Our Research Notes on Geo-economics, Gold, & the Monetary System

Repères


Créé en 2008, Conscience Sociale est un producteur culturel autonome, suivant la définition et pour les raisons que donnait Pierre Bourdieu en 1996 -IAM en diffusait 7 ans plus tard une illustration condensée, avec leurs propres mots. Entre autres choses, cela signifie que nous fonctionnons intégralement sur fonds propres. Dans notre laboratoire d'idées nous pratiquons la transdisciplinarité, croisons les expertises de domaines différents pour faire naître de nouvelles perspectives dans les directions qui correspondent à notre feuille de route.
Il s'agit d'abord pour nous de contribuer à éclairer le sens à toutes les échelles de décision, du citoyen jusqu'aux parties prenantes dans les relations internationales. Voici notre manifeste.

Premier repère

Nous sommes chacun et collectivement responsables des changements affectant notre société, des crises et des succès, vers le meilleur ou vers le pire.

Pour mieux agir, il faut essayer de comprendre. Mais l'essentiel est souvent invisible à nos yeux. La technologie ou l'économie ne sont que des miroirs déformants au travers desquels nous observons les mutations de notre société. D'autres prismes peuvent et doivent être utilisés: sciences politiques, sociales et humaines, la philosophie *, et en diapason: la métaphysique de la Tradition.

Parce qu'"il nous faut tout reconstruire", il s'agit de diminuer notre dissonance cognitive face aux changements, au moment de la grande Crise actuelle (à la fois moralefinancièremonétaire, économique, socialegéostratégiquepolitique, scientifiqueécologique et énergétique, en un mot: une crise de l'esprit). L'anticipation politique est alors un outil qui s'est déjà révélé particulièrement efficace, que nous allons appliquer sur un horizon volontairement transdisciplinaire. Voilà pour l'intention.

Notre méthode, si elle n'hésite pas un instant à être radicalement critique envers les propositions de type scientiste, s'efforce d'abord d'utiliser de manière conceptuellement maîtrisée les apports de l'approche scientifique. Notre repère ici sera G.G. Granger, en toute humilité.

La démarche générale de conception mise en oeuvre au travers de ce site est rapidement résumée par l'article "La transdisciplinarité, l’usage et la réflexion itérative, 3 facteurs clés de succès d’une démarche d’intelligence collective" publié 5 années plus tard par Les Echos.

Affûtons ensemble nos idées: les vôtres et les nôtres en sortiront aiguisées. Notre conscience sociale aussi.

Le 25/11/2015, le Pr Philippe Beaumard résumait bien l'état de vide stratégique où la société occidentale se trouve. En 10 mn il ne peut cependant pas franchir le pas et en analyser l'origine, ce que j'ai appelé la crise de l'esprit européen.

(*) : dont l'objectif se résume à dire qui nous sommes en réalité, et ce que recèle notre présent. 
Le contenu de ce site contribue t'il à un enseignement de la sociologie? Voyons ce qu’en dit C.H. Cooley in Social Consciousness, Publications of the American Sociological Society 1, 97-109 (1907), traduit par B. Brossard :

Les relations inconscientes sont celles dont nous ne sommes pas conscients ; qui, d’une manière ou d’une autre, échappent à notre attention. Une grande partie des influences qui agissent sur nous sont de cette sorte. Notre langage, nos arts mécaniques, notre gouvernement et d’autres institutions que nous tenons principalement de personnes à qui nous ne sommes qu’indirectement et inconsciemment liées. Les mouvements plus larges de la société – le progrès et la décadence des nations, des institutions et des races – ont rarement été une question de conscience jusqu’à ce qu’ils soient passés. Et bien que la croissance de la conscience sociale soit peut‑être le plus important fait de l’histoire, elle n’a encore qu’une prise étroite et faillible sur la vie humaine.
[...] 

En général, donc, notre conscience réflexive – ou notre état d’esprit pleinement éveillé – est en grande partie une conscience sociale, parce qu’elle pourrait difficilement se passer d’un sens de notre relation avec d’autres personnes, ou de celle d’autres personnes entre elles. Le self et la société sont nés jumeaux, et nous connaissons l’un aussi immédiatement que nous connaissons l’autre.
[...]
L’introspection est essentielle pour la pensée sociologique ou psychologique [...]
11L’introspection est d’une nature plus large dans nos vies. Il y a tout un monde de choses dans nos esprits qu’il vaut la peine d’examiner, et le psychologue moderne, au lieu de fixer complètement son attention sur une forme exceptionnelle de conscience de soi spéculative, se place mentalement dans une infinie variété d’expériences – intellectuelles et émotionnelles, simples et complexes, usuelles et inhabituelles, sociables et privées – enregistrant dans chaque cas ce qu’il voit en elles. Il le fait en soumettant sa pensée à des suggestions ou des incitations de toutes sortes, qui l’éveillent aux activités qu’il désire étudier.
[...]
Plus spécifiquement, il le fait en grande partie par ce qu’on peut appeler une introspection compréhensive, entrant en contact intime avec divers types de personnes et leur permettant d’éveiller en lui‑même une vie semblable à la leur, ce dont juste après, il se remémore et décrit du mieux qu’il peut. De cette façon, il est plus ou moins capable de comprendre – toujours par introspection – les enfants, les attardés, les criminels, les riches et les pauvres, les conservateurs et les radicaux – n’importe quel état de la nature humaine qui ne soit pas totalement étranger au sien.
13C’est ce que je conçois comme la principale méthode du psychologue social.
[...]
Le sens commun, modérément informé, nous assure que l’individu existe seulement en tant que partie d’un tout. Ce qui ne vient pas de l’hérédité vient de la communication et des relations ; et plus nous y regardons de près, plus il apparaît que l’individualité [separateness] est une illusion d’optique et que la communauté est la vérité intérieure. L’« organisme social » – j’utilise le terme non pas dans un sens technique mais simplement pour signifier une unité vitale de la vie humaine – est un fait aussi évident que l’individualité pour le bon sens éclairé.
20Il n’y a, alors, plus de mystère sur la conscience sociale. La conception selon laquelle il y aurait quelque chose d’obscur à ce sujet, qui doit être creusé avec la métaphysique et tiré des profondeurs de la spéculation, découle d’un échec à saisir adéquatement la nature sociale de toute conscience évoluée. Ce dont nous avons besoin dans cette connexion est seulement une meilleure vision et compréhension de faits plutôt ordinaires et familiers.
[...] Voici une autre illustration de ce que l’on entend par les aspects individuels et collectifs de la conscience sociale : certains d’entre nous possèdent un bon nombre de livres traitant des questions sociales de notre époque. Chacun de ces livres est en tant que tel l’expression d’une conscience sociale particulière : l’auteur a mis ses idées au clair autant qu’il a pu et les a imprimées. Mais une bibliothèque de tels livres exprime la conscience sociale dans un sens plus large ; elle parle pour l’époque. Et certainement, en lisant ces livres, personne ne doutera qu’ils forment un tout, quelles que soient leurs différences. Le radical et le réactionnaire sont clairement une partie de la même situation générale.

[...] Un groupe « met ses idées au clair » [makes up its mind] à peu près de la même manière qu’un individu. Ce dernier doit consacrer du temps et de l’attention à une question donnée ; il doit chercher dans sa conscience des idées et des sentiments pertinents, les réunir et les élaborer ensemble, avant de savoir quelles sont ses pensées réelles sur le sujet. Dans le cas d’une nation, le même procédé doit prendre place, mais seulement à une plus grande échelle. Chaque individu doit mettre ses idées au clair comme préalablement, mais ce faisant il doit tenir compte, non uniquement de ce qui était déjà dans sa pensée ou dans sa mémoire, mais de nouvelles idées qui viennent des autres, dont les esprits sont également stimulés. Quiconque dispose d’un fait, ou d’une pensée, ou d’un sentiment qu’il pense inconnu ou insuffisamment examiné par les autres essaie de le communiquer ; et ainsi non pas un seul esprit, mais tous cherchent des matériaux pertinents pour être versés dans le flux général de pensée afin que chacun l’utilise comme il peut. De cette manière, ce à quoi les individus pensent dans un groupe communiquant devient un « fonctionnement mental », un seul ensemble vital. Leur unité n’est pas faite de similarité, mais de vie et d’action – une cristallisation d’idées diverses mais reliées.
[...] Il peut exister autant d’opinions différentes qu’il y en existait avant, mais les différences, désormais, sont comparativement intelligibles et stables. Les gens savent ce qu’ils pensent vraiment de ce sujet, et ce que les autres pensent.
[...] Celui qui veut comprendre l’opinion publique devrait distinguer clairement les opinions véritables ou matures et les impressions populaires. Les premières requièrent une attention sérieuse et des discussions sur une longue période de temps et lorsqu’elles sont atteintes, elles sont significatives même si elles sont erronées.

[...] La volonté sociale diffère de l’opinion publique seulement en ce qu’elle implique une organisation plus continue et efficiente. Il s’agit simplement de l’opinion publique devenue un guide efficace pour le développement social.
31Il est assez clair que le développement du passé a été pour une grande partie aveugle et dénué d’intention humaine.
[...] La volonté a seulement vécu dans les détails, dans les plus petites évolutions de la vie, tandis que la structure plus large et le mouvement ont été subconscients, imprévisibles et inefficaces. L’idée même de progrès, de développement ordonné sur une grande échelle, est d’origine et de diffusion récente.
33À l’heure actuelle, aussi, la plupart des phénomènes sociaux de toutes sortes ne sont aucunement souhaités, mais sont le résultat imprévu d’efforts divers et fragmentés. Il est rare qu’un grand projet d’action sociale soit intelligemment élaboré et suivi. 
[...] Qui peut prétendre que le peuple américain, par exemple, est guidé par un plan clair et rationnel concernant son développement économique, social et religieux ? Les gens entrevoient des choses et ont des élans, mais difficilement une volonté, à l’exception de quelques questions d’intérêt proche et urgent.
  • 4 .Note du traducteur : Il s’agit apparemment d’une référence à l’ouvrage de John S. Mackenzie, An I(...)
34De la même manière, les maux qui affligent la société sont rarement issus de la volonté d’un individu ou d’un groupe, mais sont les produits dérivés d’actes de volonté ayant d’autres objets.
[...] Dans tous ces cas, il apparaît nécessaire de créer une conscience sociale – c’est‑à‑dire une conscience claire, non seulement des maux eux‑mêmes, mais des conditions dont ils dépendent et des moyens par lesquels ils peuvent être réparés. Cela ouvrira le chemin à une opinion publique efficace, une conscience sociale, une volonté sociale. Ceux qui ont une compétence en la matière trouveront assez clairement un cap balisé pour eux et ne seront pas inclinés – ou, si inclinés, ne seront pas autorisés – à s’écarter beaucoup de celui‑ci.
37Ainsi, ce n’est pas la mauvaise volonté, mais le manque de volonté qui cause principalement de mauvaises choses ; celles‑ci existent en dehors de la sphère du choix. Nous manquons d’auto‑détermination rationnelle, et souffrons non pas tant de nos péchés – aussi sombres puissent‑ils être – que de notre aveuglement, de notre faiblesse et de notre confusion.
[...] Il est vrai, alors, comme le disent les socialistes, que la société a besoin d’une organisation rationnelle, d’une volonté sociale plus efficace. Mais nous ne sommes pas d’accord avec l’étroitesse de ceux‑ci ou de n’importe quelle autre secte quant au type d’organisation qui doit être recherché. La véritable volonté de la société n’est pas concentrée dans le gouvernement ni dans aucun représentant unique, mais s’élabore à travers de nombreux instruments
[...] Une vraie base pour promouvoir une existence et une croissance plus rationnelles réside dans l’accroissement de l’efficacité du processus intellectuel et moral dans son ensemble, et non, en particulier, dans une plus grande activité de gouvernement.
40Dans chaque domaine de la vie, une connaissance sociale multiforme émerge et, se mêlant aux élans moraux, forme un système d’idéaux rationnels qui, viale leadership et l’émulation, se convertissent peu à peu en pratique.
[...]  Observez la multiplication, depuis la même date, d’agences gouvernementales – fédérales, nationales et locales – dont la principale fonction est de collecter, d’organiser et de diffuser des savoirs sociaux. Il n’est pas exagéré de dire que les gouvernements deviennent, de plus en plus, de vastes laboratoires de sciences sociales. Considérez aussi le nombre de livres et de périodiques sérieux consacrés à ces sujets. Une grande partie de ce travail s’avère sans doute faible et superficiel, mais cela est connexe à tout changement rapide. Dans l’ensemble, rien n’est plus certain ou ne suscite plus d’espoir que le progrès vers une plus grande auto‑connaissance de l’humanité.
42Les idéaux visant à l’amélioration de la vie humaine sont les produits d’imaginations constructives suscitées par le sentiment et informées par la connaissance. Dans le passé, le sentiment a surtout été indiscipliné et la connaissance déficiente.
[...] Chaque année, cependant, produit son lot de convertis à la vérité qu’aucun programme isolé ne peut constituer un bon programme, et qu’un progrès réel doit être en avance sur toute la ligne. Ceux qui ne voient qu’une chose ne peuvent jamais la voir vraiment, et travaillent ainsi de manière superficielle et erronée.
44L’idéalisme devrait être organique ; c’est‑à‑dire, chaque idéal particulier devrait être formé et développé en subordination à un système d’idéaux fondés sur la connaissance et le bon sens. L’idéaliste, tout en plaçant un enthousiasme spécial dans son propre travail, devrait également entretenir une compréhension générale de tous les bons travaux et de l’ensemble auquel tous contribuent. Pour lui, imaginer que seul son travail vaut la peine d’être effectué serait aussi regrettable que pour un dirigeant d’entreprise d’imaginer qu’il conduit à lui seul toute la marche de son entreprise. Toutes choses égales par ailleurs, les idéalistes les plus efficaces sont ceux qui sont les plus raisonnables – qui ont un sens de la complexité, de l’interdépendance et de l’inertie des conditions humaines.
[...] L’accroissement d’une volonté sociale implique de remplacer le mécanisme par la conscience, les formules par les principes. Lorsqu’une institution commence à se développer, la réalité qu’elle représente n’est pas perçue ou exprimée dans la simplicité, mais est obscurément incarnée dans la coutume. L’identification de principes ne supprime pas pour autant les mécanismes, mais les rend relativement plus simples, flexibles et humains. Dans l’ancien système, tout est préservé, parce que l’on y connaît où réside la vertu ; dans le nouveau, l’essentiel est conservé et le reste jeté.
[...] Les personnes qui agissent mal, comme nous le voyons aujourd’hui, sont généralement décentes et aimables dans la vie quotidienne et dans les conversations, autant que les partisans de l’Église et d’autres institutions respectables. Pour la plupart elles ne sont même pas hypocrites, mais d’une moralité éteinte et classique, inconscientes de la signification réelle de ce qu’elles sont et font. La volonté sociale signifie, entre autres choses, qu’elles devraient être réveillés ; qu’une conscience de la société, fondée sur la science aussi bien que sur les émotions, devrait voir et juger les choses par leurs vrais résultats, et devrait savoir comment rendre ses jugements efficaces.
[...] La force sous‑jacente guidant la conscience sociale est, aujourd’hui comme jamais, la nature humaine elle‑même, dans ses caractéristiques les plus durables qui sont peu affectées par des changements institutionnels. Cette nature, familière bien qu’encore impénétrable, est apparemment en mesure de se travailler elle‑même d’une façon plus adéquate qu’à aucun autre moment dans le passé.
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Le contenu de ce site contribue t'il à un enseignement de la philosophie? Voyons ce qu’en dit le Bulletin officiel nº25 du 19 juin 2003, ni plus, ni moins:
"Ouvert aux acquis des autres disciplines, cet enseignement vise dans l’ensemble de ses démarches à développer chez les élèves l’aptitude à l’analyse, le goût des notions exactes et le sens de la responsabilité intellectuelle. Il contribue ainsi à former des esprits autonomes, avertis de la complexité du réel et capables de mettre en œuvre une conscience critique du monde contemporain." 
Nous nous y retrouvons complètement. Complété par le mécanisme de l'évaluation bidirectionnelle apportée par l'interactivité des commentaires, nous pouvons considérer ce site comme une Formation en Ligne Ouverte à Tous (FLOT).

Notre approche nous paraît également partager de nombreux points communs avec le concept de thérapeutique de l'esprit développé par Bernard Stiegler, qui a retenu notre attention lors de notre cheminement.

En octobre 2015, le philosophe Alain Deneault qui enseigne la pensée critique en science politique à l'Université de Montréal publiait "La Médiocratie". Ce livre éclaire singulièrement le contexte des origines du projet Conscience Sociale. En voici quelques extraits choisis, accompagnés de ceux d'une interview de l'auteur:

"C'est d'une « révolution anesthésiante » qu'il s'agit. Celle qui nous invite à nous situer toujours au centre, à penser mou, à mettre nos convictions dans notre poche de manière à devenir des êtres interchangeables, faciles à ranger dans des cases. Surtout ne rien déranger, surtout ne rien inventer qui pourrait remettre en cause l'ordre économique et social.
La médiocratie désigne ainsi un régime où la moyenne devient une norme impérieuse qu'il s'agit d'incarner. C'est l'ordre médiocre érigé en modèle. Il ne s'agit donc pas pour moi de stigmatiser qui que ce soit, mais plutôt de comprendre la nature de cette injonction à être médiocre qui pèse aujourd'hui sur des gens qui ne sont pas forcément enclins à l'être.
Les métiers se sont ainsi progressivement perdus, le travail est devenu une prestation moyenne désincarnée.
Aux yeux d'un grand nombre de salariés, qui passent de manière indifférente d'un travail à un autre, celui-ci se réduit à un moyen de subsistance. Prestation moyenne, résultat moyen, l'objectif est de rendre les gens interchangeables au sein de grands ensembles de production qui échappent à la conscience d'à peu près tout le monde, à l'exception de ceux qui en sont les architectes et les bénéficiaires.
De la politique, nous sommes ainsi passés à la gouvernance que l'on tend à confondre avec la démocratie alors qu'elle en est l'opposé.
Dans un régime de gouvernance, l'action politique est réduite à la gestion, à ce que les manuels de management appellent le « problem solving » : la recherche d'une solution immédiate à un problème immédiat, ce qui exclut toute réflexion de long terme, fondée sur des principes, toute vision politique du monde publiquement débattue. Dans le régime de la gouvernance, nous sommes invités à devenir des petits partenaires obéissants, incarnant à l'identique une vision moyenne du monde, dans une perspective unique, celle du libéralisme. 
Etre médiocre, ce n'est donc pas être incompétent.
Le système encourage l'ascension des acteurs moyennement compétents au détriment des super compétents ou des parfaits incompétents. Ces derniers parce qu'ils ne font pas l'affaire et les premiers parce qu'ils risquent de remettre en cause le système et ses conventions. Le médiocre doit avoir une connaissance utile qui n'enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. L'esprit critique est ainsi redouté car il s'exerce à tout moment envers toute chose, il est ouvert au doute, toujours soumis à sa propre exigence. Le médiocre doit « jouer le jeu ». C'est une expression pauvre qui contient deux fois le même mot relié par un article, c'est dire son caractère tautologique. C'est une expression souriante, d'apparence banale et même ludique. Jouer le jeu veut pourtant dire accepter des pratiques officieuses qui servent des intérêts à courte vue, se soumettre à des règles en détournant les yeux du non-dit, de l'impensé qui les sous-tendent. Jouer le jeu, c'est accepter de ne pas citer tel nom dans tel rapport, faire abstraction de ceci, ne pas mentionner cela, permettre à l'arbitraire de prendre le dessus. Au bout du compte, jouer le jeu consiste, à force de tricher, à générer des institutions corrompues.
La corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu'ils sont corrompus. Quand des sociétés pharmaceutiques s'assurent que l'on guérisse à grands frais des cancers de la prostate pourtant voués à ne se développer de manière alarmante que le jour où ceux qui en sont atteints auront 130 ans. Quand l'université forme des étudiants pour en faire non pas des esprits autonomes mais des experts prêts à être instrumentalisés. 
L'expert au centre de la médiocratie. 
L'expert est souvent médiocre, au sens ci-avant. Il n'est pas incompétent, mais il formate sa pensée en fonction des intérêts de ceux qui l'emploient. Il fournit les données pratiques ou théoriques dont ont besoin ceux qui le rétribuent pour se légitimer. Pour le pouvoir, il est l'être moyen par lequel imposer son ordre.
L'expert s'enferme ainsi dans les paramètres souhaités par telle entreprise, telle industrie, tel intérêt privé. 
Il nous faudrait un nouveau Molière pour faire subir aux experts le sort que l'auteur du Malade imaginaire a réservé aux médecins de son temps. 
La médiocratie ne pousse-t-elle pas aussi à l'affadissement du discours politique ?
Sans surprise, c'est le milieu, le centre, le moyen qui dominent la pensée politique. Les différences entre les discours des uns et des autres sont minimes, les symboles plus que les fondements divergent, dans une apparence de discorde. Les « mesures équilibrées », « juste milieu », ou « compromis » sont érigées en notions fétiches. C'est l'ordre politique de l'extrême centre dont la position correspond moins à un point sur l'axe gauche-droite qu'à la disparition de cet axe au profit d'une seule approche et d'une seule logique.
Dans ce contexte médiocre, règne la combine. Les gouvernants se font élire sur une ligne politique et en appliquent une autre une fois élus, les électeurs profitent des municipales pour protester contre la politique nationale, votent Front national pour exprimer leur colère, les médias favorisent ces dérapages en ne s'intéressant qu'aux stratégies des acteurs. Aucune vision d'avenir, tout le jeu politique est à courte vue, dans le bricolage permanent. 
Comment résister à la médiocratie ?
Résistez d'abord au buffet auquel on vous invite, aux petites tentations par lesquelles vous allez entrer dans le jeu. Dire non. Non, je n'occuperai pas cette fonction, non, je n'accepterai pas cette promotion, je renonce à cet avantage ou à cette reconnaissance, parce qu'elle est empoisonnée. Résister, en ce sens, est une ascèse, ce n'est pas facile.
Revenir à la culture et aux références intellectuelles est également une nécessité. Si on se remet à lire, à penser, à affirmer la valeur de concepts aujourd'hui balayés comme s'ils étaient insignifiants, si on réinjecte du sens là où il n'y en a plus, quitte à être marginal, on avance politiquement. Ce n'est pas un hasard si le langage lui même est aujourd'hui attaqué. Rétablissons-le."
La principale compétence d’un médiocre ? Reconnaître un autre médiocre. Ensemble, ils organiseront des grattages de dos et des renvois d’ascenseur pour rendre puissant un clan qui va s’agrandissant, puisqu’ils auront tôt fait d’y attirer leurs semblables. L’important n’est pas tant d’éviter la bêtise que de la parer des images du pouvoir. « Si la bêtise ne ressemblait pas à s’y méprendre au progrès, au talent, à l’espoir ou au perfectionnement, personne ne voudrait être bête », remarquait Robert Musil. Se satisfaire de dissimuler ses carences par une attitude normale, se réclamer du pragmatisme, mais n’être jamais las de perfectionnement, car la médiocratie ne souffre ni les incapables ni les incompétents. Il faut pouvoir faire fonctionner le logiciel, remplir un formulaire sans rechigner, reprendre naturellement à son compte l’expression « hauts standards de qualité en gouvernance de sociétés dans le respect des valeurs d’excellence » et dire bonjour opportunément aux bonnes personnes. Mais, surtout, sans plus. 
La médiocrité désigne le stade moyen en acte plus que la moyenne. Et la médiocratie est conséquemment ce stade moyen hissé au rang d’autorité. Elle fonde un ordre dans lequel la moyenne n’est plus une élaboration abstraite permettant de concevoir synthétiquement un état des choses, mais une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner. Se dire libre dans un tel régime ne sera qu’une façon d’en manifester l’efficace. 
La division et l’industrialisation du travail – manuel comme intellectuel – ont largement contribué à l’avènement du pouvoir médiocre. Le perfectionnement de chaque tâche utile à un tout qui échappe à tous a contribué à rendre « experts » des sans-dessein pérorant en flux tendus sur des tronçons de vérité, et à réduire à des exécutants des travailleurs pour qui l’« activité vitale n’est rien sinon que l’unique moyen de subsistance ». Karl Marx l’avait relevé dès 1849: le capital, en réduisant le travail à une force, puis à une unité de mesure abstraite, et enfin à son coût (le salaire correspondant à ce qu’il en faut pour que l’ouvrier régénère sa force), a rendu les travailleurs insensibles à la chose même du travail. 
La conformité d’un acte à son mode moyen, lorsqu’obligée et universelle, confine toute une société à la trivialité. Le moyen renvoie étymologiquement au milieu, notamment celui de la profession comme lieu du compromis, voire de la compromission, où nulle œuvre n’advient. Cela se révèle insidieux, car le médiocre ne chôme pas, il sait travailler dur. Il en faut des efforts, en effet, pour réaliser une émission de télévision à grand déploiement, remplir une demande de subvention de recherche auprès d’une instance subventionnaire, concevoir des petits pots de yaourt à l’allure aérodynamique ou organiser le contenu rituel d’une rencontre ministérielle avec une délégation d’homologues. Ne se donne pas les moyens qui veut. La perfection technique sera même indispensable pour masquer l’inénarrable paresse intellectuelle qui est en jeu dans autant de professions de foi conformistes. Et cet engagement exigeant dans un travail qui n’est jamais le sien et dans des pensées qui restent toujours commandées fait perdre de vue leur peu d’envergure. 
Jadis, le médiocre se trouvait décrit en situation minoritaire. Pour Jean de la Bruyère, il était surtout un être vil qui tirait son épingle du jeu grâce à sa connaissance des ragots et des intrigues en vigueur chez les puissants. Le pouvoir, ils le conquièrent progressivement et presque à leur insu. À force de chapeautage, de passe-droits, de complaisance et de collusion, ils coiffent les institutions. Chaque génération aura dénoncé le phénomène en tant qu’il s’amplifie. 
Un système qui se satisfait du peu et qui prescrit rigoureusement cette satisfaction.
Laurence J. Peter et Raymond Hull témoigneront parmi les premiers de ce devenir médiocre à l’échelle de tout un système. Leur thèse développée dans les années d’après-guerre est d’une netteté implacable : les processus systémiques encouragent l’ascension aux postes de pouvoir des acteurs moyennement compétents, écartant à leurs marges les « super compétents » tout comme les parfaits incompétents. Un exemple frappant : dans une institution d’enseignement, on ne voudra pas de la professionnelle qui ne sait pas respecter un horaire et qui ignore tout de sa matière, mais on n’endurera pas davantage la rebelle qui modifiera en profondeur le protocole d’enseignement pour faire passer la classe d’étudiants en difficulté au stade des meilleurs de toute l’école. Le principal reproche qu’on fera à l’intéressée, signalent les auteurs du Principe de Peter, sera certes de déroger aux modalités formelles d’enseignement, mais surtout de susciter « une grave anxiété chez l’enseignant qui, l’année suivante, hériterait d’élèves ayant déjà fait le programme ». On a ainsi créé l’être de « l’analphabète secondaire », selon l’expression d’Hans Magnus Enzensberger, celui que les institutions d’enseignement et de recherche produisent en masse. Ce nouveau sujet, formé sur mesure, se fait fort d’une connaissance utile qui n’enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. « Il se considère comme informé, sait déchiffrer modes d’emploi, pictogrammes et chèques, et le milieu dans lequel il se meut le protège, comme une cloison étanche, de tout désaveu de sa conscience », résume l’écrivain allemand dans son essai Médiocrité et folie. Le savant médiocre ne pense jamais par lui-même, il délègue son pouvoir de pensée à des instances qui lui dictent ses stratégies aux fins d’avancement professionnel. L’autocensure est de rigueur pour autant qu’il sait la présenter comme une preuve de roublardise. 
Zinoviev voyait déjà en cela, à son heure (1976), un psychopouvoir dressant les esprits : « L’imitation du travail se contente seulement d’un semblant de résultat, plus exactement d’une possibilité de justifier le temps dépensé ; la vérification et le jugement des résultats sont faits par des personnes qui participent à l’imitation, qui sont liées à elle, qui sont intéressées à sa perpétuation. » Les participants à ce pouvoir affichent un rictus complice. Se croyant les plus malins, ils se satisfont d’adages tels que : il faut jouer le jeu. Ici, le jeu – expression floue s’il en est et en cela convenant à la pensée médiocre – en appelle tantôt à se plier de manière obséquieuse à des règles établies aux seules fins d’un positionnement de choix sur l’échiquier social, tantôt à se jouer complaisamment de ces règles dans des collusions multiples qui pervertissent l’intégrité d’un processus, tout en maintenant sauves les apparences. Cette expression naïve étaie la bonne conscience d’acteurs frauduleux. 
C’est aussi tout en clins d’œil que les journalistes reprendront les termes tendancieux des communiqués de presse que publient les puissants afin de demeurer dans les courants aveugles de mouvements historiques qu’ils ne conçoivent pas. C’est aussi en soumettant à d’intimidants rites initiatiques la recrue du professorat universitaire qu’on fera valoir à ses yeux la prédominance des logiques du marché sur les principes fondateurs d’institutions publiques qu’il s’agit de détourner. 
Ce jeu auquel il faudrait jouer passe toujours, entre deux clins d’œil, pour un manège que l’on dénonce un peu, mais sous l’autorité duquel on se place tout de même. Pourtant, on se garde bien d’en expliciter les règles générales, car ces règles mêlées à leur conjoncture se confondent inexorablement à des stratégies particulières, le plus souvent personnelles, et arbitraires, pour ne pas dire abusives. C’est le règne de la duplicité et de la triche érigé en jeu tacite dans l’esprit de qui se croit habile, au détriment de ceux que celui-ci relègue au rang d’imbéciles. 
L’« expert », auquel se confond aujourd’hui la majorité des universitaires, s’érige bien entendu comme la figure centrale de la médiocratie. Sa pensée n’est jamais tout à fait la sienne, mais celle d’un ordre de raisonnement qui, bien qu’incarné par lui, est mû par des intérêts particuliers. L’expert s’emploie alors à en transfigurer les propositions idéologiques et les sophismes en objets de savoir apparemment purs – cela caractérise sa fonction. Voilà pourquoi on ne peut attendre de lui aucune proposition forte ou originale. Surtout, et c’est ce que lui reproche par-dessus tout Edward Saïd dans les Reith Lectures de la BBC en 1993, ce sophiste contemporain, rétribué pour penser d’une façon certaine, n’est porté par aucune curiosité d’amateur – autrement dit, il n’aime pas ce dont il parle, mais agit dans un cadre strictement fonctionnaliste. « La menace qui pèse le plus lourd sur l’intellectuel de nos jours, en Occident comme sur le reste du monde, ce n’est ni l’université, ni le développement des banlieues, ni l’esprit affreusement commercial du journalisme et de l’édition, mais plutôt une attitude à part entière que j’appellerais le professionnalisme. »
Saïd reconnaît conséquemment chez l’expert les traits distinctifs des médiocres : « faire “comme il faut” selon les règles d’un comportement correct – sans remous ni scandale, dans le cadre des limites admises, en se rendant “vendable” et pardessus tout présentable, apolitique, inexposé et “objectif” ». Le médiocre devient dès lors pour le pouvoir l’être-moyen, celui par lequel il arrive à transmettre ses ordres et à imposer plus fermement son ordre. 
Ce fait social mène fatalement la pensée publique à un point de conformisme qui se présente sans surprise comme le milieu, le centre, le moment moyen érigé en programme politique. Il se fait l’objet d’une représentation électorale porté par un vaste parti transversal n’ayant à offrir au public pour toute distinction qu’un ensemble de fétiches que Freud désignait par les termes de « petites différences ». Les symboles plus que les fondements sont en cause dans cette apparence de discorde. Il faut voir comment, dans les milieux de pouvoir, comme les parlements, les palais de justice, les institutions financières, les ministères, les salles de presse ou les laboratoires, des expressions telles que « mesures équilibrées », « juste milieu » ou « compromis » se sont érigées en notions fétiches. Tellement, qu’on n’est plus à même de concevoir quelles positions éloignées de ce centre peuvent encore exister pour qu’on participe, justement, à cette proverbiale mise en équilibre. N’existe socialement d’emblée que la pensée à son stade pré-équilibré.  
Perdre l'esprit
La pensée se fait médiocre lorsque ses chercheurs ne se soucient pas de rendre spirituellement pertinentes les propositions qu’ils élaborent. Un autre penseur allemand du début du XXe siècle, Georg Simmel, prédisait un destin tragique aux chercheurs persistant dans cette attitude. C’est comme si, dans son embrigadement économique, la pensée traduisait dans sa pratique les tares de sa propre institution. Il lui faut produire coûte que coûte de la connaissance, peu importe l’écho qu’elle a dans le monde. C’est la théorie qui tend elle-même à devenir inflationniste. L’essai Le concept et la tragédie de la culture témoigne d’un impératif de production tel que l’esprit n’arrive plus à suivre, à se reconnaître, à se dire. La machine s’emballe et ne produit de valeur que pour satisfaire un productivisme d’appareil qui n’a plus rien à voir avec l’acte singulier de penser. D’abord parce que surabondent les éléments objectifs par lesquels la pensée se médiatise, à savoir les livres, les rapports, les œuvres qui elles-mêmes sont composées de théories, de concepts, de données factuelles. Il y a tant à considérer que l’esprit se découvre encombré dans le chemin qui doit le mener à élaborer à son tour une œuvre. Embourbé dans cette marée de productions scientifiques, il risque à son tour de ne rien faire de mieux que d’ajouter au lot un élément supplémentaire qui viendra à son tour accentuer le phénomène. On s’éloigne alors considérablement du processus de connaître, à savoir découvrir sa conscience et ce dont son esprit est capable dans « le bonheur que toute œuvre, grande ou minime, procure à son créateur ». Celui-ci « comporte toujours – outre la libération des tensions internes, la démonstration de la force subjective et le contentement d’avoir rempli une exigence – vraisemblablement quelque satisfaction objective, du simple fait que cette œuvre existe et que l’univers des objets précieux à quelque titre est désormais plus riche de cette pièce-là ». Le processus d’inspiration hégélienne que Simmel traduit n’est plus envisageable. Désormais, la cour est pleine, et engorgée la voie vers la réalisation de la pensée. Le productivisme et son processus d’accumulation en ont eu raison. La multiplication galopante des références obstrue l’esprit dans son travail d’assimilation lente et intime. La médiocrité s’installe alors. Tétanisé devant la montagne de références qui le précède et face à l’infinie petitesse de la question qu’on lui propose de creuser, le chercheur perd l’esprit. Il ne semble plus y avoir de sens à accomplir une œuvre supplémentaire dans le corpus de la culture en méditant ce que les anciens ont réalisé avant soi. Apparaissent plutôt en hordes des gratte-papier se satisfaisant de produire à leur tour du savoir en série, sans se soucier du sens profond que pourrait représenter leur démarche. Un philologue patenté, donné en exemple par Simmel, produira ainsi de la connaissance, massivement et sans perspective aucune.
Notre esprit évolue comme dans une bambusaie. Chaque bambou représente la trace de l'esprit d'un autre. Notre esprit ne voit qu'à quelques mètres au mieux, dans la pénombre. Quand nous avançons c'est de manière erratique. Il existe d'autres manières de progresser dans son cheminement: soit d'apprendre à grimper sur un bambou solide pour contempler d'en haut ce qu'il nous permet de voir ; soit de lever le regard dans les trouées, et de se servir des bambous les plus hauts comme repères pour quadriller l'espace. Certains sont immenses comme des séquoias sur les crêtes des collines, visibles dès que le regard ne rase pas le sol. D'autres, pousses de hauteur banale, ne se détachent que parce ceux qui les entourent sont rabougris, et émergent d'un sol ingrat. C'est pourquoi je préfère l'esprit arpenteur.

