stockage prolongé et sécurisé de l'hydrogène dans les matériaux, c'est une barrière forte (bien que l'européen Mc Phy Energy s'attaque sérieusement à ce sujet). Pour le solaire photovoltaïque dispersé sur chaque maison: quel est le coût écologique de fabrication, de distribution et de recyclage des équipements individuels, et leur efficacité? Rifkin n'apporte pas à ce stade de démonstration que ce modèle latéral est la solution la plus viable pour la transition énergétique. Sa vision concernant l'effet latéral est intéressante, mais appliquée à la production et distribution d'énergie est-ce le bon paradigme ? Je ne le vois pas argumenter sur ce point qui est crucial. Pour séduisante qu’elle soit, rien ne prouve que l’énergie totale produite par ces générateurs suffise pour la planète en 2050. Créer de toutes pièces une nouvelle filière énergétique suffisamment efficace, maîtrisée et durable requiert sans nul doute une nouvelle percée en physique fondamentale ; c’est ici que nous sommes confrontés au blocage par cet autre volet de la crise scientifique.

D'autres modèles de production un peu plus centralisés (municipaux par exemple) mais sans nucléaire sont tout à fait possibles à plus ou moins long terme suivant leur maturité, et certaines réalisables immédiatement: les générateurs de vapeur solaires utilisant la technologie de solaire thermique à concentration par exemple, qui bénéficient d'effet d'échelle qui rendent la solution économiquement très intéressante, ou bien les générateurs/récupérateurs d’énergie à zéolithes (système de combustion CREDO par exemple).

Il nous paraît opportun de citer les dispositifs électrochimiques utilisant  les réactions nucléaires à faible énergie (LENR - par exemple le réacteur de Piantelli) dont l'enseignement est présent depuis 2012 à l'université MIT (videos) et fait l'objet de réguliers congrès scientifiques internationaux (vidéos du dernier congrès en Corée sous l'égide de l'initiative Energy, Environment, Water, and Sustainability, vidéos du colloque au CERN en mars 2012), ou le CIHT de l'américain BlackLightPower. Ces derniers bien que séduisants sont des solutions très lentes à maturer :
  • dans la communauté académique - qui a créé son propre lieu de débat (ou bien ici), 
  • dans les médias dominants, y compris les journaux de vulgarisation - pour lesquels la "fusion froide" reste sauf exception un tabou, 
  • et à développer à l'échelle industrielle : l'article précurseur de Fleischman et Pons date par exemple de 1989, et Fleischman est décédé en août 2012.

Enfin, Rifkin se limite à envisager des solutions d'auto-suffisance énergétique par continent. Mettre en place un nouveau système économique autarcique continentalisé ne prend son sens que quand on résout comment le système fonctionne à ses interfaces entre les zones économiques et monétaires: bref, supporter la continentalisation va de pair avec une refonte du système monétaire international puisque c’est lui la clé de voûte des échanges. Cette pièce manque. 

Que l’on ne s’y trompe pas : les propositions de Rifkin peuvent fort bien servir de locomotive à des décideurs qui veulent aller de l’avant, et produire un effet d’entraînement. Leur valeur est déjà immense rien qu’en cela. Mon propos est d’en montrer certaines limites et comment envisager de les dépasser. 

Si la « croissance verte » est un simulacre d’idée pour la résolution de la crise écologique globale, la proposition de retour à la spiritualité est un constat d’absence d’idées : c’est un ensemble de concepts non formés, un préalable. C’est à ce vide que je me suis attaqué. Cependant, je me suis lancé dans ce projet d’essai tout en sondant la réceptivité de ma sphère sociale sur ces orientations. En réponse, je dois rester lucide et tenir compte du constat que le moment n’est pas encore arrivé pour l’accueil de ces idées de nouvelle conception des relations internationales, orientées en priorité autour d’un objectif commun : les solutions pour résoudre les tensions actuelles associées à celles pour pouvoir s’engager ensuite dans la résolution de la crise écologique globale. Cette double projection, le long terme donnant davantage de sens au moyen terme et donc aux priorités stratégiques des agendas, ne rencontre pas l’écho suffisant. Le terrain n’est hélas pas encore prêt. 

