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2017/05/23

La clef de l'Histoire moderne

Diablerie de foule
[dernière mise à jour : 11/9/2017]

Cet opuscule de Pierre-Yves Lenoble donne une partie de la clef de l'Histoire moderne, en s'appuyant sur des citations très pertinentes, dont cinq que je reprends ici. Qu'il me soit permis de compléter cette clef autant que possible, c'est-à-dire par de nouvelles références et des liens vers des articles de fond sur chaque point majeur.

« Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, une forme nouvelle de guerre est née. Appelée parfois guerre subversive ou guerre révolutionnaire, elle diffère essentiellement des guerres du passé en ce sens que la victoire n'est pas attendue uniquement du choc de deux armées sur un champ de bataille. Ce choc, qui visait autrefois à anéantir une armée ennemie en une ou plusieurs batailles, ne se produit plus. La guerre est maintenant un ensemble d'actions de toutes natures (politiques, sociales, économiques, psychologiques, armées, etc.) qui vise le renversement du pouvoir établi dans un pays et son remplacement par un autre régime. Pour y parvenir, l'assaillant s'efforce d'exploiter les tensions internes du pays attaqué, les oppositions politiques, idéologiques, sociales, religieuses, économiques, susceptibles d'avoir une influence profonde sur les populations à conquérir. »
(Roger Trinquier, La guerre moderne, Ed. La table ronde, 1961, Pp.15)


« Aujourd'hui, on ne conquiert plus le terrain pour avoir les hommes, on conquiert les âmes, on conquiert le psychisme. Une fois qu'on a le psychisme, on a l'homme. Quand on a l'homme, le terrain suit. La plus grande astuce du diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas. Le moment est venu d'utiliser le mot "subversion". Arme redoutable car elle essaie de ne pas se montrer. [...] Cette méthode redoutable s'inscrit dans l'infiltration d'une partie des médias, d'une partie de ceux qui enseignent aux âmes, aux cœurs et aux cervelles, je veux dire le clergé, l'école, l'Université. Jadis, pour tenir le pouvoir il fallait contrôler l'Eglise, donc les âmes ; au XIXe siècle, c'est l'instruction, donc les cerveaux. Aujourd'hui c'est l'audiovisuel qui prime, et l'Université. En Occident, on n'apprend plus, comme on le fait dans les pays de l'Est, l'amour de la patrie, du travail, mais le laxisme, l'indiscipline, le non-respect des vertus anciennes, la recherche des paradis artificiels. En un mot ce que j'appelle "l'ordre inverse". »
(Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Ed. Stock, 1986, Pp. 376-377)


« La Révolution française a été la première révolution de la classe bourgeoise et moyenne ; de ce que l’on appelait le Tiers-Etat, dans l’histoire.
La Commune de Paris devait être la première révolution de la classe prolétarienne, restée relativement dans l’ombre jusqu’à cette époque. Elle fut la première réalisation dans l’histoire - essai encore éphémère et précipitamment étouffé - de la dictature du prolétariat, forme jusque-là inédite de la subversion.
Elle fut le premier avènement du Quart-Etat, ce qui était un progrès sur tout ce qui avait précédé. A ce titre, elle marqua une date dans l’évolution des procédés employés par l’esprit de révolte. Tous les pontifes de la subversion contemporaine, de la phase dite socialiste et communiste, furent unanimes à le déclarer. Les plus grands en tête, Marx et Lénine, répudiaient avec ostentation toute attache avec les révolutions bourgeoises, républicaines et démocratiques, du type de 1789 et 1848. Ils n’y voyaient qu’un moyen, un acheminement, non le but. Tous proclamaient leur filiation directe à l’égard de la Commune parisienne, même lorsqu’ils en critiquaient le manque de préparation technique.
Tous, sans exceptions s’inclinent devant elle comme devant une sorte de chef de file et lui consacrent de nombreux discours, brochures et livres. Elle a été le premier son de cloche de ce que devait être la révolution bolcheviste. Marx, Lénine, Trotsky, Kautsky, Lawrof et beaucoup d’autres traitent ce sujet et polémiquent sous ce rapport.
La grande erreur consiste à supposer que la Commune de Paris fut un mouvement spontané, et cette erreur se répète à propos de toutes les révolutions.
Chaque fois, il se trouve des hommes, par centaines de milliers, assez naïfs pour croire qu’une chose peut se faire toute seule, et qu’elle peut sortir du néant sans avoir été faite par quelqu’un. Pour peu qu’on y réfléchisse c’est une absurdité philosophique et un défi au bon sens. Surtout à une époque qui prétend être scientifique et où l’on devrait savoir que même ces processus qu’autrefois on croyait automatiques et réglés par des lois abstraites de la nature, - tels que la décomposition d’un cadavre, la maladie, la vieillesse, la mort dite naturelle - , sont déterminés par des agents concrets et vivants, appelés bacilles, toxines, qui travaillent à cet effet. Sans eux il n’y aurait ni décomposition, ni fièvre, ni décrépitude, ni mort, et si ces agents nous sont invisibles, cela ne veut pas dire qu’ils soient moins réels.
Il en est de même pour la société, qui est l’humanité dans l’espace, et pour l’histoire, qui est l’humanité dans le temps.
Des bacilles, des toxines, à forme humaine, que l’œil des générations ne discerne pas, que l’œil des historiens ignore, ou plus souvent, feint d’ignorer, - mais dont l’existence n’est pas un mystère pour le bactériologiste de la société et de l’histoire - , provoquent les fièvres, la décrépitude ou la décomposition, les paralysies ou les convulsions, la vieillesse, l’avarie et la mort.
Les victimes croient que le processus se fait tout seul, en vertu des lois inéluctables et consubstantielles à la nature des choses, et c’est pourquoi elles ne réagissent point. En effet, comment réagir, sans être insensé, contre l’inéluctable et la nature des choses ?...
Il n’y a pas eu plus de spontanéité dans la Commune de 1871 qu’il n’y en avait eu en 1789, en 1793, en 1848, en 1905 ou en 1917 et qu’il n’y en a dans les troubles chinois, hindous, soudanais, syriens, turcs, marocains et afghans. Il n’y en a pas davantage dans toutes les grèves de notre époque. Il n’en est pas moins vrai que, de même que dans l’organisme animal, pour que les bacilles et les toxines puissent manifester efficacement leur action meurtrière, il est nécessaire que cet organisme soit affaibli et délabré par des intempéries ou du surmenage. Sans quoi, cet organisme sain et dans la plénitude de ses forces, aurait des ressorts pour se défendre et réduire à néant l’action nocive. »
(Emmanuel Malynski et Léon de Poncins, La guerre occulte, édition de 1940, Pp.19-20 ; cette partie est un résumé par de Poncins de La mission du peuple de Dieu - 6ème partie - La grande conspiration mondiale, 1928)


« Maniement de l'opinion publique
52 - A cela s'ajoute ce qui se révélait déjà dans l'évolution antérieure mais qui, à présent, se découvre à plein : la mise au pas uniforme de l'opinion publique. Et cela par tous les moyens : par la parole et par l'écrit, par la presse et le théâtre, par le cinéma et la radio, par l'art et même par la science, par l'école et les métiers, et encore, trait répugnant, par la pression, au moyen des œuvres d'assistance, sur les pauvres. Et de tout cela, voilà le lamentable résultat : l'homme de masse moderne. Celui-ci n'a plus d'opinion à lui, plus de volonté propre ; il n'est qu'un instrument passif aux mains du chef. Prendre n'importe quelle initiative un tant soit peu en vue lui est pratiquement impossible ; et pourtant, sans cet esprit d'initiative, impossible à l'homme de se donner cette culture personnelle qui est un élément de vie pour la communauté humaine. »
(Humani Generis Unitas. Pope Pius XI - Ineditum, 1938, §52 ; in Georges Passelecq, Bernard Suchecky, L'Encyclique cachée de Pie XI, Ed. La Découverte, 1995, Pp. 242-243)

