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2019/09/14

Les problèmatiques de la Tradition


L'article "Problemi della Tradizione" de René Guénon a été publié dans le numéro de novembre 1937 de La Vita Italiana. Il a, à nouveau, été publié dans la revue italienne Arthos (Anno II, N. 3, mai-août 1973).

Son contenu a été traduit en français et intégré par Guénon, en y ajoutant quelques développements et toutes les notes, dans le chapitre 6 ("Synthèse et syncrétisme") et le chapitre 7 ("Contre le mélange des formes traditionnelles ") des Aperçus sur l'initiation paru en 1946.

On remarque que Guénon n'a pas repris en 1946 la conclusion de son article de 1937, lequel n'a semble-t-il été publié qu'en italien. Ce qui était une alerte pour les intellectuels italiens un an avant le début de la guerre avait certainement perdu son auditoire en 1946. Je vous en livre ici une traduction rapide et certainement perfectible, parce qu'elle sonne toujours comme un besoin d'actualité à une échelle occidentale, et parce qu'il n'est jamais tout à fait trop tard pour le pélerin :
"L'ensemble des observations que nous avons faites ici ne doit pas être considéré comme purement abstrait. Si nous voulons toujours nous maintenir au niveau des principes purs, les conséquences qui peuvent en découler peuvent aussi atteindre des problèmes d'ordre concret et d'importance immédiate. Par exemple, dans une période comme celle que nous vivons, où la nécessité de dépasser tout particularisme au nom de la solidarité spirituelle devient de plus en plus urgente, parce que c'est le seul moyen de s'opposer efficacement à l'action concertée des forces de subversion et de destruction du monde, il est d'autant plus important d'étudier les conditions dans lesquelles on peut concilier différence et unité ; dans lesquelles un même esprit peut survivre derrière les différentes formes ; selon lequel la fidélité à une tradition ne constitue pas du sectarisme ni ne se traduit dans un principe de schisme ou de désorganisation. C'est pour cette raison que nous avons cru opportun d'insister, ici-même, sur quelques points fondamentaux, sans lesquels il n'est pas possible d'avoir une véritable orientation dans les mêmes problèmatiques d'organisation des forces spirituelles en lutte contre la décadence moderne."
Un exemplaire de février 1932


2019/08/29

René Guénon et la crise du monde moderne, par Jean Borella


« Une société est en crise, non quand elle connaît des tensions internes ou des agressions externes, mais lorsque les institutions et les règles qui la constituent et qui sont chargées d’assurer la vie du groupe humain représentent elles-mêmes une source de difficultés et s’opposent à la satisfaction des besoins auxquelles elles devaient répondre.
 
L‘état de crise survient pour deux raisons majeures : d’une part les principes ou valeurs qui inspirent les institutions perdent leur force et leur évidence à mesure que le temps s’écoule ; d’autre part et corrélativement, toute structure institutionnelle ou juridique tend à se durcir et à engendrer des structures chargées de remédier aux défauts des structures premières. La force propre de la loi est en effet inversement proportionnelle à la force intrinsèque du principe, c’est-à-dire à son immanence dans le cœur et l’intelligence des hommes quand ils se soumettent spontanément à la norme. Au paradis terrestre la règle ou la loi est presque inexistante et l’immanence de la norme dans l’être adamique est presque totale. Mais, par le péché originel, l’homme a perdu la grâce de cette immanence, alors la société institutionnelle devient nécessaire afin de combler la perte de cette grâce par la contrainte de l’obligation légale. Et comme la chute se continue jusqu’à épuisement des possibilités les plus inférieures de l’état terrestre, la société est forcée d’accroître les contraintes obligatoires. Les lois prolifèrent, tachant, sans y parvenir, de combler par leur démultiplication réticulaire le vide de plus en plus béant qu’engendre l’effacement des principes dans le cœur humain. Or, avec les règlements prolifèrent aussi les contradictions qu’ils soutiennent entre eux. Vient le moment où les contradictions propres au système institutionnel l’emportent sur les satisfactions qu’il devait procurer. Toute l’énergie sociale s’emploie à remédier aux défauts du système et non plus à répondre aux besoins permanents de la vie des hommes. C’est alors que la société est en crise. 

Il résulte de cette mise en place du concept de crise trois conséquences essentielles. La première est qu’une crise est toujours interne à une société donnée. Les événements extérieurs, cataclysmes et guerres, peuvent la détruire complètement, ils n’ont pas de signification pertinente relativement à l’état de crise. De dures conditions de vie peuvent même, par la simplification qu’elles imposent, favoriser la guérison d’une société malade et l’aider à retrouver le sens de l’essentiel. La deuxième conséquence est qu’une crise est aussi un jugement. C’est d’ailleurs le sens du mot Krisis en grec, qui signifie également : triage, choix, discrimination. C’est une sorte de jugement immanent : la société en crise révèle nécessairement la vérité sur elle-même. Le voile des illusions se déchire parce que le mensonge des intentions est des prétentions déclarées se révèle insoutenable. En sorte qu’il devient de plus en plus aisé d’y voir clair, si du moins on dispose de la lumière doctrinale qui permet de faire accéder la simple contradiction des faits à la vérité de l’intelligible, car le sens de l’histoire ne se donne jamais tel quel et demande toujours à être déchiffré et reconnu. Enfin, troisième et dernière conséquence, la crise, envisagée en elle-même, se produit lorsque les tensions équilibrées que la société avait établies entre ses principes inspirateurs et ses règles instituées se transforment et s’activent en conflits, comme si la dialectique du Ciel et de la Terre, de l’Amour et de la loi, de l’inspiration et de la discipline, comme si cette dialectique devenait folle : les principes ne portent plus la loi, son joug se fait plus lourd sur le front des hommes révoltés, en même temps que sa force se dilue dans la proliférations des prescriptions.

Les trois moments de la critique guénonienne du monde moderne

Chose remarquable, on constate que ces trois conséquences correspondent exactement aux trois axes de la critique guénonienne du monde moderne. Cette critique en effet, s’est exprimé essentiellement en trois ouvrages : Orient et Occident en 1924, La crise du monde moderne en 1927, Le règne de la quantité et les signes des temps en 1945. Chacun de ces ouvrages est construit sur une opposition : opposition, dans l’espace, de l’Orient et de l’Occident, opposition, dans le temps, du monde traditionnel et du monde moderne, opposition, dans l’être, de la qualité ou essence et de la quantité ou matière.

Or, l’opposition dans l’espace de l’Orient et de l’Occident a pour objet de rendre évidente la nature interne de la crise Occidentale : l’Orient vit dans l’équilibre et l’harmonie des principes régissant immémorialement la vie humaine. Tout y est en ordre parce que chacun occupe la place à laquelle le destine sa nature. Au contraire, l’espace occidental est un espace brouillé, dérangé, désordonné. La société occidentale ne doit chercher qu’en elle-même, dans ses contradictions internes, les causes de ses difficultés. Nul danger extérieur ne la menace. L’espace oriental ignore l’espace occidental et c’est plutôt l’Orient qui doit craindre de voir son propre espace tout entier envahi par l’Occident.

Le deuxième ouvrage, La crise du monde moderne, bâti sur l’opposition temporelle entre un passé traditionnel et une modernité antitraditionnelle correspond à notre deuxième conséquence : toute crise est un jugement, elle est la vérité du moment cyclique qui se fait jour, celui où les tensions internes ont eu suffisamment de temps pour développer entièrement leur nature de contradictions potentielles et la rendre effective. Or, comment ce passage de la tension à la contradiction est-il possible, sinon par l’apparition d’un déséquilibre entre les tendances dont les oppositions s’annulaient dans l’unité synthétique d’un équilibre ?