Itinéraire de la pensée

Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect.
(M. Twain, 1835 – 1910)

Ce qui est donné aujourd’hui sera compensé par ce qui sera rendu demain.
(K. Polanyi, 1886 - 1964 ; La Grande Transformation, 1944; Eds. Flammarion 1983, p. 81)
Celui qui a pitié du pauvre prête à l'Éternel,
Qui lui rendra selon son œuvre.
(Sainte Bible ; Livre des Proverbes, 19:17)

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l'Auvergnat qui, sans façon,
M'as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid,
Toi qui m'as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
M'avaient fermé la porte au nez…
Ce n'était rien qu'un feu de bois,
Mais il m'avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
À la manièr' d'un feu de joi’. 
Toi, l'Auvergnat quand tu mourras,
Quand le croqu'-mort t'emportera,
Qu'il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.
(G. Brassens, 1921 - 1981 ; Chanson pour l'Auvergnat, 1954)
NDR: Si on prolonge la pensée de Maître Éckhart, citée plus loin: la plupart des gens se demandent comment bien vivre avant de mourir. Il faudrait plutôt se demander avant comment vivre pour mourir bien.

Approchez-vous de Christ, la pierre vivante rejetée par les hommes mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, en tant que pierres vivantes, laissez-vous édifier pour former une maison spirituelle.
(Simon 'Kephas', 'Saint Pierre', ~1 - ~66 ; Première épître, 2:4-5)

Marc-Aurèle put, grâce à la sobriété de son régime et à la règle de ses mœurs, mener une vie de travail et de fatigue. Il avait commencé, en effet, par respirer l'air libre et le soleil dans ces jardins du mont Cœlius où il était né; il avait développé les forces de son enfance par une éducation essentiellement naturiste; puis, il avait passé les plus beaux jours de sa jeunesse à la mer, à la campagne, à la montagne, à travailler son esprit, certes, mais aussi à courir par monts et par vaux.
(M. Meunier, 1880 - 1960 ; Marc-Aurèle - Pensées pour moi-même, 1933) 

Quitte toi aussi, à la première occasion, ce vacarme, cette agitation vaine, ces travaux dépourvus du moindre intérêt, et donne-toi à l'étude et au repos : comme le dit notre cher Atilius avec tant de profondeur et d’humour, "mieux vaut être oisif que ne rien faire !" 
(Pline le Jeune, ~62 – ~115 ; Le temps à soi - lettre à Minicius Fundanus

Assis à observer l’horizon
Besoin d’espace... pour les rêves, pour les rêves
Assis à observer l’horizon
Besoin d’espace... t'as les pieds sur terre
Assis à observer l’horizon
Besoin d’espace
Assis à observer l’horizon
Besoin d’espace
 
Je dois rester hors de leur toile
   loin de ces vérités sous voile
Voir plus loin que la raison
   comme le souvenir souvent triomphant De l'oraison,
   l'entrave n'est que physique en cette terre d'illusion
Ils sont légion
   accusant d'hérésie
   ceux qui ont choisi
   une mentale évasion
Vois ces myriades de bombes souffler autant de sourire sans excuse aucune
Une vie d’chien vaut rien,
   celle d'un gosse c'est pire
Nous dire
   que c'est pour le bien
   c'est n'ouvrir
   qu'une fenêtre sur un mur
Où l’billet fait papier peint quand la vue est restreinte, on pense bien moins
J'irais plus loin qu’ça, plus loin que ceux qui croient plus loin que cette place de parking
Où gît mon nom gravé sur une pancarte noire, j'veux pas de leurs horizons
Abyssale prison
   où l'mensonge tombe comme au temps de la mousson
Si je bois le bouillon,
   j'entraîne le moussaillon
Je veux pas d’leur solution,
   elles ont l’goût de poison
J’serai pas le bâton
   frappant les rejetons,
   ils me feront pas croire Qui y'a qu'là qu'on est bon,
   brandir le tison
La haine attisée,
   assis au coin à tiser,
   on s’fait facilement hypnotiser
   une fois alcoolisés.

Tout c'qui est visible est visable,
   vies, cibles et mirages
Défends avec ardeur tout c'qui est miscible et bizarre,
   ce sont des visages
Émaciés, trait visible, héritages,
   missiles et sillages
Missive et visa,
   illisible épitaphe.
Tout c'qui est visible est visable, vies, cibles et mirages
Défends avec ardeur tout c'qui est miscible et bizarre, ce sont des visages
Émaciés, trait visible, héritages, missiles et sillages
Missive et visa, illisible épitaphe.
 
Bâillonné à l'âge tendre, élevé pour usiner
À force de rien y voir, j'ai cru qu'à seize ans ils allaient m'fusiller
Gosse que c'bled ne veut pas reconnaître, par peur peut être.
Le béton s'est écarté, ma feuille est devenue cette formidable steppe
Aussi loin qu'j'me rappelle, au crépuscule, j'pensais qu'le globe
Solaire chutait dans la mer et s'noyait, décès sans appel
Laissé sans affaires, intersection vitale, où les grands s'affairent
Seul dans ces lieux par manque d'argent ça ferme
Illuminé par l'unique faisceau naturel, dans c'monde vénal
J'ai survécu à deux plongées en apnée dans l'Etna
Mirage matriciel où la réussite est cruciale
Ils m'ont braqué, pris ma part du ciel, celle qu'on voit des rues sales
Du poivre et du sel, dans un jour fade, j'fus l'hirondelle
Absent des marches et des murs au seuil d'une journée froide
Aujourd'hui ils m'inondent de ciment,
   et si j'mens,
   j'tombe vivement
Ici pour du vent,
   on te stoppe si facilement.
Quand j'étais p'tit,
   tiens déjà, seul, j'rêvais de l'infini,
   où la lumière finit
Où tout s'unit,
   où personne nie,
   c'qu'on dit
Mais bon, ici,
   on est pas parfait,
   donc j'ai avancé,
   au milieu d'empaffés
Coincés
   dans leurs cultures arriérées
Moi, j'voulais m'aérer,
   errer,
   opérer
   un changement qu'on verrait
Histoire d'voir plus loin, qu'les autres Qui, serrés
   autour d'nous, c'était normal d'voir un proche qui coulait
La foi permettait
   seulement d'être ailleurs, quand on voulait méditer
Métissée,
   mon odyssée,
   dans l'mal, j'voulais pas glisser
J'voulais hisser,
   l'bien, aux d'sus d'tout
Car l'espace c'est l'pouvoir, qui contrôle, et organise
L'sens du terrain, la liberté, et l'free c'est la balise
Là d'dans, c'est quoi que j'visais,
   mon mode de vie, fallait l'réviser
Quitter la guigne et ces bancs, pour aller visiter les étoiles
Elles sont liées à nous, comme on l'est avec nos gosses, man
Le but final, c'est d'éviter l'mauvais sort qui condamne.
Voyager vers l’horizon
Voici, voici la vérité
Raser le temps pour l’éternité

(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ; G. ' Shurik'n ' Mussard, 1966 - ; Aussi loin que l'horizon , in IAM, Revoir un printemps, 2003)

On ne pourrait ramener l’ignorance sans rappeler la servitude avec elle. 
(M.J.A.N. de Caritat, marquis de Condorcet, 1743 - 1794 ; Sur la nécessité de l’instruction publique, 1793)
La liberté commence où l'ignorance finit.
(V. Hugo, 1802 – 1885; Océan, posthume)

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer 
Liberté
(P. Éluard, 1895 - 1952 ; Liberté in Poésie et Vérité, 1942)
"J'ai écrit ce poème pendant l'été de 1941. En composant les premières strophes [...] je pensais révéler pour conclure le nom de la femme que j'aimais, à qui ce poème était destiné. Mais je me suis vite aperçu que le seul mot que j'avais en tête était le mot liberté."

La patience et la volonté font des miracles.
(M.-L. F. Angers, 'Laure Conan', 1845-1924 ; L'obscure souffrance, 1919)
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage. 

(J. de la Fontaine, 1621-1695 ; Fables choisies, mises en vers par M. de la Fontaine, Livre II, 1668)  

Sapience n'entre point en âme malivole, et science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
(F. Rabelais, 1493 – 1553)

J'ai toujours ressenti le besoin intuitif d'être -ou de m'affirmer instinctivement- contre toute opinion, en même temps que le besoin de la respecter, pour mieux pouvoir la comprendre. Mon père disait "tu es toujours contre ceux qui sont pour et pour ceux qui sont contre". Être tout contre en somme. Cela a lancé mon esprit dès la petite enfance, et le dialogue sans fin avec moi-même. J'ai évité le piège du repli, celui du cynisme, celui des labyrinthes, celui du mépris, car j'ai toujours cultivé une capacité d'étonnement. Ce n'est qu'après la rencontre avec Berdiaev, bien plus tard, que j'ai compris que l'étrangeté que je pouvais ressentir face à certains esprits était erronée. Deux esprits ne peuvent pas être étrangers. Ils sont indépendants, comme le sont deux mains d'un même corps. L'Étranger de Camus devenait une forme extrême d'indépendance, un manchot. 
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Quand les règles ne sont pas compréhensibles, je ne joue pas. 
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Est-ce que je veux apprendre pour connaître comment fonctionne le monde?
Oui, je le veux.
NDR: moi, découvrant intuitivement ma pensée métacognitive.
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J'en ai assez de ces visages qui me regardent sans me voir [...]
Laissez-moi partir de ce monde qui meurt!
NDR:  Fragment de poème, 1982
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L'Histoire a un sens, vers la vie.
 (B.L. Paul, 1970 - )

Divitiæ bona ancilla, pessima domina.
Wealth is a good maid servant but the worst possible mistress.
La richesse est une bonne servante, mais la pire des maîtresses du logis possible.
(F. Bacon, 1561 - 1626 ; De Dignitate et Augmentis Scientiarum, Livre 6.3, 1623)

Connais-toi toi-même.
(Maxime gravée au fronton du sixième temple d'Apollon à Delphes lequel fut construit au IVème siècle av. J.-C., et attribuée à Héraclite d'Ephèse : "Je me suis cherché moi-même." ; Fragment 101)
L’âme est d’une certaine manière toutes choses, car elle est destinée par nature à connaître toutes choses.
(Saint-Thomas ; De Veritate)
Qui veut arriver à la plus haute perfection de son être et à la contemplation de Dieu, du Bien suprême, il faut qu'il ait une connaissance de lui-même, comme de ce qui est au-dessus de lui, jusqu'au fond. Ce n'est qu'ainsi qu'il arrive à la plus haute pureté. C'est pourquoi, cher être humain, apprends à te connaitre toi-même, cela t'est meilleur que si tu connaissais les forces de toutes les créatures !
(Maître Eckhart ; Oeuvres, 1987) 
L’épouvantable immensité des abîmes du ciel est une illusion, un reflet extérieur de nos propres abîmes, aperçus « dans un miroir ». Il s’agit de retourner notre œil en dedans et de pratiquer une astronomie sublime dans l’infini de nos cœurs, pour lesquels Dieu a voulu mourir. Aucun homme ne peut voir que ce qui est en lui. Si nous voyons la Voie lactée, c’est qu’elle existe véritablement dans notre âme.
(Léon Bloy ; Journal, 6 juin 1894) 
Comme votre perspective est extravertie, vous avez perdu de vue le Soi, et votre vision est tournée vers le monde extérieur. Le Soi ne se trouve pas dans les objets extérieurs. Renversez votre regard vers l'intérieur de vous. Plongez en vous et vous serez le Soi.
(Ramana Maharshi) 
Celui qui connaît les hommes est prudent.
Celui qui se connaît lui-même est éclairé.
(Lao Tseu ; Tao Te Ching, chap 33) 
Les sages, quelques divergentes que fussent leurs opinions et leurs religions, ont avancé que l'une des anciennes révélations d’Allâh le Très-Haut est : "Connais-toi toi-même car, en te connaissant, tu connaîtras toutes les choses."
(Abû Manṣûr 'Abd al-Malik Ibn Muhammad Ibn Ismâ’îl Tha'âlibî ; Âbâd al mulûk)
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Toutes ces interprétations extérieures, sans être toujours entièrement fausses, ne justifient pas le caractère sacré qu’elle avait à l’origine, et qui implique un sens beaucoup plus profond que celui qu’on voudrait ainsi lui attribuer. Elle signifie d’abord qu’aucun enseignement exotérique n’est capable de donner la connaissance réelle, que l’homme doit trouver seulement en lui-même, car, en fait, toute connaissance ne peut être acquise que par une compréhension personnelle.
Sans cette compréhension, aucun enseignement ne peut aboutir à un résultat efficace, et l’enseignement qui n’éveille pas chez celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de connaissance. C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est déjà en lui ». Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce qu’il appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ».
[...] La similitude qui existe entre le macrocosme et le microcosme fait que chacun d’eux est l’image de l’autre, et la correspondance des éléments qui les composent montre que l’homme doit se connaître lui-même d’abord pour pouvoir connaître ensuite toutes choses, car, en vérité, il peut trouver toutes choses en lui. C’est pour cette raison que certaines sciences – surtout celles qui faisaient partie de la connaissance ancienne et qui sont presque ignorées par nos contemporains – possèdent un double sens. Par l’apparence extérieure, ces sciences se rapportent au macrocosme et peuvent être considérées justement à ce point de vue. Mais en même temps elles ont aussi un sens plus profond, celui qui se rapporte à l’homme lui-même et à la voie intérieure par laquelle il peut réaliser la connaissance en lui-même, réalisation qui n’est autre que celle de son propre être. Aristote a dit : « l’être est tout ce qu’il connaît », de telle sorte que, là où il y a connaissance réelle – non son apparence ou son ombre – la connaissance et l’être sont une seule et même chose.

L’ombre, suivant Platon, est la connaissance par les sens et même la connaissance rationnelle qui, bien que plus élevée, a sa source dans les sens. Quant à la connaissance réelle, elle est au-dessus du niveau de la raison ; et sa réalisation, ou la réalisation de l’être lui-même, est semblable à la formation du monde, suivant la correspondance dont nous avons parlé plus haut.

C’est pourquoi certaines sciences peuvent la décrire sous l’apparence de cette formation ; ce double sens était inclus dans les anciens mystères, comme il se rencontre aussi dans toutes les sortes d’enseignement visant le même but parmi les peuples de l’Orient.

Il semble qu’en Occident également cet enseignement a existé pendant tout le Moyen Age, bien qu’aujourd’hui il ait complètement disparu au point que la plupart des Occidentaux n’ont aucune idée de sa nature ou même de son existence.

Par tout ce qui précède, nous voyons que la connaissance réelle n’a pas pour voie la raison, mais l’esprit et l’être tout entier, car elle n’est autre chose que la réalisation de cet être dans tous ses états, ce qui est l’achèvement de la connaissance et l’obtention de la sagesse suprême. 
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951; article repris dans Mélanges, Chap. VI « Connais-toi toi-même », Pp. 54-56, première publication en 1931)

Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison.
(Jean, 'Saint Marc', 1 - 68 ; Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc, 6:4)

Je veux vous parler
De l’arme de demain
Enfantée du monde
Elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi,
De vous
[...]
La bombe humaine,
Tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur
Juste à côté du cœur
La bombe humaine,
C’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un
Prendre en main ton destin
C’est la fin 
(J.-L. Aubert, 1955 - ; La Bombe Humaine, 1979)

[...] Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n'être qu'un penseur.
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant.
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[...] If you can wait and not be tired by waiting, 
Or, being lied about, don't deal in lies,
Or, being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;
If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
(R. Kipling, 1865 – 1936 ; Tu seras un homme, mon fils / If, 1895)

Les hommes vont admirer les hauteurs des montagnes, les flots immenses de la mer, les cours très larges des fleuves, le pourtour de l'océan, le manège des étoiles, et s'abandonnent eux-mêmes! (1)
J'eux honte, je l'avoue. Priant mon frère, avide d'écouter, de ne pas me déranger, je refermai le livre, irrité contre moi-même d'admirer encore des choses terrestres, moi qui aurait dû depuis longtemps apprendre des philosophes païens eux-mêmes que :
Rien ne mérite l'admiration sinon l'âme, que rien n'est grand devant elle quand elle sait être grande. (2)
(F. Petrarca, 'Pétrarque', 1304 - 1374 ; Lettre au Père augustinien Dionigi dei Roberti (1336) in Lettres familières, 1341)
(1) : A. Augustinus, 'saint Augustin d'Hippone', 354 – 430 ; Les Confessions X, 8, 15 ; écrit en 398.
NDR: Au sommet du Mont Ventoux le 26 Avril 1336, 938 ans plus tard, Pétrarque lut cette phrase par hasard, ce qui constitua le point de départ conscient du courant humaniste à la Renaissance. 
(2) : L.A. Seneca, 'Sénèque', ~1 - 65 ; Epistulae morales ad Lucilium, I, 8, 5 ; écrit en 63-64. 

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. / All we have to decide is what to do with the time that is given us. (t1, p. 68)
Et qui brise quelque chose pour découvrir ce que c'est a quitté la voie de la sagesse. / And he that breaks a thing to find out what it is has left the path of wisdom. (t1, p. 287) 
Car rien n'est mauvais au début. Même Sauron ne l'était pas. / For nothing is evil in the beginning. Even Sauron was not so. (t1, p. 296) 
Mais vous savez assez bien à présent que le commencement est une revendication trop grande pour quiconque, et que tout héros ne joue qu'un petit rôle dans les grandes actions. / But you know well enough now that starting is too great a claim for any, and that only a small part is played in great deeds by any hero. (t1, p. 298) 
Le monde est en vérité empli de périls, et il y a en lui maints lieux sombres ; mais il y en a encore beaucoup de beaux, et quoique dans tous les pays l'amour se mêle maintenant d'affliction, il n'en devient peut-être que plus grand. / The world is indeed full of peril, and in it there are many dark places; but still there is much that is fair, and though in all lands love is now mingled with grief, it grows perhaps the greater. (t1, p. 381)
La volonté du mal ruine souvent le mal. / Oft evil will shall evil mar. (t2, p. 640)
Où la volonté ne désire rien (NDT: "ne manque pas" est une mauvaise traduction), une voie s'ouvre. / Where will wants not, a way opens. (t3, p. 860) 
Il doit souvent en être ainsi, Sam, quand les choses sont en danger : quelqu'un doit y renoncer, les perdre de façon que d'autres puissent les conserver. / It must often be so, Sam, when things are in danger: some one has to give them up, lose them, so that others may keep them. (t3, p. 1096)
(J.R.R. Tolkien, 1892-1973 ; Le Seigneur des Anneaux, 1954-1955 ; éd. Christian Bourgois, 1972-1973)

Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.
(Anaxagore, 500 – 428 av. J.-C.)

La logique mène à tout à condition d’en sortir, dit un sage.
(A. Allais, 1854 - 1905 ; Inanité de la logique

Life is pretty simple: You do some stuff. Most fails. Some works. You do more of what works. If it works big, others quickly copy it. Then you do something else. The trick is the doing something else.
(T. Peters, 1942 - ; The Best Corporate Strategy? None, Of Course. Chicago Tribune July 11, 1994)

Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.
(F. Herbert, 1920 – 1986 ; Dune, 1965)
I'll miss the sea, but a person needs new experiences. They jar something deep inside, allowing him to grow. Without change something sleeps inside us, and seldom awakens. The sleeper must awaken.
(F. Herbert, 1920 – 1986 ; Dune, 1965) 
Nous sommes éduqués à croire, et non à savoir. La croyance peut être manipulée. Seul le savoir est dangereux.
(F. Herbert, 1920 – 1986 ; Le Messie de Dune, 1969)

- La population optimale est sur le modèle de l'iceberg: huit neuvièmes au-dessous de la ligne de flottaison, un neuvième au-dessus.
- Et sont-ils heureux, au-dessous de la ligne de flottaison en dépit de ce travail affreux?
- Ils ne le trouvent pas tel, eux. Au contraire, il leur plait. Il est léger, et d'une simplicité enfantine. Pas d'effort excessif de l'esprit, ni des muscles. Sept heures et demie d'un travail léger, nullement épuisant, et ensuite la ration de soma, les sports, la copulation sans restriction, et le Cinéma Sentant. Que pourraient-ils demander de plus? Le monde est stable à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu'ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu'ils ne peuvent obtenir. (...) Ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s'empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma — que vous flanquez froidement par la fenêtre au nom de la liberté, monsieur le Sauvage. La Liberté ! Vous vous attendez à ce que les Deltas sachent ce que c'est que la liberté ! Et voilà que vous vous attendez à ce qu'ils comprennent Othello ! (...) Mais c'est là la rançon dont il nous faut payer la stabilité. Il nous faut choisir entre le bonheur et ce que l'on appelait autrefois le grand art. Nous avons sacrifié le grand art. Nous avons à la place le Cinéma Sentant et l'orgue à parfums.
- Mais ils n'ont aucun sens!
- Ils représentent pour le spectateur un tas de sensations agréables. (...) Cela exige l'habileté la plus énorme. Vous fabriquez des tacots avec le minimum d'acier, et des œuvres d'art avec pratiquement rien d'autre que de la sensation pure. 
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Ce n'est pas seulement l'art qui est incompatible avec la stabilité. Il y a aussi la science. La vérité est une menace, et la science est un danger public. Nous sommes obligés de la tenir soigneusement enchaînée et muselée. (...) Elle nous a donné l'équilibre le plus stable de l'histoire. Mais nous ne pouvons pas permettre à la science de défaire ce qu'elle a accompli. Voila pourquoi nous limitons avec tant de soins le champ de ses recherches. Nous ne lui permettons de s'occuper que des problèmes les plus immédiats du moment. Toutes les autres recherches sont soigneusement découragées.

(A. Huxley, 1894 – 1963 ; Le meilleur des mondes, 1931)  

Reality is that which, when you stop believing in it, doesn't go away.
(P.K. Dick, 1928 – 1982)   

Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan.
L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre.
(C. Baudelaire, 1821 - 1867 ; Mon cœur mis à nu, 1864)

The shadow is a moral problem that challenges the whole ego-personality, for no one can become conscious of the shadow without considerable moral effort. To become conscious of it involves recognizing the dark aspects of the personality as present and real. This act is the essential condition for any kind of self-knowledge.
(C.G. Jung, 1875 - 1961 ; Aion, 1951) 
NDR: ma réponse à Baudelaire et à Jung. 

La méthode dans les sciences, la purification dans la vie personnelle sont les deux conditions de la vérité. Si vous négligez la première, vous n'aurez de vous-mêmes et du monde qu'une image floue; si vous négligez la seconde, le savoir essentiel, qui donne sens à la vie, vous échappera toujours, votre science se limitera à l'enchaînement des faits et des signes abstraits.

Ils auraient dû être pour nos dix-huit ans des médiateurs et des guides nous conduisant à la maturité, nous ouvrant le monde du travail, du devoir, de la culture et du progrès – préparant l'avenir. Parfois, nous nous moquions d'eux et nous leur jouions de petites niches, mais au fond nous avions foi en eux. La notion d'une autorité, dont ils étaient les représentants, comportait à nos yeux, une perspicacité plus grande et un savoir plus humain. Or, le premier mort que nous vîmes anéantit cette croyance. Nous dûmes reconnaître que notre âge était plus honnête que le leur. Ils ne l'emportaient sur nous que par la phrase et l'habileté. Le premier bombardement nous montra notre erreur et fit écrouler la conception des choses qu'ils nous avaient inculquée.
(E. M. Remarque, 1898-1970 ; À l'Ouest, rien de nouveau, 1929)

Ne cherche plus longtemps de fontaine,
Toi qui as besoin d'eau,
Ne cherche plus: aux larmes d'Hélène,
Va-t'en remplir ton seau. 
Moi j'ai pris la peine
De m'y arrêter,
Dans le coeur d'Hélène
Moi qui ne suis pas capitaine,
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée...
Et, dans le coeur de la pauvre Hélène,
Qui avait jamais chanté,
Moi j'ai trouvé l'amour d'une reine
Et moi je l'ai gardé.
(G. Brassens, 1921 - 1981; Les sabots d'Hélène, 1954)

In times of universal deceit, telling the truth becomes a revolutionary act. [...] 
The essence of oligarchical rule is not father-to-son inheritance, but the persistence of a certain world-view and a certain way of life. [...] 
A ruling group is a ruling group so long as it can nominate its successors. [...] 
Who wields power is not important, provided that the hierarchical structure remains always the same. [...]
He who controls the present, controls the past.
He who controls the past, controls the future.
(E.A. Blair, 'George Orwell', 1903-1950 ; 1984, 1949)  
NDR: The last sentence was not accurate enough. Orwell should have written: He who controls the future, controls the present. Or: He who controls the past, must before control the future.

To know and not to know, to be conscious of complete truthfulness while telling carefully constructed lies, to hold simultaneously two opinions which cancelled out, knowing them to be contradictory and believing in both of them, to use logic against logic, to repudiate morality while laying claim to it, to believe that democracy was impossible and that the Party was the guardian of democracy, to forget, whatever it was necessary to forget, then to draw it back into memory again at the moment when it was needed, and then promptly to forget it again, and above all, to apply the same process to the process itself – that was the ultimate subtlety ; consciously to induce unconsciousness, and then, once again, to become unconscious of the act of hypnosis you had just performed. Even to understand the word 'doublethink' involved the use of doublethink.[...] 
The power of holding two contradictory beliefs in one's mind simultaneously, and accepting both of them... To tell deliberate lies while genuinely believing in them, to forget any fact that has become inconvenient, and then, when it becomes necessary again, to draw it back from oblivion for just as long as it is needed, to deny the existence of objective reality and all the while to take account of the reality which one denies – all this is indispensably necessary. Even in using the word doublethink it is necessary to exercise doublethink. For by using the word one admits that one is tampering with reality ; by a fresh act of doublethink one erases this knowledge ; and so on indefinitely, with the lie always one leap ahead of the truth.
(E.A. Blair, 'George Orwell', 1903-1950 ; 1984, 1949)  

Châtelet, Châtelet les Halles
Station balnéaire mais où y'a pas la mer
Voir un peu de bleu, Châtelet, échouer sa galère
Marquer son passage, suivre les tags quand y'a plus de repères
Châtelet la fin du voyage, la fin du voyage, la fin du voyage
La fin du voyage. 
Châtelet les Halles
Station balnéaire 
Marquer son passage, suivre les tags quand y'a plus de repères
Châtelet la fin du voyage
La fin du voyage.
(C.J.S. Maurici 'Calogero', L. Florence, G. Maurici ; Châtelet les Halles, 2000)

"There is a difference between [political] assassination and killing .... The word 'kidnap' sounds to me like a term used in - in law. Remember that I'm a CIA agent, CIA background. We neutralise these things. We don't think... in criminal terms."
(B.L. Barker, 1917 - 2009 ; member of secret group 'Operation 40' who committed the failed Watergate robbery ; CBS interview, c.1976)

Ce qui anime un savant, c’est avant tout ce qu’il sait qu’il ne sait pas et qui se projette en avant du processus d’individuation qu’est la vie technique en tant qu’elle est inachevée sur un mode spécifique – l’inconnu étant la projection en et par le savant de cet inachèvement pour quoi il met en branle tout ce qu’il sait, tout son savoir, où il tente de déchiffrer en creux les motifs de son in-connu (de questions qui le mettent en crise et l’individuent comme savant sachant qu’il ne sait pas).
(B. Stiegler, 1952 - ; Pharmacologie du Front National, 2013)

In the present critical stage of American development I would call your attention to the following maxim of the " money lenders " of the Old World : "Let us control the money of a country, and we care not who makes its laws." Those who favor the continuance of banks of issue in this country are to be classified in history with John Sherman and Nelson W. Aldrich and the money power.
(T.C. Daniel, 1857 - 1923 ; letter to President W. Wilson, May 8, 1913; reported in his statement for the joint hearings before the subcommittees of the Committees on Banking and Currency of the Senate and of the House of Representatives, charged with the investigation of rural credits, Sixty-third Congress, second session, part 1, pp. 664, February 16, 1914; full transcript ; Daniel was the author of Real Money versus Bank Credit as a Substitute for Money, 1911, and of The High Cost of Living: Cause — Remedy, 1912)

"Let us control the money of a country and we care not who makes its laws." This is the maxim of the house of Rothschilds, and is the foundation principle of European banks. 

[When massive information exist, and because the facts may be terrible,] Those who want to know already know. Those who cannot face the music will never be able to confront the facts regardless of what I or anyone else writes or reveals.
(P.C. Roberts, 1939 – )  

La recherche de la Voie est la Voie elle-même.
(L. Er, 'Lao Tseu', 570 – 490 av. J.-C.) 
NDR: Autrement dit: le vrai but du voyage c'est le cheminement, pas la destination. 