Quelques explications métaphysiques


Ici comme dans les précédents ouvrages de M. Léon de Poncins dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, il y a, pour tout ce qui se rapporte à la critique du monde moderne, beaucoup de considérations très justes ; les auteurs, qui dénoncent avec raison des erreurs communes comme celle qui consiste à croire que les révolutions sont des « mouvements spontanés », sont de ceux qui pensent que la déviation moderne, dont ils étudient plus spécialement les étapes au cours du XIXème siècle, doit nécessairement répondre à un « plan » bien arrêté, et conscient tout au moins chez ceux qui dirigent cette « guerre occulte » contre tout ce qui présente un caractère traditionnel, intellectuellement ou socialement. Seulement, quand il s’agit de rechercher des « responsabilités », nous avons bien des réserves à faire ; la chose n’est d’ailleurs pas si simple ni si facile, il faut bien le reconnaître, puisque, par définition même, ce dont il s’agit ne se montre pas au dehors, et que les pseudo-dirigeants apparents n’en sont que des instruments plus ou moins inconscients. En tout cas, il y a ici une tendance à exagérer considérablement le rôle attribué aux Juifs, jusqu’à supposer que ce sont eux-seuls qui en définitive mènent le monde, et sans faire à leur sujet certaines distinctions nécessaires ; comment ne s’aperçoit-on pas, par exemple, que ceux qui prennent une part active à certains événements ne sont que des Juifs entièrement détachés de leur propre tradition, et qui, comme il arrive toujours en pareil cas, n’ont guère gardé que les défauts de leur race et les mauvais côtés de sa mentalité particulière ? Il y a pourtant des passages (notamment pp. 105-110) qui touchent d’assez près à certaines vérités concernant la « contre-initiation » : il est tout à fait exact qu’il ne s’agit pas là d’ « intérêts » quelconques, qui ne peuvent servir qu’à mouvoir de vulgaires instruments, mais d’une « foi » qui constitue « un mystère métapsychique insondable pour l’intelligence même élevée de l’homme ordinaire » ; et il ne l’est pas moins qu’ « il y a un courant de satanisme dans l’histoire »… Mais ce courant n’est pas seulement dirigé contre le Christianisme (et c’est peut-être cette façon trop restreinte d’envisager les choses qui est la cause de bien des « erreurs d’optique ») ; il l’est aussi, exactement au même titre, contre toute tradition, qu’elle soit d’Orient ou d’Occident, et sans excepter le Judaïsme.
(René Guénon, Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, t. I, Compte-rendu juillet 1936).


Un autre point qui est à retenir, c’est que les Supérieurs Inconnus, de quelque ordre qu’ils soient, et quel que soit le domaine dans lequel ils veulent agir, ne cherchent jamais à créer des « mouvements », suivant une expression qui est fort à la mode aujourd’hui ; ils créent seulement des « états d’esprit », ce qui est beaucoup plus efficace, mais peut-être un peu moins à la portée de tout le monde. Il est incontestable, encore que certains se déclarent incapables de le comprendre, que la mentalité des individus et des collectivités peut être modifiée par un ensemble systématisé de suggestions appropriées ; au fond, l’éducation elle-même n’est guère autre chose que cela, et il n’y a là-dedans aucun « occultisme ». Du reste, on ne saurait douter que cette faculté de suggestion puisse être exercée, à tous les degrés et dans tous les domaines, par des hommes « en chair et en os », lorsqu’on voit, par exemple, une foule entière illusionnée par un simple fakir, qui n’est cependant qu’un initié de l’ordre le plus inférieur, et dont les pouvoirs sont assez comparables à ceux que pouvait posséder un Gugomos ou un Schroepfer. Ce pouvoir de suggestion n’est dû, somme toute, qu’au développement de certaines facultés spéciales, quand il s’applique seulement au domaine social et s’exerce sur l’ « opinion », il est surtout affaire de psychologie : un « état d’esprit » déterminé requiert des conditions favorables pour s’établir, et il faut savoir, ou profiter de ces conditions si elles existent déjà, ou en provoquer soi-même la réalisation. Le socialisme répond à certaines conditions actuelles, et c’est là ce qui fait toutes ses chances de succès ; que les conditions viennent à changer pour une raison ou pour une autre, et le socialisme, qui ne pourra jamais être qu’un simple moyen d’action pour des Supérieurs Inconnus, aura vite fait de se transformer en autre chose dont nous ne pouvons même pas prévoir le caractère. C’est peut-être là qu’est le danger le plus grave, surtout si les Supérieurs Inconnus savent, comme il y a tout lieu de l’admettre, modifier cette mentalité collective qu’on appelle l’ « opinion » ; c’est un travail de ce genre qui s’effectua au cours du XVIIIème siècle et qui aboutit à la Révolution, et, quand celle-ci éclata, les Supérieurs Inconnus n’avaient plus besoin d’intervenir, l’action de leurs agents subalternes était pleinement suffisante. Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, empêcher que de pareils événements se renouvellent, et c’est pourquoi, dirons-nous avec M. Copin-Albancelli, « il est fort important d’éclairer le peuple sur la question maçonnique et ce qui se cache derrière».
(René Guénon, Réflexions à propos du « Pouvoir Occulte », 11 Juin 1914, La France antimaçonnique)


Bien plus, la « subversion » la plus habile et la plus dangereuse est certainement celle qui ne se trahit pas par des singularités trop manifestes et que n’importe qui peut facilement apercevoir, mais qui déforme le sens des symboles ou renverse leur valeur sans rien changer à leurs apparences extérieures. Mais la ruse la plus diabolique de toutes est peut-être celle qui consiste à faire attribuer au symbolisme orthodoxe lui-même, tel qu’il existe dans les organisations véritablement traditionnelles, et plus particulièrement dans les organisations initiatiques, qui sont surtout visées en pareil cas, l’interprétation à rebours qui est proprement le fait de la « contre-initiation » ; et celle-ci, comme nous l’avons signalé dernièrement, ne se prive pas d’user de ce moyen pour provoquer les confusions et les équivoques dont elle a quelque profit à tirer. C’est là, au fond, tout le secret de certaines campagnes menées, soit contre l’ésotérisme en général, soit contre telle ou telle forme initiatique en particulier, avec l’aide inconsciente de gens dont la plupart seraient fort étonnés, et même épouvantés, s’ils pouvaient se rendre compte de ce pour quoi on les utilise ; il arrive malheureusement parfois que ceux qui croient combattre le diable se trouvent ainsi tout simplement, sans s’en douter le moins du monde, transformés en ses meilleurs serviteurs !
(René Guénon, Du double sens des symboles, Études Traditionnelles, juillet 1937)


« Risque de catastrophe complète par la renonciation à l'esprit
67 - Notre société moderne est donc malade ; et les nouvelles formules d'unité, les nouveaux types d'unité, loin de la guérir, ne peuvent que la rendre encore plus malade. Car ils décomposent, avec la pensée et l'idéal de vie, d'eux-mêmes devenus mécaniquement dissociateurs, la consistance interne de la vie sociale humaine ; et pareillement les facteurs naturels de sa constitution, tout comme son fondement naturel, l'unité de la personnalité humaine. Ils risquent, en dernière analyse, d'acheminer l'humanité vers une catastrophe, par leur conception mécanique atomistique du genre humain, par la renonciation radicale à l'Esprit, au fond à l'Esprit de Dieu. 
Faut-il encore, dans le même sens, au sujet de ces formes d'Unité du Totalitarisme extensif, une dernière preuve. La pensée, avec ses procédés de pure mécanique, était désormais incapable, parce que déspiritualisée, de percevoir les divers facteurs naturels de l'édification de la société et leur interdépendance essentielle, ainsi que l'Unité au sein de la Pluralité ; elle ne pouvait plus pousser de l'aant, jusqu'à la véritable Unité et Totalité d'un système complet du monde, comportant une Totalité intensive, c'est-à-dire une authentique Unité dans une authentique Pluralité. Ce qu'elle conservait, pour ainsi dire, de l'Esprit, c'était uniquement l'intelligence, qui précisément ne méritait plus, nous l'avons vu, ce nom-là, pris dans son sens profond, c'est-à-dire dans le sens de l'Esprit, mais en revanche devait s'attendre d'autant plus à ce que la lutte fut engagée contre elle en ces dernières années. »
(Humani Generis Unitas. Pope Pius XI - Ineditum, 1938, §67 ; in Georges Passelecq, Bernard Suchecky, L'Encyclique cachée de Pie XI, Ed. La Découverte, 1995, Pp. 249-250)