Pour être plus en accord avec la capacité de réception, je segmente donc mon projet de publication d’un essai en concentrant mon anticipation politique sur la première étape chronologique de ma feuille de route : la refonte du système monétaire international, dans la continuité d’une partie de mes articles (cf Refs 2, 3, 4, 56). C’est le nœud gordien vers où sont actuellement dirigées toutes les attentions des décideurs, témoin en est la crise émergente au Japon. C’est le cadre de mon prochain article à paraître en mars, avec en perspective les inévitables conséquences sur les USA, un prolongement qui n’apparaît pas encore à l’esprit des analystes (cf Ref 7).

MAJ le 28/01 :
Ajout dans l'article de compléments sur les nouveaux dispositifs de production d'énergie les plus porteurs du mouvement "free energy", dont les multiples lieux de débat se développent justement en réaction à la crise scientifique dans le milieu académique. Dans les multiples initiatives proposées par ce mouvement il faut trier soi-même les bons concepts des approches plus farfelues, mais cela fait partie du débat et de l'appropriation collective.

MAJ le 31/01 :

MAJ le 03/06 :
J'ai contribué les 23 et 24 mai au 4ème séminaire Euro-BRICS organisé par le L.E.A.P./E2020 et l'Université MGIMO de Moscou, qui a réunit des participants de haut niveau des pays ou organisations suivants: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, zone euro (France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Belgique), Commission Européenne.
Mon intervention s'intitulait "Vers un système monétaire international résilient aux crises systémiques", et se situe dans la parfaite continuité de ce que j'expose dans cet article. Je publierai bientôt le texte de cette intervention.
A signaler également:
"He called on both sides to deepen cooperation in areas such as financial supervision and regulation, macro policies and improvement of capital market system, and beef up coordination and cooperation within international financial institutions including the International Monetary Fund and the World Bank, in a bid to jointly promote the establishment of a new international financial order featuring fairness, justice, inclusiveness and orderliness."

2012/01/07

Conscience du devenir : la crise écologique expliquée à ma fille

Mon aînée est en 6ème. Elle n'a jamais lu mes articles. Je ne lui en parlais pas parce que ce sont des sujets très difficiles à aborder avec des enfants. Il se trouve que sa leçon de géographie que je lui fais réviser cet après-midi commence exactement par ces mots :
Aujourd'hui plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Le taux d'urbanisation continue d'augmenter.

 S'ensuit un court dialogue :
- Est-ce que tu sais depuis quand le taux d'urbanisation augmente ?
- Depuis que l'homme construit des villes, en Mésopotamie.
- Tu sais combien il y a d'humains sur la planète ?
- 7 milliards... Dis, c'est grave ? Ça veut dire que tout va exploser ? Qu'on va tous mourir parce qu'il y a trop de personnes ? Tout le monde sait qu'il n'y a bientôt plus de pétrole.
- Non ça ne se passe pas comme ça. Ça n'explose pas. Mais si on ne change rien du tout à notre façon de vivre, il y a des crises très graves, des maladies et la population diminue brutalement, par paliers successifs pendant 200 ans environ.
- Alors on va tous mourir ?
- Chacun doit mourir un jour, mais on mourra de ce problème seulement si on ne fait rien, si on ne change rien. Parce qu'on sait ce qu'il faudrait faire, le problème c'est de le faire collectivement, de changer.
- Mais personne ne fait rien ! Sauf toi qui fait des économies d'énergie...
- Je ne suis pas tout seul... et ça n'est pas seulement une question de pétrole. Tu sais j'écris des articles pour expliquer cela, qui sont lus par 30000 personnes au moins. C'est comme la moitié de la ville. 
- 30 000 comparés à 7 milliards... (un profond air triste passe sur son visage)
- Le monde ne change pas en un jour tu sais. Mais le monde change constamment... et tout changement commence au départ par une personne, une seule. L'important c'est de commencer, qu'il y en ait au moins une, et d'en parler aux autres. Et puis comme je te l'ai dit, je ne suis pas tout seul.