The most revolutionary thing one can do is always to proclaim loudly what is happening.
(R. Luxemburg, 1870 - 1919)

Nous peinons toujours à nous doter d’universités, c'est à dire de lieux d’enseignement et de recherche où les disciplines, au lieu de s’ignorer, se fructifient mutuellement parce que les professeurs y forment un corps. 
(A.A. Cournot, mathématicien, économiste et philosophe, 1801 - 1877) 

Le demi-savoir triomphe plus facilement que le savoir complet: il conçoit les choses plus simples qu’elles ne sont, et en forme par suite une idée plus saisissable et plus convaincante.
(F.W. Nietzsche, 1844 – 1900 ; Humain, trop humain, 1878)  

Sapere aude. [Ose savoir.]
(Quintus Horatius Flaccus, 'Horace', 65 - 8 av. J.C. ; Epîtres, I, 2, 40)

Aie le courage de te servir de ton propre entendement.
(I. Kant, 1724 - 1804 ;  Qu'est-ce que les Lumières ?, 1784)
Apprenez à penser par vous-même. Si vous ne le faites pas, d'autres le feront pour vous.
(J.-P. Petit, 1937 – ) 

Time is the coin of your life. It is the only coin you have, and only you can determine how it will be spent. Be careful lest you let other people spend it for you. 
(C. Sandburg, 1878 - 1967)


C'est insoupçonnable ce que les services secrets
Sont capables d'organiser pour fragiliser un Etat ennemi
Trafic de l'armement, former des mercenaires pour tomber son gouvernement
Se faire payer non pas en cash mais en cocaïne
Puis faire des campagnes pour une jeunesse clean
Le double discours et le vague font parti de leur métier
J'ai appris à m'en méfier
[...]
C'est un égout qui coule au dessus de nous
Alimente mon dégoût parce que face à l’incrédulité des gens qui votent
Un gouvernement ferait tous pour ça
Quand en fait il n'y a, rien de tel qu'un attentat contre son propre pays
Une prise d'otage bidon pour provoquer la saillie
Du désir d'ordre et de sécurité
La dérive vers l’extrême est générée par ce biais puis viennent
Les flatteries et les compliments envers les condés et les bavures sont oubliées
Car devant le discrédit, les haut-placés sont sourds
C'est un autre scénario d'une affaire en cours
(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ; G. ' Shurik'n ' Mussard, 1966 - ; Affaire en cours, in IAM, Ombre est lumière, 1993)
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Lui a droit à des études poussées
Pourquoi j’ai pas assez d’argent pour acheter leurs livres et leurs cahiers
Pourquoi j’ai dû stopper les cours
Pourquoi lui n’avait pas de frère à nourrir, pourquoi j’ai dealé chaque jour

Pourquoi quand moi je plonge, lui passe sa thèse
Pourquoi les cages d’acier, les cages dorées agissent à leur aise
Son astre brillait plus que le mien sous la grande toile
Pourquoi ne suis-je pas né sous la même étoile? 
(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ;  Nés sous la même étoile ; in IAM, L'école du micro d'argent, 1997) 
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J'ai une certitude
L'évaporation des lettres libère du joug, de la servitude
Et si aujourd'hui beaucoup en font usage
C'est pour briser les chaînes des nouvelles formes d'esclavage
En vogue dans nos sociétés à l'Ouest rien de nouveau
Les clés sont des mots
Sinon pourquoi les nazis auraient-ils fait des autodafés
A Toulon, les livres se vendraient en toute liberté
Mais nos textes par voie hertzienne prennent le chemin des airs
Nos voix ne seront pas prisonnières
Parti pris pour la musique, cette atmosphère unique
Casse les lois de l'asservissement psychique
(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ; Imhotep ; Kheops ; Libère mon imagination ; in IAM, L'école du micro d'argent, 1997)  
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Quand j’étais gosse j’avais la constance,
La passion des connaissances, j’étais destiné à la science
Puis j’ai laissé tomber les mathématiques, la physique, la botanique
Mais j’ai continué de disséquer les réactions
Observer les mécanismes de l’évolution des actions
C’est comme regarder à travers des verres convexes
Il faut projeter à plat pour voir les méandres du cortex
L’homme est complexe, heureux ou amer
Laisser parler le sujet, un point qui m’est cher
Qu'il soit bien ou pas peu importe je m’en sers
En créant un personnage aimé dans ce caractère en vers
C’est ma philosophie, ma pensée tortueuse imbriquée dans mon cerveau
Un jeu chinois compliqué, 20 milles lieux sous l’esprit
Tu travailles à la Comex, sûr je te vexe
[...]
Je pense donc je suis un zeste minoritaire, solitaire
Je suis trop complexe dans l’expression de mes réflexions
Ne jugez pas mon art sur ce texte, ce n’est qu’une section
(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ; Complexe ; in IAM, L'école du micro d'argent, réédition 2013) 
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Ainsi l’époque veut qu’Judas soit présenté comme bonEt les gens d’sa trempe s’multiplient en d’ça des murs du LacydonD’autres s’en lavent les mains, indifférents au code d’conduite qui régit nos viesEt voir la moue d’ces lâches en dit long
(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ; Aux âmes offensées, in Black Album, 2002) 

Qui dira le sentiment qu'on éprouve en entrant dans ces forêts aussi vieilles que le monde, et qui seules donnent une idée de la création, telle qu'elle sortit des mains de Dieu?
(F.R. de Chateaubriand, 1768 – 1848)

Je patine vers l'endroit où le palet va être, et non vers là où il a été.
(W.D. Gretzky, 1961 – )

Que nul n'entre ici s'il n'est capable d'arpenter.
(Attribué à Plátôn, 427 – 347 av. J.-C.)

Un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis est capable de changer le monde. D'ailleurs rien d'autre n'y est jamais parvenu.
(M. Mead, 1901-1978)

Il nous faut reconstruire tout ce que les anciennes générations avaient élaboré et qui a été réduit en pièces.
(B.L. Paul, 1970 - ) 

Il faut commencer par là, la conscience, [...] un combat culturel et éducatif de tous les jours, et de longue haleine [contre] l’individualisme, l’égoïsme, la haine, les privilèges.
(H. Chavez, 1954 - 2013 ; cité par R. Herrera, La Pensée, n° 375, juillet/septembre 2013)

Ceux qui arriveront à vaincre tous ces obstacles, et à triompher de l'hostilité d'un milieu opposé à toute spiritualité, seront sans doute peu nombreux ; mais, encore une fois, ce n'est pas le nombre qui importe, car nous sommes ici dans un domaine dont les lois sont tout autres que celles de la matière. Il n'y a donc pas lieu de désespérer ; et, n'y eût-il même aucun espoir d'aboutir à un résultat sensible avant que le monde moderne ne sombre dans quelque catastrophe, ce ne serait pas encore une raison valable pour ne pas entreprendre une œuvre dont la portée réelle s'étend bien au-delà de l'époque actuelle. Ceux qui seraient tentés de céder au découragement doivent penser que rien de ce qui est accompli dans cet ordre ne peut jamais être perdu, que le désordre, l'erreur et l'obscurité ne peuvent l'emporter qu'en apparence et d'une façon toute momentanée, que tous les déséquilibres partiels et transitoires doivent nécessairement concourir au grand équilibre total, et que rien ne saurait prévaloir finalement contre la puissance de la vérité ; leur devise doit être celle qu'avaient adoptée autrefois certaines organisations initiatiques de l'Occident : Vincit omnia Veritas.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951; La crise du monde moderne, 1927) 
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(…) étant donné l’état d’anarchie intellectuelle dans lequel est plongé l’Occident, tout se passe comme s’il s’agissait de tirer du désordre même, et de tout ce qui s’agite dans le chaos, tout le parti possible pour la réalisation d’un plan rigoureusement déterminé. Nous ne voulons pas insister là-dessus outre mesure, mais il nous est bien difficile de ne pas y revenir de temps à autre, car nous ne pouvons admettre qu’une race tout entière soit purement et simplement frappée d’une sorte de folie qui dure depuis plusieurs siècles, et il faut bien qu’il y ait quelque chose qui donne, malgré tout, une signification à la civilisation moderne ; nous ne croyons pas au hasard, et nous sommes persuadé que tout ce qui existe doit avoir une cause ; libre à ceux qui sont d’un autre avis de laisser de côté cet ordre de considérations. 
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951; Orient et Occident, 1924)

Puisque tout recommence toujours, ce que j'ai fait sera, tôt ou tard, une source d'ardeurs nouvelles après que j'aurai disparu.
(C. A. J. P-M. de Gaulle, général de Gaulle, 1890 - 1970; Mémoires de guerre - Le Salut, 1959)


Je ne sais qui a dit cette parole célèbre : – Celui qu’un dieu pousse à sa perte prend souvent le mal pour le bien, et il n’est garanti de la ruine que pour très peu de temps.
(Sophocles, 496 - 406 av. J.C. ; Antigonè)
Quos Iuppiter vult perdere, dementat prius. 
Quand Dieu veut quelqu'un châtier,
De bon sens le fait varier.  
Dieu rend fous ceux qu'il veut perdre. 
(vieux proverbe français du Moyen Âge ; source, 1860)
NDR: 'Allah Decided to Punish Turkey Leaders By Making Them Lose Their Minds', 3/12/2015

For these Thoughts, and my ongoing commentary, are meant to impact exactly as the "gentleman" said they would. People hear them, and whether believed or not, the words leave a mark. A mental mark on the trail, if you will. And later, after the world turns, our little "stacks of rocks" will be easier to understand next time you are passing this way. In fact, your ability to find your own way will forever be enhanced for having seen this path in a different light.
('Friend Of Another' ; first published 6/19/2001)
NDR: voilà pourquoi il faut des innovateurs, ceux qui ont le courage d'être le premier à se prononcer.

The description was brutally honest: "We are like wolves on the ridgeline looking down on a herd of elk," said one of the currency speculators who helped trigger the cascading devaluations that eventually led to the stock-market tumbles that swept the globe last week. Late last year, eight months before Thailand finally succumbed and devalued the baht, the wolves had been on the prowl. They saw the Thai economy not as one of Asia's tigers, but more like wounded prey. Unable to resist, each predator began to plan his attack. "By culling the weak and infirm, we help maintain the health of the herd," said the trader.
(E. Linden ; "How to kill a tiger: Speculators Tell The Story Of Their Attack Against The Baht, The Opening Act Of An Ongoing Drama", in Time Magazine Asia, November 3 1997, vol. 150, n°18, pp. 26-27)
NDR: traduction: "Nous étions comme des loups sur la ligne de crête, surplombant une harde de cerfs" dit l'un des spéculateurs [...]. Ils jugent que l'économie de la Thaïlande n'est pas celle d'un tigre asiatique, mais plutôt celle d'une proie blessée. [...] En massacrant le faible et l'infirme, nous contribuons à maintenir la meute en bonne santé." 

On voit un tableau différent : ils disent croire en Dieu mais croient en ce qu’ils possèdent
Ils trouvent même pas un corps dans les ruines du world trade mais sortent des débris le passeport de Mohamed
Je peux plus exprimer combien on trouve ça grotesque
Tu comprends pourquoi ça, le désir dans les bibliothèques
Au collège de la vie ils jouent les profs d’histoire
Et abreuvent le quotidien de milles sornettes illusoires
On a bâti une forteresse on l’a nommée Alamut
 
Coincé physiquement entre garde à vue et garde à vous
Compte tenu de la pression patriotique j’admire les gens de gauche en Israël, en Amérique
est ce qu’on vaut mieux en France
désolé si j’insiste mais regardons nous franchement,
on est aussi racistes, ensuite on vend de la liberté au marché public,
putain le drame avec les valeurs de la république.
 
La république, elle passe ces week-ends en régate
puis se prostitue de toutes parts pour un Airbus ou une frégate,
elle exécute dans une grotte des opposants kanaks
et mange à table avec des gars style Giancanna
puis explose le Rainbow Warrior
et dessine les frontières du tiers monde à la terrasse du Marriott,
sponsorisent les fanatiques aux 4 coins du monde,
les entraînent aux combats et manipuler les bombes
le collier casse, ces cons échappent à tous contrôles
et quand ils mordent la main du maître alors on crie aux monstres
ils discutent notre futur autour d’un pichet
pour notre sécurité, zarma, ils veulent nous ficher.
 
C’est la France de derrière les stores
et j’en ai marre de me faire gruger
par des tronches de dispensés de sport.
Je me bats pas pour la Porsche mais pour un meilleur monde
avec mes petits bras
souvent à cette époque où la terreur gronde
ou la frayeur monte, je travaille sur moi chaque seconde
pour être un meilleur homme. 
(P. 'Akhenaton' Fragione, 1968 - ; G. Mussard, 'Shurik’N', 1966 - ; La fin de leur monde ; in IAM, Soldats de Fortune, 2006)

Ainsi la valeur n'est pas inhérente aux biens, elle n'en est pas une propriété [...]. C'est un jugement que les sujets économiques portent sur l'importance des biens [...]. Il en résulte que la valeur n'existe pas hors de la conscience des hommes. 
Value does not exist outside of the consciousness of mankind.  
(C. Menger, 1840 – 1921) 

"Hé bien, ce n’est pas la science économique qui est fausse, c’est la réalité."
(G.J. Stigler, 1911 - 1991; lauréat du prix en sciences économiques de la Banque de Suède en mémoire d'Alfred Nobel ; réponse donnée à Maurice Allais quand ce dernier lui démontra mathématiquement que le paradoxe d'Allais contredisait l’un des postulats de la théorie néoclassique de Walras)
NDR: cité dans LETTRE OUVERTE AUX GOUROUS DE L’ECONOMIE QUI NOUS PRENNENT POUR DES IMBECILES, par Bernard Maris, Ed. Points, 2003, p.35

Dans son essence, la création monétaire ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique, je n'hésite pas à le dire pour bien faire comprendre ce qui est réellement en cause, à la création de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement condamnée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.
(M. Allais, 1911 - 2010; lauréat du prix en sciences économiques de la Banque de Suède en mémoire d'Alfred Nobel ; La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires., éd. Clément Juglar, 1999, Pp. 110)

Pessimisme de l'intelligence, mais optimisme de la volonté.
(R. Rolland, 1866 – 1944) 

Economics is haunted by more fallacies than any other study known to man. This is no accident. The inherent difficulties of the subject [...] are multiplied a thousandfold by [...] the special pleading of selfish interests. [...] While certain public policies would in the long run benefit everybody, other policies would benefit one group only at the expense of all other groups. The group that would benefit by such policies, having such a direct interest in them, will argue for them plausibly and persistently. It will hire the best buyable minds to devote their whole time to presenting its case. And it will finally either convince the general public that its case is sound, or so befuddle it that clear thinking on the subject becomes next to impossible.
[...] The whole of economics can be reduced to a single lesson, and that lesson can be reduced to a single sentence. The art of economics consists in looking not merely at the immediate hut at the longer effects of any act or policy ; it consists in tracing the consequences of that policy not merely for one group but for all groups. 
(H. Hazlitt, 1894 - 1993 ; Economics in one lesson, 1946)

Where there's a will there's a way.
(C. Hudson, 1828 - 1865 ; E. S. Kennedy, 1817 - 1898 ; An ascent of mont Blanc by a new route and without guides, 1856)

 [...] But that one point is of fundamental importance. The manner in which it is resolved may well determine the shape of the world's monetary arrangements, and therefore affect our economic and political interests overs the next generation. The broad question at issue is whether central banks and governments should be free to buy gold, from one another or from the private market [...]
All in all, I am convinced that by far the best position for us to take at this time is to resist arrangements that provide wide latitude for central banks and governments to purchase gold at a market-related price. [...] This position also commands strong support in our own country among those of the financial and academic communities that are sensitive to these issues. Severe criticism on the part of prominent and influential financiers would inevitably follow if the Treasury's present position prevailed.
(A.F. Burns, Chairman of the Federal Reserve, 1904 - 1987 ; Memorandum For The President Gerald Ford, June 3, 1975)

Sometime around the year 2005, perhaps a few years before or after, America will enter the Fourth Turning. A spark will ignite a new mood. It will catalyze a Crisis. In retrospect, the spark might seem as ominous as a financial crash, as ordinary as a national election, or as trivial as a Tea Party. It could be a rapid succession of small events in which the ominous, the ordinary, and the trivial are commingled.
Remnants of the old social order will disintegrate. Political and economic trust will implode. Real hardship will beset the land, with severe distress that could involve questions of class, race, nation and empire. The very survival of the nation will feel at stake. Sometime before the year 2025, America will pass through a great gate in history, commensurate with the American Revolution, Civil War, and twin emergencies of the Great Depression
(W. Strauss, 1947 – 2007 ; N. Howe, ~1951 - ; The Fourth Turning: An American Prophecy, 1997)

And just as with all bogus signals that the government, the Fed and Goldman Sachs create, the response is the same. The marketplace withdraws from games with bogus signals. Volume dries up, and Goldman Sachs ends up playing against itself to create the show. Just like price controls create shortages... SAME EXACT CONCEPT.
(FanOfFriendOfAnother, ~1955 - ;  Red Alert: Gold Backwardation!!!, 07/2010)  

À ceux et celles qui feront le XXIème siècle, nous disons avec notre affection: CRÉER, C'EST RÉSISTER. RÉSISTER, C'EST CRÉER.
(S.F. Hessel, 1917 - 2013)

For the next decade this market is going to reward philosophers over students of business. Why? Because the modern investor must hold several contradictory ideas in his or her head at the same time and none of them really make any sense according to business school case studies. 
(C. Cole ; Volatility of an Impossible Object - Artemis Capital Management Report, 2012)

Les gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être.
(E. von Hochheim, 'Maître Éckhart', 1260 – 1327)

Notre pouvoir ne réside pas dans notre capacité à refaire le monde, mais dans notre habileté à nous recréer nous-mêmes.
(M.K. Gandhi, 1869 – 1948)

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front,
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime,
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
(V. Hugo, 1802 – 1885 ; Les Châtiments, 1883)

Chaque génération a besoin de sa nouvelle révolution.
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If a nation expects to be ignorant and free, in a state of civilization, it expects what never was and never will be.
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When governments fear the people there is liberty. When the people fear the government there is tyranny.
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The two enemies of the people are criminals and government, so let us tie the second down with the chains of the Constitution so the second will not become the legalized version of the first.
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Freedom is lost gradually from an uninterested, uninformed, and uninvolved people.
(T. Jefferson, 1743 – 1826)

Les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais pour être vécues.
(A. Malraux, 1901 – 1976)

Ta pensée est limitée, pourtant tout ce que tu es capable d'imaginer peut exister. Il n'y a rien qui soit impossible.
(attribué à Fun-Chang par C.T. Schaller, 1944 – )

Que dit ta conscience? Tu dois devenir l'homme que tu es.
(F.W. Nietzsche, 1844 – 1900)

L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà.
(J. le Rond d'Alembert, 1717 – 1783)

Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé et qui se demandent "pourquoi pas?".
The problems of the world cannot possibly be solved by skeptics or cynics whose horizons are limited by the obvious realities. We need men who can dream of things that never were and ask "why not?". (June 28, 1963)
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Our problems are man-made – therefore, they can be solved by man. And man can be as big as he wants. No problem of human destiny is beyond human beings. Man’s reason and spirit have often solved the seemingly unsolvable – and we believe they can do it again. (June 10, 1963)
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The great enemy of the truth is very often not the lie — deliberate, contrived and dishonest — but the myth — persistent, persuasive, and unrealistic. Too often we hold fast to the cliches of our forebears. We subject all facts to a prefabricated set of interpretations. We enjoy the comfort of opinion without the discomfort of thought. (June 11, 1962)

(J.F. Kennedy, 1917 – 1963)

C'est la société qui fait les pauvres. Lorsque les gens sont autorisés à libérer leur créativité, la pauvreté disparaît.
(M. Yunus, 1940 – )

On met longtemps à devenir jeune.
(P. Picasso, 1881 – 1973)

La résignation est un suicide quotidien.
(H. de Balzac, 1799 – 1850)

Ce n'est pas seulement le monde qu'il s'agit de changer ; mais l'homme.
(A. Gide, 1869 – 1951) 

Le serpent qui ne peut changer de peau meurt. Il en va de même des esprits que l'on empêche de changer d'opinion : ils cessent d'être esprits.
(F.W. Nietzsche, 1844 – 1900)

La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître.
(A. Gramsci, 1891 – 1937)

L'utopie est la vérité de demain.
(V. Hugo, 1802 – 1885)

Vous n'avez cessé d'essayer? Vous n'avez cessé d'échouer? Aucune importance! Réessayez, échouez encore, échouez mieux.
(S. Beckett, 1906 – 1989)

Qui regarde dehors rêve. Qui regarde à l'intérieur se réveille.
(C.G. Jung, 1875 – 1961)

La chose importante à garder en tête est qu'il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde.
(Annelies M. Franck, 1929 – 1945) 


Que ce monde soit absurde, c'est l'affaire des philosophes et des humanistes ; mais qu'il soit injuste, c'est notre affaire à tous.
(G. Cesbron, 1913 – 1979)

Tu ne changeras jamais les choses en combattant ce qui existe déjà. Pour changer les choses, construis un nouveau modèle qui rendra l'ancien obsolète.
(R.B. Fuller, 1895 – 1983)

Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.
Oculis de homine non credo, habeo melius et certius lumen quo a falsis uera diiudicem: animi bonum animus inueniat.
I do not trust my eyes to tell me what a man is, I have a better and more trustworthy light by which I can distinguish what is true from what is false: let the mind find out what is good for the mind.
De Vita Beata (On the Happy Life): cap. 2, line 2 
That man lives badly who does not know how to die well. 
Nemo liber est qui corpori servit.
For no man is free who is a slave to his body.
Letter XCII
(L.A. Seneca, 'Sénèque', 4 av. J.-C. – 65)

Qui veut faire quelque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse.
(Proverbe arabe)  

Il n'est jamais trop tard pour devenir ce que l'on aurait pu être.
(G. Elliot, 1819 – 1880)

Ce que nous sommes résulte de ce que l'on pense. Notre esprit est tout. Nous devenons ce que nous pensons.
(S. Gautama, 'le Bouddha', 560 – 480 av. J.-C.)

Laissez-vous guider par votre rêve, même si vous devez momentanément le mettre de côté pour trouver un emploi ou payer votre loyer. Et restez toujours ouvert aux opportunités de sortir du cadre pour mener la vie et faire les choses qui vous inspirent profondément... N'ayez pas peur.
(J. Goodall, 1934 – )

Même si la vie n'a pas de sens, qu'est-ce qui nous empêche de lui en inventer un?
(C.L. Dodgson, 'Lewis Carroll', 1832 – 1898)

La planète peut pourvoir aux besoins de tous, mais pas à la cupidité de certains.
(M.K. Gandhi, 1869 – 1948)

La démocratie se doit d'être une création continue.
(G. Clemenceau, 1841 – 1929) 

Quand l'extraordinaire devient quotidien, c'est qu'il y a révolution.
(M. Leiris, 1901 – 1990) 

Everyone who enjoys thinks that the principal thing to the tree is the fruit, but in point of fact the principal thing to it is the seed.—Herein lies the difference between them that create and them that enjoy.
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The good generally displeases us when it is beyond our ken. 
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Merchant and pirate were for a long period one and the same person. Even today mercantile morality is really nothing but a refinement of piratical morality.
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The individual has always had to struggle to keep from being overwhelmed by the tribe. If you try it, you will be lonely often, and sometimes frightened. But no price is too high to pay for the privilege of owning yourself.
(F.W. Nietzsche, 1844 – 1900)

Pour comprendre la crise, pour dépasser la crise, nous avons moins besoin d'économistes que d'ethnologues et de philosophes, moins d'experts et de spécialistes que de passeurs et de curieux. Où sont les arpenteurs des champs du savoir et de la conscience qui se riaient des disciplines, des catégories et des appellations?
(H. Juvin, 1958 – )

Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.
(L. Er, 'Lao Tseu', 570 – 490 av. J.-C.)

There is no such thing as society. There are individual men and women, and there are families. 
(M.H. Thatcher, 1925 – 2013) 
NDR: Objection personnelle à Miss Thatcher: et quand la société disparaît, que devient la politique? De l'élevage.  

Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui.
(M.E. de Montaigne, 1533 – 1592) 

Lorsque nous reconnaissons vraiment qu'un changement s'impose, alors notre esprit est prêt à changer.
(T. Gyatso, 14ème dalaï-lama, 1935 – ) 

Le secret du changement, c'est de concentrer toute votre énergie, non pas à lutter contre le passé, mais à construire l'avenir.
(Sōkrátēs, 'Socrate', 470 – 399 av. J.-C.)

Il n’y a pas de situations désespérées ; il n’y a que des hommes qui désespèrent des situations.
(Proverbe vietnamien)

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.
(R. Thagore, 1861 – 1941)

Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme.
(J.-J. Rousseau, 1712 – 1778)

Ne te dis jamais philosophe et ne débite pas de belles maximes devant les ignorants. Fais plutôt ce que ces maximes prescrivent.
(Proverbe arabe) 

Si c'est possible, c'est fait. Si c'est impossible, ça se fera.
(C.A. de Calonne, homme politique français, 1734 – 1802)

Individus et institutions sont piégés par la merveilleuse satisfaction qu'on trouve à voir grandir sa fortune. Elle leur donne en même temps l'illusion de la puissance intellectuelle, elle-même protégée par le préjugé collectif notoire qui veut que l'intelligence - la sienne et celle des autres - soit proportionnelle à l'argent qu'on possède. La conviction ainsi ancrée produit l'action: on surenchérit.
(J.K. Galbraith, 1908 – 2006)

Il n'y a donc, dans cet univers, aucune raison d'imaginer la fin de l'histoire. Elle est pourtant la seule justification des sacrifices demandés [ ] à l'humanité. Mais elle n'a pas d'autre fondement raisonnable qu'une pétition de principe qui introduit dans l'histoire, royaume qu'on voulait unique et suffisant, une valeur étrangère à l'histoire. Comme cette valeur est en même temps étrangère à la morale, elle n'est pas à proprement parler une valeur sur laquelle on puisse régler sa conduite, elle est un dogme sans fondement qu'on peut faire sien dans le mouvement désespéré d'une pensée qui étouffe de solitude ou de nihilisme, ou qu'on se verra imposer par ceux à qui le dogme profite. La fin de l'histoire n'est pas une valeur d'exemple et de perfectionnement. Elle est un principe d'arbitraire et de terreur.
(A. Camus, 1913 – 1960 ; L'Homme révolté, 1951)

Mesure tes forces d'après tes aspirations, et non tes aspirations d'après tes forces.
(A. Mickiewicz, 1798 – 1855) 

Cette idée que seul peut être libre celui qui est prêt à risquer sa vie n'a plus jamais disparu de notre conscience... Le courage est la première de toutes les vertus politiques, et il fait encore aujourd'hui partie des quelques vertus cardinales de la politique.
(H. Arendt, 1906 – 1975)

Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s'occupe de vous tout de même.
(C. Forbes, comte de Montalembert, 1810 – 1870)

On prétend que seul le temps joue sur le cours des événements. En réalité, les véritables changements, ce sont les gens comme vous et moi qui les faisons surgir.  
(A. Warhol, 1928 – 1987) 

La différence entre le politicien et l'homme d'Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération.
(J.F. Clarke, 1810 – 1888)

L'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir.
(J.M.A. Bruller, 'Vercors', 1902 – 1991) 

L'espoir, au contraire de ce que l'on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, ce n'est pas se résigner.
(A. Camus, 1913 – 1960) 

Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir.
(S. Jobs, 1955 – 2011)

Il est des moments où il faudrait oublier les faux espoirs pour s'en créer de nouveaux.
(J.C.F. von Schiller, 1759 – 1805)

Ose devenir qui tu es. Ne te tiens pas quitte à bon compte.
(A. Gide, 1869 – 1951) 

Il faut secouer la vie, autrement elle nous ronge.
(H. Beyle, 'Stendhal', 1783 – 1842) 

Le bonheur ne consiste pas à acquérir ni à jouir mais à ne rien désirer, car il consiste à être libre.
(Epictète, 50 – ~125)

"When you grow up you tend to get told the world is the way it is and your life is just to live your life inside the world. Try not to bash into the walls too much. Try to have a nice family life, have fun, save a little money.
That’s a very limited life. Life can be much broader once you discover one simple fact, and that is - everything around you that you call life, was made up by people that were no smarter than you. And you can change it, you can influence it, you can build your own things that other people can use.
The minute that you understand that you can poke life and actually something will, you know if you push in, something will pop out the other side, that you can change it, you can mold it. That’s maybe the most important thing. It’s to shake off this erroneous notion that life is there and you’re just gonna live in it, versus embrace it, change it, improve it, make your mark upon it.
I think that’s very important and however you learn that, once you learn it, you’ll want to change life and make it better, cause it’s kind of messed up, in a lot of ways. Once you learn that, you’ll never be the same again."
(S. Jobs, 1955 – 2011 ; interview)

Here’s to the crazy ones. The misfits. The rebels. The troublemakers. The round pegs in the square holes. The ones who see things differently. They’re not fond of rules. And they have no respect for the statu quo. You can quote them, disagree with them, glorify or vilify them. About the only thing you can’t do is ignore them. Because they change things. They push the human race forward. While some may see them as the crazy ones, we see genius. Because the people who are crazy enough to think they can change the world, are the ones who do.
(R. Siltanen et K. Segall ; texte publicitaire pour Apple, 1997)

Si je gouvernais, je commencerais par rétablir le sens des mots.
If names be not correct, language is not in accordance with the truth of things.
(Khong Khwe, 'Drunghnrei', 'Confucius', 551 – 479 av. J.-C.)