Après les considérations que nous avons exposées et les exemples que nous avons donnés jusqu’ici, on pourra mieux comprendre en quoi consistent exactement, d’une façon générale, les étapes de l’action antitraditionnelle qui a véritablement « fait » le monde moderne comme tel ; mais, avant tout, il faut bien se rendre compte que, toute action effective supposant nécessairement des agents, celle-là ne peut, pas plus qu’une autre, être une sorte de production spontanée et « fortuite », et que, s’exerçant spécialement dans le domaine humain, elle doit forcément impliquer l’intervention d’agents humains. Le fait que cette action concorde avec les caractères propres de la période cyclique où elle s’est produite explique qu’elle ait été possible et qu’elle ait réussi, mais il ne suffit pas à expliquer la façon dont elle a été réalisée et n’indique pas les moyens qui ont été mis en œuvre pour y parvenir. Du reste, il suffit, pour s’en convaincre, de réfléchir quelque peu à ceci : les influences spirituelles elles-mêmes, dans toute organisation traditionnelle, agissent toujours par l’intermédiaire d’êtres humains, qui sont les représentants autorisés de la tradition, bien que celle-ci soit réellement « supra-humaine » dans son essence ; à plus forte raison doit-il en être de même dans un cas où n’entrent en jeu que des influences psychiques, et même de l’ordre le plus inférieur, c’est-à-dire tout le contraire d’un pouvoir transcendant par rapport à notre monde, sans compter que le caractère de « contrefaçon » qui se manifeste partout dans ce domaine, et sur lequel nous aurons encore à revenir, exige encore plus rigoureusement qu’il en soit ainsi. D’autre part, comme l’initiation, sous quelque forme qu’elle se présente, est ce qui incarne véritablement l’« esprit » d’une tradition, et aussi ce qui permet la réalisation effective des états « supra-humains », il est évident que c’est à elle que doit s’opposer le plus directement (dans la mesure toutefois ou une telle opposition est concevable) ce dont il s’agit ici, et qui tend au contraire, par tous les moyens, à entraîner les hommes vers l’« infra-humain » ; aussi le terme de « contre-initiation » est-il celui qui convient le mieux pour désigner ce à quoi se rattachent, dans leur ensemble et à des degrés divers (car, comme dans l’initiation encore, il y a forcément là des degrés), les agents humains par lesquels s’accomplit l’action antitraditionnelle; et ce n’est pas là une simple dénomination conventionnelle employée pour parler plus commodément de ce qui n’a vraiment aucun nom, mais bien une expression qui correspond aussi exactement que possible à des réalités très précises.

Il est assez remarquable que, dans tout l’ensemble de ce qui constitue proprement la civilisation moderne, quel que soit le point de vue sous lequel on l’envisage, on ait toujours à constater que tout apparaît comme de plus en plus artificiel, dénaturé et falsifié ; beaucoup de ceux qui font aujourd’hui la critique de cette civilisation en sont d’ailleurs frappés, même lorsqu’ils ne savent pas aller plus loin et n’ont pas le moindre soupçon de ce qui se cache en réalité derrière tout cela. Il suffirait pourtant, nous semble-t-il, d’un peu de logique pour se dire que, si tout est ainsi devenu artificiel, la mentalité même à laquelle correspond cet état de choses ne doit pas l’être moins que le reste, qu’elle aussi doit être « fabriquée » et non point spontanée ; et, dès qu’on aurait fait cette simple réflexion, on ne pourrait plus manquer de voir les indices concordants en ce sens se multiplier de toutes parts et presque indéfiniment ; mais il faut croire qu’il est malheureusement bien difficile d’échapper aussi complètement aux « suggestions » auxquelles le monde moderne comme tel doit son existence même et sa durée, car ceux mêmes qui se déclarent le plus résolument « antimodernes » ne voient généralement rien de tout cela, et c’est d’ailleurs pourquoi leurs efforts sont si souvent dépensés en pure perte et à peu près dépourvus de toute portée réelle.

L’action antitraditionnelle devait nécessairement viser à la fois à changer la mentalité générale et à détruire toutes les institutions traditionnelles en Occident, puisque c’est là qu’elle s’est exercée tout d’abord et directement, en attendant de pouvoir chercher à s’étendre ensuite au monde entier par le moyen des Occidentaux ainsi préparés à devenir ses instruments. D’ailleurs, la mentalité étant changée, les institutions, qui dès lors ne lui correspondaient plus, devaient par là même être facilement détruites ; c’est donc le travail de déviation de la mentalité qui apparaît ici comme véritablement fondamental, comme ce dont tout le reste dépend en quelque façon, et, par conséquent, c’est là-dessus qu’il convient d’insister plus particulièrement. Ce travail, évidemment, ne pouvait pas être opéré d’un seul coup, quoique ce qu’il y a peut-être de plus étonnant soit la rapidité avec laquelle les Occidentaux ont pu être amenés à oublier tout ce qui, chez eux, avait été lié à l’existence d’une civilisation traditionnelle ; si l’on songe à l’incompréhension totale dont les XVIIe et XVIIIe siècles ont fait preuve à l’égard du moyen âge, et cela sous tous les rapports, il devrait être facile de comprendre qu’un changement aussi complet et aussi brusque n’a pas pu s’accomplir d’une façon naturelle et spontanée. Quoi qu’il en soit, il fallait tout d’abord réduire en quelque sorte l’individu à lui-même, et ce fut là surtout, comme nous l’avons expliqué, l’œuvre du rationalisme, qui dénie à l’être la possession et l’usage de toute faculté d’ordre transcendant ; il va de soi, d’ailleurs, que le rationalisme a commencé à agir avant même de recevoir ce nom avec sa forme plus spécialement philosophique, ainsi que nous l’avons vu à propos du Protestantisme ; et, du reste, l’« humanisme » de la Renaissance n’était lui-même rien d’autre que le précurseur direct du rationalisme proprement dit, puisque qui dit « humanisme » dit prétention de ramener toutes choses à des éléments purement humains, donc (en fait tout au moins, sinon encore en vertu d’une théorie expressément formulée) exclusion de tout ce qui est d’ordre supra-individuel.

Il fallait ensuite tourner entièrement l’attention de l’individu vers les choses extérieures et sensibles, afin de l’enfermer pour ainsi dire, non pas seulement dans le domaine humain, mais, par une limitation beaucoup plus étroite encore, dans le seul monde corporel ; c’est là le point de départ de toute la science moderne, qui, dirigée constamment dans ce sens, devait rendre cette limitation de plus en plus effective. La constitution des théories scientifiques, ou philosophico-scientifiques si l’on veut, dut aussi procéder graduellement ; et (nous n’avons, ici encore, qu’à rappeler sommairement ce que nous avons déjà exposé) le mécanisme prépara directement la voie au matérialisme, qui devait marquer, d’une façon en quelque sorte irrémédiable, la réduction de l’horizon mental au domaine corporel, considéré désormais comme la seule « réalité », et d’ailleurs dépouillé lui-même de tout ce qui ne pouvait pas être regardé comme simplement « matériel » ; naturellement, l’élaboration de la notion même de « matière » par les physiciens devait jouer ici un rôle important. On était dès lors entré proprement dans le « règne de la quantité » ; la science profane, toujours mécaniste depuis Descartes, et devenue plus spécialement matérialiste à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, devait, dans ses théories successives devenir de plus en plus exclusivement quantitative, en même temps que le matérialisme, s’insinuant dans la mentalité générale, arrivait à y déterminer cette attitude, indépendante de toute affirmation théorique, mais d’autant plus diffusée et passée finalement à l’état d’une sorte d’« instinct », que nous avons appelée le « matérialisme pratique », et cette attitude même devait être encore renforcée par les applications industrielles de la science quantitative, qui avaient pour effet d’attacher de plus en plus complètement les hommes aux seules réalisations « matérielles ». L’homme « mécanisait » toutes choses, et finalement il en arrivait à se « mécaniser » lui-même, tombant peu à peu à l’état des fausses « unités » numériques perdues dans l’uniformité et l’indistinction de la « masse », c’est-à-dire en définitive dans la pure multiplicité ; c’est bien là, assurément, le triomphe le plus complet qu’on puisse imaginer de la quantité sur la qualité.

