2013/04/16

La chute du mur de Cuba

 Franck Biancheri aimait à rappeler que l'effondrement géopolitique du bloc du Pacte de Varsovie et de l'URSS en 1991 s'était traduit par trois principaux signes avant-coureurs, très visibles : 

  • affaiblissement géostratégique (bourbier de l'Afghanistan)
  • affaiblissement de la capacité économique et de production industrielle (quasi stagnation du PIB), accompagné par une part toujours croissante du complexe militaro-industriel dans le PIB et le budget
  • affaiblissement diplomatique (chute du mur de Berlin)
Le parallèle avec la situation actuelle du bloc constitué par les pays arrimés au consensus de Washington a déjà été proposé :
  • affaiblissement géostratégique des US (bourbier de l'Afghanistan, retrait d'Iraq)
  • affaiblissement de la capacité de production industrielle des US (cf graphiques), part croissante de la Défense dans le budget, multiples crises depuis 2007
Et pour le mur de Berlin, le parallèle ne pourrait-il pas être fait avec l'embargo que les USA imposent sur Cuba ? Diplomatiquement et stratégiquement, si Berlin Ouest était l'avant-poste de l'Occident au cœur de la sphère d’influence de l'URSS, Cuba peut être vu comme l'avant poste des BRICS au cœur de la sphère d’influence des US.

En tout cas, cette politique de restriction de liberté de circulation des populations (davantage que celle des marchandises), est une oppression caractéristique du monde d'avant la crise. Elle subit dernièrement des assauts diplomatiques répétés, ainsi qu'une pression citoyenne très forte : 57 % des républicains, 74 % des démocrates et 60 % des indépendants sont en faveur de son abolition. Il faudra bien que ce mur aussi cède tôt ou tard pour que cela cesse. C'est un indicateur de rupture auquel nous devons porter attention.