"Il vaut mieux s'engager et se tromper que de ne jamais s'engager."
(R. Ménard, 1953 – ; citant son père)

La conscience sociale c’est la capacité d’observer les processus sociaux en action, d'expérimenter, de tirer des conclusions logiques et de les partager. Pour cela, l’anticipation politique est un outil de premier choix. Le but est d’élargir la perception afin d'obtenir une vue d'ensemble plus élaborée, plus fidèle. Au niveau individuel, c’est la prise de conscience qui est la clé. Au niveau collectif, c’est la masse critique et non pas la majorité.
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Une prise de conscience, c’est comme un changement d’orbite: cela requiert du temps, une impulsion initiale, de l’énergie entretenue, et l’état d’arrivée est sensiblement différent de l’initial.
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Que l'humain soit ta seule limite !
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Ne pas penser au-delà de la barrière, c'est à dire choisir consciemment de vivre uniquement pour subvenir aux besoins du sensible (nourriture, famille, amis, plaisirs des sens): qu'est-ce qui différencie cette vie de celle d'un troupeau dans un pré? Si tu ne veux pas être confondu avec un animal, ne te conduit pas comme tel. N'abdique pas de ton humanité.
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La meilleure des façons de rentrer dans l'Histoire est de ne pas écrire pour ses contemporains. 
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Tout ce qui est centralisé est faillible. Cela se vérifie quand on dit que Dieu est partout. 
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Qui suis-je? Tous les jours je m'efforce de mieux le découvrir. Je le deviens en le devinant.
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La beauté est une force terrible quand elle subjugue. 
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Vivre ne signifie pas ne pas mourir. Il s'agit d'abord d'avoir le courage de comprendre pourquoi nous vivons. Se convaincre que c'est grâce à un simple hasard revient à pratiquer la politique de l'autruche.
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La nation, c’est le sentiment d’appartenir à une communauté de destin, pour assumer un devenir.
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Innover, c'est avoir son esprit en décalage par rapport à ceux qui l'entourent.
Une méthode d'innovation, et la seule vraiment méthodologique, consiste donc à comprendre d'abord ce qu'est l'esprit, et comment le déplacer, le décaler. Reste que la recette la plus efficace est propre à chacun, bien évidemment, puisqu'il s'agit de l'esprit.
Le mouvement d'ouverture de la démarche personnelle d'innovation, c'est de renoncer à l'innovation consentie. 
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Si l'élève ne dépasse pas le maître, à quoi sert le maître ?
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Après chaque question posée par le maître et résolue, trouver une question qu'il ne s'est apparemment pas encore posé. Et essayer d'y répondre. C'est la convergence de ces ultimes questions qui donne lieu à votre Conscience Sociale.
(B.L. Paul, 1970 – )

A new type of thinking is essential if mankind is to survive and move toward higher levels.
(A. Einstein, 1879 – 1955)

Choisir son temps, c'est l'épargner.
(F. Bacon, 1561 – 1626)

Il est temps de commencer à vivre la vie dont vous avez rêvé.
(H. James, 1843 – 1916) 

Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre.
(D. Pennac, 1944 – 

On résiste à l’invasion des armées, on ne résiste pas à l’invasion des idées.
(V. Hugo, 1802 – 1885)

"Carter, I think, makes some people very uncomfortable in so far as their own conscience is concerned. Nothing outrages a human being more than the realization that others are aware of their moral deficiency. And I think that really brings out the worst in some people in this country."
(Z. Brzezinski, 1928 – ; interview)

Toute structure où pendant une longue période on sélectionne positivement les courtisans et non pas les compétents finit de la même manière [: par l'inefficacité ou le dévoiement de son but.] C'est le propre des organisations où depuis 10 ans on ne promeut que les gens fidèles au chef, et non pas à leur mission.
Any organization where during a long time courtiers are positively selected instead of competent persons ends the same way: by inefficiency or the blight of its purpose. This is the real nature of organizations where since 10 years or more only persons who are loyal to their manager are promoted, instead of the ones loyal to their mission. 
(F. Biancheri, 1961 – 2012)

"Europe has always worked on the basis of two principles: What isn't possible at first will happen over time, and what doesn't work will be corrected over time. That's why perfect solutions take so long in Europe."
(W. Schäuble, 1942  ; interview)

Le nietzschéisme est essentiellement un vertige surmonté. Près de l'abîme, Nietzsche vient chercher des images dynamiques d'ascension. Le réel du gouffre donne à Nietzsche, par une dialectique bien connue de l'orgueil, la conscience d'être une force surgissante.[...] La volonté nietzschéenne prend appui sur sa propre vitesse. Elle est une accélération du devenir qui n'a pas besoin de matière. Il semble que l'abîme, comme un arc toujours tendu, serve à Nietzsche à lancer ses flèches vers le haut. Près de l'abîme, le destin humain est de tomber. Près de l'abîme, le destin du surhomme est de jaillir, tel un pin vers le ciel bleu.
(G. Bachelard, 1884 – 1962)

Former ces cœurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c'est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l'homme indépendant. Il faut s'y tenir sans voir plus avant. L'histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.
(A. Camus, 1913 – 1960 ; Le manifeste de l'Homme Indépendant, 24/11/1939)

States must evolve towards more network-centric (flat) structures. The ones who will do that faster will take the lead for centuries.
(B.L. Paul, 1970 – )

Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l'a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d'admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent à la minute où je vous parle.
(A.E. Fekete, 1932 - )


Arrest is an instantaneous, shattering thrust, expulsion, somer­sault from one state into another. We have been happily borne —or perhaps have unhappily dragged our weary way— down the long and crooked streets of our lives, past all kinds of walls and fences made of rotting wood, rammed earth, brick, concrete, iron railings. We have never given a thought to what lies behind them. We have never tried to pene­trate them with our vision or our understanding. But there is where the Gulag country begins, right next to us, two yards away from us. In addition, we have failed to notice an enormous num­ber of closely fitted, well-disguised doors and gates in these fences. All those gates were prepared for us, every last one! And all of a sudden the fateful gate swings quickly open, and four white male hands, unaccustomed to physical labor but nonetheless strong and tenacious, grab us by the leg, arm, collar, cap, ear, and drag us in like a sack, and the gate behind us, the gate to our past life, is slammed shut once and for all. 
That's all there is to it! You are arrested!
And you'll find nothing better to respond with than a lamblike bleat: "Me? What for?"
That's what arrest is: it's a blinding flash and a blow which shifts the present instantly into the past and the impossible into omnipotent actuality.
That's all. And neither for the first hour nor for the first day will you be able to grasp anything else.
[...]
In keeping silent about evil, in burying it so deep within us that no sign of it appears on the surface, we are implanting it, and it will rise up a thousand fold in the future. When we neither punish nor reproach evildoers, we are not simply protecting their trivial old age, we are thereby ripping the foundations of justice from beneath new generations. 
(A.I. Solzhenitsyn, 1918 – 2008 ; The Gulag Archipelago, 1958-68) 
The simple act of an ordinary brave man is not to participate in lies, not to support false actions! His rule: let that come into the world, let it even reign supreme -- only not through me. But it is within the power of writers and artists to do much more: to defeat the lie! For in the struggle with lies art has always triumphed and shall always triumph! Visibly, irrefutably for all! Lies can prevail against much in this world, but never against art.
(A.I. Solzhenitsyn, 1918 – 2008 ; Nobel Prize acceptance speech, 1970)

The progressive movement lacks a spine for the moment, and is badly divided over a number of difficult issues which diffuse them, instilling hatred and fear in their hearts, driving out love, and leaving room only for a destructive pride and selfishness. And the timid thinkers, the so-called intelligentsia, hide in their studies and in their cellars, and in their work, waiting for someone else to do something. Eventually progressive people will come together or, as Edmund Burke observed, "[NDR: When bad men combine, the good must associate ; else they will fall, one by one, an unpitied sacrifice in a contemptible struggle." 
To those who say to hell with it, to hell with thinking, to hell with complexity, to hell with others, I say, be careful of the madness which you seek to unleash, because it will come back to consume you and your children, as it has done so many times before, and will do so inevitably again. This is what I believe is happening now based on a careful reading of history. 
This is not a prediction. This is a warning for a generation that is being prepared to accept the unthinkable on a much wider scale than they might imagine in their worst nightmares: torture, murder, ethnic cleansing, and repression. And what is most frightening of all is that they think they are immune to it, because they are so different, so special, so exceptional. And so they become willfully blind, and in their blindness, may become beasts. 
A credibility trap is when the regulatory, political and/or informational functions of a society have been compromised by a corrupting influence and a fraud, so that they cannot address the situation without implicating, at least incidentally, a broad swath of the power structure including themselves. The statu quo has at least tolerated the corruption and the fraud, if not profited directly from it, and most likely continues to do so. The power brokers have become susceptible to various forms of blackmail. And so a failed policy can become almost self-sustaining long after it is seen to have failed, and even become counterproductive, because admitting failure is not an option for those in power.
('Arthur Cutten', c.1952 – ; A Financial Coup d'Etat, the Credibility Trap, and What Must Be Done, 09/28/2012)
NDR: 'Arthur' has written to be born on Jan. 22. By the invisible community of the mind and spirit, like me.

For more than a century, ideological extremists at either end of the political spectrum have seized upon well-publicized incidents such as my encounter with Castro to attack the Rockefeller family for the inordinate influence they claim we wield over American political and economic institutions. Some even believe we are part of a secret cabal working against the best interests of the United States, characterizing my family and me as 'internationalists' and of conspiring with others around the world to build a more integrated global political and economic structure — one world, if you will. If that is the charge, I stand guilty, and I am proud of it.
The anti-Rockefeller focus of these otherwise incompatible political positions owes much to Populism. "Populists" believe in conspiracies and one of the most enduring is that a secret group of international bankers and capitalists, and their minions, control the world's economy. Because of my name and prominence as head of the Chase for many years, I have earned the distinction of "conspirator in chief" from some of these people.
Populists and isolationists ignore the tangible benefits that have resulted in our active international role during the past half-century. Not only was the very real threat posed by Soviet Communism overcome, but there have been fundamental improvements in societies around the world, particularly in the United States, as a result of global trade, improved communications, and the heightened interaction of people from different cultures. Populists rarely mention these positive consequences, nor can they cogently explain how they would have sustained American economic growth and expansion of our political power without them.
(D. Rockefeller Senior, 1915 – ; Memoirs, Chap. 27 "Proud Internationalist", 2002)

Si le degré de conscience de chaque individu pouvait se développer, la conscience collective ne serait plus aussi facile à contrôler. Elle pourrait aussi s’élever. Mais encore faudrait-il que l’éducation prenne en charge l’élévation de la conscience individuelle.[...] la sociologie ... n’est pas parvenue à unifier les différentes disciplines scientifiques, afin de mieux cerner la complexité de l’humain comme elle était pourtant sensée le faire. La représentation scientifique résultant de l’analyse tend au cloisonnement et à une extrême fragmentation. Notre vision de l’homme est éclatée en une multitude de disciplines plus concurrentes que complémentaires et qui manquent singulièrement d’esprit. Le comble, c’est que le creuset naturel du savoir que représente la philosophie n’y joue pas non plus son rôle. Tout est à remettre en chantier en sociologie et c’est pourquoi la compréhension de la conscience collective a une telle importance. Si nous comprenions mieux ce qu’elle est, nous aurions davantage l’opportunité de travailler à son développement.
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Ramenant le questionneur vers lui-même, pour opérer sans cesse une désobstruction de ce qui entrave l’accès à soi. Ce qui est important dans l’Enseignement ce n’est pas l’information qu’il communique, qui peut éventuellement être accumulée comme savoir, mais le fait d’enlever des obstacles qui bloquent la prise de conscience. Chaque obstacle est un doute. Et ils sont nombreux parce que la conscience dite « normale » est tellement extravertie, jetée dans le monde des objets, qu’elle est pétrie d’ignorance, qu’elle projette sans cesse de l’illusion. Il ne s’agit pas tant de révéler la vérité, car elle apparaît toute seule et elle ne vaut que si elle est dé-couverte par soi-même, que de détruire l’illusion, ce qui veut simplement dire voir l’illusion en tant qu’illusion. 
(S. Carfantan, ~1955 – ; Leçons de Philosophie et spiritualité, 2004 et 2012)

We are not afraid to entrust the American people with unpleasant facts, foreign ideas, alien philosophies, and competitive values. For a nation that is afraid to let its people judge the truth and falsehood in an open market is a nation that is afraid of its people.
(J.F. Kennedy, 1917 – 1963)

Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira.
(Lévi, 'Saint Matthieu', ~10 av. J.-C. – ~61 ; Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, 7:7)

Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous sous des vêtements de brebis.
(Lévi, 'Saint Matthieu', ~10 av. J.-C. – ~61 ; Évangile de Jésus-Christ selon saint  Matthieu, 7:15) 
NDR: The logo of the Fabian Society, a tortoise, represented the group’s predilection for a slow, imperceptible transition to socialism, while its coat of arms, a 'wolf in sheep’s clothing', represented its preferred methodology for achieving its goal.
(Jon B. Perdue, The War of All the People: The Nexus of Latin American Radicalism and Middle Eastern Terrorism, 2012)
Fabian Society stained glass window designed by George B. Shaw and unveiled by Fabian Member Tony Blair in London School of Economics library in 2006.


On pense aujourd’hui à la révolution, non comme à une solution des problèmes posés par l’actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes. 
[...] Aimer un être, c'est tout simplement reconnaître qu'il existe autant que vous. 
[...] Dans le domaine de l'intelligence, la vertu d'humilité n'est pas autre chose que le pouvoir d'attention. 
[...] La nécessité est l'écran mis entre Dieu et nous pour que nous puissions être. C'est à nous de percer l'écran pour cesser d'être. 
[...] Seul est éternel le devoir envers l'être humain comme tel. 
[...] Il faut se déraciner. Couper l'arbre et en faire une croix, et ensuite la porter tous les jours. 
[...] Le malheur contraint à reconnaître comme réel ce qu'on ne croit pas possible. 
[...] La science, aujourd'hui, cherchera une source d'inspiration au-dessus d'elle ou périra. 
[...] Si la force est absolument souveraine, la justice est absolument irréelle. Mais elle ne l'est pas. Nous le savons expérimentalement. Elle est réelle au fond du coeur des hommes... Il n'est pas au pouvoir d'un homme d'exclure absolument toute espèce de justice des fins qu'il assigne à ses actions. Les nazis eux-mêmes ne l'ont pas pu... La force brute n'est pas souveraine ici-bas. Elle est par nature aveugle et indéterminée. Ce qui est souverain ici-bas, c'est la détermination, la limite. 
[...] La bonne volonté éclairée des hommes agissant en tant qu'individus est l'unique principe possible du progrès social. 
[...] Aider la France à trouver au fond de son malheur une inspiration conforme à son génie et aux besoins actuels des hommes en détresse. Répandre cette inspiration, une fois retrouvée ou du moins entrevue, à travers le monde. 
[...] C'est  d'ailleurs  seulement  parce  que  l'esprit  historique  consiste  à  croire  les meurtriers sur parole que ce dogme semble si bien répondre aux faits. Quand par moments l'horreur arrive à percer l'insensibilité épaisse d'un lecteur de Tite-Live, il se dit : « C'étaient les mœurs de l'époque. » Or on sent à l'évidence dans les historiens grecs  que  la  brutalité  des  Romains  a  horrifié  et  paralysé  leurs  contemporains exactement comme fait aujourd'hui celle des Allemands.
[...] La pensée qui a véritablement enivré les anciens, c'est que ce qui fait obéir la force aveugle de la matière n'est pas une autre force plus forte. C'est l'amour. Ils pensaient que la matière est docile à la sagesse éternelle par la vertu de l'amour qui la fait consentir à l’obéissance.
(L'Enracinement - Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, 1943 et publié en 1949)
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Peut-on dire que nous avons apporté la culture aux Arabes, eux qui ont conservé pour nous les traditions grecques pendant le moyen âge?       
(Lettre à Jean Giraudoux, 1940) 
(S. Weil, 1909 – 1943)

C'est proprement avoir les yeux fermés sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher... et enfin cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs, et nous conduire en cette vie, que n'est l'usage de nos yeux pour conduire nos pas. 
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C'est proprement ne valoir rien que de n'être utile à personne.
(R. Descartes, 1596 – 1650)

Tout ce qui n'est pas donné est perdu.
(P. Ceyrac, 1914 – 2012)

Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous les voyons comme nous sommes.
(A. Nin, 1903 – 1977)

La douceur de la gloire est si grande, qu’à quelque chose qu’on l’attache, même à la mort, on l’aime. 
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La vanité est si ancrée dans le cœur de l’homme, qu’un goujat, un marmiton, un crocheteur se vante, et veut avoir ses admirateurs. Et les Philosophes mêmes en veulent. Ceux qui écrivent contre la gloire, veulent avoir la gloire d’avoir bien écrit ; et ceux qui le lisent, veulent avoir la gloire de l’avoir lu ; et moi qui écris ceci, j’ai peut-être cette envie ; et peut être que ceux qui le liront l’auront aussi.
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La vérité est si obscurcie en ce temps et le mensonge si établi qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître.

(B. Pascal, 1623 – 1662)

À mesure qu'on avance dans la vie, on s'aperçoit que le courage le plus rare est celui de penser.
(F.A. Thibault, 'Anatole France', 1844 – 1924)

Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes en forme de clou.
(M. Twain, 1835 – 1910)

They who can give up essential liberty to obtain a little temporary safety, deserve neither liberty nor safety.
(B. Franklin, 1706 – 1790)

Ce n'est pas grand-chose d'avoir des idées, le tout est de les appliquer, c'est-à-dire de penser par elles les dernières différences.
(E. Chartier, 'Alain', 1868 – 1951)

Chacun appelle idées claires celles qui sont au même degré de confusion que les siennes propres.
(M. Proust, 1871 – 1922)

Comme les yeux ont besoin de lumière pour voir, l’esprit aussi a besoin d’idées pour concevoir.
(N. Malebranche, 1638 – 1715)

Those who have been once intoxicated with power, and have derived any kind of emolument from it, even though but for one year, never can willingly abandon it. They may be distressed in the midst of all their power ; but they will never look to any thing but power for their relief. 
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Corrupt influence, which is itself the perennial spring of all prodigality, and of all disorder ; which loads us, more than millions of debt ; which takes away vigor from our arms, wisdom from our councils, and every shadow of authority and credit from the most venerable parts of our constitution.
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All persons possessing any portion of power ought to be strongly and awfully impressed with an idea that they act in trust and that they are to account for their conduct in that trust to the one great Master, Author, and Founder of society. 
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Justice is itself the great standing policy of civil society ; and any eminent departure from it, under any circumstances, lies under the suspicion of being no policy at all.

(E. Burke, 1729 – 1797)

Il y a des révolutions qui touchent aux bases matérielles d'une société, celles qu'on évoque d'ordinaire [...], et des révolutions symboliques [...], qui touchent aux structures mentales, c'est à dire qui changent nos manières de voir et de penser. [...] Si un instrument aussi puissant que la télévision s'orientait tant soit peu vers une révolution symbolique de cette sorte, je vous assure qu'on s'empresserait de l'arrêter.
(P. Bourdieu, 1930 – 2002 ; Sur la télévision, 1996)  
NDR: Ce qui impliquerait qu'un changement positif à très large échelle pourrait s'accomplir rapidement, sans que l'état de conscience moyen ne nécessite une lente amélioration. Il n'y aurait donc pas obligatoirement à désespérer de l'état actuel de l'humanité. Car les conditions techniques qui handicapent aujourd'hui son évolution peuvent être retournées pour être utilisées de manière positive. Le développement même exclusif de l'une des facettes de la technique n'oblitère jamais l'avenir de l'autre. La diffusion massive de l'une renforce au contraire la potentialité de l'autre. C'est ainsi que s'exprime le caractère labile, l'indétermination des systèmes techniques.
Voir aussi ce reportage pour un complément sur la situation actuelle en Occident. 

"Le doute est sain. Par contre, c’est une véritable hantise pour les pouvoirs en place. Ils voient leur capital confiance s’éroder et se faire critiquer. Or, ils ont besoin de la confiance de la population, même si les avis sont différents. En permanence, ils agitent le chiffon de la paranoïa. Mais ça ne fait peur qu’à eux.
Il y a eu trop d’exemples dans le passé où il aurait fallu douter et on ne l’a pas fait. Le doute est l’un des éléments clés de la pensée occidentale.
Le débat doit exister et on peut regretter que les lieux de débats soient difficiles."
(P. Froissard, ~1970 - ; interview)

Sinn Féin is ready to join with all of those who want real change and who recognise that the road to real change requires unity of purpose, of ideas and of energy.
Of course, the forces of reaction, of conservatism, of cynicism are strong. But that should not put us off.
A lesser people would have collapsed centuries ago under the yoke of colonialism or famine or division and endless wars. The people of Ireland did not collapse. This island’s greatest asset is the genius and incorruptibility of our people. That is where the hope lies.
The people of Ireland are a decent people. We are a fair people. We are generous.
We don’t have to put up with second class citizenship. Or a two tier society. We don’t have to tolerate a golden circle of privilege and advantage. We can change it.
If we believe. If we have hope. If we work together. If we draw upon our strengths. If we really want fairness and decency and equality. We can change our society. Peacefully and democratically. That is what Ireland wants today. Ireland needs citizens to step forward. To make a commitment.
To share and create a common purpose based upon our rights as citizens. And our pride and confidence in Ireland and in our people. That is what Ireland needs today.
(G. Adams, 1948 - ; speech to the party’s Ard Fheis, 2009)

Il n’est pas dans la nature d’un esprit libre d’agir sans comprendre. Ce mot signifie littéralement prendre avec soi, faire sien.
(G. Charest, ~1948 – ) 

Les hommes, donc, se trompent en ce qu'ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. L'idée de leur liberté, c'est donc qu'ils ne connaissent aucune cause à leurs actions. Car ils disent que les actions humaines dépendent de la volonté, mais ce sont des mots qui ne correspondent à aucune idée. Ce qu'est, en effet, la volonté, et comment elle meut le corps, tous l'ignorent ; et ceux qui se vantent de la savoir et se représentent un siège et une demeure de l'âme excitent d'ordinaire le rire et le dégoût.
(B. Spinoza, 1632 – 1677) 

Since I entered politics, I have chiefly had men's views confided to me privately. Some of the biggest men in the United States, in the field of commerce and manufacture, are afraid of somebody, are afraid of something. They know that there is a power somewhere so organized, so subtle, so watchful, so interlocked, so complete, so pervasive, that they had better not speak above their breath when they speak in condemnation of it.
They know that America is not a place of which it can be said, as it used to be, that a man may choose his own calling and pursue it just as far as his abilities enable him to pursue it ; because to-day, if he enters certain fields, there are organizations which will use means against him that will prevent his building up a business which they do not want to have built up ; organizations that will see to it that the ground is cut from under him and the markets shut against him. For if he begins to sell to certain retail dealers, to any retail dealers, the monopoly will refuse to sell to those dealers, and those dealers, afraid, will not buy the new man's wares.[...] 
Politics in America is in a case which sadly requires attention. The system set up by our law and our usage doesn't work,—or at least it can't be depended on ; it is made to work only by a most unreasonable expenditure of labor and pains. The government, which was designed for the people, has got into the hands of bosses and their employers, the special interests. An invisible empire has been set up above the forms of democracy. [...]
The only way that government is kept pure is by keeping these channels open, so that nobody may deem himself so humble as not to constitute a part of the body politic, so that there will constantly be coming new blood into the veins of the body politic ; so that no man is so obscure that he may not break the crust of any class he may belong to, may not spring up to higher levels and be counted among the leaders of the state. Anything that depresses, anything that makes the organization greater than the man, anything that blocks, discourages, dismays the humble man, is against all the principles of progress. When I see alliances formed, as they are now being formed, by successful men of business with successful organizers of politics, I know that something has been done that checks the vitality and progress of society. Such an alliance, made at the top, is an alliance made to depress the levels, to hold them where they are, if not to sink them ; and, therefore, it is the constant business of good politics to break up such partnerships, to re-establish and reopen the connections between the great body of the people and the offices of government.
To-day, when our government has so far passed into the hands of special interests ; to-day, when the doctrine is implicitly avowed that only select classes have the equipment necessary for carrying on government ; to-day, when so many conscientious citizens, smitten with the scene of social wrong and suffering, have fallen victims to the fallacy that benevolent government can be meted out to the people by kind-hearted trustees of prosperity and guardians of the welfare of dutiful employees,—to-day, supremely, does it behoove this nation to remember that a people shall be saved by the power that sleeps in its own deep bosom, or by none ; shall be renewed in hope, in conscience, in strength, by waters welling up from its own sweet, perennial springs. Not from above ; not by patronage of its aristocrats. [...] 
Shall we try to get the grip of monopoly away from our lives, or shall we not? Shall we withhold our hand and say monopoly is inevitable, that all that we can do is to regulate it? Shall we say that all that we can do is to put government in competition with monopoly and try its strength against it? Shall we admit that the creature of our own hands is stronger than we are? We have been dreading all along the time when the combined power of high finance would be greater than the power of the government. Have we come to a time when the President of the United States or any man who wishes to be the President must doff his cap in the presence of this high finance, and say, "You are our inevitable master, but we will see how we can make the best of it?"
We are at the parting of the ways. We have, not one or two or three, but many, established and formidable monopolies in the United States. We have, not one or two, but many, fields of endeavor into which it is difficult, if not impossible, for the independent man to enter. We have restricted credit, we have restricted opportunity, we have controlled development, and we have come to be one of the worst ruled, one of the most completely controlled and dominated, governments in the civilized world—no longer a government by free opinion, no longer a government by conviction and the vote of the majority, but a government by the opinion and the duress of small groups of dominant men.
If the government is to tell big business men how to run their business, then don't you see that big business men have to get closer to the government even than they are now? Don't you see that they must capture the government, in order not to be restrained too much by it? Must capture the government? They have already captured it. Are you going to invite those inside to stay inside? They don't have to get there. They are there. Are you going to own your own premises, or are you not? That is your choice. Are you going to say: "You didn't get into the house the right way, but you are in there, God bless you ; we will stand out here in the cold and you can hand us out something once in a while?"
At the least, under the plan I am opposing, there will be an avowed partnership between the government and the trusts. [...] 
There is no hope to be seen for the people of the United States until the partnership is dissolved.
(T.W. Wilson, 28th President of the US, 1856 – 1924 ; The New Freedom: A Call for the Emancipation of the Generous Energies of a People, 1913)

It is the common fate of the indolent to see their rights become a prey to the active. The condition upon which God hath given liberty to man is eternal vigilance ; which condition if he break, servitude is at once the consequence of his crime and the punishment of his guilt.
(J.P. Curran, 1750 – 1817 ; Speech upon the Right of Election for Lord Mayor of Dublin, 1790)

But for companies to claim that they are morally in the right by having devised loopholes is ridiculous, even if their behaviour has been legal. Any society rests not just on laws but on conventions that make life decent and tolerable. If every citizen pushed right up against the limit of the laws, it would be unworkable. Society relies on people having a degree of mutual respect. Companies rely on a certain level of public spending, for example on the education of the people they employ. All this relies on people and companies paying taxes.
There clearly has been a deterioration in corporate culture and rebuilding it is tough. Once norms are eroded they are hard to recreate. Perhaps the complaint made by companies about competition from emerging economies with poor regulation helps to explain some of the “race to the bottom” in standards, but my sense is that the leaders in that race have been American and British firms.
(P. Collier, 1949 – ; Cracking down on tax avoidance, 05/2013)

Or, perhaps, we might make our line of division between the theory of stationary equilibrium and the theory of shifting equilibrium-meaning by the latter the theory of a system in which changing views about the future are capable of influencing the present situation. For the importance of money essentially flows from its being a link between the present and the future. (Chapter 21) 
Our criticism of the accepted classical theory of economics has consisted not so much in finding logical flaws in its analysis as in pointing out that its tacit assumptions are seldom or never satisfied, with the result that it cannot solve the economic problems of the actual world. [...] The ideas of economists and political philosophers, both when they are right and when they are wrong, are more powerful than is commonly understood. Indeed, the world is ruled by little else. Practical men, who believe themselves to be quite exempt from any intellectual influences, are usually the slaves of some defunct economist. Madmen in authority, who hear voices in the air, are distilling their frenzy from some academic scribbler of a few years back. I am sure that the power of vested interests is vastly exaggerated compared with the gradual encroachment of ideas. Not, indeed, immediately, but after a certain interval ; for in the field of economic and political philosophy there are not many who are influenced by new theories after they are twenty-five or thirty years of age, so that the ideas which civil servants and politicians and even agitators apply to current events are not likely to be the newest. But, soon or late, it is ideas, not vested interests, which are dangerous for good or evil. (Chapter 24, Concluding Notes)
(J.M. Keynes, 1883 – 1946 ; The general theory of employment, interest, and money, 1936)

Unhappy Women! Where shall we appeal
For justice when the injustice of power
Is our destruction?
(Euripídês, ~480 – 406 av. J.-C.; Ion)

Polanyi, however, was confronting an intellectual force much more powerful than the Keynesian income-expenditure model and unsubstantiated notions about economic planning. He realized that economic analysis alone could not influence the intellectual and emotional attitude that attributes irrationality and social injustice to societies that evolve on their own by cultivating beliefs inherent in their traditions. Instead, this attitude seeks justice in a society revolutionized from above by “pure and sensitive souls” motivated by “the charming spectacle of the public good.” Polanyi would later use those words of Robespierre to good effect when, recognizing that the real challenge was an excess of moral passions, he moved on to diagnose the pathology of our time as “moral inversion.”
(P.C. Roberts, 1939 – ; Michael Polanyi’s Economics, 1999)

Explanations exist ; they have existed for all time ; there is always a well-known solution to every human problem — neat, plausible, and wrong.
(H.L. Mencken, 1880 – 1956)

Ce qui importe, c'est que la création soit équilibrée. Pour qu'elle le soit, sa conception doit l'être. Dès lors, pourquoi se contenter d'une seule discipline? Pourquoi créer avec une seule couleur, un seul geste, un seul instrument, une seule matière?
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Les Hommes se répartissent en un gradient de volonté: à un extrême ceux qui veulent obtenir la raison et à l'autre ceux qui ne veulent pas se poser de questions. On aurait tort de confondre cette volonté d'obtenir la raison avec celle de diriger ou celle de dominer. Il s'agit avant tout d'une volonté intime de comprendre. C'est un élan de la personne. Tous les grands innovateurs, dans tous les domaines, font partie du premier extrême dès l'instant où ils défendaient une nouvelle conception, ce qui n'est pas le cas de tous ceux que l'on qualifie de progressistes notons-le. Tous les conformistes convaincus font partie du second, bien que cet extrême ne soit pas la volonté d'être conformiste: il ne s'agit que du niveau minimum du gradient de la volonté intime de comprendre. C'est à dire littéralement: de prendre avec soi, de faire union avec la pensée d'un autre. 
On peut observer que le premier extrême a toujours subi un rejet social permanent de la part du second, ce qui peut être vécu comme un ostracisme ou comme une malédiction. On ne peut dénombrer que la partie visible de ces extrêmes, c'est à dire celle de leurs représentants qui ont une audience mesurable. Le succès d'audience d'un représentant du deuxième extrême n'est dû qu'à sa position statique établie par sa naissance, son poste, son diplôme, son réseau. Le succès d'audience de son vivant pour un représentant du premier extrême, malgré toute la volonté dont il peut faire preuve, n'est dû qu'au hasard des situations. C'est par essence un mouvement dynamique, dont l'ampleur peut être favorisée par la position héritée (sa naissance) mais qui n'est pas déterminé par cette dernière. 
La formation de l'Histoire depuis l'Homo Sapiens provient de l'interaction entre ces deux extrêmes, à l'image du tracé de la côte qui n'est pas dû aux seules vagues, ni uniquement au terrain, contrairement à la conception politique simpliste de Göring. Il me paraît certain d'une part que l'issue de la crise systémique globale actuelle, positive ou non, ne dépend désormais que de la population du premier extrême ; et d'autre part qu'on ne choisit pas d'être dans l'une ou l'autre extrême. C'est inné mais sans la moindre cause génétique et ensuite ce caractère peut éventuellement se développer par interactions sociales. Cette formation est en écho aux mots de Christoflour :
"Les hommes du torrent, ceux qui s'abandonnent aux fatalités de la nature, sont mus à la façon des galets roulés par la mer. Comme la chose inerte, ils ont leur rôle assigné dans le plan de la Providence. Ils accomplissent sans le savoir les desseins de Dieu. Par leurs mouvements involontaires, ils font surgir les événements qui éprouvent les élus. Ils ne font pas l'histoire vraie, mais seulement le tissu sur lequel elle est brodée par les hommes libres.
(Raymond Christoflour, 1888-1970 ; La Drachme perdue, 1967) 
Durant toute sa vie, on glisse vers le premier de ces extrêmes. Ce devenir est un puits de potentiel ; ceci peut se comprendre littéralement et dans les termes de la physique: ce mouvement, qui est très lent pour ceux situés dans l'autre extrême, est irréversible. Il peut être accéléré par un violent traumatisme qui bouleverse les repères, ou par une énergie considérable. On ne peut que se reconnaître dans la vitesse de ce mouvement et s'accepter: « Eppur si muove ! » Et qu'est-ce que ce mouvement sinon celui de l'esprit? La création d'une nouvelle conception est un acte de liberté. 
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On croit que le mode collaboratif se limite à "travailler à plusieurs". C'est une erreur. Les méthodes Agiles sont le vrai moyen collaboratif pour mettre en place un mode permettant de comprendre ensemble. Il s'agit de tailler et polir sa pensée au contact des autres. Comme la pensée précède toujours l'action, la pertinence née de la compréhension commune se traduira dans une action plus efficace. 
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L'immense majorité des économistes actuels, et tous ceux qui sont influents, sont des pharisiens. C'est le problème de la crise à résoudre aujourd'hui. Tous les cordistes sont des sophistes. C'est le problème de la crise à résoudre demain.
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Tient-on nos idées autant qu'elles nous tiennent?
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Que cette volonté soit visible partout, sans que personne ne puisse la nommer : voilà l'influence. 
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La graine du courage s'appelle la volonté.
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Différencier intelligence et sagesse, c'est différencier deux cibles de conception. On confond souvent la première avec la célérité de la pensée dans la manipulation de concepts abstraits. Ce n'est qu'un câblage. La  vraie intelligence requiert, tout comme la sagesse, un effort de création. On devrait mesurer ensuite cet effort à l'aune de l'humanité: cette barrière franchie, ce petit saut conceptuel a-t-il déjà été réussi ailleurs, ou en d'autres temps? Cette comparaison est très souvent absente, d'où un vertige ou une idolâtrie parce que toute époque veut contempler ses génies.
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Ce que je suis, c'est une volonté ; mais qui possède les clefs de ce devenir?
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Si amour et volonté sont la même chose, alors tous ceux capables d'amour sont capables de volonté, même les plus velléitaires ; et tous ceux capables de volonté sont capables d'amour, même les plus psychopathes.
Si amour et volonté ne sont pas les mêmes choses, lequel surgit de l'autre? Qui parle lors des vœux d'union? Si l'amour précède la volonté, on ne peut vouloir aimer, et on est simplement conduit à vouloir faire grandir un amour. Si c'est la volonté qui fait naître l'amour, alors il est possible de rechercher l'amour ou de laisser l'amour remplir sa vie et donc celle des autres. Il suffit au préalable de cultiver sa capacité de volonté.
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Whatever trillions you could add to your personal bank account, you will never be able to become richer than me, and I'm sorry for that.
NDR: My answer to Jamie "I'm richer than you" Dimon
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"Hacker" un système, c'est trouver un moyen d'échapper au contrôle opéré par ce dernier. C'est en définitive un moyen de révéler l'illusion non seulement de son contrôle, mais aussi de sa fonction de transmission. Si un système constitue un intermédiaire entre au moins deux humains, alors ce geste révèle l'illusion de la confiance placée par certains acteurs dans le système.
Pour les systèmes techniques, donc artificiels, considérés isolés on a affaire à une volonté de transgression, de dépassement d'une frontière. La question reste de savoir jusqu'à quel point un système technique est isolé de la société.
Pour les systèmes naturels (biologiques, chimiques, physiques) l'illusion dissipée est celle de comportements imparfaitement compris. C'est une volonté d'éclaircissement, de curiosité. La démarche scientifique permet ici de progresser pas à pas si l'on reste extrêmement vigilant.
Pour les systèmes sociaux (ou socio-techniques), le hack est appelé dissidence. Son évidence d'utilité pour les autres consciences n'existe pas de prime abord, elle doit donc faire l'objet d'une lutte. Ici aussi on retrouve une notion de progression dans la compréhension du système par la société, rendue possible par le facteur de dissidence. C'est une volonté de transformation sociale.
Pour les éco-systèmes dans lesquels intervient l'homme, le hack est appelé déséquilibre, et peut dans certains cas conduire à leur rupture. C'est alors une fonction de désintégration, de redistribution, de disruption qui opère sur l'illusion que nous avons de sa permanence.
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Quel est le meilleur garant de ma propre liberté? C'est la vôtre. 
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About a resilient monetary system : if being centralized imply being unsustainable, being decentralized does not imply being sustainable.
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Comment faire passer un chameau par le chât d'une aiguille?
Il suffit de lui apprendre comment faire.
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Grandir en amour comme on grandit en noblesse. 
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Cette impression de ne plus être réceptif à la consommation est une attitude instinctive de repli. C'est le mode de défense de l'esprit le plus courant: quand celui-ci ne comprend plus les règles, ni le sens, il ne joue plus, il sort du terrain. Ce boycott quand il s'étend signe immanquablement la fin du jeu des dominants par manque de soutien silencieux, de participants. C'est un mouvement inconscient et irréversible de l'esprit. La seule façon d'y "remédier" dans l'Histoire a été pour les gouvernements totalitaires d'envoyer les citoyens dans des camps de "rééducation". 
NDR: réponse postée le 2/3/2014 au billet  « Docteur, je ne comprends pas, j’ai l’impression de ne plus être réceptif à la pub, je n’ai plus envie de pousser mon caddie, de faire la queue, faire les soldes pour acheter des trucs que je ne mettrai jamais, j’en ai même terminé avec mon crédit auto, docteur j’ai peur ! » 
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L'homme est libre quand il devient son devenir. Si vous voulez vraiment vous libérer, devenez libre.
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In the scientific world there is a high probability the users of mathematical models understand the limitations of models they use.
But that is not true for the decision makers in the financial world and in economics. Most of the times even very smart people cannot differentiate what they know from what they believe - and there is a really huge difference.
Models of very complex systems are great looking backwards, but may neglect some fundamental variables when used to predict the future. Such models are incorporated into belief systems when they are successful a posteriori, even if by luck.
In the field of economics, this is even more true: mathematical models can be a priori believed as true, whereas (and because) they are built upon false (and mainstream) beliefs.
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Je suis un poisson immergé dans l'univers
L'esprit est une bouche ouverte au regard, nourri de liberté
La conscience est mon ventre écrasant le doute
La vie, un oeil qui permet de comprendre.
Volonté et vérité sont des nageoires pectorales
Pouvoir est gouvernail, nageoire caudale,
Etre est mon cerveau, entre bonheur et abîme
La nageoire dorsale le prolonge en courage.
A mon front, une impossible histoire
Entre amour et sens du monde,
L'intelligence d'une révolution,
Le besoin de penser l'humain, de dire la réalité. 
(B.L. Paul, 1970 – ) 