Cependant, en même temps que se poursuivait ce travail de « matérialisation » et de « quantification », qui du reste n’est pas encore achevé et ne peut même jamais l’être, puisque la réduction totale à la quantité pure est irréalisable dans la manifestation, un autre travail, contraire en apparence seulement, avait déjà commencé, et cela, rappelons-le, dès l’apparition même du matérialisme proprement dit. Cette seconde partie de l’action antitraditionnelle devait tendre, non plus à la « solidification », mais à la dissolution ; mais, bien loin de contrarier la première tendance, celle qui se caractérise par la réduction au quantitatif, elle devait l’aider lorsque le maximum de la « solidification » possible aurait été atteint, et que cette tendance, ayant dépassé son premier but en voulant aller jusqu’à ramener le continu au discontinu, serait devenue elle-même une tendance vers la dissolution. Aussi est-ce à ce moment que ce second travail, qui d’abord ne s’était effectué, à titre de préparation, que d’une façon plus ou moins cachée et en tout cas dans des milieux restreints, devait apparaître au jour et prendre à son tour une portée de plus en plus générale, en même temps que la science quantitative elle-même devenait moins strictement matérialiste, au sens propre du mot, et finissait même par cesser de s’appuyer sur la notion de « matière », rendue de plus en plus inconsistante et « fuyante » par la suite même de ses élaborations théoriques. C’est là l’état où nous en sommes présentement : le matérialisme ne fait plus que se survivre à lui-même, et il peut sans doute se survivre plus ou moins longtemps, surtout en tant que « matérialisme pratique » ; mais, en tout cas, il a désormais cessé de jouer le rôle principal dans l’action antitraditionnelle.

Après avoir fermé le monde corporel aussi complètement que possible, il fallait, tout en ne permettant le rétablissement d’aucune communication avec les domaines supérieurs, le rouvrir par le bas, afin d’y faire pénétrer les forces dissolvantes et destructives du domaine subtil inférieur ; c’est donc le « déchaînement » de ces forces, pourrait-on dire, et leur mise en œuvre pour achever la déviation de notre monde et le mener effectivement vers la dissolution finale, qui constituent cette seconde partie ou cette seconde phase dont nous venons de parler. On peut bien dire, en effet, qu’il y a là deux phases distinctes, bien qu’elles aient été en partie simultanées, car, dans le « plan » d’ensemble de la déviation moderne, elles se suivent logiquement et n’ont que successivement leur plein effet ; du reste, dès que le matérialisme était constitué, la première était en quelque sorte virtuellement complète et n’avait plus qu’à se dérouler par le développement de ce qui était impliqué dans le matérialisme même ; et c’est précisément alors que commença la préparation de la seconde, dont on n’a encore vu actuellement que les premiers effets, mais pourtant des effets déjà assez apparents pour permettre de prévoir ce qui s’ensuivra, et pour qu’on puisse dire, sans aucune exagération, que c’est ce second aspect de l’action antitraditionnelle qui, dès maintenant, passe véritablement au premier plan dans les desseins de ce que nous avons d’abord désigné collectivement comme l’« adversaire » et que nous pouvons, avec plus de précision, nommer la « contre-initiation ».
(René Guénon, Le Règne de la quantité et les signes du temps, 1945, chap. XXVIII : Les étapes de l’action antitraditionnelle, Pp.187-191)

Si vous n'aviez pas encore compris...


« On peut imaginer que chaque individu accepte, volontairement ou sans le savoir, une puce en lui, qui contiendrait tout un tas d'information sur lui qui permettrait à la fois de payer tout, de tout savoir... Mais donc d'être libéré d'un certain nombre de contraintes. [...] Le vrai luxe de demain, ce sera d'être isolable, de pouvoir s'isoler, et la vraie liberté, ce ne sera pas d'être relié aux autres, mais d'avoir le droit de ne pas être branché. »
(Jacques Attali, interview à la chaîne Public Sénat, 2008)

« L'homme, comme l'objet, y sera nomade, sans adresse ni famille stable, porteur sur lui, en lui, de tout ce qui fera sa valeur sociale. (...) Devenu prothèse de lui-même, l'homme se produira comme une marchandise. La vie sera l'objet d'artifice, créatrice de valeur et de rentabilité. »
(Jacques Attali, Lignes d'horizon, Fayard, 1990, Pp. 50 et 179)



« On pourrait dire que, parmi les instruments ou les moyens de tout genre mis en œuvre pour ce dont il s’agit, la « pseudo-initiation », par sa nature même, doit logiquement occuper le premier rang ; elle n’est qu’un rouage, bien entendu, mais un rouage qui peut commander à beaucoup d’autres, sur lequel ces autres viennent s’engrener en quelque sorte et dont ils reçoivent leur impulsion. [...] Il résulte immédiatement de là que l’action exercée ainsi, au lieu d’être réellement « organique », ne peut avoir qu’un caractère purement « mécanique », ce qui justifie d’ailleurs pleinement la comparaison des rouages que nous venons d’employer ; et ce caractère n’est-il pas justement aussi, comme nous l’avons déjà vu, celui qui se retrouve partout, et de la façon la plus frappante, dans le monde actuel, où la machine envahit tout de plus en plus, où l’être humain lui-même est réduit, dans toute son activité, à ressembler le plus possible à un automate, parce qu’on lui a enlevé toute spiritualité ? Mais c’est bien là qu’éclate toute l’infériorité des productions artificielles, même si une habileté « satanique » a présidé à leur élaboration ; on peut bien fabriquer des machines, mais non pas des êtres vivants, parce que, encore une fois, c’est l’esprit lui-même qui fait et fera toujours défaut. »
(René Guénon, Le Règne de la quantité et les signes du temps, 1945, Pp.177)

« Quand un peuple perd le contrôle de ses propres affaires, est réduit comme en esclavage et devient un instrument aux mains d'autrui, l'apathie le submerge. Il perd, peu à peu, tout espoir. [...] Les vaincus s'affaiblissent et deviennent incapables de se défendre. Ils sont victimes de quiconque veut les dominer et la proie des gros appétits. [...] Voyez aussi les animaux de proie, qui ne se reproduisent pas en captivité. Ainsi, le groupe tribal qui a perdu le contrôle de ses propres affaires continue de s'affaiblir et finit par disparaître. »
(Ibn Khaldoun, Al-Muqaddima [Introduction à l'histoire universelle], 1377 ; II, 23)


2016/10/07

Le modèle cosmologique Janus

J'avais évoqué la crise scientifique en particulier dans le domaine de la cosmologie dans plusieurs articles de 2012 (notamment Une théorie et un homme en crise : les cordes et Alain Riazuelo et Les réseaux Euro-BRICS comme réponse à la crise scientifique) en évoquant comme sortie de crise le développement en cours du modèle JANUS. Je vous y renvoie pour la bibliographie scientifique.

Son auteur principal, le Dr Jean-Pierre Petit, a animé vendredi premier octobre en soirée une conférence de deux heures sur ce sujet dans les locaux de l'Association Andromède, de Marseille, intitulée : "Une interprétation de la matière noire de notre univers en tant que copie de notre propre matière, mais dotée d'une masse et d'une énergie négative."