L’édifice social ne peut alors que s’écrouler, de même que s’écroule la voûte de l’église, si la poussée qu’exerce l’une des moitiés de l’arcature l’emporte sur l’autre. Cette image est d’autant plus exacte que le déroulement du temps s’effectue comme le parcours d’un cycle dont l’origine se situe dans le principe divin et dont le mouvement consiste au fond à épuiser successivement toutes les possibilités d’éloignement à l’égard de ce principe. Il arrive donc un moment où la force sattvique d’attraction que le Principe exerce sur les réalités manifestées cesse progressivement de prévaloir sur la force tamasique d’éloignement, ces deux forces agissant en sens contraire sur le diamètre rajasique de la roue cosmique afin de la faire tourner. Alors son mouvement s’accélère de plus en plus, la forme sattvique freinant de moins en moins l’attraction vers le bas. Mais, bien évidemment, la roue cosmique s’immobilise lorsque sattva devient nul. Tel est le schéma général de la doctrine cyclique que Guénon expose précisément au 1er chapitre de La crise du monde moderne, chapitre intitulé d’ailleurs l’Age sombre, c’est-à-dire, en sanskrit, l’Age kali. À la vérité, le mot kali signifie bien la couleur sombre ou noire, lorsqu’il est écrit avec un a long. Mais, dans l’expression kâli-yuga, on le trouve le plus souvent écrit avec un a court, et il signifie alors « l’âge des conflits », époque où toutes les contradictions s’avivent et deviennent destructives, ce qui répond très exactement à la deuxième conclusion de notre analyse initiale.

Avec Le règne de la quantité et les signes des temps, ce qui était un schéma cyclique général, donc envisagé, selon la dimension temporelle, est maintenant considéré du point de vue des principes cosmologiques qui régissent notre monde et tout ce qu’il contient. Tout se passe comme si les deux descriptions précédentes selon l’espace et selon le temps se combinaient pour aboutir à une description générale, faite cette fois du point de vue de l’être, et sous l’éclairage doctrinal le plus élevé. Cet éclairage est celui que fournit la dialectique du pôle essentiel et du pôle substantiel de la Manifestation universelle, et plus particulièrement de la forme et de la matière, ou de la qualité et de la quantité, qui en sont l’expression au niveau humain. Cette dialectique concerne tous les êtres, toutes les productions de ce monde et toutes les formes que peuvent revêtir les activités des hommes. C’est ici, croyons-nous, que Guénon a donné la mesure de son génie. Les deux ouvrages précédents, principalement le second, justement célèbre, renferment des analyses rigoureuses et convaincantes. Mais, d’une certaine manière ils ne sont pas sans analogue dans la littérature de l’époque. Si Guénon publie La crise du monde moderne en 1927, c’est en 1928 que Freud écrit Malaise dans la civilisation, en 1931 que Valéry publie Regards sur le monde actuel et Bernanos La grande peur des biens-pensants, enfin en 1935 que Husserl publie La crise des sciences européennes, pour ne citer que quelque uns des ouvrages où s’exprime la conscience vive d’une impasse pour toute la civilisation occidentale. Certaines de ces études ne sont pas sans mérite, bien que la manière dont Guénon traite son sujet dans ses deux premiers livres l’emporte déjà par sa rigueur intransigeante, par sa maîtrise intellectuelle et une puissance synthétique peu commune. Mais dans le troisième, il offre à son lecteur des aperçus sur le temps, sur l’espace, les métiers, la monnaie, la solidification du cosmos physique, les modes idéologiques, etc., qu’à notre connaissance on ne rencontre nulle part ailleurs. Ce livre est vraiment le couronnement de son œuvre critique.

Signification et fonction de la critique de Guénon

Après avoir mis en place le concept de crise, nous avons rappelé les trois moments essentiels de la description qu’en a donnée Guénon relativement au monde moderne, nous efforçant d’en rendre la cohérence manifeste. Mais cette critique n’est pas de l’art pour l’art, ou de la science pour la science. Si magistral et si impressionnant qu’en soit le tableau, il a une signification et une fonction bien précises sur lesquelles il convient maintenant de nous interroger. Au demeurant, quel intérêt y aurait-il à répéter les analyses guénoniennes ? Elles sont connues et l’on ne peut qu’inviter à s’y reporter. Si notre propre discours a un sens, ce ne peut être que dans la mesure où il se demande ce que peuvent être la signification et la fonction d’une critique de la société actuelle. Demande plus difficile qu’il n’y paraît et que la seule théorie est sans doute impuissante à satisfaire.

La première réponse qu’on puisse apporter à la question posée, c’est que la critique de Guénon est un combat. Le Sheykh Abd El-Wahid n’est pas un sociologue s’abandonnant aux charmes de ses constructions théoriques, c’est un pourfendeur d’idoles. Le but poursuivi n’est pas mince et il est d’ailleurs avoué : il s’agit de faire disparaître le monde moderne. Il écrit, dans les dernières pages de son deuxième livre, cette phrase extraordinaire : « si tous les hommes comprenaient ce qu’est le monde moderne, celui-ci cesserait d’exister ». Et certes l’auteur ne poursuit d’autre fin que de nous amener à cette compréhension. À cet égard, la dernière phrase du livre résume tout son contenu en même temps qu’elle assigne au lecteur de bonne volonté la tâche qui désormais lui incombe et l’espérance qui l’anime ; il s’agit de l’antique devise initiatique : « Vincit Omnia Veritas ». Devise qui convient d’abord à un ordre de chevalerie. La vérité, ici, n’est pas envisagée comme le repos de l’intelligence dans la paix de l’être, mais comme une arme, et même comme la seule arme victorieuse.

Il semble que cette partie de l’œuvre guénonienne ait fait l’unanimité. Même ceux qui refusent la doctrine métaphysique ou les thèses sur la Tradition primordiale reconnaissent volontiers que ce combat, Guénon le mena de main de maître. Aussi bien y-a-t-il toujours quelque chose de réjouissant dans un jeu de massacre : les idoles ne sont vraiment plaisantes que renversées. Toutefois, et plus particulièrement sur ceux qui ont adhéré véritablement à l’œuvre de l’iconclaste, l’effet d’une telle critique n’est probablement pas sans danger. L’unanimité des adhésions repose peut-être ici sur quelques malentendu. C’est ce que nous devons examiner, du double point de vue, objectif et subjectif, et, bien entendu, sans récuser la nécessité et la salubrité d’une telle critique, car, sur qui l’a comprise, les prestiges de la modernité sont sans pouvoir.