*
(un peu plus tard) 
- Dis-moi, est-ce que tu sais pourquoi je travaille autant sur mes articles ? Pourquoi j'essaie de faire quelque chose ?
- Non ?
- Parce qu'il y a plusieurs années, quand j'ai compris ce qui se passait, j'ai pensé qu'un jour tu me poserais exactement la question que tu m'as posée. Et je me suis dit que je ne pourrai jamais te regarder en face comme maintenant et te dire que je savais ce qui se passait et que je n'ai rien fait... ou bien me défiler lâchement en disant qu'on ne pouvait rien faire, pour toi, tes futurs enfants et les autres gens de ton âge, avec la fausse excuse que soi-disant "c'est très compliqué, tu sais". 


Et vous, qu'allez vous dire à votre enfant le jour où il vous posera la même question ?

*

L'année dernière j'ai croisé un monsieur de 65 ans environ, que je ne connaissais pas, avec qui j'ai parlé brièvement de cette crise écologique. Lui m'a répondu tranquillement et avec un sourire satisfait que c'est un problème qu'il faut laisser aux générations suivantes, qu'elles trouveraient bien une solution puisqu'elles l'avait toujours fait. Il ignorait bien sûr tout de ce qu'est une crise écologique, et ne voulait surtout pas savoir que la solution ne pouvait être qu'inter-générationnelle.
Hélas, il y a fort à parier que sa position soit très répandue parmi sa génération. Je me suis dit que je ne lutterai pas davantage pour préserver le montant de sa retraite. Son abandon flagrant des générations suivantes est une défaillance de sa propre responsabilité inter-générationnelle.
Il s'en faut de peu pour qu'elle soit considérée comme une trahison par les générations montantes.

2011/06/24

Le désordre alimentaire mondial

 Comme nous l'avions anticipé en février, le G-20 agricole accouche d'une souris !

Nous ne nous réjouissons pas pour autant de cet immobilisme qui transforme les problèmes en impasse, et les plus démunis dans le monde qui en sont les premières victimes. Mais on ne peut pas batir de vraie politique pertinente en ignorant la gravité des problèmes, ni prendre part à l'évolution du monde en tant que citoyen si l'on ne s'efforce pas de le comprendre.

Etre citoyen, c'est agir en responsable, c'est donc d'une manière ou d'une autre s'engager. Cela nécessite en parallèle de devenir conscient. Ca ne s'acquiert pas avec une carte d'électeur. On le devient en observant sans œillères la société et en comprenant ses mouvements. On est alors à même d'en anticiper les plus dangereux. La société de demain, c'est ce que nous en faisons tous  aujourd'hui.

C'est en ce sens que je participerai à l'une des tables rondes du prochain Congrès citoyen "Six réformes clés pour une gouvernance démocratique de l'Euroland" les 2 et 3 juillet à Paris.

2011/06/08

Controverse sur les terres cultivées et cultivables

 Le Centre d'Etudes et de Prospective du Ministère de l'Agriculture avait missionné Madame le professeur Roudart pour une étude actualisée sur les terres cultivables à l'horizon 2050. Un  séminaire de restitution "Terres cultivées, terres cultivables : quelles disponibilités foncières à l'échelle mondiale ?" a eu lieu fin janvier 2011, et ses actes viennent d'être publiés.

L'intérêt du document vient surtout du débat avec Mme Ronzon (INRA) qui établit notamment une comparaison avec l'étude Agrimonde 1, la plus complète à ce jour sur le thème de "nourrir la planète en 2050" (voir mon article  sur la politique alimentaire internationale). Je partage son avis nuancé, et j'ajoute en conclusion que le problème reste entier : personne n'a de solution pour nourrir la population mondiale prévue en 2050 dans des conditions de soutenabilité et de faible coordination entre pays (et grandes zones géographiques). 

Or c'est bien cette coordination qui est de plus en plus battue en brèche depuis 2008, avec la montée du protectionnisme et la paralysie de l'OMC. Pour ceux qui pensent qu'une partie de la solution réside dans la location de terres, notamment en Afrique, il faut se souvenir que les pays en crise alimentaire ferment aussitôt leurs exportations de produits alimentaires.