Il a mis déjà en ligne le support de sa conférence, en deux pdf téléchargeables, à dévorer sans attendre :
L'enregistrement vidéo intégral de sa conférence sera bientôt mis en ligne.
Bien que s'appuyant sur des résultats scientifiquement validés de très haut niveau et publiés, la compréhension du contenu cette conférence, dans un effort remarquable de pédagogie, reste accessible pour des bacheliers scientifiques. Les plus curieux et aguerris pourront creuser tous les aspects dans la bibliographie que j'ai mentionnée.
[Mise à jour: le Dr. Petit a conçu et mis en ligne une série de vidéos pédagogiques pour expliquer les faiblesses des modèles cosmologiques actuels et les réponses apportées par son propre modèle JANUS, à partir de ses publications scientifiques qui ont été acceptées. Vous trouverez le lien de chaque épisode dans les commentaires de cet article.]

Cette conférence sur JANUS arrive à point nommé pour commenter une actualité scientifique: dans une galaxie très, très lointaine des astronomes français ont découvert le premier trou noir "vagabond"

Voici une esquisse d'explication de ce "mystère" qui serait à développer avec le modèle cosmologique Janus, et la nouvelle théorie du trou noir développée par Petit et d'Agostini qui en est issue : 
le premier trou noir supermassif GJ 1417 transforme d'énormes quantités de matière traditionnelle (masse positive) en masse négative (émettant des photons d'énergie négative donc invisible de nous). Cette matière négative reste "localisée"(*) dans un volume autour de GJ 1417, et sa quantité repousse le deuxième astre XJ 1417 de masse positive suivant la loi anti-Newton, lequel devient vagabond. 
Les caractéristiques physiques de cette répulsion pourraient servir à préciser indirectement la distribution de la masse négative générée par GJ 1417. 

Update:
Today 6/11/2016, J.P. Petit has just uploaded the english translation of his public presentation :
Presentation for the public at large of the Janus Cosmological Model

(*) : lire attentivement les références bibliographiques si vous voulez comprendre ce que recouvre cette expression dans le modèle JANUS.

2016/06/13

Communiqué de Jean-Pierre Petit

Il y a quelques mois le journaliste Jean-Claude Bourret avait repris contact avec moi.

Depuis 1991 tout le monde sait que je suis « interdit de médias ». Je ne communique, depuis un paquet d’années, que dans le cercle restreint de mes fans. L’idée d’un livre à deux a alors émergé et a vite fait son chemin, sous forme d’une longue interview. 
L’objet, 340 pages, est pratiquement prêt. On en est à la relecture et à des aménagements de détail. Jean-Claude a déjà trouvé le (grand) éditeur, enthousiaste, me dit-il. Selon notre planning le livre devrait sortir à l’automne. [NDE: dans un message du 2/10 sur son site, JP Petit annonce que sa sortie est planifiée en février 2017. Effectivement il sera disponible à partir du 24/02/2017. (Références du livre)]

Ce qui s’est fait jour au fil de cette rédaction est que nous faisions fausse route en pensant que la communauté scientifique pourrait réagir, de manière « conventionnelle ». 

On sait qu’arXiv a établi un barrage vis à vis de nos articles. Mais ceux-ci ont pu être installés sur le site concurrent Researchgate
Résultat : depuis des mois et des mois nous battons le record du nombre de consultations, de téléchargements. Mais question écho : zéro. [NDE: quelques citations d'articles]

Aucune réaction non plus après publication de quatre importants papiers dans des revues de haut niveau. [NDE: Modern Physics Letters A, Astrophysics and Space Science]
Evidemment on pourrait penser que pour pousser des idées il faut les présenter dans des séminaires, des congrès. Comptons alors 20 ans, c’est la moyenne. 

On ne peut pas se la jouer comme cela. D’où ce livre, qui d’ailleurs centré sur un projet. 

J’oubliais de préciser : quand j’ai parlé d’un tel livre Bourret m’a aussitôt dit « je ne veux pas prendre d’argent là-dessus ». J’ai dit la même chose. Donc le bénéfice des ventes ira intégralement dans la caisse d’UFO-science

Mais pourquoi faire ? 
Pour monter des manips de MHD dans un garage, aller dans des congrès internationaux ? 
Non, pour avoir une chance de développer un réseau UFO-catch. Cette caméra de surveillance de l’ensemble du ciel, sur 360° est opérationnelle depuis 2008. Jean-Christophe Doré, son inventeur, l’a ensuite simplifiée, pour abaisser son coût de production. En listant ses composants on est en dessous de 200 euros. 

Le système est opérationnel. Nous avons maintenant plusieurs caméras qui donnent lieu à des détections multiples et nous reconstituons alors la trajectoire en 3D de l’objet observé. 

Le système de Doré est très en avance sur les caméras FRIPON puisque les caméras Ufo-catch enregistrent le spectre de la source. Ainsi, dans les détections réalisées (se référant à de simples étoiles filantes) l’analyse du spectre a conclu à une micrométéorite de type ferrique. 

Le but du projet est de susciter l’implantation d’un vaste réseau d’UFO-catch à travers la France, puis à travers le monde (le dispositif ne fait et ne fera l’objet d’aucune prise de brevet). Avec le livre on fournira les « plans » permettant de construire soi-même ces caméras. Mais si l’argent collecté (par les ventes et éventuellement pas des dons) est suffisant on pourra susciter la production de kits. 

Les possesseurs d’Ufo-catch s’auto-organiseront en réseau en dialoguant à travers un forum qui leur sera réservé. Quand deux possesseurs auront observé le même objet, ils pourront échanger leurs données et les traiter grâce à un logiciel freeware qui leur sera fourni. Et cela en France, mais aussi dans tous les pays où la contagion jouera. 

Bien sûr, dans la majorité des cas, ce qu’ils capteront correspondra à la chute d’une étoile filante ou d’un bolide. Auquel cas, nous nous en sommes assurés, ils pourront adresser ces données au réseau FRIPON

Evidemment, le but de notre traque c’est la trajectoire d’ovni, qui ne pourra alors être réduite ni à l’observation de lanternes thaïlandaises, ni au reflet de lasers sur des nuages, etc. On squeezera alors complètement les actions de désinformation de structures comme le Geipan
Au-delà il faut bien comprendre le sens de cette entreprise Ufo-catch
Nous voulons faire sortir enfin le chat du sac.
Se doter de ces stations d’enregistrement équivaudra à dire : 
- Nous ne croyons plus, ni à nos institutions scientifiques, ni à un quelconque organisme institutionnel pour faire émerger la vérité concernant ce phénomène ovni. Nous pensons même, au contraire, que tous ces gens ne souhaitent qu’une chose : maintenir ce sujet sous le boisseau. Nous nous sommes donc dotés des instruments qui permettront que la vérité éclate, et le temps travaillera désormais pour nous. 
Il y aura ceux qui se procureront le matériel pour construire ces caméras de détection, ou le kit permettant de réaliser ce montage. Mais aussi ceux qui donneront corps à ce projet, en achetant des livres (et/ou) en faisant des dons.

Revenons au livre. Nous l’avons conçu pour qu’il se présente (aussi) sous la forme d’un divertissement. Il est truffé d’anecdotes, parfois savoureuses. On y découvrira des choses inédites, comme le fait, prouvé par ses écrits, ce qui en surprendra plus d’un, que j’ai été lié d’amitié avec Alexandre Grothendieck, qui avait même fait acte de parrainage, par écrit pour le … GESTO lors de sa création ! Mais j’avais gardé tout cela secret. 
Pour ceux qui l’ignorent (voir Wikipedia) Grothendieck est dans le domaine des maths ce qu’Einstein est dans le domaine de la physique et de la cosmologie.

Le livre présentera une vaste revue de question, au terme de laquelle le lecteur sera convaincu de l’inertie, de l’incompétence et de la mauvaise foi du Geipan et des scientifiques qui ont gravité autour de tout cela. 