Du point de vue objectif, il s’agit de savoir si les discriminations ou les oppositions radicales que formulent Guénon répondent toujours à la nature des choses. Assurément, une certaine simplification est inévitable en la matière, surtout au regard de l’importance de l’enjeu. Mais il ne faut pas non plus tuer le patient à force de remède. Ainsi de l’opposition à peu près absolue que Guénon établit entre l’Orient et l’Occident. Sans mettre en question la supériorité intrinsèque de la contemplativité orientale, il est permis cependant d’observer que l’Orient comporte aussi ses imperfections et ses manques, et nous n’en citerons qu’un seul exemple, exemple qu’aucun guénonien ne saurait contester : c’est un fait que la quasi-totalité des hindous croit, dur comme fer, à la réincarnation, qui est, pour Guénon, une hérésie métaphysique ; c’est un autre fait que la quasi-totalité des chrétiens n’y croit pas, et donc que sur ce point ils se situent à un niveau doctrinal supérieur à celui des orientaux. D’une manière générale , on a l’impression que, dans cette comparaison entre l’Orient et l’Occident, tous les orientaux sont de purs shankariens, adeptes du Vedânta le plus élevé, tandis que les occidentaux se situent, dans l’ensemble, au niveau de l’exotérisme le plus obtus, et, dans le meilleur des cas, au niveau le plus irrémédiablement onto-théologique. C’est évidemment insoutenable. Le Vedânta shankarien n’est que l’une des cinq écoles que l’on distingue traditionnellement dans l’interprétation du Védânta. Et le courant néo-platonicien, d’Origène, de S. Augustin, de S. Denys l’Aéropagite à S. Anselme, S. Albert le Grand, Maître Eckhart, Thomas Gallus, Nicolas de Cues et même S. Thomas d’Aquin, a illuminé beaucoup d’esprits.

En outre, dès lors que cette critique et ce rejet de l’Occident s’adressent à des occidentaux, ne risquent-ils pas de les désespérer sur eux-mêmes et sur les possibilités que leur offre leur propre tradition ? Guénon ne tire-t-il pas d’une main ce qu’il donne de l’autre ? Nous voici conduit par là au deuxième point que nous voulions examiner.

Il s’agit d’apprécier les effets subjectifs qu’une telle critique ne peut manquer d’avoir sur ceux qui en prennent connaissance. Assurément, nous l’avons dit, elle est en mesure de libérer nos intelligences et de les guérir. Mais, il faut bien l’admettre, elle place aussi son lecteur dans une situation quelque peu étrange, ce qui, du reste, ne tient nullement à Guénon lui-même, mais à la nature de toute critique de la modernité, et ce dont il convient de prendre conscience.

Toute critique est un savoir de l’illusion. Mais le savoir de l’illusion n’équivaut pas à sa disparition. Certes, le monde moderne disparaîtrait si tous les hommes en apercevaient la vraie nature. Mais cette supposition ne se réalisera pas. Seul, un petit nombre d’esprits entreront dans cette connaissance. Et c’est justement pourquoi cette connaissance est aussi redoutable que salvatrice. Entrer en possession de la vérité, fût-ce dans un domaine aussi contingent que les erreurs de la modernité est un bien inestimable. Mais le monde dont on est alors irrémédiablement et définitivement séparé, continue d’être ce qu’il était. Le regard que nous jetons sur lui ne le réduit pas en cendres. Les idoles semblent se rire de nos lucidités. Grande est la force du présent, inlassablement attestée à chaque minute de notre vie, alors que s’effacent l’un après l’autre, les signes du Transcendant dont la Tradition nous avait miséricordieusement entourés.

Nous introduire dans le savoir du Kâli-yuga, c’est assurément nous protéger, mais au moyen d’une clôture invisible et immatérielle. C’est en nous-mêmes qu’elle est dressée, tandis que notre vie quotidienne et extérieure continue de se dérouler au milieu des impies. 

Du bon usage spirituel de la critique guénonienne

On voit bien que le savoir de la modernité, comme tout savoir authentique mais théorique, ne déchire le voile de Mâyâ qu’au regard de l’esprit. Et peut-être n’a-t-on pas suffisamment remarquer l’analogie profonde qui unit la voie de la discrimination métaphysique entre le Réel et l’illusoire, et la voie de la critique de la modernité qui délivre l’esprit des erreurs de l’actualité. Au vrai, la seconde n’est que le prolongement de la première, ou plutôt elle n’en est qu’une application rendue nécessaire par le malheur des temps. Telle est la vraie signification de cette critique qui se présente comme le premier moment d’un jnäna-yoga dont les siècles anciens n’avaient sans aucun doute aucun besoin.

Mais alors il en résulte qu’elle ne saurait avoir sa fin en elle-même. Hélas, c’est pourtant ce que nous sommes presque invinciblement entraînés à oublier, d’une part parce que l’effort requis pour une telle prise de conscience est déjà considérable, et d’autre part , parce que la lucidité conquise nous installe dans une situation de supériorité à l’égard de tous les aveugles subjugués par le Baal Modernité ; elle nous offre même la satisfaction suprême de pouvoir nous considérer légitimement comme des martyrs de la cause traditionnelle. Et de cela, nous n’avons que trop tendance à nous suffire dans la colère et l’amertume cent fois remâchées. Nous ayant éveillés à la conscience de la misérable indigence du temps présent, la critique guénonienne nous permet de mesurer, à la petitesse de ce qui nous reste, la grandeur de ce que nous avons perdu. Et cette conscience est déjà, par elle-même, un tel prodige, qu’elle peut combler notre besoin de vérité. D’autant que la modernité n’est pas avare de décadence, ravivant constamment notre sens critique, provoquant à plaisir notre bile prophétique et nous conduisant peu à peu à perdre de vue l’essentiel. Quand, dans la paix d’une civilisation traditionnelle, un homme entreprend le voyage de l’Esprit, et qu’il cherche à se déprendre de l’illusion d’un monde qui se donne pour la seule réalité, ce qui demeure une fois traversé le voile de Mâyâ, c’est Atma, le Soi divin.

Lorsque l’homme d’aujourd’hui entre dans la connaissance du monde moderne, ce qui reste, quand il a traversé l’illusion de la modernité, c’est encore le monde. Et trop souvent, oubliant que le voyage n’est même pas commencé, et qu’il faut laisser les morts enterrer les morts, nous retournons vers cette modernité que nous venons de quitter pour l’accuser encore. Craignons alors, comme la femme de Lot fascinée par Sodome et Gomorrhe sous le soufre et le feu, d’être pétrifiés en statue de sel.

On le voit, le bon usage d’une critique de la modernité est moins évident qu’il n’y paraît. Pour nous en avertir, il suffit du reste de rappeler cette étonnante parole du Prophète Muhammad : « N’insultez pas au siècle , car le siècle lui-même est Dieu ». Autrement dit, ce qui nous est demandé, c’est un effort de discrimination objective et subjective : rejeter l’erreur sans haïr les hommes. Ce monde dont nous refusons les mensonges et les impostures, implacablement, c’est aussi le nôtre, c’est le temps de notre vie, celui que Dieu nous a donné pour notre bonheur et notre sanctification.

Il nous faut donc, pour conclure, intégrer la critique de la modernité dans la voie spirituelle et tenter de définir ce que pourrait être une spiritualité de la critique. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible d’échapper à l’illusoire suffisance d‘une critique de l’illusion.

Le premier point qu’il faut souligner, c’est que le combat mené est celui de la vérité. Si, par son premier terme, la devise que Guénon nous a conférée réfère à la chevalerie, par son dernier terme, veritas, elle référe au sacerdoce. Si la vérité vainc tout, ce n’est pas qu’elle soit plus forte, c’est qu’elle dépasse toute opposition et tout plan d’existence. Elle les dépasse sans avoir d’effort à fournir, par elle-même et la simple réalité de son essence. C’est nous, serviteurs inutiles de la vérité, qui combattons. La vérité ne combat [pas], elle est la victoire. Et c’est pourquoi aussi la critique guénonienne ne ressemble à aucune autre. On pourrait objecter, en effet, que dans un monde en crise, donc en conflit, cette œuvre n’est elle-même que l’une des forces en présence et donc quelle accroît le désordre. Mais cela n’est pas, car elle ne situe pas sur le plan même où s’affrontent les combattants, mais perpendiculairement, comme l’éclair jaillissant du Ciel. Et sans doute est-ce cela que la doctrine évolienne n’a pas compris. Nous n’avons aucun tigre à chevaucher. Nous n’avons pas à descendre dans l’arène, et ne serait-ce que pour la simple raison que, de toutes manières, nous y sommes déjà. Bref, Guénon ne nous enrôle sous aucune bannière. Mais nous avons d’abord et avant tout à faire exister la vérité en nous-mêmes, dans notre intelligence. Le combat que nous menons est contre nos propres ténèbres. Par le simple fait que la lumière se fait dans un esprit, le monde moderne tout entier vacille.