2011/05/21

World population in 2050 : new revision and even more pressure on ressources

 United Nations has released this month the 2010 revision of their demographic forecast :
 9 708 595 000 is the updated number of humans in 2050 using the standard/medium fertility variant, up from 9.1 billions in the last revision.
This trend is putting even more pressure on our ressources, as described into our previous writings (MAP1, MAP2)

2011/03/23

International food policy: towards a “diplomatic revolution” (published in Political Anticipation Magazine Winter 2011)


"The problem has become inevitable for our policy makers: How to feed the world’s current and future population? From recent studies and projections we will highlight the new central issues concerning the geopolitics of food, in order to provide elements that can help decision making."
In continuation of my previous article about the global ecological crisis, I publish this second article about international food policy in the new issue of Magazine of Political Anticipation - Winter 2011, now available in English. Translations into other languages ​​are already available (FR, ES, IT). 

M.A.P. is the only free magazine about political anticipation available under Creative Commons licence. It is published by the Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP) and Newropeans Magazine. 


2011/03/09

Política alimentaria internacional : hacia una “revolución diplomática”

 "El problema ya es inevitable para nuestros responsables políticos: ¿Cómo alimentar a la población mundial actual y futura? A partir de estudios y proyecciones recientes, aislaremos los nuevos temas centrales relativos a la geopolítica agrícola, con vistas a aportar elementos que puedan ayudar a la toma de decisiones."

El resto de este artículo fue publicado en el secundo número de La Revista de Política Anticipación (M.A.P.), en francés, español, italiano y (y presto en inglese).

Politica alimentare internazionale : verso una “rivoluzione diplomatica”

 L’attualità, ricca di avvenimenti, rimette in luce la domanda ormai lancinante alla quale i dirigenti dovranno rispondere  :  « Come nutrire la nostra popolazione ora e negli anni a venire ? ». Partendo da una sintesi degli studi e scénari recentemente prodotti, mettiamo in evidenza le nuove poste in gioco geopolitiche dell’agricultura, nella prospettiva di aiutare a prendere una décisione.

Il seguente articolo è stato pubblicato il M.A.P. #2 inverno 2011, la rivista di anticipazione politica, che è stata completamente tradotta in italiano. Questo numero di M.A.P. è disponibile sul web del LEAP, disponibile anche in francese e espagnolo... e presto in englese.

2011/02/21

La politique alimentaire internationale publiée dans le M.A.P. Hiver 2011

 Dans la continuité de la crise écologique globale, je publie un second article sur la politique alimentaire internationale dans le numéro 2 du Magazine d'Anticipation Politique (Hiver 2011), disponible aujourd'hui en français. Des traductions du M.A.P. #2 dans d'autres langues sont également disponibles  (ENESIT).

M.A.P. est le premier magazine d'anticipation politique diffusé gratuitement sous licence Creative Commons, et édité par le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP) et Newropeans Magazine.

Aperçu du sommaire du numéro 2 :
  • Vague des révolutions de jasmin : le grand retour du monde arabe 
  • Cyberspace, Cyberconflits, Cybertrucs et mouvements sociaux 
  • Sud-Soudan : le premier pas vers l’inévitable remodelage des frontières africaines 
  • Politique alimentaire internationale : vers une “révolution diplomatique” 
  • La crise, source d’innovation bancaire ?

2011/02/02

La crisis ecológica global ha comenzado

 "A lo largo de la historia, el daño ambiental y el cambio climático se encuentran entre las principales causas del colapso de las sociedades. Una crisis ecológica cuestiona el modelo de desarrollo socio-económico, y por lo tanto es una crisis del modelo. La escala de tiempo nos interesan fundamentalmente: el problema ya se ha instalado y vamos a ver los primeros efectos del fracaso estratégico en el curso de nuestras vidas. Y si no somos capaces de resolver esta crisis ecológica, nuestros hijos o nietos no tendrán más remedio que sufrir los efectos devastadores de esta incapacidad para transformar nuestro modelo social."
El resto de este artículo fue publicado en el primer número de La Revista de Política Anticipación (M.A.P.), en francés, español, alemán, italiano y.