Quand l’intérêt pour le sujet ovni s’était trouvé démultiplié par nos premiers travaux de MHD on avait aussitôt, en 1977, créé le Gepan. A cette occasion Gilbert Payan m’avait dit : 
- Plus vous serez discret, plus on pourra vous aider. 
On a vu ce que cela a donné. Par ailleurs vous connaissez l’adage : 
- Si vous voulez enterrer une question, créez une commission chargée de l’étudier 
Maintenant ça n’est plus, ni au Geipan, ni à la communauté scientifique de gérer cette question. 
Nous allons faire en sorte que les citoyens de tous les pays s’en chargent eux-mêmes.

Le livre est aussi axé sur la faisabilité des voyages interstellaires, avec présentation d’un début de solution. 
Enfin, cerise sur le gâteau (sur laquelle nos ufologues pourront s’acharner) : la preuve, scientifiquement irréfutable, que l’affaire Ummo traduit bel et bien un contact avec « des gens venus d’ailleurs ». 
Un bon « menu », donc. Vous allez vous régaler.

Bourret et moi sommes sur les starting blocks. On a tous les deux hâte d’en découdre. 
Nous nous sommes bien mis d’accord : rien ne nous arrêtera. En 1991 j’avais reçu des menaces très précises. Je n’ai pas eu à y souscrire. Ayant perdu mon fils peu de temps avant, et seul contre toute la meute (à commencer par celle des ufologues, voir l’émission de Bercoff, sur la Cinq) mes nerfs ont fini par lâcher. Ce n’est pas la peur qui m’a fait décrocher, c’est l’épuisement. 
Là, c’est différent. Si des menaces sont proférées, nous en feront immédiatement état, et elles ne nous impressionneront pas, d’où qu’elles viennent et quelle que soit leur forme.

L’enjeu est trop important. 
Voilà …..


2013/10/11

The day of the last Nobel Memorial Prize laureate in Economics

A small part of the population knows that the "Nobel Prize in Economics" is in fact the "Swedish Central Bank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel". There are many similarities between the selection for a regular Nobel Prizes and for the Swedish Central Bank Prize in Economic Sciences, and there is indeed a deliberate will to be consistently identified with them. 

But only a few persons remember that this Prize in Economics was first awarded in 1969, i.e. 68 years after the regular ones. 
Some brief statistics have been published about the laureates, by country in which are located the universities where they worked (cf references). I have updated these results to take into account the years 2011, 2012, 2013 : 


Okay, nice shoot from anglo-saxon scholars. Now with such an overwhelming share of first-class thinkers awarded for their achievements during their life-long careers (specially in macroeconomics domain), the U.S. and UK economies should be huge successes, shouldn't they ?

1- Mainstream economists (both Friedman's side and Keynes' side) are always very reluctant to confront their models and their past predictions with long term and updated data series.
Let's just have a look if they really won the match since 1960's :
  • How close to an exponential trend is the growth of U.S. Total Public Debt :
Source: Conscience-Sociale.org, using Fed data up to 2013Q1
  • How close to an exponential trend is the growth of Federal Total Public Debt (In 2013 Q1, it reached US$ 16.8 Trillion) :
Source: Conscience-Sociale.org, using Fed data up to 2013Q1
  • Interest rates in US and UK :
 

  • U.S. Net Export of Goods and Services :
  • Real Trade Weighted U.S. Dollar Index :
  • Consumer Price Index :
(note the log scale)
  • "Civilian Unemployed and Not Looking Ratio" is the proportion of the civilian non institutionalized population aged 16+ that is unemployed and not looking for work :
  • US Population receiving food stamps :
  • Ratio of Corporate dividends over wages & salary :
  • US total monetary base priced in tonnes of Gold :
  • 1 U.S. $ priced in mg of Gold :
  • Annual U.S. and UK output produced (GDP per capita) priced in troy ounces of gold :
Source: Conscience-Sociale.org; data series 1791-2012 from MeasuringWorth 

2- Observations:
* these results are the worse seen in recorded history. 

* The only "positive" result is the historical high and ever rising level of incomes only for the top 1% and above :

* the creation of Nobel memorial Prize in Economics was first announced in 1968, at the same time where neoconservatism in US appeared and neoliberal ideas started to develop.

* all mainstream commentators have analyzed the economical policy of the U.S. and UK to use neoliberals ("Chicago school") principles, and more Keynesian policies since 2008.

3- Then we can affirm :
- either the US/UK Nobel Memorial laureates in economics were listened by the US/UK governments, but others economists would have given better advices : the observed results prove their Prize was not deserved ;
- or the US/UK Nobel Memorial laureates in economics were listened by the US/UK governments, but others economists would not have been able to give better advices : then the observed results prove economics is still not a science, but only a art. The laureates then deserve an Oscar-like prize, but not a Nobel-like prize ;
- or the US/UK Nobel Memorial laureates in economics were not listened by the US/UK governments, despite the highest level of promotion and audience given, and the observed results prove their Prize was useless and all mainstream commentators were clueless ;

4- In any case, the Nobel Memorial Prize in Economics has proven that deep reforms are required in the way laureates are chosen, at least. Given  the historic and catastrophic failure of neoliberalism and therefore the huge loss of credibility of the whole mainstream economics, this will be surely been done.
But given the very low speed of reforms by EU academies, the lock by Swedish Central Bank from one side, and the current global shift of power from the other side, we can anticipate that BRICS will announce the creation of a new "Prize in Economics funded by a BRICS organisation" and elected by the BRICS academies, before any process reform for Nobel Memorial Prize in Economics takes place. This is an anticipated consequence of both the global geopolitical dislocation and the scientific crisis in economics.

We anticipate this announcement within 4 years at the latest, depending on the number of future laureates working in universities located in BRICS countries, or eventually from non mainstream school of economics (for instance A. Fekete from NewASoE but this award alone would finalize a paradigmatic change).

The day of this announcement will be the day of the last Nobel Memorial Prize laureate in Economics.

Updated 10/14/2013:
- including results of 2013 awards ;
- My congratulations to Shiller who is pursuing a good work using data and facts about the housing market., although I did not agree with his sale of the rights to build the Case-Shiller index to a private company.


References

2013/05/11

Bernard Stiegler et l'anticipation politique

Bernard Stiegler est très certainement l'un des intellectuels les plus marquants dans le monde depuis les années 90. 
  • D'abord par son parcours et son entrée dans la philosophie particulièrement révélateurs de la naissance et du développement d'une pensée originale et fertile; 
  • Mais aussi et surtout parce que son oeuvre philosophique s'attaque à une question fondamentale mais jamais posée auparavant: comment préserver les systèmes sociaux de leur destruction par le système technique? Stiegler propose une approche  de la conception intégrée de l'homme et de la technique, qui impose donc l'indispensable création et développement de nouvelles disciplines de l'esprit, qu'il désigne comme des thérapeutiques (et pas seulement éthique) d'emploi de la pharmacopée constituée par l'ensemble des techniques (Stiegler utilise le terme de pharmacologie). Je vous recommande vivement de lire à ce sujet l'essai "Etats de choc - Bêtise et savoir au XXIème siècle", paru aux Editions Mille et Une Nuits, février 2012;
    • Mais encore par son approche collaborative et transdisciplinaire, et parce qu'il s'intéresse à la question de la transindividuation, qui est l'enjeu de toute la démarche, en associant logiquement le volet de la technique aux volets psycho-sociaux. Il forme donc une proposition féconde pour caractériser ce que j'appelle l'état de conscience sociale. 
    Lorsque les techniques ou technologies sont mises au service de la prolétarisation et de la désindividuation, elles provoquent des court-circuits dans la transindividuation, elles délient les individus psychiques des circuits longs d’individuation, elles le rabattent sur un plan de subsistance en les coupant des plans de consistance. L’hypomnèse devient alors toxique.
    • Et enfin parce que son action et sa réflection s'inscrivent de plus en plus dans une dimension politique, et pas seulement dans la perspective purement académique de créer une nouvelle école de pensée. Outre l'ambition légitime de refonder l'Université, il faut souligner aussi sa dénonciation de la dynamique néo-conservative, comment en témoigne son tout dernier ouvrage sur la "Pharmacologie du Front National".
    On lira ainsi avec intérêt un récent entretien publié par Politico, et sur lequel contenu nous partageons la même analyse... jusqu'à sa réponse à la dernière question posée, concernant les élections de 2017.