Le deuxième point est que la critique de la modernité nous instaure prophètes du présent. La lumière que nous recevons par elle et sous laquelle seule les figures de la modernité se révèlent pour ce qu’elles sont, nous situe d’emblée dans l’axe de l’origine. Elle nous ramène spéculativement à l’aube du temps, là où repose la vérité de l’être.

Contemporains, par la connaissance, du commencement éternel, établis dans l’invariable permanence du Principe, nous contemplons en même temps le déroulement du cycle dans l’épuisement de ses dernières possibilités. Du même coup nous sommes libérés des surprises du vivace aujourd’hui. Par une conséquence qui n’est paradoxale qu’en apparence, d’apercevoir le surgissement du présent dans la lumière intemporelle de l’origine, nous le rend intelligible et familier, parce que nous en comprenons le sens et la raison d’être. Notre refus de la modernité ne résulte ni de la haine ni de l’ignorance

Mais le troisième point est le plus secret et le plus intérieur. Toute voie spirituelle est retour à l‘Origine, remontée du temps, réminiscence, au cœur même du devenir dont nous sommes le fruit, de l’acte créateur par lequel Dieu nous enfante. C’est à quoi nous initie la critique de la modernité en opérant la conversion de toute notre âme, en rééduquant en nous un esprit, une sensibilité, une mémoire, un sens du réel et de la beauté à nous-mêmes ignoré, en désenfouissant l’homme nouveau hors des sédiments du présent, en nous offrant le pressentiment de l’homme verdoyant dans sa grâce originelle.

La critique que Guénon a faite de la modernité est elle-même un signe des temps. Sa vérité est telle qu’elle a rompu, pour beaucoup de ses lecteurs, les charmes les plus puissants des idoles quotidiennes. Mais si nous voulons qu’elle soit autre chose qu’une idéologie de rejet face aux idéologies d’acquiescement, autre chose qu’une amertume lucide au milieu des enivrements ténébreux, nous devons la laisser nous enseigner sa vérité profonde qui est de nous restituer à notre enfance la plus transcendante. »

[Texte de Jean Borella publié in Connaissance des religions, vol. V, numéro 1, juin 1989 sous le titre "René Guénon et la crise du monde moderne".]
 

2019/03/24

der Schlüssel zur modernen Geschichte


Diablerie de foule


Diese Broschüre von Pierre-Yves Lenoble gibt einen Teil des Schlüssels zur modernen Geschichte wieder, basierend auf sehr relevanten Zitaten, von denen ich fünf hier wiederhole. Gestatten Sie mir, diesen Schlüssel so weit wie möglich zu vervollständigen, d.h. mit neuen Referenzen und Links zu Hintergrundartikeln zu jedem wichtigen Punkt.

« Seit dem Ende des letzten Weltkriegs ist eine neue Form des Krieges entstanden. Manchmal als subversiver Krieg oder revolutionärer Krieg bezeichnet, unterscheidet er sich wesentlich von den Kriegen der Vergangenheit, da der Sieg nicht nur durch den Zusammenstoß zweier Armeen auf einem Schlachtfeld erwartet wird. Dieser Schock, der einst dazu diente, eine feindliche Armee in einem oder mehreren Schlachten zu zerstören, tritt nicht mehr auf. Der Krieg ist heute eine Reihe von Aktionen aller Art (politisch, sozial, wirtschaftlich, psychologisch, militärisch usw.), die darauf abzielen, die in einem Land etablierte Macht zu stürzen und durch ein anderes Regime zu ersetzen. Um dies zu erreichen, versucht der Angreifer, die inneren Spannungen des angegriffenen Landes, die politischen, ideologischen, sozialen, religiösen, sozialen und wirtschaftlichen Gegensätze, zu nutzen, die wahrscheinlich einen tiefgreifenden Einfluss auf die zu besiegende Bevölkerung haben. »
(Roger Trinquier, La guerre moderne, Ed. La table ronde, 1961, S. 15)


« Heute erobern wir nicht mehr den Boden, um Männer zu haben, wir erobern Seelen, wir erobern die Psyche. Sobald du die Psyche hast, hast du den Mann. Wenn du den Mann hast, folgt das Gelände. Der größte Trick des Teufels ist, es so aussehen zu lassen, als würde er nicht existieren. Es ist an der Zeit, das Wort "Subversion" zu verwenden. Eine gewaltige Waffe, weil sie versucht, sich nicht zu zeigen. Diese gewaltige Methode ist Teil der Infiltration eines Teils der Medien, eines Teils derjenigen, die Seelen, Herzen und Gehirne lehren, ich meine den Geistlichen, die Schule, die Universität. In der Vergangenheit war es notwendig, die Kirche und damit die Seelen zu kontrollieren, um die Macht zu haben; im 19. Jahrhundert war es Bildung und damit Gehirn. Heute ist es der audiovisuelle Sektor, der vorherrscht, und die Universität. Im Westen lernen wir nicht mehr, wie in den Ländern des Ostens, die Liebe zur Heimat, zur Arbeit, sondern Laxheit, Disziplinlosigkeit, Respektlosigkeit gegenüber alten Tugenden, die Suche nach künstlichen Paradiesen. Mit einem Wort, was ich "die umgekehrte Reihenfolge" nenne. »
(Alexandre de Marenches, Dans le secret of Princes, Ed. Stock, 1986, S. 376-377)