Our government, without the limitations imposed upon it by the principles of classical liberalism, makes for a fair-weather system. Under such a paternalistic, omnipotent and omniscient government modern civilization may appear to work productively and humanely enough, that is, as long as the fair weather lasts.
But let drought strike, or let flood engulf the land. Then our democratic unlimited government will at once show its feet of clay. No sooner does social disturbance, civil strife, or distrust raise its face than will centralized government lose its grip and get entangled in one crisis after another, all of its own making. The government that was omnipotent in fair weather would be helpless in foul. The government that was omniscient during the smooth evolutionary phase would plead ignorance at the first sign of a mutation. The fair-weather system of unlimited government is forever unable to cope with catastrophes.
Older schools of evolution did not assume continuous progress. They were not given to thinking in terms of growth curves rising uniformly forever. They made allowance for mutations, they admitted the possibility of setbacks, abrupt reversals and tumbles. Older philosophers assumed that nature abhorred uninterrupted continuity, as much as she abhorred vacuum. They knew that in nature there was no continuous transition from the lower state to the higher. We should do well to remember the teachings and emulate the humility of those older philosophers. They were wise men, immeasurably wise. Certainly far wiser than ourselves. Their thinking had one great advantage: they were not afraid to warn of the day when the weather would turn from fair to foul. They dared to think mutations. They dared to think catastrophes. While they were aware that dull times called for dull theories, they believed that critical times called for theories altogether alien to and different from those dull theories. In critical times you must think deeper, you must be wiser and more imaginative.
(B. Hamvas, 1897 – 1968 ; Titkos jegyzőkönyv Vol. 17 p. 104, 1962) 

A leader is best when people barely know that he exists, not so good when people obey and acclaim him, worst when they despise him. Fail to honor people, They fail to honor you. But of a good leader, who talks little, when his work is done, his aims fulfilled, they will all say, "We did this ourselves".
(L. Er, 'Lao Tseu', 570 – 490 av. J.-C.)
[attribué au même (à vérifier) :]
Accomplis ta tâche puis fais un pas en arrière. C’est le seul chemin qui conduise à la sérénité.
Aimez le monde comme vous-même… Alors seulement vous pourrez vous occuper de tout le reste.
Arrêtez le mal avant qu’il n’existe ; calmez le désordre avant qu’il n’éclate.
Au centre de votre être, vous avez la réponse ; vous savez qui vous êtes et vous savez ce que vous voulez.
Celui qui a vaincu l’autre est fort. Seul celui qui s’est vaincu lui-même est puissant.
Celui qui connaît l’autre est sage, celui qui se connaît lui-même est éclairé.
Celui qui ne perd pas sa racine peut durer.
Celui qui sait se satisfaire aura toujours le nécessaire.
Celui qui veut briller n’éclaire pas longtemps.
Celui qui veut dispenser la lumière doit connaître les ténèbres qu’il est amené à éclairer.
Créer, non posséder. Œuvrer, non retenir. Accroître, non dominer.
De l’argile, nous faisons un pot, mais c’est le vide à l’intérieur qui retient ce que nous voulons.
Élève les êtres, nourris-les sans chercher à les asservir.
Être aimé profondément par quelqu’un vous donne de la force tandis qu’aimer profondément quelqu’un vous donne du courage.
Être humain, c’est aimer les hommes. Être sage, c’est les connaître.
Grâce à un effet du hasard, un homme peut régner sur le monde pendant quelque temps. Mais, en vertu de l’amour et de la bonté, il peut régner sur le monde à jamais.
Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure.
L’échec est le fondement de la réussite.
La bonté en parole amène la confiance. La bonté en pensée amène la profondeur. La bonté en donnant amène l’amour.
La vertu suprême ignore la vertu. C´est pourquoi elle est vertu.
Le ciel dure, la terre persiste. Qu’est-ce donc qui les fait persister et durer ? Ils ne vivent point pour eux-mêmes. Voilà ce qui les fait durer et persister.
Le sage sait que plus il donne aux autres, plus il a pour lui-même.
Le sage sans jamais faire de grandes actions, accomplit de grandes choses.
Le silence permet de trouver son destin.
L’homme supérieur pratique la vertu sans y songer, l’homme vulgaire la pratique avec intention.
Lorsque vous prenez conscience de votre source, vous devenez naturellement tolérant, aimable et enjoué.
Ne te venge pas. Assieds-toi au bord de la rivière et tu verras le cadavre de ton ennemi passer.
Observez l’ordre naturel des choses. Travaillez avec lui plutôt que contre lui, car essayer de changer ce qui est ne pourra que faire surgir une résistance.
Produire et faire croître, produire sans s’approprier, agir sans rien attendre, guider sans contraindre, c’est la Vertu Suprême.
Quand le ciel veut sauver un homme, il lui envoie l’amour.
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.
Quand on a réglé un grand différend, il reste toujours quelques griefs, et la paix ne peut être rétablie que par la bonté.
Quand vous êtes content d’être vous-même, vous ne comparez pas ou ne recherchez pas la compétition.
Qui se plie restera entier, qui s’incline sera redressé. Qui se tient creux sera rempli, qui subit l’usure se renouvellera.
Retourne à la source, trouve la sérénité, c’est la voie de la nature.
Savoir et se dire que l’on ne sait pas est bien.
Savoir se contenter de ce que l’on a : c’est être riche.
Se voir soi-même c’est être clairvoyant.
Si un homme saisit ce qui est fondamental, tous les livres deviennent inutiles.
Si vous croyez savoir, vous ne savez pas.
Tu es le maître des paroles que tu n’as pas prononcées ; tu es l’esclave de celles que tu laisses échapper.
Un mot prononcé avec bienveillance engendre la confiance. Une pensée exprimée avec bienveillance engendre la profondeur. Un bienfait accordé avec bienveillance engendre l’amour.
Vivre n’est jamais jouer un rôle. Vivre c’est laisser parler son être.
Votre ennemi est votre meilleur professeur.

Le courage, c'est de comprendre sa propre vie... Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille... Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel.
(J. Jaurès, 1859 – 1914)

"Money is gold, and nothing else."

Follow the money.
(M. Felt, 'Deep Throat', 1913  2008) 
NDR: 1635, 1759, 1825, 1837, 1857, 186318731893, 1900, 1907, 1913, 1933, 1944, 1971, 1997, 2001, and 2007 till today... 
Samuel Oppenheimer (1635 - 1703) was Court Jew and Banker under Emperor Leopold I of Austria. 
Nathan Mayer, Freiherr von Rothschild (1777 – 1836) gained a position of such power in the City of London that by 1825–6 he was able to supply enough coin to the Bank of England to enable it to avert a liquidity crisis. 

London-based Junius Spencer Morgan, by 1854, became a London agent of George Peabody. In 1857 the Bank of England gave a loan to George Peabody & Co. and saved it, while 9000 other companies went down in a large financial crash. With this money Peabody bought up large amounts of dirt cheap securities and sold them at a later stage with enormous profits. In 1864, as Peabody retires, George Peabody & Company is renamed to Junius S. Morgan Company.
...And 2 years after I wrote this, Nomi Prins published this.  

I had a nice talk with Jack Morgan the other day and he seemed more worried about Tugwell's speech than about anything else, especially when Tugwell said, "From now on property rights and financial rights will be subordinated to human rights." J.P.M. did not seem much troubled over the gold purchasing, and confessed that he had been completely misled in regard to the Federal expenditures. The real truth of the matter is, as you and I know, that a financial element in the larger centers has owned the Government ever since the days of Andrew Jackson — and I am not wholly excepting the Administration of WW — The country is going through a repetition of Jackson's fight with the Bank of the United Stated - only on a far bigger and broader basis.
(F.D. Roosevelt, 1882 – 1945 ; Letter to Col. Edward Mandell House, 21 November 1933 ; in F.D.R.: His Personal Letters, 1928-1945, edited by Elliott Roosevelt, New York: Duell, Sloan and Pearce, 1950, p. 373) 
NDR: Rexford Tugwell was one of FDRs economic advisors. At the time he was Assistant Secretary of the United States Department of Agriculture. 
WW is the president W. Wilson. 
Andrew Jackson was president from 1829 to 1837. He was strongly opposed to the Second Bank of the United States, a precursor to the modern Federal Reserve Bank.

...misunderstandings and neglect create more confusion in this world than trickery and malice. At any rate, the last two are certainly much less frequent.
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Une vérité insuffisante exerce son influence pendant quelques temps ; mais au lieu d’une manifestation plus parfaite de la vérité, parait une erreur brillante. Le monde s’en contente et se fait illusion ainsi pendant des siècles. 
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Il est beaucoup plus facile de reconnaître l’erreur que de trouver la vérité. La première est à la surface, et chacun peut aisément la saisir ; la seconde repose dans les profondeurs et il s'ensuit qu'il n’est pas donné à tous de la rechercher.
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Niemand ist mehr Sklave, als der sich für frei hält, ohne es zu sein. 
None are more enslaved than those who falsely believe they are free.
(J.W. von Goethe, 1749 - 1832)

Much literary criticism comes from people for whom extreme specialization is a cover for either grave cerebral inadequacy or terminal laziness, the latter being a much cherished aspect of academic freedom.
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To add to the technostructure is to increase its power in the enterprise.[...] The first goal of the technostructure is its own security.
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THE GENIUS of the industrial system lies in its organized use of capital and technology. This is made possible, as we have duly seen, by extensively replacing the market with planning.[...] Educators have yet to realize how deeply the industrial system is dependent upon them.
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This is what economics now does. It tells the young and susceptible (and also the old and vulnerable) that economic life has no content of power and politics because the firm is safely subordinate to the market and the state and for this reason it is safely at the command of the consumer and citizen. Such an economics is not neutral. It is the influential and invaluable ally of those whose exercise of power depends on an acquiescent public. If the state is the executive committee of the great corporation and the planning system, it is partly because neoclassical economics is its instrument for neutralizing the suspicion that this is so.
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In numerous years following the war the Federal government ran a heavy surplus. It could not pay off it's debt, retire its securities, because to do so meant there would be no bonds to back the national bank notes. To pay off the debt was to destroy the money supply. 
(J.K. Galbraith, 1908 – 2006)

The only function of economic forecasting is to make astrology look respectable.
(E. Solomon, 1920 – 2002)


The hope for the twentieth century rests on recognition that war and depression are man-made, and needless. They can be avoided in the future by turning from the nineteenth-century characteristics just mentioned (materialism, selfishness, false values, hypocrisy, and secret vices) and going back to other characteristics that our Western Society has always regarded as virtues: generosity, compassion, cooperation, rationality, and foresight, and finding a increased role in human life for love, spirituality, charity, and self discipline.
(C. Quigley, 1910 - 1977 ; Tragedy and Hope: A History of the World in our Time, 1966, p. 1311)
NDR: read and watch also this. 


 


L’imagination comme anticipation n’est plus ainsi une fonction qui détache de la réalité et se déploie dans l’irréel ou le fictif: elle amorce une activité effective de réalisation […]. La modalité de l’imaginaire est celle du potentiel ; elle ne devient celle de l’irréel que si l’individu est privé de l’accès aux conditions de réalisation.
(G. Simondon, 1924 - 1989 ; Cours sur l'Imagination et l'Invention, 1965-66)

The scientist, like the artist, interprets the world around him by making images. Thinking calls for images and images contain thought. 
(R. Arnheim, 1904 - 2007 ; Visual Thinking, 1969)
NDR: the main question remains in the "calls". 

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage.
(Periklếs, ~495 - 429 av. J.-C.)

Don't date the most beautiful girl in the world, date the girl that makes your world the most beautiful.
(C.J. Thomaz, 'Wiz Khalifa', 1987 - )

[...]
Parce qu'on a la rage, on restera debout quoi qu'il arrive,
La rage d'aller jusqu'au bout et là où veut bien nous mener la vie,
Parce qu'on a la rage, on pourra plus s'taire ni s'asseoir dorénavant on s'tiendra prêt parce qu'on a la rage, le cœur et la foi !
Parce qu'on a la rage, on restera debout quoi qu'il arrive,
La rage d'aller jusqu'au bout au delà où veut bien nous mener la vie,
Parce qu'on a la rage, rien ne pourra plus nous arrêter, insoumis, sage, marginal, humaniste ou révolté !
La rage parce qu'on choisit rien et qu'on subit tout le temps
Et vu que leurs chances sont bancales et bien tout équilibre fout le camp
La rage car l'irréparable s'entasse depuis un bout de temps
La rage car qu'est ce qu'on attend pour s'mettre debout et foutre le boucan 
La rage c'est tout ce qu'ils nous laissent, t'façon tout ce qui nous reste,
La rage, combien des nôtres finiront par retourner leur veste !
La rage de vivre et de vivre l'instant présent, 
La rage, car c'est la merde et que ce monde y adhère, 
Et parce que tous leurs champs d'OGM stérilisent la Terre !
La rage pour qu'un jour l'engrenage soit brisé
Et la rage car trop lisent « Vérité » sur leur écran télévisé.
La rage car ce monde ne nous correspond pas, 
Nous nourrissent de faux rêves pour placer leur rempart 
La rage car ce monde ne nous correspond pas, 

La rage d'y croire et de faire en sorte que ça bouge, 
La rage d'un Chirac, d'un Sharon, d'un Tony Blair ou d'un Bush !
La rage car ce monde voit rouge mais de grisaille entouré 
Parce qu'ils n'entendent jamais les cris lorsque le sang coule
La rage car l'Occident n'a toujours pas ôté sa tenue de colons !
La rage car le mal tape sans cesse trop
Et que ne sont plus mis au goût du jour tant de grands savoirs ancestraux
Les luttes de nos états, riches de vérité, pouvant changer l'humanité 
La rage car ils ne veulent pas que ça change, hein 
Préférant garder leur pouvoir et nous manipuler comme leurs engins.
La rage car on croit aux anges et qu'on a choisi de marcher avec eux
La rage parce que mes propos dérangent
Vois aux quatre coins du globe, la rage du peuple en ébullition
La rage, ouais la rage ou l'essence de la révolution !
Anticapitalistes, alter-mondialistes, ou toi qui cherche la vérité sur ce monde,
La résistance de demain à la veille d'une révolution mondiale et spirituelle,
La rage du peuple, la rabbia del pueblo,
Parce qu'on a la rage, celle qui fera trembler tes normes, 
Parce qu'on a la rage, la rage a pris la populasse et la rage est énorme.
(O. Dafor, 'Keny Arkana', 1982 - ; La rage, in Entre Ciment et Belle Étoile, 2006)

La vie m’a dit sèche tes larmes le ciel ne se venge pas
Reste toi sois forte ou le monde te changera
Accroche-toi à ta flamme et transmute la fable
Relève-toi vite à chaque fois que ce monde te fait un croche-patte
Ne cultive pas la haine ou elle te mangera
Guéris car si t’es mal en toi-même ça sera pareil autre part
Si tu cherches un coupable regarde toi dans la glace
Ta réalité tu la fais elle n’est rien d’autre qu’une question d’octave 
La vie m’a dit, le bonheur dépend de ton regard
De ce que tu dégages ceux qui n’ont pas peur du vide ne tombent pas
Car la peur attire tout à elle magnétique
Les erreurs se répètent parce qu’on cultive l’amnésie
Elle m’a dit, ne juge pas évite les poncifs
Canalise tes analyses car tes pensées te construisent
Ne banalise jamais, tout est unique médite ça
Et si tu ne sais où aller recueille toi le ciel te guidera 
La vie m’a dit qu’elle était plus grande que tout ce que l’on croit
Abondante, on l’imagine austère
Elle m’a dit, ma puissance est en toi
Fais le vide et retrouve la, fais le vite et retrouve toi
Lumière divine oui bien plus grande que tout ce que l’on voit
Enfants oubliés de notre Terre
Elle m’a dit, le soleil est en toi
Et tout tourne autour du soleil 
La vie m’a dit écoute les mots que je te souffle
Prend toi en main plutôt qu’appeler au secours
Ancre-toi dans le présent et son mouvement
Apprendre à donner vraiment c’est ne rien attendre en retour
Rien n’est trop tard si tu crois t’être trompée de route
Ecoute l’intuition elle fera disparaitre le doute
Elle te relie à toi-même, te délivre,
Chaque humain est voué à briller, que le ciel te bénisse 
La vie m'a dit n'aie pas peur de te tromper
Les erreurs font grandir et puis il faut oser pour être entier
Il n'y a que toi qui décideras du sens de ton sentier
De lâcher prise de résister et de voir la vie avec un grand V
Seul l’amour peut guérir et ça personne ne pourra te l’enlever
Maîtrise ton esprit tout ce que tu vis tu l’as engendré
Elle m’a dit ne te rend pas, ton âme ne se vends pas
Aime tout ce qui vit et tout ce qui vit te le rendra 
La vie m’a dit, crois en toi rien n’est impossible
Fuis l’orgueil, c’est par lui que les cœurs s’appauvrissent
Reste intègre fille de la Terre
Mensonge ne sera jamais vérité même si des foules entières l’applaudissent
Parle vrai, pas comme tous ces mots qu’on a trop dit
Si tu n’ouvres pas ton cœur comment veux-tu que la lumière s’introduise
Reste fidèle à tes convictions, aime sans conditions
Elle m’a dit pose toi les bonnes questions 
La vie m’a dit, toi seule connait tes rêves
Préserve les car les dévoiler c’est risquer de les perdre
T’accroche à rien ici-bas tout est éphémère
Reste près de ton cœur même si tu passes par les ténèbres
Tout part de toi, ta réalité te reflète
Parce que l’on voit ce que l’on croit et que l’on est ce que l’on souhaite être
La vie m’a dit ose moi
Reconnais toi en l’autre car l’autre est un autre toi 
La vie m’a dit, n’oublie pas, la magie de la sagesse
Dompte tes pensées car d’elles émanent chaque mot et chaque geste
Ma fille, les germes du concret fleurissent d’abord dans la tête
Enfants de la Terre qui portent les secrets de la vie
Tout tourne autour du soleil
Et pas autour du nombril de l’homme
Le soleil est en toi
(O. Dafor, 'Keny Arkana', 1982 - ; Tout tourne autour du soleil, 2012)

Many people say they were deceived during the last war. No one is yet to step up and say he deceived us. Civilians believe they were deceived by the military and bureaucracy, but those inside the military and bureaucracy will all point to their superiors and say they were deceived by them. I guarantee that those superiors will say they were deceived by their superiors. . . . The crime of those who were deceived lies not just in the fact that they were deceived ; the core wrong was the entire nation’s cultural apathy and loss of self-awareness, self-reflections, and responsibility ; the people lost their capacity to criticize, ability to think, and convictions, entrusting their whole selves to a blind obedience so completely that they were deceived just like that. . . . A people who are content to say that they were deceived will probably be deceived over and over again.
(Y. Ikeuchi, 'Itami Mansaku', 1900 - 1946 ; Senso sekininsha no mondai, 08/1946 ;  translation by Michiko Hase)

... governments [...] have repeatedly created many situations that have killed people both within [the country] and overseas, as a result of “wars of colonial expansion” and “economic development policies” [NDR: and "war against terrorism"]. As citizens, we must vigorously pursue people in authority and make them accountable for their actions. That is the responsibility and duty of citizens. [...] Undoubtedly, such fallacious action is partly due to the negligence of our own responsibility and duty as citizens. We need to closely interrogate our own past activities in this regard, and dramatically change our way of thinking in order to change our behavior when confronting current nuclear problems. To be effective, the [activist] movements must demand and pursue responsibility both from the government and the people ; it is not sufficient to simply be guardians of the environment. Our responsibility and duty is to protect human beings, including future generations, as well as all living creatures and the natural environment of this planet.

Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante: comment éviter leur réalisation définitive?... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins «parfaite» et plus libre.
(N.A. Berdiaev, 1874 - 1948 ; publié avant 1932 et également commenté dans De l'esclavage et de la liberté de l'homme, 1946)
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Les russes considèrent les problèmes dans leur essence et non dans leur reflet culturel. En ce qui me concerne du moins, j'ai toujours parlé de ce qui est premier et non du secondaire, du reflété, je parlais comme quelqu'un se trouvant devant l'énigme du monde, de la vie elle-même, je parlais existentiellement comme sujet de l'existence. [...]
J'ai toujours senti l'énorme différence entre ma façon de penser et la façon de penser française et entre notre façon d'approcher les sujets. J'apportais avec moi mon sentiment catastrophique, sentiment personnel et russe, de la vie et de l'histoire, une approche de chaque sujet en son essence, et non à travers son reflet culturel.
(N.A. Berdiaev, 1874 - 1948 ; fragments inédits de son autobiographie, publiés en 1975)
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Berdiaev, ce témoin passionné, est un philosophe, ce qui veut dire en Russie depuis Khomiakov, un penseur qui non seulement pose des problèmes avec passion, mais aussi ne les dissocie pas de l'existence la plus immédiate, que ce soit la conscience religieuse, la vie politique, économique ou sociale. D'où des traits spécifiques : romantisme, art de la polémique, prophétisme teinté d'esprit apocalyptique.
(Constantin Andronikof, directeur de la collection Sophia aux Editions l'Age d'Homme, à propos de Berdiaev, Le Nouveau Moyen Age, 1985)
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Il est impossible de définir rationnellement l’esprit, ce serait là pour la raison une vaine tentative. Une telle définition tue l’esprit, le transforme en objet, tandis qu’il est sujet. On ne peut élaborer un concept de l’esprit. Mais on peut saisir les caractères de l’esprit. On peut dire que la liberté, le sens, l’activité créatrice, l’intégralité, l’amour, la valeur, la tendance vers un monde supérieur et divin et l’union avec celui-ci figurent parmi ces caractères. Cette série de caractères englobe le pneuma de l’Écriture Sainte et le nous de la philosophie grecque. En tant que l’esprit est liberté, le spirituel se caractérise principalement par son indépendance par rapport aux déterminations de la nature et de la société. L’esprit s’oppose avant tout au déterminisme. L’esprit est l’intérieur par rapport à l’extérieur, à tout ce qui dépend de l’extérieur. L’intérieur est le symbole de l’esprit. [...] L’esprit, précisément, est activité ; quant à la vie au sens biologique de ce mot, elle est passivité. Mais Scheler comprend parfaitement que l’esprit n’est pas un épiphénomène de la vie, qu’on ne saurait le comprendre d’une manière vitaliste. L’esprit est une évasion hors de ce monde alourdi, il représente l’élément dynamique, créateur, une sorte d’envol. Pic de la Mirandole affirme que l’esprit humain est d’origine céleste, c’est-à-dire qu’il ne provient pas du monde naturel. L’esprit ne serait pas déterminé par le monde naturel, il échapperait à celui-ci. C’est l’esprit qui fait de l’homme l’image de Dieu. L’esprit est l’élément divin dans l’homme. Et c’est grâce à l’esprit que l’homme peut accéder aux plus hautes sphères divines. L’esprit est l’acte créateur intégral de l’homme. L’esprit est la liberté qui se perd dans les profondeurs préontiques du monde. La liberté a la primauté sur l’être qui est une liberté déjà figée. C’est pourquoi l’esprit ne peut se définir par l’être, qui a une forme complètement finie, qui est pour ainsi dire statique. C’est pourquoi l’esprit est l’acte créateur ; l’esprit crée un être nouveau. L’activité créatrice, la liberté créatrice du sujet est primitive. Le principe de causalité ne s’applique ni à l’esprit, ni à la vie spirituelle. [...]
L’esprit est toujours vérité, vérité orientée vers l’éternel. L’esprit échappe au temps et à l’espace. Par son caractère intégral, il s’oppose au morcellement temporel et spatial. L’esprit n’est pas être, mais il est le sens de l’être, la vérité de l’être. L’esprit est également intelligence, mais une intelligence intégrale. L’esprit est aussi bien transcendant qu’immanent. En lui le transcendant devient immanent et l’immanent transcendant. L’esprit n’est pas identique à la conscience, mais la conscience se construit par l’esprit, et c’est aussi l’esprit qui transcende les limites de la conscience, qui atteint au supraconscient. L’esprit présente un aspect prométhéen, il se révolte contre les dieux de la nature, contre le déterminisme du destin humain ; l’esprit est une évasion, une évasion vers un monde supérieur et libre. 
(N.A. Berdiaev, 1874 - 1948 ; Esprit et Réalité,  1937)
NDR:
Souffle imprévisible, Esprit de Dieu,
Vent qui fait revivre, Esprit de Dieu,
Souffle de tempête, Esprit de Dieu,
Ouvre nos fenêtres, Esprit de Dieu !
Esprit de vérité, brise du Seigneur,
Esprit de liberté, passe dans nos cœurs !
("Souffle imprévisible"; chant chrétien)


The third element of social conscience is agency, which is a sense of personal power, as well as personal responsibility. While consciousness identifies situations where the reality falls short of the ideal, a person’s sense of agency allocates responsibility for action – is it possible to intervene personally, or should someone else be intervening? Individuals cannot care deeply and act effectively on every social and ecological problem they come across, but they can identify problems they feel are both important and that they have the agency to act on. 
Both consciousness and agency are based on an understanding of social structure, and ultimately, on values. Therefore, a crucial skill is the ability to identify areas where we feel a sense of agency, and find ways of effectively intervening in those areas that align with our deepest concerns, our knowledge of social structure, and our personal values. 
All three elements – consciousness, structure, and agency – must be in place for a strong sense of social conscience.
(M. Goldberg, ~1981 - ; chapter about Social Concience in The Handbook of Sustainability Literacy - Skills for a changing world, 2009)

"Un hacker [NDR: en informatique] est une personne qui, privilégiant les résultats sur les méthodes, est capable de gagner une connaissance intime d'un système."
(E. Filiol, 1962 - ; interview)
NDR: De notre temps je dirais qu'à la différence, un hacker social est une personne qui, puisqu'il ne privilégie pas les résultats sur les méthodes, est capable de gagner une connaissance intime d'un système social.