    Ici, il nous semble pour notre part que la réflexion de Bernard Stiegler se fait prendre de vitesse, et qu'il tombe dans un piège, victime d'un manque de méthode: si sa pensée a su développer une bonne analyse des conditions de développement passées du Front National, il prend un raccourci soudain pour exprimer non plus une analyse mais une simple conviction personnelle sur la situation en 2017, avec une assurance certaine. Ces propos sont aussi présents dans "Pharmacologie du Front National", et font l'objet d'un débat animé par Médiapart le 5 Avril avec l'auteur.

    Il nous semble que Stiegler a ici ignoré les conditions de formation d'une bonne anticipation politique, et de la nouvelle discipline d'esprit qu'elle nécessite. Il tombe donc dans le piège de l'interprétation personnelle des sophistes dénoncée par Platon, et participe alors ponctuellement, même si c'est de bonne foi, à la constitution d'une rétention tertiaire qui rajoute à la confusion généralisée.

    Plus généralement, toute la construction de Stiegler sur le système psycho-socio-technique et ses pharmacologies nous semble pouvoir être appliquée à l'objet de l'anticipation, et à ses diverses techniques. La méthode d'anticipation politique nous semble alors être une thérapeutique adéquate, et notamment parce qu'elle prend en compte par construction les phénomènes liés à la transindividuation, qui deviennent dominants dans l'évaluation d'une dynamique politique.

    Rappelons pour conclure que la situation politique en France en 2017 sera nécessairement fortement influencée par la situation de la zone Euro, par l'actuelle montée en puissance de la représentativité constituée par le Parlement Européen, et que ces situations ne pourront par exemple ignorer les évolutions majeures qui s'annoncent de l'autre côté de l'Atlantique, ni les sous-jacents de "l'extrême-droitisation de la société" (selon l'expression de Stiegler) que j'aborde. Tous ces facteurs ne sont pas analysés par Stiegler (ni par Todd, mais ce n'est pas une surprise; on remarquera d'ailleurs que ce dernier lors du débat sur Mediapart "anticipe une crise systémique globale", qui est littéralement le concept formé dès 2006 par le L.E.A.P. et vérifié depuis avec un succès certain; mais Todd l'eurosceptique, ne partageant pas du tout le même avis sur l'euro qui devait disparaître selon lui en 2012 -et chaque année depuis 1999 si on reprend ses interviews- ne pouvait citer le L.E.A.P. comme origine de son inspiration).

    2013/01/25

    La crise écologique globale exige une refonte du système monétaire international

     J’ai commencé depuis quelques semaines à rédiger un essai sous licence CC qui exposait les premiers résultats de l’approche transdisciplinaire que j’ai menée. Sa raison d’être est de contribuer aux réponses à la crise écologique globale. Comme je l’ai écrit en 2010 (ainsi que Dupré et Griffon en 2008), la crise systémique actuelle n’est qu’un des symptômes de cette crise ultime. J’écris ultime à dessein : cette crise sera dépassée ou renverra l’humanité dans un tel état de délabrement que toute ambition de libération de l’homme sera définitivement évanouie, tout comme sa propre humanité. En effet, pour résumer la situation en quelques mots simples : les études les plus poussées ont montré que notre planète ne pourra tout simplement pas nourrir et abreuver la population mondiale prévue en 2050, et pour certaines régions du monde dès 2030, dans les conditions actuelles des relations internationales. Les pertes humaines d’une nouvelle guerre comme celle de 1939-1945 (65 millions de victimes) ne changeraient rien à la situation globale. C’est une limite absolue induite par les répartitions dans l'espace et le temps entre la population, les moyens techniques, les ressources disponibles (matières premières et énergétiques). On consultera en priorité à ce sujet L. Brown « Plan B » plusieurs éditions ; D. Dupre, M. Griffon « La planète, ses crises et nous » 2008 ; et les références Agrimonde et MEA citées dans mes articles sur la crise écologique globale et la politique alimentaire internationale

    Les voies menant à un progrès technique décisif sont interdites : c’est la crise scientifique (cf Ref. 1). La seule voie de sortie satisfaisante pour l’humanité passe par une refondation des relations internationales. Or celles-ci sont actuellement bloquées sur son point le plus fondamental : la réforme du système monétaire international. Si cette réforme n’est pas complètement menée à bien dans les 5 ans à venir, alors les soubresauts de la crise écologique globale imposeront ensuite une adaptation de la population mondiale aux ressources disponibles, malgré les naissances. Cela veut dire au final des centaines de millions de morts non naturelles, davantage encore tant que l’énergie disponible par habitant diminuera par épuisement, et un contrôle draconien des naissances dans les pays qui pourront l’organiser. Moins de rendement agricole, moins d’eau pour les cultures, moins de possibilités d’innovation technique et davantage de migrations incontrôlées des populations. Ce déclin de civilisation face à une crise écologique a déjà été historiquement analysé de manière très fouillée (cf J. Diamond, « Collapse », 2005). Nous connaissons donc toutes les terribles conséquences, étape par étape de cette voie d’un déclin par paliers brutaux. 

    Il faut rajouter à ces facteurs celui d’une catastrophe écologique. L’étude de référence Millenium Ecosystem Assessment de l’ONU qui a rassemblé 1300 experts de 95 pays s’est aussi intéressée aux effets des futures catastrophes écologiques (Breakdown in Ecosystem Services). Un des 4 scénarios investigués (Order From Strength) indique une probabilité de 70% pour la survenue d’un accident écologique soudain et catastrophique qui toucherait 1 million de personnes, 40% de probabilité pour 10 millions de victimes, et 10% de probabilité pour 100 millions de victimes (MEA “Ecosystems and Human Well-Being”, volume 2 Scenarios, p.139). Un exemple de ce type de catastrophe serait par exemple la fusion d’un cœur de réacteur de centrale nucléaire, suivie d’un accident de criticité au sein du corium fondu, et d’une dernière explosion qui diffuserait dans l’environnement notamment des dizaines de kilos de plutonium produit lors du fonctionnement normal du réacteur, parmi les substances les plus toxiques. 

    Comment imaginer un instant que notre sens de l’humanité, notre nature, resterait intact au travers d’un tel déclin qui déclencherait les pires instincts, même pour les populations des rares pays épargnés? Aucune nation ne peut espérer s’enfermer dans une forteresse et oublier que le reste du monde s’entretue. Ce futur, celui de nos enfants, se détermine de nos jours. Nous savons donc que c’est notre responsabilité dès aujourd’hui. Nous avons déjà argumenté que ne pas agir revient à faire un choix, négatif. Il n’existe pas de position neutre ou en retrait sur les décisions vis-à-vis de notre devenir collectif. Il ne s’agit pas pour autant de dire que « Soit vous faites partie de la solution, soit vous faites partie des freins ». Nous aurons l’occasion d’y revenir dans une prochaine analyse sociologique, plus fine. 

    La voie recommandée par de nombreux auteurs ces dernières années (J. Diamond « Collapse » 2005 ; J. Rifkin « Une nouvelle conscience pour un monde en crise » 2010 ; F. Lenoir « La guérison du monde » 2012 ; J. de Rosnay « Surfer la vie » 2012) se limite à proposer de changer soi-même avant tout. Je pense qu’il faut y voir deux moments bien distincts: celui où la volonté de changer spirituellement se manifeste par un désir d’ouverture, par une recherche de supplément de concepts non formés (le terreau dont je parlais dans l'article pour les découvreurs) ; et celui de la création d’idées fécondes, d’un nouveau paradigme, ce qui est d’une toute autre teneur. Une nouvelle conscience est un préalable, mais ce n’est pas une solution. 

    Seuls de rares auteurs ont tenté d’aller plus loin dans les propositions de solution : L. Brown « Plan B » plusieurs éditions; D. Dupré, M. Griffon « La planète, ses crises et nous » 2008 ; J. Rifkin « La troisième révolution industrielle » 2011 ; et dans la mesure de scénarios contrastés limités aux ressources agricoles, l’étude Agrimonde de 2010. Examinons les.