« Die Französische Revolution war die erste Revolution der bürgerlichen und bürgerlichen Mittelschicht, des so genannten Dritten Staates in der Geschichte.
Die Pariser Kommune sollte die erste Revolution der proletarischen Klasse sein, die bis dahin relativ im Schatten stand. Es war die erste Erkenntnis in der Geschichte - noch immer flüchtig und hastig erstickt - der Diktatur des Proletariats, einer bisher unveröffentlichten Form der Subversion.
Es war die erste Gründung des Vierten Staates, was eine Verbesserung gegenüber allem, was ihm vorausgegangen war, war. Als solches markierte es ein Datum in der Entwicklung der Prozesse, die vom Geist der Revolte verwendet wurden. Alle Pontifex der zeitgenössischen Subversion, der sogenannten sozialistischen und kommunistischen Phase, erklärten sie einstimmig. Die größten an der Spitze, Marx und Lenin, lehnten demonstrativ jede Bindung an die bürgerlichen, republikanischen und demokratischen Revolutionen der Art 1789 und 1848 ab. Sie sahen es als ein Mittel, eine Route, nicht als Ziel. Alle verkündeten ihre direkte Verbundenheit mit der Pariser Kommune, auch wenn sie den Mangel an technischer Vorbereitung kritisierten.
Alle von ihnen verbeugen sich ausnahmslos vor ihm, als wäre er eine Art Führer und widmen ihm viele Reden, Broschüren und Bücher. Es war das erste Glockenläuten dessen, was die bolschewistische Revolution sein sollte. Marx, Lenin, Trotzki, Kautsky, Lawrof und viele andere beschäftigen sich mit diesem Thema und streiten darüber.
Der große Fehler besteht darin, davon auszugehen, dass die Pariser Kommune eine spontane Bewegung war, und dieser Fehler wird bei allen Revolutionen wiederholt.
Jedes Mal gibt es Menschen, zu Hunderttausenden, naiv genug zu glauben, dass etwas von selbst getan werden kann und dass es aus der Leere herauskommen kann, ohne von jemandem getan worden zu sein. Wenn wir darüber nachdenken, ist es eine philosophische Absurdität und eine Herausforderung für den gesunden Menschenverstand. Gerade in einer Zeit, die vorgibt, wissenschaftlich zu sein, und in der wir wissen sollten, dass selbst die Prozesse, von denen wir einst dachten, dass sie automatisch und durch abstrakte Naturgesetze reguliert waren, wie die Zersetzung einer Leiche, Krankheit, Alter, so genannter natürlicher Tod, durch konkrete und lebende Substanzen, sogenannte Bazillen, Toxine, bestimmt werden, die zu diesem Zweck funktionieren. Ohne sie gäbe es keine Verwesung, kein Fieber, keine Verfall, keinen Tod, und wenn diese Mittel für uns unsichtbar sind, bedeutet das nicht, dass sie weniger real sind.
Das Gleiche gilt für die Gesellschaft, die die Menschheit im Raum ist, und für die Geschichte, die die Menschheit in der Zeit ist.
Bazillen, Toxine, in menschlicher Form, die das Auge der Generationen nicht wahrnimmt, die das Auge der Historiker ignoriert oder häufiger vorgibt zu ignorieren, - deren Existenz aber für den Bakteriologen der Gesellschaft und Geschichte kein Geheimnis ist -, verursachen Fieber, Verwesung oder Verwesung, Lähmung oder Krämpfe, Alter, Schäden und Tod.
Die Opfer glauben, dass der Prozess von selbst abläuft, nach Gesetzen, die unvermeidlich und untrennbar mit der Natur der Dinge verbunden sind, und deshalb reagieren sie nicht. Wie können wir in der Tat, ohne dumm zu sein, auf das Unvermeidliche und die Natur der Dinge reagieren?........
In der Gemeinde von 1871 gab es nicht mehr Spontaneität als in den Jahren 1789, 1793, 1848, 1848, 1848, 1905 oder 1917 und nicht mehr bei den Unruhen in China, Hindu, Sudan, Syrien, der Türkei, Marokko und Afghanistan. Auch in allen Streiks unserer Zeit gibt es keine mehr. Dennoch ist es richtig, dass, wie im tierischen Organismus, damit Bazillen und Toxine ihre tödliche Wirkung wirksam entfalten können, dieser Organismus durch schlechtes Wetter oder Überlastung geschwächt und verfallen sein muss. Andernfalls hätte dieser gesunde Organismus in der Fülle seiner Kraft die Mittel, sich zu verteidigen und die schädliche Wirkung zu zerstören. »
(Emmanuel Malynski und Léon de Poncins, La guerre occulte, Ausgabe 1940, S. 19-20; dieser Teil ist eine Zusammenfassung von de Poncins über die Mission du peuple de Dieu - 6ème partie - La grande conspiration mondiale, 1928).


« Manipulation der öffentlichen Meinung
52 - Darüber hinaus gibt es das, was bereits in früheren Entwicklungen offenbart wurde, aber nun vollständig entdeckt wird: die einheitliche Kontrolle der öffentlichen Meinung. Und das auf jeden Fall: durch Sprache und Schrift, durch Presse und Theater, durch Kino und Radio, durch Kunst und sogar durch Wissenschaft, durch Schule und Handwerk, und wieder durch Druck, durch Hilfeleistungen, auf die Armen. Und von all dem ist dies das bedauerliche Ergebnis: der moderne Massenmensch. Letzterer hat keine eigene Meinung mehr, hat keinen eigenen Willen mehr; er ist nur noch ein passives Instrument in den Händen des Leiters. Jegliche Initiative zu ergreifen, ist für ihn praktisch unmöglich; und doch ist es dem Menschen ohne diesen Initiativgeist unmöglich, sich diese persönliche Kultur zu geben, die ein Element des Lebens für die menschliche Gemeinschaft ist. »
(Humani Generis Unitas. Papst Pius XI - Ineditum, 1938, §52; in Georges Passelecq, Bernard Suchecky, L'Encyclique cachée de Pie XI, Ed. La Découverte, 1995, S. 242-243)

Einige metaphysische Erklärungen


« Hier wie in M. Léon de Poncins, von dem wir bereits Gelegenheit hatten zu sprechen, gibt es viele sehr gerechte Überlegungen in allem, was sich auf die Kritik an der modernen Welt bezieht; Die Autoren, die zu Recht häufige Fehler wie den Glauben an Revolutionen als "spontane Bewegungen" anprangern, gehören zu denen, die glauben, dass die moderne Abweichung, deren Phasen sie im 19. Jahrhundert genauer untersuchen, notwendigerweise auf einen klar definierten und bewussten "Plan" reagieren muss, zumindest unter denen, die diesen "okkulten Krieg" gegen alles führen, was einen traditionellen, intellektuellen oder sozialen Charakter hat. Wenn es jedoch darum geht, "Verantwortlichkeiten" zu suchen, haben wir viele Vorbehalte zu äußern; außerdem ist es nicht so einfach oder einfach, es muss anerkannt werden, denn per Definition scheint es nicht einmal außerhalb zu liegen, und die scheinbaren Pseudoführer sind nur mehr oder weniger unbewusste Instrumente. Auf jeden Fall besteht hier die Tendenz, die den Juden zugeschriebene Rolle so weit zu übertreiben, dass sie davon ausgehen, dass sie allein letztendlich die Welt anführen, ohne einige notwendige Unterscheidungen über sie vorzunehmen; wie können wir zum Beispiel nicht erkennen, dass diejenigen, die an bestimmten Ereignissen aktiv teilnehmen, nur Juden sind, die völlig von ihrer eigenen Tradition losgelöst sind, und die, wie immer in solchen Fällen, kaum gehalten haben, dass die Mängel ihrer Rasse und die schlechten Seiten ihrer besonderen Mentalität? Es gibt jedoch einige Passagen (insbesondere pp. 105-110), die einigen Wahrheiten über "Gegeninitiierung" sehr nahe kommen: Es ist durchaus wahr, dass es sich dabei nicht um irgendwelche "Interessen" jeglicher Art handelt, die nur dazu benutzt werden können, gemeinsame Instrumente zu bewegen, sondern um einen "Glauben", der "ein unergründliches metapsychisches Geheimnis für die selbst hohe Intelligenz des gewöhnlichen Menschen" darstellt; Aber diese  richtet sich nicht nur gegen das Christentum (und das ist vielleicht eine zu enge Sichtweise, die die Ursache für viele "optische Fehler" ist); sie ist auch, in genau der gleichen Weise, gegen jede Tradition, ob östlich oder westlich, und ohne Ausnahme des Judentums. »
(René Guénon, Etudes sur la Fre-Maçonnerie et le Compagnonnage, t. I, Compte-rendu juillet 1936).