Los datos utilizados en este artículo, para el 2010 y el escenario político de la previsiónpara 2020 y 2050 y una bibliografía adicional se publicará como anexo a este blog:


2010/12/04

La crisi ecologica globale è iniziata

 "Nel corso della storia, i danni causati all’ambiente e il cambiamento climatico sono tra le cause principali del crollo delle società. Una crisi ecologica mette in discussione il modello di sviluppo socio-economico, ed è dunque una crisi del modello stesso. La scala temporale in questione ci riguarda in prima persona : i fenomeni hanno preso piede, ne vedremo i primi effetti di rottura strategica durante il corso della nostra vita. E se falliremo nel risolvere questa crisi ecologica, i nostri figli o nipoti non avranno altra possibilità che subire gli effetti devastanti di questa incapacità a trasformare il nostro modello di società."
I dati utilizzati in questo articolo, per il 2010 e lo scenario di anticipazione politica fino al 2020 e il 2050, e una bibliografia aggiuntiva sarà pubblicato in allegato a questo blog:
Il seguente articolo è stato pubblicato il MAP, la rivista di anticipazione politica, che è stata completamente tradotta in italiano. La presentazione di questo primo numero di MAP è disponibile sul web del LEAP, disponibile anche in tedesco e francese... e spagnolo (aggiornato 30/01).

Die weltweite Umweltkrise hat begonnen

 "Im Laufe der Geschichte sind die Beschädigungen der Umwelt und der Klimawandel mit die wichtig-sten Gründe für den Zusammenbruch von Gesellschaften. Eine ökologische oder Umweltkrise stellt das Modell der gesellschaftlichen und wirtschaftlichen Entwicklung in Frage, ist also eine Krise dieses Modells. Der in Frage stehende Zeitrahmen betrifft in erster Linie uns: die Phänomene sind schon da, wir werden die ersten strategischen Umbrüche sehend miterleben. Und wenn wir diese Umweltkrise nicht zu lösen vermögen, bleibt unseren Kindern oder Kindeskindern nichts als die zerstörerischen Folgen unserer Unfähigkeit zur Umformung unseres Gesellschaftsmodells zu erdulden."

Der folgende Artikel wurde in den M.A.P. #1, das Magazin für Politische Antizipation, veröffentlicht.

M.A.P. wird von Anfang an in drei Sprachen (Französisch Deutsch Italienisch) erscheinen. Wir gehen davon aus, dass andere bedeutende Sprachen wie Englisch, Spanisch (aktualisiert 30/01), Russisch, Chinesisch und Arabisch bald folgen können. Denn M.A.P. soll einen möglichst großen Leserkreis unmittelbar erreichen.
Die Angaben in diesem Artikel verwendet, für 2010 und die Vorfreude Szenario bis 2020 und 2050 und ausführliche Hinweise wird als Anhänge zu diesem Blog veröffentlicht werden:

2010/11/11

La crise écologique globale publiée dans le M.A.P.

 Je publie un premier article sur la crise écologique globale dans le premier numéro du Magazine d'Anticipation Politique (M.A.P.), disponible aujourd'hui.

La crise écologique, ce n'est pas simplement HOME, les pluies acides, la fonte des pôles... c'est bien plus important que cela et il est capital de bien comprendre le destin que nous nous forgeons aujourd'hui.

Les données utilisées dans cet article, pour 2010 et pour le scénario d'anticipation jusqu'en 2020 et 2050, ainsi qu'un complément de bibliographie sont publiés comme annexes sur ce blog : 
M.A.P. est un magazine diffusé gratuitement au format PDF, édité par le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP) et Newropeans Magazine.
Diffusé dès l'origine en trois langues (Français-Allemand-Italien), M.A.P. devrait rapidement être disponible en d’autres grandes langues comme l’Anglais (ajouté à partir du M.A.P. n2), l’Espagnol (ajouté le 30/01 pour le M.A.P. n1 et les suivants), le Russe, le Chinois et l’Arabe (ajoutés pour le M.A.P. n6) afin de toucher directement un lectorat global. Si vous voulez contribuer à la traduction, contactez-moi ou directement l'éditeur du MAP.

Aperçu du sommaire du MAP numéro 1 : 
  •  Impacts sociaux de la crise en Europe, par Jérôme Defaix 
  • Transferts Europe-Afrique : quand la manne se tarit, par Ludovic Follot 
  •  La crise écologique globale a commencé, par Bruno Paul 
  • Amérique Latine/USA : la décennie qui confirmera l’émancipation, par Sébastien Rouxel
Je ne peux que vous recommander de vous précipiter vers cette lecture du M.A.P. !