A revolution is coming — a revolution which will be peaceful if we are wise enough ; compassionate if we care enough ; successful if we are fortunate enough — But a revolution which is coming whether we will it or not. We can affect its character ; we cannot alter its inevitability.
(R.F. Kennedy, 1925 - 1968 ; Speech in the United States Senate, 9 May 1966) 
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Our answer is the world's hope ; it is to rely on youth. The cruelties and the obstacles of this swiftly changing planet will not yield to obsolete dogmas and outworn slogans. It cannot be moved by those who cling to a present which is already dying, who prefer the illusion of security to the excitement and danger which comes with even the most peaceful progress. This world demands the qualities of youth: not a time of life but a state of mind, a temper of the will, a quality of the imagination, a predominance of courage over timidity, of the appetite for adventure over the love of ease.[...]
First, is the danger of futility: the belief there is nothing one man or one woman can do against the enormous array of the world's ills — against misery, against ignorance, or injustice and violence. Yet many of the world's great movements, of thought and action, have flowed from the work of a single man. [...]
It is from numberless diverse acts of courage and belief that human history is shaped. Each time a man stands up for an ideal, or acts to improve the lot of others, or strikes out against injustice, he sends forth a tiny ripple of hope, and crossing each other from a million different centers of energy and daring those ripples build a current which can sweep down the mightiest walls of oppression and resistance.[...]
The second danger is that of expediency: of those who say that hopes and beliefs must bend before immediate necessities. Of course, if we must act effectively we must deal with the world as it is. We must get things done. But [...] there is no basic inconsistency between ideals and realistic possibilities, no separation between the deepest desires of heart and of mind and the rational application of human effort to human problems.[...because] it ignores the realities of human faith and of passion and of belief — forces ultimately more powerful than all of the calculations of our economists or of our generals. Of course to adhere to standards, to idealism, to vision in the face of immediate dangers takes great courage and takes self-confidence. But we also know that only those who dare to fail greatly, can ever achieve greatly.[...]
And a third danger is timidity. Few men are willing to brave the disapproval of their fellows, the censure of their colleagues, the wrath of their society. Moral courage is a rarer commodity than bravery in battle or great intelligence. Yet it is the one essential, vital quality of those who seek to change a world which yields most painfully to change.[...]
For the fortunate amongst us, the fourth danger, my friends, is comfort, the temptation to follow the easy and familiar paths of personal ambition and financial success so grandly spread before those who have the privilege of an education. [...] 
There is a Chinese curse which says, "May he live in interesting times." Like it or not we live in interesting times. They are times of danger and uncertainty ; but they are also more open to the creative energy of men than any other time in history. And everyone here will ultimately be judged — will ultimately judge himself — on the effort he has contributed to building a new world society and the extent to which his ideals and goals have shaped that effort.
(R.F. Kennedy, 1925 - 1968 ; Day of Affirmation Address, 6 June 1966)

Justice is conscience, not a personal conscience but the conscience of the whole of humanity. Those who clearly recognize the voice of their own conscience usually recognize also the voice of justice.
(A.I. Solzhenitsyn, 1918 – 2008 ; Letter to three students, October 1967) 
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It is not because the truth is too difficult to see that we make mistakes. It may even lie on the surface ; but we make mistakes because the easiest and most comfortable course for us is to seek insight where it accords with our emotions — especially selfish ones.
(A.I. Solzhenitsyn, 1918 – 2008 ; Peace and Violence, 1973)

The roots of violence: wealth without work, pleasure without conscience, knowledge without character, commerce without morality, science without humanity, worship without sacrifice, politics without principles. 
(M.K. Gandhi, 1869 – 1948)

Safeguarding the rights of others is the most noble and beautiful end of a human being.
(G.K. Gibran, 1883-1931) 

America will never be destroyed from the outside. If we falter and lose our freedoms, it will be because we destroyed ourselves.
(A. Lincoln, 1809-1865)

Power concedes nothing without a demand. It never did and it never will. Find out just what any people will quietly submit to and you have found out the exact measure of injustice and wrong which will be imposed upon them, and these will continue till they are resisted with either words or blows, or with both. The limits of tyrants are prescribed by the endurance of those whom they oppress. 
(F.A.W. Bailey, 'Frederick Douglass', ~1818 - 1895)

They must find it difficult, those who have taken authority as truth, rather than truth as authority.
(G. Massey, 1828 – 1907)

If you can't eliminate injustice, at least tell everyone about it.
(A. Shariati, 1933 - 1977)

A state too expensive in itself, or by virtue of its dependencies, ultimately falls into decay ; its free government is transformed into a tyranny ; it disregards the principles which it should preserve, and finally degenerates into despotism.
(S.J.A. de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios, 'Simón Bolívar', 1783 - 1830)

The struggle of people against power is the struggle of memory against forgetting.
(M. Kundera, 1929 - )

Few of us can easily surrender our belief that society must somehow make sense. The thought that the state has lost its mind and is punishing so many innocent people is intolerable. And so the evidence has to be internally denied.
(A.A. Miller, 1915-2005)

If you are neutral in situations of injustice, you have chosen the side of the oppressor.
(D.M. Tutu, 1931 - )

The death of democracy is not likely to be an assassination from ambush. It will be a slow extinction from apathy, indifference, and undernourishment.
(R.M. Hutchins, 1899 – 1977)

Dissent is what rescues democracy from a quiet death behind closed doors.
(L.H. Lapham, 1935 - )

He that would make his own liberty secure must guard even his enemy from oppression ; for if he violates this duty he establishes a precedent that will reach to himself.
(T. Paine, 1737 - 1809)

Activism is my rent for living on this planet.
(A. Walker, 1944 - )

Indeed, the theme of the famous Zhuangzi, that encyclopedic guide to the art of being, explicitly undertakes to examine the theme of "how to protect and preserve one’s life and last out one’s years while living in the social realm, especially in circumstances of great danger: a life of civic engagement in a time of social corruption."
('SuaveBel' a.k.a. 'Yunus Emre' ; From "Warring States" to Warring Factions, 03/15/2015)

The moral and spiritual aspects of both personal and international relationships have a practical bearing which so-called practical men deny. This dullness of vision regarding the importance of the general welfare to the individual is the measure of the failure of our schools and churches to teach the spiritual significance of genuine democracy. Until democracy in effective enthusiastic action fills the vacuum created by the power of modern inventions, we may expect the fascists to increase in power after the war both in the United States and in the world.
(H.A. Wallace, 1888 - 1965 ; The Danger of American Fascism, 1944)

Under governments wherein the will of every one has a just influence, [...] the mass of mankind under that enjoys a precious degree of liberty and happiness. It has it's evils too: the principal of which is the turbulence to which it is subject. But weigh this against the oppressions of monarchy, and it becomes nothing. Malo periculosam libertatem quam quietam servitutem [NDT: I prefer dangerous freedom over peaceful slavery]. Even this evil is productive of good. It prevents the degeneracy of government, and nourishes a general attention to the public affairs. I hold it that a little rebellion now and then is a good thing, and as necessary in the political world as storms in the physical.
(T. Jefferson, 1743 - 1826 ; letter to James Madison, January 30, 1787)

If you think education is expensive, wait until you see how much ignorance costs in the 21st century.
(B.H. Obama, 1961 - ; speech at Knox College in Galesburg, July 2013)

What counts in life is not the mere fact that we have lived. It is what difference we have made to the life of others that will determine the significance of the life we lead.
Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s'est couché sur réalisation humaine plus glorieuse. 
L'éducation est votre arme la plus puissante pour changer le monde. 
Un cœur bon et un bon esprit forment toujours une formidable combinaison. 
Il ne peut y avoir plus vive révélation de l'âme d'une société que la manière dont elle traite ses enfants.
(N.R. Mandela, 1918 - 2013)

But the opposition to the gold standard in any form — from a growing number of welfare-state advocates — was prompted by a much subtler insight: the realization that the gold standard is incompatible with chronic deficit spending (the hallmark of the welfare state). Stripped of its academic jargon, the welfare state is nothing more than a mechanism by which governments confiscate the wealth of the productive members of a society to support a wide variety of welfare schemes. A substantial part of the confiscation is effected by taxation. But the welfare statists were quick to recognize that if they wished to retain political power, the amount of taxation had to be limited and they had to resort to programs of massive deficit spending, i.e., they had to borrow money, by issuing government bonds, to finance welfare expenditures on a large scale.
(A. Greenspan, 1926 - ; Gold and Economic Freedom, 1966)

My efforts to prevent closing of the gold window - working through Connally, Volcker, and Shultz - do not seem to have succeeded. The gold window may have to be closed tomorrow because we now have a government that is incapable, not only of constructive leadership, but of any action at all. What a tragedy for mankind!
(A.F. Burns, 1904 - 1987, Federal Reserve Chairman ; The Secret Diary of Arthur Burns, Aug. 12, 1971)

Under a dictatorship the Big Business, made possible by advancing technology and the consequent ruin of Little Business, is controlled by the State -that is to say, by a small group of party leaders and the soldiers, policemen and civil servants who carry out their orders. In a capitalist democracy such as the United States, it is controlled by what Professor C. Wright Mills has called the Power Elite. This Power Elite directly employs several millions of the country’s working force in its factories, offices and stores, controls many millions more by lending them the money to but its products, and, through its ownership of the media of mass communications, influences the thoughts, the feelings and the actions of virtually everybody.
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It is in the social sphere, in the realm of politics and economics, that the Will to Order becomes really dangerous. Here the theoretical reduction of unmanageable multiplicity to comprehensible unity becomes the practical reduction of human diversity to subhuman uniformity, of freedom to servitude. In politics the equivalent of a fully developed scientific theory or philosophical system is a totalitarian dictatorship. In economics, the equivalent of a beautifully composed work of art is the smoothly running factory in which the workers are perfectly adjusted to the machines. The Will to Order can make tyrants out of those who merely aspire to clear up a mess. The beauty of tidiness is used as a justification for despotism.
Organization is indispensable ; for liberty arises and has meaning only within a self-regulating community of freely cooperating individuals. But, though indispensable, organization can also be fatal. Too much organization transforms men and women into automata, suffocates the creative spirit and abolishes the very possibility of freedom.
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However hard they try, men cannot create a social organism, they can only create an organization. In the process of trying to create an organism they will merely create a totalitarian despotism.
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No people that passes abruptly from a state of subservience under the rule of a despot to the completely unfamiliar state of political independence can be said to have a fair chance of making democratic institutions work.
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In regard to propaganda the early advocates of universal literacy and a free press envisaged only two possibilities: the propaganda might be true, or it might be false.They did not foresee what in fact has happened, above all in our Western capitalist democracies —the development of a vast mass communications industry concerned in the main neither with the true nor the false, but with the unreal, the more or less totally irrelevant.
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“Both parties,” we were told in 1956 by the editor of a leading business journal, “will merchandize their candidates and issues by the same methods that business had developed to sell goods. These include scientific selection of appeals and planned repetition"… The political merchandisers appeal only to the weakness of voters, never to their potential strength. They make no attempt to educate the masses into becoming fit for self-government, they are content merely to manipulate and exploit them.
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Freedom is therefore a great good, tolerance a great virtue and regimentation a great misfortune.
The genetic standardization of individuals is still impossible ; but Big Government and Big Business already posses, or will very soon possess, all the techniques for mind-manipulation described in Brave New World, along with others of which I was too unimaginative to dream. Lacking the ability to impose genetic uniformity upon embryos, the rulers of tomorrow’s over-populated and over-organized world will try to impose social and cultural uniformity upon adults and their children. To achieve this end, the will (unless prevented) make use of all the mind-manipulating techniques at their disposal and will not hesitate to reinforce these methods of non-rational persuasion by economic coercion and threats of physical violence. If this kind of tyranny is to be avoided, we must begin without delay to educate ourselves and of children for freedom and self-government.
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But unfortunately correct knowledge and sound principles are not enough. An unexciting truth may be eclipsed by a thrilling falsehood. A skillful appeal to passion is often too strong for the best of good resolutions. The effects of false and pernicious propaganda cannot be neutralized except by a thorough training in the art of analyzing its techniques and seeing through its sophistries.
In cases where the selecting and abstracting have been dictated by a system that is not too erroneous as a view of the nature of things, and where the verbal labels have been intelligently chosen and their symbolic nature clearly understood, our behavior is apt to be realistic and tolerably decent. But under the influence of badly chosen words, applied, without any understanding of their merely symbolic character, to experiences that have been selected and abstracted in the light of a system of erroneous ideas, we are apt to behave with a fiendishness and an organized stupidity, of which dumb animals (precisely because they are dumb and cannot speak) are blessedly incapable.
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Under the relentless thrust of accelerating over-population and increasing over-organization, and by means of ever more effective methods of mind-manipulation, the democracies will change their nature ; the quaint old forms —elections, parliaments, Supreme Courts and all the rest— will remain. The underlying substance will be a new kind of non-violent totalitarianism. All the traditional names, all the hallowed slogans will remain exactly what they were in the good old days. Democracy and freedom will be the theme of every broadcast and editorial—but Democracy and freedom in a strictly Pickwickian sense. Meanwhile the ruling oligarchy and its highly trained elite of soldiers, policemen, thought-manufacturers and mind-manipulators will quietly run the show as they see fit.
Or take the right to vote. In principle, it is a great privilege. In practice, as recent history has repeatedly shown, the right to vote, by itself, is no guarantee of liberty. Therefore, if you wish to avoid dictatorship by referendum, break up modern society’s merely functional collectives into self-governing, voluntarily co-operating groups, capable of functioning outside the bureaucratic systems of Big Business and Big Government.
(A. Huxley, 1894 – 1963 ; Brave New World Revisited, 1958)

Actually, we who engage in nonviolent direct action are not the creators of tension. We merely bring to the surface the hidden tension that is already alive. We bring it out in the open, where it can be seen and dealt with. Like a boil that can never be cured so long as it is covered up but must be opened with all its ugliness to the natural medicines of air and light, injustice must be exposed, with all the tension its exposure creates, to the light of human conscience and the air of national opinion before it can be cured.
(M.L. King Jr., 1929 - 1968 ; Letter from Birmingham Jail, 08/1963)

There is the moral of all human tales:
'Tis but the same rehearsal of the past,
First freedom, and then glory -- when that fails,
Wealth, vice, corruption -- barbarism at last.
(G.G. Noel, 'Lord Byron', 1788 - 1824 ; Childe Harold's Pilgrimage, 1812)

Amour, peut-être, ou de moi-même haine ?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir !
Qu’importe ! Il voit, il veut, il songe, il touche !
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d’appartenir !
[...]
Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !
L’air immense ouvre et referme mon livre,
(P. Valéry, 1871 - 1945 ; Le cimetière marin, 1920)

[ in extenso ]

An error doesn't become a mistake until you refuse to correct it.
(O.A. Battista, 1917-1995)

Je suis un missionnaire et non un dissident. Je suis indépendant de tout Etat. Mon propre Etat, c'est moi-même.
[...] 
Ma maturation morale s’est faite en parallèle avec l’organisation sociale du communisme. C’est au cours de ce processus que ma révolte individuelle est apparue et a mûri. Elle a eu pour conséquence de m’exiler de mon pays et de m’arracher à mon peuple.  
(A. Zinoviev, 1922-2006)

Muse, assiste à nos chœurs sacrés, et viens prendre plaisir à mes chants, en voyant cette foule nombreuse d'hommes assis, dont les dix mille intelligences sont plus ambitieuses que celle de Cléophon, de qui les lèvres bavardes émettent un son strident, comme l'hirondelle de Thrace, assise sur un arbre barbare. Il croasse le chant lamentable du rossignol, jusqu'à ce qu'il périsse, eût-il les suffrages égaux.
Il est juste que le Chœur sacré conseille et enseigne ce qui est utile à l'État. 
Et d'abord il nous semble bon que les citoyens soient égaux et exempts de crainte. Si quelqu'un a commis la faute d'être dupe des artifices de Phrynichos, je dis qu'il faut que ces délinquants d'alors puissent exposer leur cause et se disculper de leurs méfaits passés. 
J'ajoute que personne d'indigne ne doit faire partie de la cité. Car il est honteux que ceux qui se sont trouvés à une seule bataille navale soient tout de suite des Platéens, et d'esclaves deviennent maîtres. Ce n'est pas que je dise que la mesure n'a pas été bonne ; je l'approuve : c'est le seul acte de bon sens que vous ayez fait. Mais il convient aussi que ceux qui ont pris part avec vous, ainsi que leurs pères, à de nombreux combats sur mer, et vos alliés par la race, obtiennent le pardon, réclamé par eux, d'une faute unique. Relâchez-vous de votre colère, hommes d'une nature très sage ; faisons de bon gré nos parents et nos concitoyens honorés tous les hommes qui ont pris part à nos combats sur mer. Si nous sommes si arrogants et si renchéris sur ce point, au moment où la ville est à la merci des flots, dans l'avenir nous ne semblerons pas avoir gardé notre bon sens. 
Si j'ai l'esprit assez juste pour voir la vie et le caractère de ceux qui auront bientôt à gémir, c'est le tour de ce singe, qui trouble maintenant la ville, du petit Cligène, le pire de tous les baigneurs, qui emploient un mélange de sable, de cendre, de pseudonitre et de craie de Cimolos : il n'attendra pas longtemps. Voyant cela, il n'a rien de pacifique ; car de peur d'être dépouillé, quand il est ivre, il ne marche jamais sans bâton. 
Souvent la ville nous a paru en user à l'égard des citoyens beaux et bons, comme pour la vieille monnaie et la nouvelle. Les premières ne sont pas falsifiées : ce sont les plus belles de toutes les monnaies, à ce qu'il semble, les seules frappées au bon coin et d'un son légal ; et cependant, nulle part, ni chez les Hellènes, ni chez les Barbares, nous n'en faisons usage, préférant ces méchantes pièces de bronze, frappées hier ou avant-hier au plus mauvais coin.  
Il en est de même pour ceux des citoyens que nous savons bien nés, modérés, hommes justes, beaux et bons, nourris dans les palestres, dans les chœurs, dans la musique, nous les couvrons de boue, tandis que les hommes faits de bronze, étrangers, aux cheveux roux, méchants issus de méchants, nous en usons pour tout derniers venus dont jadis la ville n'eût pas facilement voulu pour victimes expiatoires.  
Du moins aujourd'hui, insensés, changez de conduite, usez de nouveau de ceux qui sont utiles : si vous réussissez, on vous donnera raison ; et, si vous tombez, ce sera d'une branche respectable ; si vous avez quelque chose à souffrir, vous paraîtrez aux sages avoir honorablement souffert.
(Aristophane, ~445 - ~385 av. J.-C.; Les grenouilles, 406 av. J.-C.) 

Dès les débuts de la prise en charge de ma dignité, j'ai eu l'occasion de constater que notre gouvernement ne pourrait pas subsister, étant donné la carence de sujets capables, ceux-ci se retirant parce que se sentant abandonnés et ceux restants pensant plus à leurs intérêts privés qu'au bien public.
(L. Manin, dernier doge de Venise, 1725 - 1802 ; Memorie del dogado, 1886)

The word “cartel” has here assumed the stigma of a bogeyman which the politicians are constantly attacking. The fact of the matter is that most of these politicians are highly insular and nationalistic and because the political organization of the world has under such influence been so backward, business people who have had to cope realistically with international problems have had to find ways for getting through and around stupid political barriers. 
(John Foster Dulles to Lord McGowan, Chairman of Imperial Chemical Industries ; in N. Lisagor, F. Lipsius, A law unto itself: the untold story of the law firm of Sullivan & Cromwell, New York: Morrow, 1988, p. 127)

The death of Lincoln was a disaster for Christendom. There was no man in the United States great enough to wear his boots and the bankers went anew to grab the riches. I fear that foreign bankers with their craftiness and tortuous tricks will entirely control the exuberant riches of America and use it to systematically corrupt modern civilization.
(C. von Bauditz Siem, 1861 - 1931 ; The C.S.L.T.: containing views on Abraham Lincoln as expressed by Bismarck in 1878, from the recollections of Conrad von Bauditz Siem, 1915)

L'idéologie n'est pas la science, bien que (comme c'est arrivé pour le marxisme) elle puisse surgir avec des prétentions scientifiques et qu'elle puisse utiliser les acquis de la science (comme c'est le cas de l'idéologie soviétique). Son but n'est pas de découvrir des vérités, mais de standardiser, d'organiser la conscience sociale et de gouverner les hommes en conditionnant leur conscience. L'idéologie n'est pas non plus une religion. On ne croit pas en une idéologie, on l'adopte par calcul rationnel, c'est à dire qu'on accepte de la prendre pour ce qu'elle prétend être et qu'on le manifeste publiquement. On l'assimile de telle façon que cela se répercute sur le mode de pensée et le comportement de chacun, dans la mesure où l'on se livre à ce calcul social.
(A. Zinoviev, 1922 - 2006 ; Nous et l'Occident, 1981)

If Congress can employ money indefinitely to the general welfare, and are the sole and supreme judges of the general welfare, they may take the care of religion into their own hands ; they may appoint teachers in every State, county and parish and pay them out of their public treasury ; they may take into their own hands the education of children, establishing in like manner schools throughout the Union ; they may assume the provision of the poor ; they may undertake the regulation of all roads other than post-roads ; in short, every thing, from the highest object of state legislation down to the most minute object of police, would be thrown under the power of Congress. [...] Were the power of Congress to be established in the latitude contended for, it would subvert the very foundations, and transmute the very nature of the limited Government established by the people of America.
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There are more instances of the abridgment of the freedom of the people by gradual and silent encroachments of those in power than by violent and sudden usurpations.
(speech to the Virginia Ratifying Convention, June 16, 1788) 
(J. Madison, 1751 - 1836)

Government is instituted for the common good ; for the protection, safety, prosperity, and happiness of the people ; and not for profit, honor, or private interest of any one man, family, or class of men ; therefore, the people alone have an incontestable, unalienable, and indefeasible right to institute government ; and to reform, alter, or totally change the same, when their protection, safety, prosperity, and happiness require it. The fabric of American empire ought to rest on the solid basis of THE CONSENT OF THE PEOPLE. The streams of national power ought to flow from that pure, original fountain of all legitimate authority.
(Federalist No. 22, December 14, 1787) 
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The natural cure for an ill-administration, in a popular or representative constitution, is a change of men.
(A. Hamilton, ~1757 - 1804 ; Federalist No. 21, 1787)

"[...] it seems to me that people who possess argumentation, whatever their position, will relate to one another more than amateurs, even if they have opposite positions, than those people who, foaming at the mouth, set out to prove their rightness, often enough not even deeply convinced of them. [...] That’s the problem. It is the disease of neophytes ; when they come across some new teaching, they try to be holier than the Pope."
(A. Dugin, 1962 - ; interview)

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
(A. Césaire, 1913 - 2008 ; Discours sur le colonialisme, 1954)

Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l'égard de Christ. Car, si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien. Or, j'estime que je n'ai été inférieur en rien à ces apôtres par excellence. Si je suis un ignorant sous le rapport du langage, je ne le suis point sous celui de la connaissance, et nous l'avons montré parmi vous à tous égards et en toutes choses.
Ou bien, ai-je commis un péché parce que, m'abaissant moi-même afin que vous fussiez élevés, je vous ai annoncé gratuitement l'Évangile de Dieu? [...]
En toutes choses je me suis gardé de vous être à charge, et je m'en garderai. Par la vérité de Christ qui est en moi, je déclare que ce sujet de gloire ne me sera pas enlevé dans les contrées de l'Achaïe. Pourquoi?... Parce que je ne vous aime pas?... Dieu le sait! 
Mais j'agis et j'agirai de la sorte, pour ôter ce prétexte à ceux qui cherchent un prétexte, afin qu'ils soient trouvés tels que nous dans les choses dont ils se glorifient. Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n'est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres. 
Je le répète, que personne ne me regarde comme un insensé ; sinon, recevez-moi comme un insensé, afin que moi aussi, je me glorifie un peu. Ce que je dis, avec l'assurance d'avoir sujet de me glorifier, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme par folie. Puisqu'il en est plusieurs qui se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi. Car vous supportez volontiers les insensés, vous qui êtes sages. Si quelqu'un vous asservit, si quelqu'un vous dévore, si quelqu'un s'empare de vous, si quelqu'un est arrogant, si quelqu'un vous frappe au visage, vous le supportez. J'ai honte de le dire, nous avons montré de la faiblesse. Cependant, tout ce que peut oser quelqu'un, -je parle en insensé, -moi aussi, je l'ose! Sont-ils Hébreux? Moi aussi. Sont-ils Israélites? Moi aussi. Sont-ils de la postérité d'Abraham? Moi aussi. Sont-ils ministres de Christ? -Je parle en homme qui extravague.- Je le suis plus encore: par les travaux, bien plus ; 
(Saul de Tarse, 'Saint Paul', ~8 - ~64 ; seconde épître aux Corinthiens, chapitre 11)

C’est Scholem lui-même qui, dès son installation en Palestine, avait opéré un rapprochement entre le sionisme et le sabbataïsme, dans lesquels il voyait les deux moments politiques de l’histoire du peuple juif à l’époque moderne. Le caractère « historique » de la rédemption dans le judaïsme (par opposition à l’idée chrétienne d’un salut dans l’autre monde), associé à l’espérance d’une fin des persécutions endurées dans l’exil et l’esclavage d’Israël, engendre une idéologie révolutionnaire que Scholem appelle « utopique » et « apocalyptique ». Résultat d’une « attente messianique intense », cette idéologie se représente l’âge messianique comme le moment d’un « affrontement final d’Israël et des Nations », une conflagration dotée d’une signification cosmique dont les cataclysmes forment la condition de la renaissance nationale. A cette représentation (qui se retrouvera dans le marxisme) du rôle de la violence dans l’histoire, identifié aux souffrances d’un enfantement, une tradition particulière issue de la Kabbale ajoute une dimension spécifiquement antinomique : l’ère messianique n’est pas seulement celle de la réunion au sein de la divinité des parties du monde « brisé » depuis la création, c’est aussi, en vue de « hâter la fin », celui d’une inversion de la loi ou de sa réalisation à travers sa transgression (« c’est en violant la Torah qu’on l’accomplit »), forme spécifique de « l’activisme [prenant] l’utopie comme levier en vue de l’instauration du royaume messianique » - si indécise d’ailleurs que demeure la figure du messie lui-même.
(E. Balibar, 1942 - ; A propos du sionisme : messianisme et nationalisme, Agenda de la pensée contemporaine, N° 9 Hiver 2007-2008, Eds Flammarion;
Les citations sont issues de Gershom Scholem, 1897 - 1982 ; Le messianisme juif. Essais sur la spiritualité du judaïsme, 1974, Calmann Lévy, où figure l’essai sur « La rédemption par le péché », pp. 27 et 40) 
NDR: voilà l'éthique formalisée de la doublepensée et la justification théologique de ce que les chrétiens appellent le satanisme.

Par tout ce que nous avons déjà dit, il est facile de se rendre compte que la constitution de la « contre-tradition » et son triomphe apparent et momentané seront proprement le règne de ce que nous avons appelé la « spiritualité à rebours » qui, naturellement, n’est qu’une parodie de la spiritualité, qu’elle imite pour ainsi dire en sens inverse, de sorte qu’elle paraît en être le contraire même ; nous disons seulement qu’elle le paraît, et non pas qu’elle l’est réellement car, quelles que puissent être ses prétentions, il n’y a ici ni symétrie ni équivalence possible. Il importe d’insister sur ce point car beaucoup, se laissant tromper par les apparences, s’imaginent qu’il y a dans le monde comme deux principes opposés se disputant la suprématie, conception erronée qui est, au fond, la même chose que celle qui, en langage théologique, met Satan au même niveau que Dieu, et que, à tort ou à raison, on attribue communément aux Manichéens ; il y a certes actuellement bien des gens qui sont, en ce sens, « manichéens » sans s’en douter, et c’est là encore l’effet d’une « suggestion » des plus pernicieuses. Cette conception, en effet, revient à affirmer une dualité principielle radicalement irréductible ou, en d’autres termes, à nier l’Unité suprême qui est au delà de toutes les oppositions et de tous les antagonismes ; qu’une telle négation soit le fait des adhérents de la « contre-initiation », il n’y a pas lieu de s’en étonner, et elle peut même être sincère de leur part puisque le domaine métaphysique leur est complètement fermé ; qu’il soit nécessaire pour eux de répandre et d’imposer cette conception, c’est encore plus évident, car c’est seulement par là qu’ils peuvent réussir à se faire prendre pour ce qu’ils ne sont pas et ne peuvent pas être réellement, c’est-à-dire pour les représentants de quelque chose qui pourrait être mis en parallèle avec la spiritualité et même l’emporter finalement sur elle. Cette « spiritualité à rebours » n’est donc, à vrai dire, qu’une fausse spiritualité, fausse même au degré le plus extrême qui se puisse concevoir ; mais on peut aussi parler de fausse spiritualité dans tous les cas où, par exemple, le psychique est pris pour le spirituel, sans aller forcément jusqu’à cette subversion totale ; c’est pourquoi, pour désigner celle-ci, l’expression de « spiritualité à rebours » est en définitive celle qui convient le mieux, à la condition d’expliquer exactement comment il convient de l’entendre. C’est là, en réalité, le « renouveau spirituel » dont certains, parfois fort inconscients, annoncent avec insistance le prochain avènement, ou encore l’« ère nouvelle » dans laquelle on s’efforce par tous les moyens de faire entrer l’humanité actuelle, et que l’état d’« attente » générale créé par la diffusion des prédictions dont nous avons parlé peut lui-même contribuer à hâter effectivement. 
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, 1945; chap. XXXIX:  La Grande Parodie Ou La Spiritualité À Rebours)
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Un autre point qui est à retenir, c’est que les Supérieurs Inconnus, de quelque ordre qu’ils soient, et quel que soit le domaine dans lequel ils veulent agir, ne cherchent jamais à créer des « mouvements », suivant une expression qui est fort à la mode aujourd’hui ; ils créent seulement des « états d’esprit », ce qui est beaucoup plus efficace, mais peut-être un peu moins à la portée de tout le monde. Il est incontestable, encore que certains se déclarent incapables de le comprendre, que la mentalité des individus et des collectivités peut être modifiée par un ensemble systématisé de suggestions appropriées.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Le Sphinx - Réflexions à propos du « pouvoir occulte » ; article non-signé, paru dans la "France Antimaçonnique", les 11 et 18 juin 1914)
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C’est en ce sens qu’on peut, par exemple, regarder comme satanique, dans une certaine mesure, toute théorie qui défigure notablement l’idée de la Divinité ; et il faudrait ici placer au premier rang les conceptions d’un Dieu qui évolue et celles d’un Dieu limité ; d’ailleurs, les unes ne sont qu’un cas particulier des autres, car, pour supposer qu’un être peut évoluer, il faut évidemment le concevoir comme limité ; nous disons un être, car Dieu, dans ces conditions, n’est pas l’Être universel, mais un être particulier et individuel, et cela ne va guère sans un certain « pluralisme » où l’Être, au sens métaphysique, ne saurait trouver place. Tout « immanentisme » soumet, plus ou moins ouvertement, la Divinité au devenir ; cela peut ne pas être apparent dans les formes les plus anciennes, comme le panthéisme de Spinoza, et peut-être même cette conséquence est-elle contraire aux intentions de celui-ci (il n’est pas de système philosophique qui ne contienne, au moins en germe, quelque contradiction interne) ; mais, en tout cas, c’est très net à partir de Hegel, c’est-à-dire, en somme, depuis que l’évolutionnisme a fait son apparition, et, de nos jours, les conceptions des modernistes sont particulièrement significatives sous ce rapport.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; L’erreur spirite. La question du satanisme, chap. X, 1923)

Et parce que vous avez soutenu et exécuté une politique qui consistait à refuser de partager la terre avec [...] les peuples d’un certain nombre d’autres nations – comme si vous et vos supérieurs aviez le droit de décider qui doit et ne doit pas habiter cette planète –, nous estimons que personne, qu’aucun être humain ne peut avoir envie de partager cette planète avec vous. C’est pour cette raison et pour cette raison seule que vous devez être pendu.
(A. Harendt, 1906 – 1975 ; Eischmann à Jérusalem: rapport sur la banalité du mal, 1963) 
NDR: Cette dernière phrase de l'Epilogue s'applique par anticipation aux auteurs encore anonymes à ce jour des Georgia Guidestones.

The great advantage of the Hermetic conception is that it tells us why the cosmos and the human desire to know God exist in the first place.
This Hermetic doctrine of the “circular” relationship between God and creation and the necessity of man for the completion of God is utterly original. It is not to be found in earlier philosophy. But it recurs again and again in the thought of Hermeticists, and it is the chief doctrinal identity between Hermeticism and Hegelian thought.
(G.A. Magee, 1966 - ; Hegel and the Hermetic Tradition, 2001, p. 9)

"You never let a serious crisis go to waste. And what I mean by that it's an opportunity to do things you think you could not do before."
(R.I. Emanuel, 1959 - ; interview, 2008)

Si j'avais su qu'il était possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les transportant en Angleterre, mais seulement la moitié en les transportant en Palestine, j'aurais choisi la seconde solution - parce que nous devons pas seulement faire le compte de ces enfants, mais parce que nous devons faire le compte de l'histoire du peuple juif.
(D. Ben Gourion, 1886 - 1973; déclaration prononcée le 7 décembre 1938 au Comité Central de son parti, le Mapai, un mois après la nuit de Cristal; relatée par T. Segev, "Le septième million", 1998)

Écris à l'ange de l'Église de Smyrne: Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie… Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises : Celui qui vaincra n'aura pas à souffrir la seconde mort.
(Jean fils de Zébédée, 'Saint Jean l'Évangéliste', c.10 - c.100; Apocalyse, 2:8-11)

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! 
Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
[...]
(S. Mallarmé, 1842 - 1898 ; Le tombeau d'Edgar Poe, 1876)

La plupart des peuples anciens vivaient dans des gouvernements qui ont la vertu pour principe ; et lorsqu'elle était dans sa force, on y faisait des choses que nous ne voyons plus aujourd'hui, et qui étonnent nos petites âmes. 
L'Esprit des Lois, livre IV, chapitre IV, 1748/1758.
Les mœurs du prince contribuent autant à la liberté que les lois. Il peut, comme elle, faire des hommes des bêtes, et des bêtes des hommes ; s’il aime les âmes libres, il aura des sujets, s’il aime les âmes basses, il aura des esclaves.
L'Esprit des Lois, livre XII, chapitre XXVII, 173.
(C.L. de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, 1689 - 1755)

Le pis qu'on puisse apprendre aux enfants, c'est la frivolité ; elle provoque les plaisirs qui développent la perversité. 
Si les enfants se laissent entraîner vers tout autre chose que le travail, ils n'apprendront ni la lecture, ni la musique, ni le sport, ni le sentiment de l'honneur, qui est la principale condition de la valeur. C'est par ces moyens que naît d'ordinaire et principalement le sentiment de l'honneur. 
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Pour l'homme, il convient de faire plus grand cas de l'âme que du corps. Car l'excellence de l'âme corrige la faiblesse du corps, mais la force corporelle, sans la raison, est absolument incapable d'améliorer l'âme. 
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Seuls sont aimés des dieux ceux qui ont en haine l'injustice. 
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Même dans la solitude, ne dis ni ne fais rien de blâmable. Apprends à te respecter beaucoup plus devant ta propre conscience que devant autrui.
(Démocrite d’Abdère, 460 - 370 av. J.-C.) 