« Ein weiterer Punkt, an den man sich erinnern sollte, ist, dass Unbekannte Vorgesetzte, egal welcher Art und in welchem Bereich sie handeln wollen, niemals versuchen, "Bewegungen" zu erzeugen, einem Ausdruck folgend, der heute sehr im Trend liegt; sie schaffen nur "Geisteszustände", die viel effektiver sind, aber vielleicht etwas weniger in Reichweite sind. Es ist unbestreitbar, auch wenn einige behaupten, sie nicht verstehen zu können, dass die Mentalität von Individuen und Gemeinschaften durch eine systematische Reihe geeigneter Vorschläge verändert werden kann; im Grunde ist die Bildung selbst kaum mehr als das, und es gibt keinen "Okkultismus" darin. Darüber hinaus besteht kein Zweifel daran, dass diese Suggestivfähigkeit in allen Graden und in allen Bereichen von Menschen "im Fleisch" ausgeübt werden kann, wenn wir zum Beispiel eine ganze Menge sehen, die von einem einfachen Fakir getäuscht wird, der jedoch nur ein Initiierter der niedrigsten Ordnung ist und dessen Kräfte durchaus mit denen eines Gugomos oder eines Schroepfer vergleichbar sind. Diese Suggestivkraft ist kurz gesagt nur auf die Entwicklung bestimmter Spezialfakultäten zurückzuführen, wenn sie nur für den sozialen Bereich gilt und über "Meinung" ausgeübt wird, ist sie vor allem eine Frage der Psychologie: Ein entschlossener "Geisteszustand" erfordert günstige Bedingungen, um sich zu etablieren, und man muss diese Bedingungen kennen oder nutzen, wenn sie bereits existieren, oder ihre Verwirklichung selbst provozieren. Der Sozialismus reagiert auf bestimmte aktuelle Bedingungen, und das macht ihn so erfolgreich; ob sich die Bedingungen aus dem einen oder anderen Grund ändern, und der Sozialismus, der nie mehr sein kann als ein Mittel zum Handeln für unbekannte Vorgesetzte, wird sich schnell in etwas anderes verwandeln, dessen Charakter wir nicht einmal vorhersehen können. Dies ist vielleicht die größte Gefahr, vor allem, wenn die Unbekannten Vorgesetzten wissen, wie man zugeben muss, wie man diese kollektive Mentalität namens "Meinung" ändern kann; es handelt sich um ein Werk dieser Art, das im 18. Jahrhundert stattfand und zur Revolution führte, und als es ausbrach, mussten die Unbekannten Vorgesetzten nicht mehr eingreifen, das Handeln ihrer untergeordneten Agenten war völlig ausreichend. Bevor es zu spät ist, ist es notwendig, zu verhindern, dass sich solche Ereignisse wiederholen, und deshalb, sagen wir mit Herrn Copin-Albancelli, "ist es sehr wichtig, die Menschen über die Freimaurerfrage und was dahinter steckt aufzuklären". »
(René Guénon, Reflexionen über die "Okkulte Macht", 11. Juni 1914, La France antimaçonnique)


« Die geschickteste und gefährlichste "Subversion" ist sicherlich die, die sich nicht durch offensichtliche Singularitäten verrät, die jeder leicht sehen kann, sondern die die Bedeutung von Symbolen verzerrt oder ihren Wert umkehrt, ohne etwas an ihrem äußeren Erscheinungsbild zu verändern. Aber der vielleicht teuflischste Trick besteht darin, dem orthodoxen Symbolismus selbst, wie er in wirklich traditionellen Organisationen existiert, und insbesondere in Initiationsorganisationen, die in solchen Fällen besonders gezielt sind, die umgekehrte Interpretation zuzuschreiben, die das Ergebnis einer "Gegeninitiierung" ist; und dies beraubt sich, wie wir kürzlich hervorgehoben haben, nicht der Verwendung dieses Mittels, um Verwirrung und Mehrdeutigkeit zu stiften, von der es einen gewissen Nutzen hat. Das ist im Wesentlichen das ganze Geheimnis bestimmter Kampagnen, die entweder gegen die Esoterik im Allgemeinen oder gegen diese oder jene Form der Initiation im Besonderen mit der unbewussten Hilfe von Menschen durchgeführt werden, von denen die meisten sehr überrascht und sogar verängstigt wären, wenn sie erkennen könnten, wofür sie benutzt werden; leider werden manchmal diejenigen, die glauben, dass sie gegen den Teufel kämpfen, einfach zu seinen besten Dienern, ohne jeden Zweifel! »
(René Guénon, Du double sens des symboles, Études Traditionnelles, Juli 1937)


« Katastrophenrisiko durch Verzicht auf den Geist abgeschlossen
67. Unsere moderne Gesellschaft ist daher krank; und die neuen Formeln der Einheit, die neuen Arten der Einheit, die weit davon entfernt sind, sie zu heilen, können sie nur noch kränker machen. Denn sie zersetzen mit dem Gedanken und Ideal des Lebens von sich aus mechanisch die innere Konsistenz des menschlichen sozialen Lebens; und ebenso die natürlichen Faktoren seiner Konstitution, wie sein natürliches Fundament, die Einheit der menschlichen Persönlichkeit. Letztendlich riskieren sie, die Menschheit in eine Katastrophe zu führen, durch ihre mechanische atomistische Vorstellung vom Menschen, durch den radikalen Verzicht auf den Geist, tief bis zum Geist Gottes.
Im gleichen Sinne ist es im Hinblick auf diese Formen des Extensiven Totalitarismus Einheit noch notwendig, ein letzter Beweis. Das Denken mit seinen rein mechanischen Prozessen war nicht mehr in der Lage, weil es despiritualisiert war, die verschiedenen natürlichen Faktoren des Aufbaus der Gesellschaft und ihrer wesentlichen Interdependenz sowie die Einheit innerhalb der Pluralität wahrzunehmen; es konnte nicht mehr von unten nach oben zur wahren Einheit und Gesamtheit eines vollständigen Systems der Welt wachsen, das eine intensive Gesamtheit umfasst, d.h. eine echte Einheit in einer authentischen Pluralität. Was sie sozusagen vom Geist behielt, war nur die Intelligenz, die genau diesen Namen, wie wir gesehen haben, nicht mehr verdient hat, sondern in seinem tiefsten Sinne, d.h. im Sinne des Geistes, aber andererseits umso mehr erwartet haben muss, dass der Kampf in den letzten Jahren gegen ihn geführt wurde. »
(Humani Generis Unitas. Papst Pius XI - Ineditum, 1938, §67; in Georges Passelecq, Bernard Suchecky, L'Encyclique cachée de Pie XI, Ed. La Découverte, 1995, S. 249-250)