    L’étude Agrimonde a produit sur cette base deux scénarios agricoles et alimentaires normatifs, visant à nourrir la planète de manière soutenable en 2050. Le scénario de rupture AG1 est basé sur des conditions beaucoup plus proches de la réalité actuelle, notamment sur l’évolution des rendements et des surfaces agricoles. L’une des conclusions principales est qu’AG1 nécessite impérativement une coopération internationale accrue sur les échanges de produits agricoles et la régulation de ce marché. Cette hypothèse est aussi centrale dans les solutions esquissées par Brown, Dupré et Griffon. Mais elle n’est pas conforme au constat de dislocation géopolitique mondiale que l’on a anticipé à la suite des travaux précurseurs du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, et que tout le monde constate aujourd’hui comme une des conséquences historiques de la crise systémique globale. Cette coopération internationale, tout comme le régime de garantie des droits afférents sont majoritairement portés au niveau des institutions internationales. Or " la garantie des droits interroge la nature et la légitimité des pouvoirs " (G. Massiah « Une stratégie altermondialiste », 2011). La dislocation géopolitique mondiale qui est en cours affaiblit les instances onusiennes. Elles sont le plus souvent impuissantes à garantir les droits, au bénéfice de la loi du plus fort et des justices à deux vitesses. L’inégalité de l’accès au droit s’aggrave. 

    Les dernières pistes proposées par Rifkin (2011) prennent bien en compte cette continentalisation, pour reprendre un terme né en Europe qu’il utilise dans son dernier livre, par opposition à la mondialisation. Il estime aussi nécessaire de « mettre Adam Smith à la retraite », et identifie donc ce volet de la crise scientifique actuelle. Il propose également des solutions de production « latérale » d’énergie, par les citoyens.

    A ma connaissance on ne connait pas encore de solution industrielle pour la pile à combustible, ou encore  le stockage prolongé et sécurisé de l'hydrogène dans les matériaux, c'est une barrière forte (bien que l'européen Mc Phy Energy s'attaque sérieusement à ce sujet). Pour le solaire photovoltaïque dispersé sur chaque maison: quel est le coût écologique de fabrication, de distribution et de recyclage des équipements individuels, et leur efficacité? Rifkin n'apporte pas à ce stade de démonstration que ce modèle latéral est la solution la plus viable pour la transition énergétique. Sa vision concernant l'effet latéral est intéressante, mais appliquée à la production et distribution d'énergie est-ce le bon paradigme ? Je ne le vois pas argumenter sur ce point qui est crucial. Pour séduisante qu’elle soit, rien ne prouve que l’énergie totale produite par ces générateurs suffise pour la planète en 2050. Créer de toutes pièces une nouvelle filière énergétique suffisamment efficace, maîtrisée et durable requiert sans nul doute une nouvelle percée en physique fondamentale ; c’est ici que nous sommes confrontés au blocage par cet autre volet de la crise scientifique.

    D'autres modèles de production un peu plus centralisés (municipaux par exemple) mais sans nucléaire sont tout à fait possibles à plus ou moins long terme suivant leur maturité, et certaines réalisables immédiatement: les générateurs de vapeur solaires utilisant la technologie de solaire thermique à concentration par exemple, qui bénéficient d'effet d'échelle qui rendent la solution économiquement très intéressante, ou bien les générateurs/récupérateurs d’énergie à zéolithes (système de combustion CREDO par exemple).

    Il nous paraît opportun de citer les dispositifs électrochimiques utilisant  les réactions nucléaires à faible énergie (LENR - par exemple le réacteur de Piantelli) dont l'enseignement est présent depuis 2012 à l'université MIT (videos) et fait l'objet de réguliers congrès scientifiques internationaux (vidéos du dernier congrès en Corée sous l'égide de l'initiative Energy, Environment, Water, and Sustainability, vidéos du colloque au CERN en mars 2012), ou le CIHT de l'américain BlackLightPower. Ces derniers bien que séduisants sont des solutions très lentes à maturer :
    • dans la communauté académique - qui a créé son propre lieu de débat (ou bien ici), 
    • dans les médias dominants, y compris les journaux de vulgarisation - pour lesquels la "fusion froide" reste sauf exception un tabou, 
    • et à développer à l'échelle industrielle : l'article précurseur de Fleischman et Pons date par exemple de 1989, et Fleischman est décédé en août 2012.

    Enfin, Rifkin se limite à envisager des solutions d'auto-suffisance énergétique par continent. Mettre en place un nouveau système économique autarcique continentalisé ne prend son sens que quand on résout comment le système fonctionne à ses interfaces entre les zones économiques et monétaires: bref, supporter la continentalisation va de pair avec une refonte du système monétaire international puisque c’est lui la clé de voûte des échanges. Cette pièce manque. 

    Que l’on ne s’y trompe pas : les propositions de Rifkin peuvent fort bien servir de locomotive à des décideurs qui veulent aller de l’avant, et produire un effet d’entraînement. Leur valeur est déjà immense rien qu’en cela. Mon propos est d’en montrer certaines limites et comment envisager de les dépasser. 

    Si la « croissance verte » est un simulacre d’idée pour la résolution de la crise écologique globale, la proposition de retour à la spiritualité est un constat d’absence d’idées : c’est un ensemble de concepts non formés, un préalable. C’est à ce vide que je me suis attaqué. Cependant, je me suis lancé dans ce projet d’essai tout en sondant la réceptivité de ma sphère sociale sur ces orientations. En réponse, je dois rester lucide et tenir compte du constat que le moment n’est pas encore arrivé pour l’accueil de ces idées de nouvelle conception des relations internationales, orientées en priorité autour d’un objectif commun : les solutions pour résoudre les tensions actuelles associées à celles pour pouvoir s’engager ensuite dans la résolution de la crise écologique globale. Cette double projection, le long terme donnant davantage de sens au moyen terme et donc aux priorités stratégiques des agendas, ne rencontre pas l’écho suffisant. Le terrain n’est hélas pas encore prêt. 

    Pour être plus en accord avec la capacité de réception, je segmente donc mon projet de publication d’un essai en concentrant mon anticipation politique sur la première étape chronologique de ma feuille de route : la refonte du système monétaire international, dans la continuité d’une partie de mes articles (cf Refs 2, 3, 4, 56). C’est le nœud gordien vers où sont actuellement dirigées toutes les attentions des décideurs, témoin en est la crise émergente au Japon. C’est le cadre de mon prochain article à paraître en mars, avec en perspective les inévitables conséquences sur les USA, un prolongement qui n’apparaît pas encore à l’esprit des analystes (cf Ref 7).

    MAJ le 28/01 :
    Ajout dans l'article de compléments sur les nouveaux dispositifs de production d'énergie les plus porteurs du mouvement "free energy", dont les multiples lieux de débat se développent justement en réaction à la crise scientifique dans le milieu académique. Dans les multiples initiatives proposées par ce mouvement il faut trier soi-même les bons concepts des approches plus farfelues, mais cela fait partie du débat et de l'appropriation collective.

    MAJ le 31/01 :

    MAJ le 03/06 :
    J'ai contribué les 23 et 24 mai au 4ème séminaire Euro-BRICS organisé par le L.E.A.P./E2020 et l'Université MGIMO de Moscou, qui a réunit des participants de haut niveau des pays ou organisations suivants: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, zone euro (France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Belgique), Commission Européenne.
    Mon intervention s'intitulait "Vers un système monétaire international résilient aux crises systémiques", et se situe dans la parfaite continuité de ce que j'expose dans cet article. Je publierai bientôt le texte de cette intervention.
    A signaler également:
    "He called on both sides to deepen cooperation in areas such as financial supervision and regulation, macro policies and improvement of capital market system, and beef up coordination and cooperation within international financial institutions including the International Monetary Fund and the World Bank, in a bid to jointly promote the establishment of a new international financial order featuring fairness, justice, inclusiveness and orderliness."