...good teachers, generation after generation, are the hope of a nation. The importance of teachers lies in shaping souls, forging lives and crafting humans... To become a good teacher, one must have lofty ideals, solid knowledge and a kind heart.
(Xi Jinping, president of China, 1953 - ; speech to Beijing Normal University Sept. 9, 2014, the eve of Teachers' Day in China) 

cum eo eram cuncta componens ludens coram eo omni tempore. 
j'étais à l'oeuvre avec lui. Je faisais tous les jours son plaisir, jouant constamment au-devant de lui.
(Sainte Bible; Livre des Proverbes, 8:30) 

"I have learned, as I wrote, that history must be discovered, not declared. It's an admission that one grows in life. It's not necessarily a self-criticism. What I was trying to say is you should not think that you can shape history only by your will. This is also why I'm against the concept of intervention when you don't know its ultimate implications."
(H.A. Kissinger, 1923 - ; interview, 11/2014)

Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique.
(H.M. McLuhan, 1911 - 1980)

The true genius is a mind of large general powers, accidentally determined to some particular direction.
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He knows not wither to go is in not haste to move.
(S. Johnson, 1709 - 1784)

"The meaning of our whole life and existence is love. It is love to the family, to the children, to the motherland. This phenomenon is complicated, it lies at heart of any of our behaviors."
(V.V. Putin, 1952 - ; press conference 12/18/2014)

Chapitre 52: 
2:Maudit est l'homme qui couvre son voisin de mépris et de calomnies, car il amène Dieu au mépris.
6:Maudit est celui qui méprise la création de l’Éternel.
7:Béni est celui qui se baisse pour soulever ceux qui sont à terre.
8:Maudit est celui qui regarde et désire la destruction de ce qui ne lui appartient pas.
9:Béni est celui qui garde les fondations de ses pères et les maintient debout.
10:Maudit est celui qui fausse les décrets de ses aïeux.
11:Béni est celui qui propage la paix et l'amour.
12:Maudit est celui qui dérange ceux qui aiment leurs voisins.
13:Béni est celui qui parle avec le cœur et humblement, à tous.
14:Maudit est celui qui parle de paix alors qu'en son cœur seule l'épée règne.
Chapitre 91:3-11
Aimez la vérité et marchez en elle. Ne l’approchez pas avec un cœur double mais obéissez aux lois universelles, ce qui vous conduira sur le bon chemin. La droiture deviendra alors votre compagne. La violence ne cesse d’augmenter sur Terre, aussi un grand châtiment s’y accomplira. Toute transgression sera abolie, coupée de ses racines et tout ce qu’elle soutient s’effondrera. Mais la transgression recommencera, elle amènera encore deux fois plus d’actions qui en porteront la marque, des actes de violence et de crime. Mais quand, dans tout comportement, la transgression, le reniement et la violence auront grandi, quand la perversité, le crime et l’impureté seront au maximum, un grand châtiment viendra du ciel s’abattre sur tout. Le Maître de l’Univers sortira, rempli de fureur, tenant à la main un fléau pour rendre un jugement sur la Terre. En ces jours, les racines de la violence seront coupées, tout comme celles de la transgression et de la ruse; toutes seront détruites. Les idoles des païens et leurs temples seront brûlés. On les chassera de la surface de la Terre et ils seront jetés dans le feu. Ce sera terrible et sans fin.
Alors les êtres droits surgiront de leur sommeil car la sagesse leur sera donnée. Tandis que les racines de la transgression auront été coupées, les pêcheurs périront par l’épée ; les impies disparaîtront et ceux qui préparent en secret des actes criminels dans le reniement de Dieu périront aussi par l’épée.
Chapitre 94:1-10
Maintenant donc je vous le dis, mes enfants, aimez la droiture et marchez dans ses voies car elles sont dignes d’être suivies. Celles de la transgression, au contraire, disparaîtront. Certains hommes dans les générations futures seront tentés par des voies de violence et de mort, mais ils s’en éloigneront. Maintenant à vous, les justes, voici ce que je dis : ne suivez pas un mauvais chemin, un chemin de mort, pour ne pas périr. Choisissez pour vous une vie excellente. Marchez sur les sentiers de la paix pour vivre heureux. Retenez mes paroles et méditez-les dans le secret de votre cœur afin qu’elles ne soient pas oubliées. Je sais que les pêcheurs tenteront les hommes pour qu’ils transforment la sagesse en mal, afin qu’elle ne trouve pas sa place et pour que les épreuves continuent.

Malheur aux coupables de transgression, d’oppression et de fraude car ils seront soudain renversés et leurs maisons détruites. Et ceux qui possèdent l’or et l’argent mourront soudainement.

Malheur à vous, les riches, qui avez mis votre confiance dans vos richesses. Elles vous seront enlevées parce que vous ne vous êtes pas souvenus du Très Haut aux jours où vous les possédiez. Vous avez commis blasphèmes et actions contraires aux lois universelles. Vous voilà mûrs pour le jour où votre sang va couler, mûrs pour le jour où l’obscurité se répandra, le jour du grand jugement. Ainsi, moi, je vous le dis et je vous l’annonce, celui qui vous a créés vous renversera. Et sur votre ruine il ne montrera aucune pitié.
(Livre d'Enoch, écrit entre 2400 et 300 av. J.C. ; traduction issue du manuscrit appelé "Enoch Slavonique" ou Enoch 2)

"Les athées, puisqu'ils ne croient en rien, ils ne croient qu'au Père Noël."
(Y. Balssa, 2008 - )

L’homme porte son fruit, comme Dieu, comme le monde ; chaque être porte son fruit dans sa saison. Peu importe que l’usage n’emploie ce mot qu’à propos de la vigne ou de choses semblables. La raison a aussi son fruit commun à tous et propre à chacun ; de ce fruit en naissent d’autres de même nature que la raison elle-même.
Travaille, non comme un malheureux, non pour te faire plaindre ou admirer. N’aie point d’autre volonté que d’agir ou de te contenir comme la raison l’exige pour le service de la cité.
Aujourd’hui même je suis sorti des difficultés qui m’embarrassaient, ou plutôt j’ai écarté ces difficultés, car elles n’étaient pas au dehors, mais au dedans de moi-même, dans mes jugements.
(Marc-Aurèle, 121-180; Pensées pour moi-même)

L'Esprit de vérité est infini, il est en toutes choses.
Et plus une vérité est profonde, plus elle s'approche de Dieu qui est au-delà du fond de ce puits. Cependant, pour toi, après le fond il n'y a plus de puits. Ou dit autrement: l'infini ne t'est pas accessible.
C'est pourquoi ton caillou blesse l'Esprit de vérité: il l'éloigne du fond.
Ainsi les preuves altèrent sa nature en l'éloignant de sa source. 
Quant à toi qui ne peut pas saisir dans tes mains une chose infinie, une pierre te convient très bien pour demander une preuve, mais lorsque tu la jettes, c'est lui qui la reçoit. Parole de puisatier. 
Cependant, tu n'es pas obligé d'y jeter un caillou. Tu peux me croire, je suis celui qui a creusé cette roche afin qu'existe ce puits. Je sais ce qu'atteindre le fond veut dire et qu'il y a plusieurs manières d'y parvenir. Il y a bien longtemps, un homme est venu ici qui expliqua que l'on peut aussi y jeter sa soif si on veut être désaltéré.
Que signifie «jeter sa soif» au fond d'un puits?
Cela ne veut pas dire s'en débarrasser. Cela veut dire apporter quelque chose à l'Esprit de vérité qui soit conforme à sa nature. 
Tu veux savoir quoi?
C'est là la troisième chose que je voulais te dire. Regarde dans le puits, hume l'humidité, sent la fraîcheur, perçoit l'écho de ton souffle qui se répercute sur les parois. L'Esprit de vérité est là, quelque part, respirant l'air que tu respires. Aussi attentif que tu peux l'être. 
Si tu t'habitues à sa présence sans rien lui demander, tu finiras par le reconnaître. Un peu à la manière d'un animal qui a soif et qui ressent à une grande distance la présence de l'eau.
Et lorsque tu le reconnaîtras, il te reconnaîtra aussi. 
Alors, dès cet instant, plus jamais tu n'auras soif.

Jésus répondit: «En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de parents humains est humain et ce qui est né de l'Esprit est Esprit.
Ne t'étonne pas que je t'aie dit: 'Il faut que vous naissiez de nouveau.' 
Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d'où il vient, ni où il va. C'est aussi le cas de toute personne qui est née de l'Esprit.»
...
En effet, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
Celui qui croit en lui n'est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et voici quel est ce jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leur manière d'agir était mauvaise.
En effet, toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés.
Mais celui qui agit conformément à la vérité vient à la lumière afin qu'il soit évident que ce qu'il a fait, il l'a fait en Dieu.
(Évangile selon Jean, 3:5-8, 3:16-21)
NDR: Cet être présent en chacun est l'Esprit. De lui vient cet instinct de liberté, cette aspiration pour combler ce vide grandissant et qui nous saisit dès le plus jeune âge. C'est lui qui annonce la volonté, cette volonté propre qui nous fait reconnaître humblement notre vacuité: "je ne comprends pas ; je ressens que je ne peux l'accepter ; je vais donc chercher à comprendre".   

Quand on observe sa manière de faire, on constate qu’elle est simple : elle vit des expériences, en dégage avec méthode l’élément universel, met en évidence, à partir d’occasions singulières et de faits limités, une doctrine qui est tout le contraire d’un système. Elle appelle en effet doctrine, non un corps d’idées ou de conceptions, mais la face même des choses quand elle est vue dans un esprit de vérité. La doctrine est l’attention au monde, et le prophétisme une perception parfaite. Si l’attention prophétique de Simone Weil a une source, celle-ci naît où concourent l’expérience, la méthode et la doctrine. 
(B. Saint-Sernin, 1931 - ; L’action politique selon Simone Weil, 2ème édition, 2008)

Real things... like gold... need the buffering and grinding of the poet to burnish their surfaces to the point where they can be grasped... without them grasping ...us! Many there are who can tell you to 'buy gold... or silver... and tell you the reasons why. But they can't supply you the meaning of those things stripped of their accretions of grasping. So we come back round to value... and values. To be of valor... as opposed to 'of value,' is to be possessed of an inner wealth which ... since it is not a 'possession'... but rather, a value... makes one immune to being 'possessed' ... by evil demons lust, anger, and all the rest  [...]. The "Evil Demon of Images" as Baudrillard termed it in the title of one of his works! [...]
The faculty of seeing past appearances is exactly that quality needed to pierce all the smoke and mirrors set out to distract and mislead... and see things for what they are. I have already described the poet's gift as exactly that - to see beyond the apparent! [...]
Snyder is in his own words, focused upon... "the creation of nonstatist, natural societies as contrasted with legalistically organized societies, as alternative models for human organization."... "Anarchism, in political history, does not mean chaos, it means self-government. So a truly anarchist society is a self-governing society. We all need to learn better how to govern ourselves." That's a political statement. [...]
The ruling strata of this modern world invoke spells of magic over the assembly and cause them to believe in the conjurations which their spell-casting brings into[apparent]being. The conjurations - the magic spells, in other words... are of conceptual nature - like "Capitalism"... "Socialism"... "Fascism" ... or "Democracy." Like the demons of Forman's story, these are invoked in order to represent basic elements which the sorcerer seeks to harness ... to their advantage. But that advantage only accrues when people believe in the conjurations... under a hypnotic, trance-like state. A consensus trance. [...]
Andrew Robinson, in his study of Baudrillard, "The Rise of Capitalism & the Exclusion of Death" touches exactly upon this point... where our various storylines here merge:
"Capitalism is derived from the autonomisation or separation of economics from the rest of life. It turns economics into the ‘reality-principle’. It is a kind of sorcery, connected in some way to the disavowed symbolic level. It subtly shifts the social world from an exchange of death with the Other to an eternal return of the Same." [...]
"Capitalism functions by reducing everything to a regime based on value and the production of value. To be accepted by capital, something must contribute value. This creates an immense regime of social exchange. However, this social exchange has little in common with symbolic exchange. It ultimately depends on the mark of value itself being unexchangeable. Capital must be endlessly accumulated. States must not collapse. Capitalism thus introduces the irreversible into social life, by means of accumulation." [...]
vestigial vision serves as both elixir and antidote. Waking up from the spell we have been placed under we regain the freedom to think and act in accordance with our true nature.
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While Baudrillard’s insight that all rebellion now merely feeds into “the system” is circumstantially correct, the pre-conditions which validate this observation are not immutable nor are we as human agents necessarily constrained from effective activity against that system. Failure to grant the hegemonic system sufficient ‘gravitas’ (by means of studied refusal to take too seriously it’s fundamental reality) balanced with the correct degree of estimating it’s ‘relative’ significance as operative illusion can and will short circuit that same system. Those who adopt this premise as true need to “sociate” as individuals whose collective wills are attuned to the spirit of ”playful action.” Evil has no defense against childish innocence played back to it as memetic show and tell game. This achilles heel is exploitable and needs be played with. All black magic works on the principles that the victim needs willingly accept the premise of the sorcerors’ power to inflict them harm. All human beings have the capacity to turn this harm back upon their afflicters. We need to relearn and apply this vestigial protective capability now. 
('SuaveBel' a.k.a. 'Yunus Emre', ~1952 - ; A visit to the king of Hell ; the Occultic background, 2010) 

La volonté, c’est celle d’être soi-même l’artisan de son destin-autant que l’on peut, et on le peut bien davantage qu’on ne le croit communément. C’est de ne s’en laisser imposer ni dedans, ni dehors. C’est pratiquer une politique délibérée voulue précisément, que l’on définit soi-même.
(M. Couve de Murville, 1907 - 1999)

Le nationalisme authentique, c’est la volonté d’un peuple de vivre selon ses propres lois, ce nationalisme est et sera toujours le véritable ennemi de l’impérialisme. C’est ainsi, et pas autrement, qu’il faut comprendre aujourd’hui le nationalisme des peuples d’Asie et d’Afrique : une lutte révolutionnaire pour l’indépendance.
(E.F.K. von Salomon, 1902 - 1972; Le destin de A.D, 1963, p.49)

"We all have a limit of injustice, of incivility, of inhumanity in our daily life that we can kind of accept and ignore. We turn our eyes away from the beggar on the street. We also have a breaking point and when people find that, they act.[...] You have to have a greater commitment to justice than a fear of the law."
(E. Snowden, 1983 - ; conference 5/15/2015)

I want to emphasize once more that while I would like to have some influence on how economists do research, I would also like to have an influence on how other disciplines, in particular historians, look at economic issues. I think it is a responsibility to bridge these divides. [...]
I think bargaining power is very important for the determination of the relative shares of capital and labor in national income. It is perfectly clear to me that the decline of labor unions, globalization, and the possibility of international investors to put different countries in competition with one another–not only different groups of workers, but even different countries–have contributed to the rise in the capital share.
(T. Piketty, 1971 - ; Piketty Responds to Criticisms from the Left, Potemkin Review, Winter 2015, Vol. 1, n°1)

Sans connaître les raisons
qui ont
poussé cet homme à vivre
dans une autre ville
on l'estime
comme quelqu'un de toujours poli
qu'il soit heureux
ou qu'il soit triste

sans donner d'importance
à la chance
de voir cet homme, ce soir
qui rentre un peu moins tard
ses enfants
aiment leur père avec une impatience
qui le laissera vieillir
juste après leur enfance

il tourne sur le monde solitaire
il court, il approche un autre siècle

on se souviendra
de ceux qui commettent un crime
un jour
de tous ces chasseurs aux subprimes
et puis
d'oublier la vie
d'un homme extraordinaire

nourrir l'espoir d'apprendre
à leur apprendre
à ne pas compter les heures
qui s'enroulent et qui meurent
que leur dire ?
qu'ils viennent sur terre juste pour y répandre
un peu d'amour
et quelques cendres

on se souviendra
de ceux qui commettent un crime
un jour
de tous ces 
chasseurs aux subprimes
et puis
d'oublier la vie
d'un homme extraordinaire

sans connaître les raisons
qui ont
poussé cette femme à le suivre
dans une autre ville
on la voit
comme quelqu'un qui a bien réagi
face à la mort
et à l'oubli

elle tourne sur le monde solitaire
elle court, elle approche un autre siècle

on se souviendra
de ceux qui commettent un crime
un jour
de tous ces 
chasseurs aux subprimes
oh non, non pas de sa vie
tombée dans l'oubli
des villes sans mémoire
qui se souviendra ?
de ceux qui ont une histoire
d'un jour
d'un homme qui commence à voir
la vie d'un homme sans nom
un homme extraordinaire
 
(Ode au personnalisme, inspirée par : Les Innocents ; Fous à lier, in Un homme extraordinaire, 1992) 

À l'instar de Michael Lind, certains auteurs ont remarqué que, depuis longtemps, deux différentes cultures politiques avaient prévalu aux États-Unis. Celles-ci sous-tendent les divergences politiques entre les citoyens de ce pays, de même qu'entre divers secteurs de l'État. L'une de ces cultures est principalement égalitaire et démocratique, favorisant le renforcement juridique des droits de l'Homme aussi aux États-Unis qu'à l'étranger. La seconde, bien moins admise mais profondément enracinée, priorise et enseigne le recours à la violence répressive. Visant à maintenir l'« ordre », elle est dirigée à la fois contre la population des États-Unis et contre celles du Tiers-Monde.
Dans une certaine mesure, on peut retrouver ces deux mentalités dans chaque société. Elles correspondent à deux exercices opposés du pouvoir et de la gouvernance, définis par Hannah Arendt comme la « persuasion par arguments » face à la « contrainte par la force ». Se conformant à Thucydide, Arendt attribue l'origine de ces principes à la « manière qrecque de gérer les affaires intérieures, la persuasion, ainsi qu'à la conduite habituelle des affaires étrangères, centrée sur la force et la violence. » [...]
On peut considérer que l'apologie, par Hannah Arendt, du pouvoir persuasif comme fondement d'une société constitutionnelle et ouverte est aux antipodes de la défense d'un pouvoir de l'ombre autoritaire et coercitif comme pré-requis de la cohésion sociale. Ce pouvoir coercitif prôné par Huntington constitue donc l'antithèse du pouvoir ouvert et persuasif. Selon lui, « le pouvoir ne peut rester fort que lorsqu'il est maintenu dans l'ombre ; lorsqu'il est exposé à la lumière du jour, il commence à s'évaporer. »
(P.D. Scott, 1929 - ; L'État Profond Américain - La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle, 2015, Ed. Demi-Lune, p.27-28)

Qui sait si la vie n'est pas pour nous une mort,
Et la mort une vie?
(Euripidês, ~ 480 - 406 av. J.C. ; Polyidos)  

In treating of political economy, the science which professes to display and to teach means of increasing the wealth of a state, it would seem that the first and most anxious object of inquiry ought to have been, what wealth is, and from what sources mankind derive it ; for it appears impossible to discuss with precision the means of increasing anything, without an accurate notion of its nature and of its origin. 
(J. Maitland, 8th Earl of Lauderdale, 1759 - 1839 ; An Inquiry into the Nature and Origin of Public Wealth, 1804, pp. 112-113)

1. Recognize the connections of things and laws of conduct of men, so that you may know what you are doing.
2. Let your acts be directed toward a worthy goal, but do not ask if they will reach it; they are to be models and examples, not means to an end.
3. Speak to all men as you do to yourself, with no concern for the effect you make, so that you do not shut them out from your world; lest in isolation the meaning of life slips out of sight and you lose the belief in the perfection of creation.
4. Do not destroy what you cannot create.
5. Touch no dish, except that you are hungry.
6. Do not covet what you cannot have.
7. Do not lie without need.
8. Honor children. Listen reverently to their words and speak to them with infinite love.
9. Do your work for six years; but in the seventh, go into solitude or among strangers, so that the memory of your friends does not hinder you from being what you have become.
10. Lead your life with a gentle hand and be ready to leave whenever you are called.
(L. Szilárd, 1898 - 1964 ; The Voice of the Dolphins : And Other Stories, 1961)
NDR: I do not agree with rule 7. There's no need to lie.

If one remains not annoyed when he is not understood by people around him, isn't he a sage? [...]
At fifteen my heart was set on learning; at thirty I stood firm; at forty I had no more doubts; at fifty I knew the will of heaven; at sixty my ear was obedient; at seventy I could follow my heart's desire without overstepping the boundaries of what was right. [...]
Reviewing what you have learned and learning anew, you are fit to be a teacher. [...]
The Superior Man is all-embracing and not partial. The inferior man is partial and not all-embracing. [...]
Listen widely to remove your doubts and be careful when speaking about the rest and your mistakes will be few. See much and get rid of what is dangerous and be careful in acting on the rest and your causes for regret will be few. Speaking without fault, acting without causing regret: 'upgrading' consists in this. [...]
If you see what is right and fail to act on it, you lack courage. [...]
Being in humaneness is good. If we select other goodness and thus are far apart from humaneness, how can we be the wise? [...]
When we see men of worth, we should think of equaling them; when we see men of a contrary character, we should turn inwards and examine ourselves. [...]
When your father is alive, observe his will. When your father is dead observe his former actions. If, for three years [after the death of your father] you do not change from the ways of your father, you can be called a 'real son'. [...]
The superior man is modest in his speech, but exceeds in his actions. [...]
The man of virtue is not left to stand alone. He who practices it will have neighbors. [...]
The Superior Man is aware of Righteousness, the inferior man is aware of advantage / The virtuous man is driven by responsibility, the non-virtuous man is driven by profit. [...]
To give one's self earnestly to the duties due to men, and, while respecting spiritual beings, to keep aloof from them, may be called wisdom. [...]
The superior man, extensively studying all learning, and keeping himself under the restraint of the rules of propriety, may thus likewise not overstep what is right. [...]
The man of virtue makes the difficulty to be overcome his first business, and success only a subsequent consideration: this may be called perfect virtue. [...]
When a country is well governed, poverty and a mean condition are things to be ashamed of. When a country is ill governed, riches and honor are things to be ashamed of. [...]
When you serve your mother and father it is okay to try to correct them once in a while. But if you see that they are not going to listen to you, keep your respect for them and don't distance yourself from them. Work without complaining. [...]
The silent treasuring up of knowledge; learning without satiety; and instructing others without being wearied: which one of these things belongs to me? [...]
Recompense injury with justice, and recompense kindness with kindness. [...]
Guide the people by law, subdue them by punishment; they may shun crime, but will be void of shame. Guide them by example, subdue them by courtesy; they will learn shame, and come to be good. [...]
What Heaven has conferred is called The Nature; an accordance with this nature is called The Path of duty; the regulation of this path is called Instruction. The path may not be left for an instant. If it could be left, it would not be the path. On this account, the superior man does not wait till he sees things, to be cautious, nor till he hears things, to be apprehensive. [...]
There is nothing more visible than what is secret, and nothing more manifest than what is minute. Therefore the superior man is watchful over himself, when he is alone. [...]
Perfect is the virtue which is according to the Mean! Rare have they long been among the people, who could practice it! [...]
The superior man accords with the course of the Mean. Though he may be all unknown, unregarded by the world, he feels no regret — It is only the sage who is able for this. [...]
The way which the superior man pursues, reaches wide and far, and yet is secret. Common men and women, however ignorant, may intermeddle with the knowledge of it; yet in its utmost reaches, there is that which even the sage does not know. Common men and women, however much below the ordinary standard of character, can carry it into practice; yet in its utmost reaches, there is that which even the sage is not able to carry into practice. Great as heaven and earth are, men still find some things in them with which to be dissatisfied. Thus it is that, were the superior man to speak of his way in all its greatness, nothing in the world would be found able to embrace it, and were he to speak of it in its minuteness, nothing in the world would be found able to split it. [...]

The superior man governs men, according to their nature, with what is proper to them, and as soon as they change what is wrong, he stops. [...]
When one cultivates to the utmost the principles of his nature, and exercises them on the principle of reciprocity, he is not far from the path. What you do not like when done to yourself, do not do to others. [...]
Heaven, in the production of things, is sure to be bountiful to them, according to their qualities. Hence the tree that is flourishing, it nourishes, while that which is ready to fall, it overthrows. [...]
Benevolence is the characteristic element of humanity. [...]
By the ruler's cultivation of his own character, the duties of universal obligation are set forth. By honoring men of virtue and talents, he is preserved from errors of judgment. [...]
In all things success depends on previous preparation, and without such previous preparation there is sure to be failure. If what is to be spoken be previously determined, there will be no stumbling. If affairs be previously determined, there will be no difficulty with them. If one's actions have been previously determined, there will be no sorrow in connection with them. If principles of conduct have been previously determined, the practice of them will be inexhaustible. [...]
Sincerity is the way of Heaven. The attainment of sincerity is the way of men. He who possesses sincerity is he who, without an effort, hits what is right, and apprehends, without the exercise of thought — he is the sage who naturally and easily embodies the right way. He who attains to sincerity is he who chooses what is good, and firmly holds it fast. To this attainment there are requisite the extensive study of what is good, accurate inquiry about it, careful reflection on it, the clear discrimination of it, and the earnest practice of it. [...]
It is only he who is possessed of the most complete sincerity that can exist under heaven, who can give its full development to his nature. Able to give its full development to his own nature, he can do the same to the nature of other men. Able to give its full development to the nature of other men, he can give their full development to the natures of animals and things. Able to give their full development to the natures of creatures and things, he can assist the transforming and nourishing powers of Heaven and Earth. Able to assist the transforming and nourishing powers of Heaven and Earth, he may with Heaven and Earth form a ternion. [...]
Sincerity becomes apparent. From being apparent, it becomes manifest. From being manifest, it becomes brilliant. Brilliant, it affects others. Affecting others, they are changed by it. Changed by it, they are transformed. It is only he who is possessed of the most complete sincerity that can exist under heaven, who can transform. [...]
It is characteristic of the most entire sincerity to be able to foreknow. When a nation or family is about to flourish, there are sure to be happy omens; and when it is about to perish, there are sure to be unlucky omens. [...]
To entire sincerity there belongs ceaselessness. Not ceasing, it continues long. Continuing long, it evidences itself. Evidencing itself, it reaches far. Reaching far, it becomes large and substantial. Large and substantial, it becomes high and brilliant. Large and substantial; this is how it contains all things. High and brilliant; this is how it overspreads all things. Reaching far and continuing long; this is how it perfects all things. So large and substantial, the individual possessing it is the co-equal of Earth. So high and brilliant, it makes him the co-equal of Heaven. So far-reaching and long-continuing, it makes him infinite. Such being its nature, without any display, it becomes manifested; without any movement, it produces changes; and without any effort, it accomplishes its ends. [...]
It is the way of the superior man to prefer the concealment of his virtue, while it daily becomes more illustrious, and it is the way of the mean man to seek notoriety, while he daily goes more and more to ruin. It is characteristic of the superior man, appearing insipid, yet never to produce satiety; while showing a simple negligence, yet to have his accomplishments recognized; while seemingly plain, yet to be discriminating. He knows how what is distant lies in what is near. He knows where the wind proceeds from. He knows how what is minute becomes manifested. Such a one, we may be sure, will enter into virtue. [...]
Among the appliances to transform the people, sound and appearances are but trivial influences. [...]
The superior man examines his heart, that there may be nothing wrong there, and that he may have no cause for dissatisfaction with himself. That wherein the superior man cannot be equaled is simply this — his work which other men cannot see. [...]
The ancients who wished to illustrate illustrious virtue throughout the Kingdom, first ordered well their own states. Wishing to order well their states, they first regulated their families. Wishing to regulate their families, they first cultivated their persons. Wishing to cultivate their persons, they first rectified their hearts. Wishing to rectify their hearts, they first sought to be sincere in their thoughts. Wishing to be sincere in their thoughts, they first extended to the utmost their knowledge. Such extension of knowledge lay in the investigation of things. [...]
From the Son of Heaven down to the mass of the people, all must consider the cultivation of the person the root of everything besides. [...]
Si seulement il se trouvait un souverain pour m'employer, en un an je mettrais les choses en route, et trois ans après, on aurait des résultats. [...]
L'honnête homme souffre de son incompétence. 
(Khong Khwe, 'Drunghnrei', 'Confucius', 551 – 479 av. J.-C.) 

"Confucius‬ encourages people on a daily basis to follow ritual, which is to get in touch with a deeper underlying consensus of human activities. In this way, you use much less coercion to rule the community. The community you are forming is a genuine one, rather than a forced one."
(Leah Zuo, - ; interview)

If a cluttered desk is a sign of a cluttered mind, of what, then, is an empty desk a sign?
(L.J. Peter, 1919 - 1990 ; The Peter Principle, 1968, pp.339)

No force is greater than working together with one mind. [...] Denying past aggression is to make a mockery of history, and constitutes an insult to the human conscience.
(Xi Jinping, president of China, 1953 - ; speech to to commemorate the 70th anniversary of the victory of the Chinese People's War of Resistance Against Japanese Aggression and the World Anti-Fascist War Sept. 3, 2015)

[...] but more important, [George Scialabba] is a generalist.  
... quoting Irving Howe to describe Scialabba : "By impulse, if not definition, the intellectual is a man who writes about subjects outside his field. He has no field."
John Summers, The Baffler’s editor explains : "George is writing for the public, not for other researchers. Doing this is considered obsolete on both the writer’s and reader’s sides — it’s an archaic art, like glassblowing. It implies the existence of people who are interested in a range of subjects. They still exist, but such writers and the public have lost each other."
Christopher Lydon wrote : "In the din of over-caffeinated wonks and touts who pass for thinkers, I rejoice in a modern guy from the old neighborhood who reads around the clock in Matthew Arnold’s realm of ‘the best that has been said and thought in the world’ and keeps writing what he thinks."
(C. Lambert, - ; The chronicle of higher education, Oct.7, 2015)

Der Wahrheit ist allerzeit nur ein kurzes Siegesfest beschieden, zwischen den beiden langen Zeitr¨aumen, wo sie als Paradox verdammt und als Trivial gering gesch¨atzt wird. 
To truth only a brief celebration of victory is allowed between the two long periods during which it is condemned as paradoxical, or disparaged as trivial. 
(A. Schopenhauer, 1788–1860 ; Die Welt als Wille und Vorstellung, 1818). See also this article.

While I thought I have been learning how to live, I have been learning how to die. [...] 
As a well-spent day brings happy sleep, so life well used brings happy death. [...] 
He who does not value life does not deserve it. [...] 
No man has a capacity for virtue who sacrifices honour for gain. Fortune is powerless to help one who does not exert himself. That man becomes happy who follows Christ.  [...] 
Happy will be those who give ear to the words of the dead:—The reading of good works and the observing of their precepts. [...] 
Feathers shall raise men towards the heaven even as they do the birds:—That is by the letters written by their quills. [...] 
Things severed shall be united and shall acquire of themselves such virtue that they shall restore to men their lost memory:—That is the papyrus sheets, which are formed out of several strips and preserve the memory of the thoughts and deeds of men. [...]
(Leonardo Da Vinci, 1452 - 1519 ; translation by MacCurdy, The Notebooks of Leonardo Da Vinci, 1938)

He was like a man who awoke too early in the darkness, while the others were all still asleep.
(S. Freud, 1856 - 1939 ; about Leonardo Da Vinci, 1916)

What distinguishes him from the brute is his ceaseless striving to rise above the brute on the moral plane. Mankind is at the cross roads. It has to make its choice between the law of the jungle and the law of humanity. [...]. Pritam has sung: 'The way of the Lord is for the brave, not for the coward.' By the way of the Lord is here meant the way of non-violence and truth. I have said before that I do not envisage God other than truth and non-violence. If you have accepted the doctrine of Ahimsa without a full realization of its implications you are at liberty to repudiate it. [...]. Silence becomes cowardice when occasion demands speaking out the whole truth and acting accordingly. We have to cultivate that courage, [...] 
(M.K. Gandhi, 1869 – 1948 ; written in 1946)

"La vérité transcendantale ne se vérifie pas par la victoire ou la défaite politique."
(T. Oubrou, imam et recteur de la grande mosquée de Bordeaux, 1959- ; interview)

La véritable école du commandement est la culture générale.
(C. A. J. P-M. de Gaulle, général de Gaulle, 1890 - 1970 ; Vers l’armée de métier, 1934)

“Democracy only works if the so-called intelligent people make it work. You can’t sit back and let democracy run itself.”

