2013/04/17

La prospective n'est qu'un art, pas un outil d'aide à la décision

 Les carnets de Clarisse nous incite dans un billet récent à considérer le travail de prospective comme un art.

"La prospective est un art, et comme tout art, est subjectif. La qualité de la composition et la pertinence du sujet viennent de l’œil de celui qui regarde, et la véracité ou la justesse du résultat de son savoir-faire et de son honnêteté."

Nous ne pouvons qu'être d'accord. Mais Clarisse ne pousse pas la réflexion assez loin. Nous posons la question : la prospective ne devrait-elle être qu'un art ?

Certainement pas. En effet, indépendamment de ses conditions de création, la première utilisation qui est faite des résultats des analyses de prospectives par ses lecteurs est bien celui d'une aide à la décision sous un angle plus rationnel que la divination ou la cartomancie. L'attente est bien là, et pas dans la contemplation d'une oeuvre poétique, bien qu'elle puisse être riche de sens. Mais uniquement du sens que l'auteur a choisi d'y mettre, et du sens que le lecteur (qui est aussi "celui qui regarde") choisit de percevoir. 

Faut-il donc conclure par un constat d'échec de notre capacité humaine à mieux anticiper les bonnes décisions ? 
Non plus. Il s'agit justement de développer ce qui manque à la prospective : une méthode rationnelle qui permet de sortir du cadre subjectif de l'expression artistique, à la fois dans l'acte de création et dans celui de la diffusion/perception. Et c'est exactement ce que propose la méthode d'anticipation politique