« Nach den von uns dargelegten Überlegungen und den bisherigen Beispielen werden wir besser verstehen können, aus welchen Phasen der anti-traditionellen Aktion, die die moderne Welt als solche wirklich "gemacht" hat, im Allgemeinen besteht; vor allem aber muss erkannt werden, dass jede wirksame Aktion, die notwendigerweise Agenten einbezieht, nicht mehr als jede andere spontane und "zufällige" Produktion sein kann und dass sie, insbesondere im menschlichen Bereich, zwangsläufig die Intervention von menschlichen Agenten beinhalten muss. Die Tatsache, dass diese Aktion mit den spezifischen Merkmalen der zyklischen Periode, in der sie stattgefunden hat, übereinstimmt, erklärt, warum sie möglich und erfolgreich war, aber es reicht nicht aus, zu erklären, wie sie durchgeführt wurde, und gibt nicht an, mit welchen Mitteln sie erreicht wurde. Um überzeugt zu sein, genügt es zudem, ein wenig darüber nachzudenken: Die spirituellen Einflüsse selbst, in jeder traditionellen Organisation, wirken immer durch den Menschen, der die autorisierten Vertreter der Tradition ist, obwohl die Tradition in ihrem Wesen wirklich "übermenschlich" ist; Zumal in einem Fall, in dem nur psychologische Einflüsse ins Spiel kommen, und zwar von geringster Bedeutung, d.h. das genaue Gegenteil einer Macht, die in Bezug auf unsere Welt transzendent ist, ganz zu schweigen davon, dass der Charakter der "Fälschung", der sich überall in diesem Bereich manifestiert und zu dem wir noch zurückkehren müssen, dies noch strenger erfordert. Andererseits, da die Initiation, in welcher Form auch immer, wirklich den "Geist" einer Tradition verkörpert und auch die effektive Verwirklichung von "übermenschlichen" Zuständen ermöglicht, ist es offensichtlich, dass dem, was hier auf dem Spiel steht, am direktesten entgegengetreten werden muss (soweit eine solche Opposition denkbar ist), und das im Gegenteil, auf jeden Fall dazu neigt, die Menschen zum "infra-humanen" zu führen; so ist der Begriff "Gegeninitiierung" der am besten geeignete Begriff, um das zu bezeichnen, was miteinander verbunden ist, als Ganzes und in unterschiedlichem Maße (denn, wie bei der Einweihung selbst, gibt es notwendigerweise Grade), die menschlichen Akteure, durch die anti-traditionelle Handlungen durchgeführt werden; und dies ist keine einfache konventionelle Bezeichnung, mit der man bequemer von dem spricht, was wirklich keinen Namen hat, sondern ein Ausdruck, der sehr spezifischen Realitäten so genau wie möglich entspricht.

Es ist schon bemerkenswert, dass wir in der Gesamtheit dessen, was die moderne Zivilisation aus welcher Sicht auch immer ausmacht, immer wieder feststellen müssen, dass alles immer künstlicher, verzerrter und gefälschter erscheint; viele von denen, die diese Zivilisation heute kritisieren, sind von ihr beeindruckt, auch wenn sie nicht wissen, wie sie weiter vorgehen sollen, und keine Ahnung davon haben, was eigentlich dahinter steckt. Es scheint uns jedoch, dass es ausreichen würde, uns zu sagen, dass, wenn alles auf diese Weise künstlich geworden ist, die Mentalität, der dieser Zustand entspricht, nicht weniger sein darf als der Rest, dass auch sie "hergestellt" und nicht spontan sein muss; und sobald wir diese einfache Reflexion gemacht haben, konnten wir es nicht mehr versäumen, die übereinstimmenden Hinweise in diesem Sinne zu sehen, die sich von allen Seiten und fast unendlich vervielfältigen aber man muss davon ausgehen, dass es leider sehr schwierig ist, den "Vorschlägen", denen die moderne Welt als solche ihre Existenz und Dauer verdankt, so vollständig zu entkommen, denn diejenigen, die sich am entschlossensten als "antimodern" bezeichnen, sehen im Allgemeinen nichts davon, und deshalb werden ihre Bemühungen so oft in völligem Verlust und fast ohne wirklichen Umfang eingesetzt.

Anti-traditionelle Aktionen mussten sowohl auf eine Veränderung der allgemeinen Mentalität als auch auf die Zerstörung aller traditionellen Institutionen im Westen abzielen, da sie dort in erster Linie und direkt ausgeübt wurden, bis sie dann versuchen konnten, sich auf die ganze Welt auszudehnen, mit den Mitteln der Westler, die so bereit waren, zu ihren Instrumenten zu werden. Da sich die Mentalität verändert hatte, mussten die Institutionen, die ihr also nicht mehr entsprachen, leicht zerstört werden; daher scheint es hier das Werk der Abweichung von der Mentalität zu sein, das wirklich grundlegend ist, denn worauf alles andere in irgendeiner Weise beruht, und deshalb müssen wir besonders darauf bestehen. Diese Arbeit konnte natürlich nicht auf einmal geleistet werden, obwohl das Überraschendste vielleicht die Geschwindigkeit ist, mit der die Occidentaux alles vergessen haben, was in ihrem Fall mit der Existenz einer traditionellen Zivilisation verbunden war; Betrachtet man das totale Missverständnis des Mittelalters in jeder Hinsicht im 17. und 18. Jahrhundert, so sollte man leicht verstehen, dass eine solche vollständige und plötzliche Veränderung nicht auf natürliche und spontane Weise hätte erreicht werden können. Auf jeden Fall war es zunächst notwendig, den Einzelnen auf sich selbst zu reduzieren, und das war vor allem, wie wir erklärt haben, das Werk des Rationalismus, das den Besitz und die Nutzung jeder Fähigkeit transzendenter Ordnung leugnet; es versteht sich von selbst, dass der Rationalismus bereits vor der Verleihung dieses Namens mit seiner spezifisch philosophischen Form zu handeln begann, wie wir im Falle des Protestantismus gesehen haben; und im Übrigen war der "Humanismus" der Renaissance selbst nichts anderes als der direkte Vorläufer des Rationalismus selbst, denn was "Humanismus" bedeutet, ist der Anspruch, alles auf rein menschliche Elemente zu reduzieren, also (zumindest tatsächlich, wenn auch nicht wieder aufgrund einer ausdrücklich formulierten Theorie) Ausschluss von allem, was überindividuell ist.

Dann war es notwendig, die Aufmerksamkeit des Einzelnen ganz auf äußere und sensible Dinge zu richten, um ihn sozusagen nicht nur im menschlichen Bereich, sondern durch eine noch engere Begrenzung auch allein in der körperlichen Welt einzusperren; dies ist der Ausgangspunkt aller modernen Wissenschaft, die, ständig in diese Richtung gerichtet, diese Begrenzung immer effektiver machen musste. Die Konstitution wissenschaftlicher Theorien oder philosophisch-wissenschaftlicher Theorien, wenn man so will, musste schrittweise vorangetrieben werden; und (hier müssen wir uns nur kurz daran erinnern, was wir bereits erklärt haben) der Mechanismus ebnete direkt den Weg für den Materialismus, der auf eine nicht zu behebende Weise die Reduktion des geistigen Horizonts auf den körperlichen Bereich markieren sollte, der heute als einzige "Realität" gilt, und sich zudem von allem befreite, was nicht als einfach "materiell" angesehen werden konnte; natürlich musste die Ausarbeitung des Begriffs "Materie" durch Physiker hier eine wichtige Rolle spielen. Wir waren also richtig in das "Reich der Menge" eingetreten; Die profane Wissenschaft, die seit Descartes immer noch mechanistisch ist und seit der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts vor allem materialistisch wird, musste in ihren aufeinander folgenden Theorien zunehmend ausschließlich quantitativ werden, gleichzeitig mit dem Materialismus, der sich in die allgemeine Mentalität einschleicht, diese Haltung unabhängig von jeder theoretischen Affirmation bestimmen können, aber umso weiter verbreitet und schließlich in den Zustand einer Art "Instinkt" übergegangen, den wir "praktischen Materialismus" nannten, und genau diese Haltung musste durch die industriellen Anwendungen der quantitativen Wissenschaft weiter verstärkt werden, was dazu führte, dass die Menschen immer mehr allein an "materielle" Leistungen gebunden wurden. Der Mensch "mechanisierte" alle Dinge, und schließlich kam er dazu, sich selbst zu "mechanisieren" und fiel allmählich in den Zustand falscher digitaler "Einheiten", die in der Uniformität und Undeutlichkeit der "Masse" verloren gingen, also letztlich in reiner Vielfalt; dies ist sicherlich der vollständigste Triumph, den man sich von Quantität über Qualität vorstellen kann.

Während jedoch dieses Werk der "Materialisierung" und "Quantifizierung" fortgesetzt wurde, das im Übrigen noch nicht abgeschlossen ist und nie abgeschlossen werden kann, da die totale Reduktion auf reine Quantität in der Manifestation unmöglich ist, hatte ein anderes Werk, scheinbar nur gegenteilig im Erscheinungsbild, bereits begonnen, und das, erinnern wir uns, sobald der Materialismus selbst erschien. Dieser zweite Teil der anti-traditionellen Aktion sollte nicht mehr auf "Verfestigung", sondern auf Auflösung abzielen; aber weit davon entfernt, dem ersten Trend entgegenzuwirken, der durch quantitative Reduktion gekennzeichnet war, sondern ihm zu helfen, wenn das Maximum an möglicher "Verfestigung" erreicht war, und dass dieser Trend, der sein erstes Ziel überschritten hatte, indem er so weit gehen wollte, das Kontinuierliche auf Diskontinuierliche zu reduzieren, selbst zu einem Trend der Auflösung geworden war. Zu diesem Zeitpunkt musste also diese zweite Arbeit, die zunächst nur als Vorbereitung, nur mehr oder weniger versteckt und jedenfalls in engen Umgebungen durchgeführt worden war, am Tag erscheinen und ihrerseits einen immer allgemeineren Umfang annehmen, während die quantitative Wissenschaft selbst im engeren Sinne des Wortes weniger streng materialistisch wurde und schließlich sogar aufhörte, sich auf den Begriff der "Materie" zu verlassen, der durch die Folge ihrer theoretischen Entwicklungen immer uneinheitlicher und "ausweichender" wurde. Das ist der Zustand, in dem wir uns jetzt befinden: Der Materialismus ist nicht mehr nur ein Überleben, und er kann wahrscheinlich mehr oder weniger lange überleben, vor allem als "praktischer Materialismus"; aber auf jeden Fall hat er inzwischen aufgehört, die Hauptrolle bei anti-traditionellen Aktionen zu spielen.

Nachdem die physische Welt so vollständig wie möglich geschlossen worden war, war es notwendig, sie, ohne die Wiederherstellung jeglicher Kommunikation mit den höheren Bereichen zuzulassen, von unten wieder zu öffnen, um die auflösenden und zerstörerischen Kräfte der unteren subtilen Domäne einzubringen; es ist daher das "Entfesseln" dieser Kräfte, könnte man sagen, und ihre Umsetzung, um die Abweichung unserer Welt zu vollenden und sie effektiv zur endgültigen Auflösung zu führen, die diesen zweiten Teil oder diese zweite Phase, von der wir gerade gesprochen haben, darstellen. In der Tat kann man sagen, dass es zwei verschiedene Phasen gibt, obwohl sie teilweise gleichzeitig waren, denn im Gesamtkonzept der modernen Abweichung folgen sie logisch aufeinander und haben nur sukzessive ihre volle Wirkung; außerdem war die erste, sobald sich der Materialismus konstituierte, in gewisser Weise nahezu vollständig und musste nur durch die Entwicklung dessen erfolgen, was am gleichen Materialismus beteiligt war; und genau in diesem Moment begann die Vorbereitung des zweiten, von dem erst noch die ersten Auswirkungen zu erkennen sind, die aber bereits offensichtlich genug sind, um vorhersagen zu können, was folgen wird, und so können wir ohne Übertreibung sagen, dass es dieser zweite Aspekt des anti-traditionellen Handelns ist, der von nun an in den Entwürfen dessen, was wir zunächst gemeinsam als "Gegner" bezeichnet haben, wirklich zum Tragen kommt und dass wir die "Gegeninitiierung" präziser nennen können. »
(René Guénon, Le Règne de la quantité et les signes du temps, 1945, Kap. XXVIII: Les étapes de l'action antitraditionnelle, Pp.187-191)

Wenn du es noch nicht verstanden hast...


« Wir können uns vorstellen, dass jeder Einzelne freiwillig oder unwissentlich einen Chip in sich annimmt, der eine ganze Menge Informationen über ihn enthält, die es ihm ermöglichen würden, für alles zu bezahlen, alles zu wissen....". Aber frei von einer gewissen Anzahl von Einschränkungen zu sein. ...] Der wahre Luxus von morgen wird darin bestehen, isolierbar zu sein, sich selbst isolieren zu können, und wahre Freiheit wird nicht darin bestehen, mit anderen verbunden zu sein, sondern das Recht zu haben, nicht verbunden zu sein. »

« Der Mensch wird, wie das Objekt, ein Nomade sein, ohne Adresse oder stabile Familie, der ihn in sich trägt, alles, was seinen sozialen Wert ausmacht. (...) Wenn der Mensch zu einer Prothese von sich selbst wird, wird er sich als Ware produzieren. Das Leben wird zum Gegenstand von Artefakten, die Wert und Rentabilität schaffen. »
(Jacques Attali, Lignes d'horizon, Fayard, 1990, S. 50 und 179)
 


« Man könnte sagen, dass unter den Instrumenten oder Mitteln jeglicher Art, die zu diesem Zweck verwendet werden, die "Pseudoinitiierung" von Natur aus logischerweise an erster Stelle stehen muss; sie ist natürlich nur ein Zahnrad, aber ein Zahnrad, das viele andere befehligen kann, auf denen diese anderen auf eine Art und Weise in Kontakt kommen und von denen sie ihren Antrieb erhalten. [...] Daraus folgt unmittelbar, dass die so ausgeübte Handlung, anstatt wirklich "organisch" zu sein, nur einen rein "mechanischen" Charakter haben kann, der den Vergleich der von uns gerade verwendeten Mechanismen voll und ganz rechtfertigt; Und ist dieser Charakter nicht auch, wie wir bereits gesehen haben, derjenige, der überall und auf die auffälligste Weise in der heutigen Welt zu finden ist, wo die Maschine immer mehr in alles eindringt, wo der Mensch selbst in seiner ganzen Tätigkeit darauf reduziert ist, so weit wie möglich einem Automaten zu ähneln, weil ihm die ganze Spiritualität genommen wurde? Aber gerade hier explodiert die Unterlegenheit der künstlichen Produktionen, auch wenn bei ihrer Ausarbeitung eine "satanische" Fähigkeit den Ausschlag gegeben hat; man kann durchaus Maschinen herstellen, aber keine Lebewesen, denn wieder einmal ist es der Geist selbst, der immer fehlt und fehlen wird. »
(René Guénon, Le Règne de la quantité et les signes du temps, 1945, S. 177)

« Wenn ein Volk die Kontrolle über seine eigenen Angelegenheiten verliert, auf Sklaverei reduziert wird und zu einem Instrument in den Händen anderer wird, überwältigt es die Apathie. Er verlor allmählich alle Hoffnung. [...] Die Besiegten schwächen und werden unfähig, sich selbst zu verteidigen. Sie sind Opfer von jedem, der sie dominieren will und die Beute des großen Appetits. Siehe auch die Raubtiere, die sich in Gefangenschaft nicht vermehren. So wird die Stammesgruppe, die die Kontrolle über ihre eigenen Angelegenheiten verloren hat, immer schwächer und verschwindet schließlich. »
(Ibn Khaldoun, Al-Muqaddima [Einführung in die Universalgeschichte], 1377; II, 23)

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Dieser Artikel ist eine Übersetzung des Originalartikels, der auf Französisch veröffentlicht wurde.