(A.W. Dulles, 1893 - 1969 ; stated his worldview publicly and explicitly in 1938 during his only run for political office)


Mieux vaut une conscience tranquille qu'une destinée prospère. J'aime mieux un bon sommeil qu'un bon lit.
(V. Hugo, 1802 – 1885; Océan, posthume)

Le livre d'en haut dit : — Qui que tu sois, qui somme
L'Être de s'expliquer et le sphinx d'être clair,
Qui que tu sois qui veux saisir l'eau, tenir l'air,
Donner à la nuée une forme, et qui plonges,
Avec ta nasse, bonne à la pêche des songes,
Dans le sinistre abîme où flotte ce mot : Dieu;
Qui que tu sois, qui viens forcer l'ombre à l'aveu,
Tâter la certitude avec ta main peu sûre,
Au temple sidéral adosser ta masure,
Et désigner à l'Être un texte, un nombre, un lieu;
Homme, qui que tu sois, qui viens faire du feu
Sous la foudre, allumer ta lampe sous l'étoile,
Et dire à l'univers sans fond : Lève-toi, voile!
Qui que tu sois qui prends l'impossible aux cheveux,
Qui prononces ces mots inutiles : « — Je veux,
Je sais, je suis, je crois, je sauve, je ranime ; »
Qui que tu sois qui dis à l'Être : « Allons, abîme,
Réponds, puisque c'est moi qui t'ai questionné ! — »
Sache que ta folie est sombre, infortuné!
(V. Hugo, 1802 – 1885; La Fin de Satan, 1888, p.127)

“It’s not about not having something to hide; it’s about having something to lose. What we lose when we’re under observation is our humanity. What shapes us, what makes us individuals, is the fact that we can think, we can develop.” 
(E.J. Snowden, 1983 - ; During this interview, referring to the US mass surveillance tactics that made him a household name, he explained why even those who think they have “nothing to hide” should be against the methods used by the National Security Agency)

La liberté est une peau de chagrin qui rétrécit au lavage de cerveau.
(H.J.L. Jeanson, 1900 - 1970 ; journal L'Aurore)

Larry leaned back in his chair and offered me some advice, [...] I had a choice. I could be an insider or I could be an outsider. Outsiders can say whatever they want. But people on the inside don’t listen to them. Insiders, however, get lots of access and a chance to push their ideas. People — powerful people — listen to what they have to say. But insiders also understand one unbreakable rule: They don’t criticize other insiders.[...] I had been warned.
(Congresswoman E.A. Warren, 1949 - ; A Fighting Chance, 2014. This anecdote involves a dinner that Ms. Warren had with Lawrence H. Summers, then the director of the National Economic Council and a top economic adviser to President Obama. The dinner took place in the spring of 2009, after the oversight panel had produced its third report, concluding that American taxpayers were at far greater risk to losses in TARP than the Treasury had let on.)
NDR: The preferred pose of these establishment personages is that of the politically neutral technocrat offering well-considered advice based on their so-called profound expertise. But this raises the following questions:
- how to be politically neutral when you're allowed to criticize only one side ; when you must never disclose the real influence (the powerful people) behind you.
- to be well-considered or listened does not mean at all that any of your ideas will be taken into account by powerful people ; remember you are not allowed to criticize
- how deep, how real is your so-called profound expertise if you cannot be criticized? Isn'it it just plain rhetorics aimed to divert people, including you?

Pour [le Pape] François, le voyage des rois mages est « un voyage de l’âme, un chemin vers la rencontre avec le Christ ». Comme les mages, tout chrétien doit être attentif aux signes de la présence de Dieu, infatigable devant les difficultés de la recherche et courageux face aux conséquences de la rencontre avec le Seigneur dans sa vie.
Une telle recherche ne peut se passer de la Parole de Dieu, « l’étoile qui guide chaque homme jusqu’à Jésus ». Le Pape a donc conseillé d’avoir toujours cette Parole de Dieu à proximité, dans la poche, pour « la lire et la méditer chaque jour », jusqu’à ce qu’elle devienne une « flamme que nous portons en nous pour se risquer à avancer » et qu’elle irradie également ceux qui cheminent à côté de nous.
(Angélus de l'Épiphanie, 6 janvier 2015)

Quand la politique vous condamne à mort, commencez à raconter des histoires - des histoires si fabuleuses, si captivantes, si envoûtantes que le roi (ou, dans ce cas, les citoyens américains, qui, en théorie, gouvernent notre pays) oubliera sa condamnation capitale. (...) Karl Rove a fait le pari que les électeurs seront hypnotisés par des histoires du style John Wayne avec de "vrais hommes" combattant le diable à la frontière - en tout cas suffisamment d'Américains pour éviter la sentence de mort que les électeurs peuvent prononcer contre un parti qui nous a conduits au désastre en Irak (...). Rove veut que chaque vote en faveur des républicains soit une prise de position symbolique.
(I. Chernus, professeur de l'université du Colorado, 1946 - ; Il explique ici comment Karl Rove, conseiller politique de George W. Bush, a, pendant les deux mandats de celui-ci, appliqué une stratégie qu'il qualifie de "stratégie de Shéhérazade")
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In the summer of 2002, after I had written an article in Esquire that the White House didn't like about Bush's former communications director, Karen Hughes, I had a meeting with [Rove] a senior adviser to Bush. He expressed the White House's displeasure, and then he told me something that at the time I didn't fully comprehend -- but which I now believe gets to the very heart of the Bush presidency.
He said that guys like me were "in what we call the reality-based community," which he defined as people who "believe that solutions emerge from your judicious study of discernible reality." I nodded and murmured something about enlightenment principles and empiricism. He cut me off. "That's not the way the world really works anymore," he continued. "We're an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you're studying that reality -- judiciously, as you will -- we'll act again, creating other new realities, which you can study too, and that's how things will sort out. We're history's actors . . . and you, all of you, will be left to just study what we do." 
(R.S. Suskind, 1959 - ; Faith, Certainty and the Presidency of George W. Bush, oct. 2004)

Les grandes vérités sont ordinairement simples.
(C.-G. de Lamoignon de Malesherbes, 1721 - 1794)

Le trait le plus frappant de notre temps est, sans doute, la décrépitude de l'intelligence politique. Le fonctionnement du régime parlementaire exige des chefs plus d'habileté que de puissance, plus d'opportunisme que de ténacité, plus de roueries que de vues générales. Sont portés au pouvoir des hommes sans expérience qui s'imaginent suppléer à leur défaut de préparation, en s'entourant de spécialistes méticuleux et bornés. Ainsi les détails du traité de Versailles sont l'oeuvre d'experts et de techniciens. L'ensemble et les grandes lignes sont l'ouvrage d'amateurs. La réflexion et la compétence se rencontrent dans l'accessoire. Les dispositions générales et essentielles dont dépendent la solidité et le succès de toutes les autres ont été arrêtées par des hommes que ne guidaient pas la connaissance du passé mais les principes sommaires d'une philosophie oratoire.
(P. Gaxotte, 1895 - 1982 ; préface de J. Bainville, Les conséquences politiques de la paix, édition de 1935)
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Après une guerre qui a mis en jeu les forces et les ressorts des principaux Etats du monde, l'idée même de politique est tombée dans le discrédit. Peut-être faisait-elle mal à la tête? Il est vrai que jamais matière aussi vaste et aussi confuse ne s'était offerte à des conducteurs de peuples chargés d'établir une grande paix. Raison de plus pour réfléchir et pour prévoir beaucoup. Le calcul pouvait être fatiguant. Faute de calcul, une part énorme de l'avenir a été livrée à l'inconnu et au hasard, une part qui dépasse à l'excès les limites que rencontrent les intelligences les plus profondes lorsqu'elles s'appliquent à diriger le cours des grandes affaires.
Dans un siècle où l'on croyait au progrès indéfini de l'esprit humain, Fontenelle avait dit: "Il est certain, et les peuples s'en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le physique, se règle par nombre, poids et mesure." Pauvres peuples! Tout s'est fait en leur nom et ils n'ont plus qu'à subir. A quel moment ont-ils vu que la paix violait les lois de la physique? Mais le nombre, le poids et la mesure ne se négligent pas impunément. Et les peuples ne comprendront même pas pourquoi ils auront encore à payer un jour.
(J. Bainville, 1879 - 1936 ; Les conséquences politiques de la paix, 1920, Avant-Propos)

[...] un grand leader est moins « décisif » qu’il n’est capable de déterminer ce qui deviendra une volonté prévalente. Il interagira avec son public et apprendra de celui-ci, il ne se contentera pas d’en être le meneur. Parmi les traits de caractère les plus persuasifs de Mario Savio, on pourrait noter sa modestie, sa sensibilité, et sa réticence à investir un rôle de leader que personne ne souhaitait assumer. En d’autres termes, l’évolution d’une volonté prévalente est un processus complexe impliquant de nombreux individus, pas seulement des leaders. Et il pourrait s’avérer que leur rôle soit de moins en moins important au fil du temps.
(P. D. Scott, 1929 - ; entretien

Pourtant, si tous mes devoirs inutiles auxquels j’étais prêt à sacrifier le vrai, sortaient au bout de quelques minutes de ma tête, l’idée de ma construction ne me quittait pas un instant. Je ne savais pas si ce serait une église où des fidèles sauraient peu à peu apprendre des vérités et découvrir des harmonies, le grand plan d’ensemble, ou si cela resterait comme un monument druidique au sommet d’une île, quelque chose d’infréquenté à jamais. Mais j’étais décidé à y consacrer mes forces qui s’en allaient, comme à regret et comme pour pouvoir me laisser le temps d’avoir, tout le pourtour terminé, fermé « la porte funéraire ». Bientôt je pus montrer quelques esquisses. Personne n’y comprit rien. Même ceux qui furent favorables à ma perception des vérités que je voulais ensuite graver dans le temple, me félicitèrent de les avoir découvertes au « microscope » quand je m’étais au contraire servi d’un télescope pour apercevoir des choses très petites en effet, mais parce qu’elles étaient situées à une grande distance et qui étaient chacune un monde. Là où je cherchais les grandes lois, on m’appelait fouilleur de détails.
(V.L.G.E.M. Proust, 1871 - 1922 ; À la recherche du temps perdu - Le temps retrouvé, 1927)

Donc quand les rois furent égorgés, il ne resta plus rien de l'antique majesté des trônes ni de l'orgueil des sceptres, et le superbe diadème d'une tête souveraine, tout sanglant sous les pieds du vulgaire, pleura ses anciens honneurs ; car ce que l'on a craint, on se passionne à le briser. Aussi les affaires publiques, tombées dans la plus basse lie, retournaient-elles au désordre de la multitude ; chacun voulait le pouvoir et le premier rang. Alors quelques hommes apprirent aux autres à créer des magistrats et à fonder la justice, en vue d'un régime légal. Car le genre humain, fatigué de vivre dans l'anarchie, épuisé par la discorde, se plia d'autant mieux à l'autorité des lois et de la stricte justice. Comme chacun dans sa colère était disposé à pousser la vengeance plus loin que ne le permettent aujourd'hui les justes lois, on comprend que les hommes en soient venus à se lasser d'un régime de désordre. Désormais la crainte du châtiment trouble les douceurs coupables de l'existence ; le violent, l'injuste, se prend dans ses propres filets et c'est sur son auteur que l'iniquité presque toujours retombe ; il n'est pas facile de couler des jours paisibles à qui viole par ses actes le pacte de paix publique. En vain les a-t-il dérobés aux regards des dieux et des hommes, il vit sans cesse dans l'angoisse de les voir découverts : ne dit-on pas que beaucoup, par des paroles échappées dans le sommeil ou le délire de la maladie, ont révélé des fautes longtemps cachées ?
(Titus Lucretius Carus, 'Lucrèce', ~94 - ~54 av. J.C. ; De Rerum Natura, livre 5, 1135-1160)


Gilbert Mury proclamait en décembre 1944 : « Qu’importent les divagations des solitaires ! » 
Le futur prix Nobel de littérature [Gide] commentait dans son Journal : « Les nazis ne pensent pas autrement. Ô Dante ! Ô Pascal ! Et nous voyons cette funeste doctrine infecter les esprits de ceux-là mêmes qui prétendent s’y opposer. » 
En janvier 1945, peu avant de publier ses impressions au sujet de l’œuvre de Guénon, Gide poursuivait :
« Toute pensée non conforme devient suspecte et est aussitôt dénoncée. La terreur règne, ou, du moins, s’efforce de régner. Il n’est plus de vérité qu’opportune ; c’est-à-dire que le mensonge opportun fait prime et triomphe partout où il peut. Les « bien-pensants » seuls auront droit à l’expression de leur pensée. Quant aux autres, ils se taisent, ou sinon... [...] C’est sans doute grâce à un totalitarisme anti-nazi que l’on pourra triompher du nazisme ; mais demain, c’est contre ce nouveau conformisme qu’il importera de lutter. »

         (André GIDE, Journal, t. II, Paris: Gallimard, 1997, p. 1009-10)


Ce d’où il y a génération des entités, en cela aussi se produit leur destruction, selon la nécessité, car elles se rendent les unes aux autres justice et réparation de leur injustice, selon l’assignation du Temps. 
(Anaximandre de Milet, 610 - 546 av. J.C.; cité par Simplicius de Cilicie, dans son Commentaire sur la Physique d'Aristote, 24, 13 ; il s'agit du plus ancien fragment connu de philosophie dans la pensée occidentale)


KRÉÔN.
Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?

ANTIGONÈ.
C’est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siège auprès des Dieux souterrains. Et je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des Dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n’ai pas dû, par crainte des ordres d’un seul homme, mériter d’être châtiée par les Dieux.
(Sophocle, ~ 496 – 406 av. J.-C.; Antigonè, traduction de Leconte de Lisle)


L'homme remarquable sait se rendre invisible.
(Jean Cocteau, 1889-1963)


I repeat, the dictatorship of the Western elites is directed against all societies, including the peoples of the Western countries themselves. This is a challenge for everyone. Such a complete denial of man, the overthrow of faith and traditional values, the suppression of freedom acquires the features of a “reverse religion” – outright Satanism. In the Sermon on the Mount, Jesus Christ, denouncing the false prophets, says: By their fruits you will know them. And these poisonous fruits are already obvious to people – not only in our country, in all countries, including for many people and in the West itself.

The world has entered a period of revolutionary transformations, they are of a fundamental nature. 
(V.V.P., 1952-, Speech 09/30/2022)



Entrez par la porte étroite! En effet, large est la porte, spacieux le chemin menant à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là, mais étroite est la porte, resserré le chemin menant à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
Méfiez-vous des prétendus prophètes! Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. 
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des ronces ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre produit de bons fruits, mais le mauvais arbre produit de mauvais fruits. 
Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. 
Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. 
C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
(Evangile selon Matthieu, 5:13-20)


Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d'où il vient, ni où il va. C'est aussi le cas de toute personne qui est née de l'Esprit.
(Évangile selon Jean, 3:8)
NDR: Question lancinante: pourquoi l'esprit se met-il une première fois en mouvement, tout au départ? Ce déplacement souvent imperceptible est-il autre chose que ce que l'on nomme la vie ?

Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de votre façon de penser afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. Par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun de vous de ne pas penser haut par rapport à ce qu’il faut penser mais de penser en vue du penser sain, chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée. En effet, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps et que tous les membres n'ont pas la même fonction, de même, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous membres les uns des autres, chacun pour sa part. Nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée.
(Saul de Tarse, 'Saint Paul Apôtre', ~8 - ~64 ; épître aux Romains, 12, 2-6 ; écrit en 56-58) 
NDR : lu à la célébration d'un mariage à Notre-Dame-des-Ardents (Lagny-sur-Marne) le 10/9/2016, 586 ans après la venue de Jeanne d'Arc. 

Les hommes ambitieux de l'emporter sur les autres animaux, doivent consacrer toutes leurs forces, à ne pas traverser la vie en silence, à l'instar des troupeaux, que leur courbure naturelle vers le sol et leur obédience aux ordres de leur ventre, a façonnés. Car toute notre puissance se trouve dans notre esprit. (…) L'une de nos natures nous est commune avec les bêtes féroces, l'autre avec les dieux. D'où il me semble plus logique de chercher la gloire à l'écoute de notre esprit.
(Caius Sallustius Crispus, 'Salluste', 86 - 35 av. J.-C.; De conjurationae Catilinae, 43 av. J.-C.) 

Il est indispensable de reconnaître qu'il n’existe plus de solution de continuité entre le monde « primitif » ou « arriéré » et l'Occident moderne. Il ne suffit plus, comme il suffisait il y a un demi-siècle, de découvrir et d’admirer l’art nègre ou océanien ; il faut redécouvrir les sources spirituelles de ces arts en nous-mêmes, il faut prendre conscience de ce qui reste encore de « mythique » dans une existence moderne, et qui reste tel, justement parce que ce comportement est, lui aussi, consubstantiel à la condition humaine, en tant qu’il exprime l’angoisse devant le Temps.
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; Les mythes du monde moderne, 1953)
Du point de vue de la pensée religieuse, les hiérophanies confèrent structure et orientation au monde, en établissant un ordre sacré. L’espace « profane » de l’expérience non religieuse ne se prête qu’à une subdivision géométrique ; il ne fait aucune « différenciation qualitative et, partant, aucune orientation [n’est] fournie en vertu de sa structure inhérente ». Aussi l’espace profane n’offre-t-il à l’homme aucun modèle de comportement. Au rebours de l’espace profane, le lieu d’une hiérophanie possède une structure sacrée à laquelle l’homme religieux s’efforce de se conformer. Une hiérophanie équivaut à la « révélation d’une réalité absolue, opposée à la non réalité de la vaste étendue environnante ».
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; Das Heilige und das Profane, trad. fr. Le sacré et le profane, 1965)
Nombre de sociétés traditionnelles croient que le pouvoir d’une chose réside dans son origine. Si origine équivaut à pouvoir, alors « c’est la première manifestation d’une chose qui est significative et valable ». Seul le sacré, seule la première apparition d’une chose ont de la valeur, et par voie de conséquence, seule la première apparition du sacré a de la valeur. Le mythe décrit la première apparition du sacré ; c’est pourquoi l’âge mythique est le temps sacré, le seul temps valable. 
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; Mythes et réalité, 1968, p. 34)
L’homme traditionnel n’attache aucune valeur à la marche linéaire des événements historiques ; pour lui, seuls les événements de l’âge mythique présentent de la valeur. Pour donner de la valeur à sa propre vie, l’homme traditionnel crée des mythes et accomplit des rites. Attendu que l’essence du sacré se situe seulement dans l’âge mythique et dans la première apparition du sacré, toute apparition plus tardive équivaudra en fait à cette première apparition ; en re-narrant et en ré-accomplissant les événements mythiques, mythes et rites « réactualisent » ces événements.
Autrement dit, le comportement religieux non seulement remémore les événements sacrés, mais aussi en participe :
« en imitant les actes exemplaires d’un dieu ou d’un héros mythique, ou simplement en relatant leurs aventures, l’homme d’une société archaïque se détache d’un temps profane et réintègre par magie le grand temps, le temps sacré. » Ce phénomène est celui de l'« éternel retour » — qu'il importe de distinguer du concept philosophique d’éternel retour.
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; Mythes, rêves et mystères, 1957, p. 23) 
La notoire conception « cyclique » du temps présente dans la pensée ancienne est attribuée à la croyance dans l’éternel retour. Par exemple, les cérémonies du Nouvel An chez les Mésopotamiens, les anciens Égyptiens, et chez d’autres peuples proche-orientaux remettent en œuvre leurs mythes cosmogoniques. Ainsi, par la logique de l’éternel retour, chaque cérémonie de nouvel an était-il, aux yeux de ces peuples, le commencement du monde. Ces peuples ressentaient, à des intervalles réguliers, le besoin de revenir aux commencements, transformant le temps en un mouvement circulaire.
La soif de persister dans l’âge mythique a pour corollaire une « terreur de l’histoire » : l’homme traditionnel désire se soustraire à l'enchaînement linéaire des événements qu’il considère comme dénué de toute valeur inhérente ou de sacralité. L’abandon de la pensée mythique et la pleine acceptation du temps linéaire, historique, avec sa « terreur », est l’une des raisons de l’anxiété de l’homme moderne. Les sociétés traditionnelles, se refusant à une entière reconnaissance du temps historique, réussissent dans une certaine mesure à échapper à cette angoisse.
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; Le Mythe de l’éternel retour, 1949, chap. 4 ; Mythes, rêves et mystères, 1957, p. 231–245) 
De nombreux mythes, rites et expériences mystiques comportent une « union des contraires » ou « coincidentia oppositorum ». Beaucoup de mythes, « se présentent à nous sous une double révélation » : « Ils expriment d’une part une opposition diamétrale de deux figures divines issues d’un seul et même principe, et destinées, dans beaucoup de versions, à se réconcilier dans quelque illud tempus eschatologique, et d’autre part, la coincidentia oppositorum dans la nature même de la divinité, qui se présente, tour à tour, voire simultanément, comme bienveillante et terrible, créatrice et destructrice, solaire et serpentine, etc. (en d’autres mots, en acte et en puissance). »
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; Traité de l'histoire des religions - Morphologie du sacré, 1949) 
Par cela seul qu’il était une religion, le christianisme dut garder au moins un aspect mythique — le temps liturgique, c’est-à-dire la redécouverte périodique de l’illud tempus des commencements [et] une imitation du Christ comme modèle exemplaire.
(M. Eliade, 1907 - 1986 ; Mythes et réalité, 1968, p. 169) 
Eliade considère la culture des Hébreux, et non celle des zoroastriens, comme la première à véritablement « valoriser » le temps historique, et la première à voir tous les événements historiques majeurs comme les épisodes successifs d’une révélation divine continue. Toutefois, raisonne Eliade, le judaïsme élabora sa mythologie du temps linéaire en ajoutant des éléments empruntés au zoroastrisme — y compris le dualisme éthique, la figure du sauveur, la résurrection future du corps, et l’idée du progrès cosmique vers « le triomphe final du Bien ».
(à propos de M. Eliade, 1907 - 1986 ; A History of Religious Ideas, vol. 1, 1978, p. 302)

Quand un peuple a été détourné de l’accomplissement des rites traditionnels, il est encore possible qu’il sente ce qui lui manque et qu’il éprouve le besoin d’y revenir ; pour l’en empêcher, on lui donnera des « pseudo-rites », et on les lui imposera même s’il y a lieu ; et cette simulation des rites est quelquefois poussée si loin qu’on n’a pas de peine à y reconnaître l’intention formelle et à peine déguisée d’établir une sorte de « contre-tradition ». Il y a aussi, dans le même ordre, d’autres choses qui, tout en paraissant plus inoffensives, sont en réalité bien loin de l’être entièrement : nous voulons parler de coutumes qui affectent la vie de chaque individu en particulier plutôt que celle de l’ensemble de la collectivité ; leur rôle est encore d’étouffer toute activité rituelle ou traditionnelle, en y substituant la préoccupation, il ne serait pas exagéré de dire même l’obsession, d’une multitude de choses parfaitement insignifiantes, sinon tout à fait absurdes, et dont la « petitesse » même contribue puissamment à la ruine de toute intellectualité.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Initiation et réalisation spirituelle, 1952, chap. IV, La coutume contre la tradition)
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Évidemment, de tels êtres ne peuvent jamais être des mécanistes ni des matérialistes, ni même des « progressistes » ou des « évolutionnistes » au sens vulgaire de ces mots, et, quand ils lancent dans le monde les idées que ceux-ci expriment, ils le trompent sciemment ; mais ceci ne concerne en somme que l’« antitradition » négative, qui n’est pour eux qu’un moyen et non un but, et ils pourraient, tout comme d’autres, chercher à excuser cette tromperie en disant que « la fin justifie les moyens ». Leur erreur est d’un ordre beaucoup plus profond que celle des hommes qu’ils influencent et « suggestionnent » par de telles idées, car elle n’est pas autre chose que la conséquence même de leur ignorance totale et invincible de la vraie nature de toute spiritualité ; c’est pourquoi il est beaucoup plus difficile de dire exactement jusqu’à quel point ils peuvent être conscients de la fausseté de la « contre-tradition » qu’ils visent à constituer, puisqu’ils peuvent croire très réellement qu’en cela ils s’opposent à l’esprit, tel qu’il se manifeste dans toute tradition normale et régulière, et qu’ils se situent au même niveau que ceux qui le représentent en ce monde ; et, en ce sens, l’Antéchrist sera assurément le plus « illusionné » de tous les êtres. Cette illusion a sa racine dans l’erreur « dualiste » dont nous avons parlé ; et le dualisme, sous une forme ou sous une autre, est le fait de tous ceux dont l’horizon s’arrête à certaines limites, fût-ce celles du monde manifesté tout entier, et qui, ne pouvant ainsi résoudre, en la ramenant à un principe supérieur, la dualité qu’ils constatent en toutes choses à l’intérieur de ces limites, la croient vraiment irréductible et sont amenés par là même à la négation de l’Unité suprême, qui en effet est pour eux comme si elle n’était pas. C’est pourquoi nous avons pu dire que les représentants de la « contre-initiation » sont finalement dupes de leur propre rôle, et que leur illusion est même véritablement la pire de toutes, puisque, en définitive, elle est la seule par laquelle un être puisse, non pas être simplement égaré plus ou moins gravement, mais être réellement perdu sans retour ; mais évidemment, s’ils n’avaient pas cette illusion, ils ne rempliraient pas une fonction qui, pourtant, doit nécessairement être remplie comme toute autre pour l’accomplissement même du plan divin en ce monde.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, 1945, chap. XL - La fin d’un monde)
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Si l’on veut construire un édifice, on doit tout d’abord en établir les fondations ; celles-ci sont la base indispensable sur laquelle s’appuiera tout l’édifice, y compris ses parties les plus élevées et elles le demeureront toujours, même quand il sera achevé. De même, l’adhésion à un exotérisme est une condition préalable pour parvenir à l’ésotérisme, et, en outre, il ne faudrait pas croire que cet exotérisme puisse être rejeté dès lors que l’initiation a été obtenue, pas plus que les fondations ne peuvent être supprimées lorsque l’édifice est construit.
Nous ajouterons que, en réalité, l’exotérisme, bien loin d’être rejeté, doit être « transformé » dans une mesure correspondant au degré atteint par l’initié, puisque celui-ci devient de plus en plus apte à en comprendre les raisons profondes, et que, par suite, ses formules doctrinales et ses rites prennent pour lui une signification beaucoup plus réellement importante que celle qu’elles peuvent avoir pour le simple exotériste, qui en somme est toujours réduit, par définition même, à n’en voir que l’apparence extérieure, c’est-à-dire ce qui compte le moins quant à la « vérité » de la tradition envisagée dans son intégralité.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Initiation et Réalisation Spirituelle, Villain et Belhomme, Éd. Traditionnelles, Paris, 1974 (3e éd., réimpression), Pp. 74)
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Seulement, il est certaines études qu'on ne peut faire impunément que quand, ayant déjà acquis cette invariable direction intérieure à laquelle nous avons fait allusion, on est définitivement immunisé contre toute déformation mentale ; quand on est arrivé à ce point, il n'y a plus aucun danger à redouter, car on sait toujours où l'on va : on peut aborder n'importe quel domaine sans risquer de s'y égarer, ni même de s'y arrêter plus qu'il ne convient, car on en connaît d'avance l'importance exacte.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Orient et Occident, Chap. III Constitution et rôle de l'élite) 
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Nous avons simplement voulu dire ici ce que nous pensons de l’institution des hauts grades et de leur raison d’être ; nous les considérons comme ayant une utilité pratique incontestable, mais à la condition, malheureusement trop peu souvent réalisée, surtout aujourd’hui, qu’ils remplissent vraiment le but pour lequel ils ont été créés. Pour cela, il faudrait que les Ateliers de ces hauts grades fussent réservés aux études philosophiques et métaphysiques, trop négligées dans les Loges symboliques ; on ne devrait jamais oublier le caractère initiatique de la Maçonnerie, qui n’est et ne peut être, quoi qu’en en ait dit, ni un club politique ni une association de secours mutuels. Sans doute, on ne peut pas communiquer ce qui est inexprimable par essence, et c’est pourquoi les véritables arcanes se défendent d’eux-mêmes contre toute indiscrétion ; mais on peut du moins donner les clefs qui permettront à chacun d’obtenir l’initiation réelle par ses propres efforts et sa méditation personnelle, et l’on peut aussi, suivant la tradition et la pratique constantes des Temples et Collèges initiatiques de tous les temps et de tous les pays, placer celui qui aspire à l’initiation dans les conditions les plus favorables de réalisation, et lui fournir l’aide sans laquelle il lui serait presque impossible de parfaire cette réalisation. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet, pensant en avoir dit assez pour faire entrevoir ce que pourraient être les hauts grades maçonniques, si, au lieu de vouloir les supprimer purement et simplement, on en faisait des centres initiatiques véritables, chargés de transmettre la science ésotérique et de conserver intégralement le dépôt sacré de la Tradition orthodoxe, une et universelle.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Les hauts grades maçonniques, article signé « Palingenius », in La Gnose, mai 1910)
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la doctrine traditionnelle, quand elle est complète, a, par son essence même, des possibilités réellement illimitées ; elle est donc assez vaste pour comprendre dans son orthodoxie tous les aspects de la vérité, mais elle ne saurait pourtant admettre rien d’autre que ceux-ci, et c’est la précisément ce que signifie ce mot d’orthodoxie, qui n’exclut que l’erreur, mais qui l’exclut d’une façon absolue. Les Orientaux, et plus généralement tous les peuples ayant une civilisation traditionnelle, ont toujours ignoré ce que les Occidentaux modernes décorent du nom de « tolérance », et qui n’est réellement que l’indifférence à la vérité, c’est-à-dire quelque chose qui ne peut se concevoir que là où l’intellectualité est totalement absente ; que les Occidentaux vantent cette « tolérance », comme une vertu, n’est-ce pas là un indice tout à fait frappant du degré d’abaissement où les a amenés le reniement de la tradition ?
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Initiation et Réalisation Spirituelle, Chapitre XVII – Doctrine et méthode)
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les sciences de l’ordre cosmologique sont effectivement celles qui, dans les civilisations traditionnelles, ont été surtout l’apanage des Kshatriyas ou de leurs équivalents, tandis que la métaphysique pure était proprement, comme nous l’avons déjà dit, celui des Brâhmanes. C’est pourquoi, par un effet de la révolte des Kshatriyas contre l’autorité spirituelle des Brâhmanes, on a pu voir se constituer parfois des courants traditionnels incomplets, réduits à ces seules sciences séparées de leur principe transcendant, et même, ainsi que nous l’indiquions plus haut, déviés dans le sens « naturaliste », par négation de la métaphysique et méconnaissance du caractère subordonné de la science « physique », aussi bien (les deux choses se tenant étroitement, comme les explications que nous avons déjà données doivent le faire suffisamment comprendre) que de l’origine essentiellement sacerdotale de tout enseignement initiatique, même plus particulièrement destiné à l’usage des Kshatriyas. Ce n’est pas à dire, assurément, que l’hermétisme constitue en lui-même une telle déviation ou qu’il implique quoi que ce soit d’illégitime, ce qui aurait évidemment rendu impossible son incorporation à des formes traditionnelles orthodoxes ; mais il faut bien reconnaître qu’il peut s’y prêter assez aisément par sa nature même, pour peu qu’il se présente des circonstances favorables à cette déviation (*), et c’est là du reste, plus généralement, le danger de toutes les sciences traditionnelles, lorsqu’elles sont cultivées en quelque sorte pour elles-mêmes, ce qui expose à perdre de vue leur rattachement à l’ordre principiel.
(*) De telles circonstances se sont présentées notamment, en Occident, à l’époque qui marque le passage du moyen âge aux temps modernes, et c’est ce qui explique l’apparition et la diffusion, que nous signalions plus haut, de certaines déviations de ce genre pendant la période de la Renaissance. 
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Aperçus sur l’Initiation, chap. XLI)
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D’abord, le symbolisme nous apparaît comme tout spécialement adapté aux exigences de la nature humaine, qui n’est pas une nature purement intellectuelle, mais qui a besoin d’une base sensible pour s’élever vers les sphères supérieures. Il faut prendre le composé humain tel qu’il est, un et multiple à la fois dans sa complexité réelle ; c’est ce qu’on a trop souvent tendance à oublier, depuis que Descartes a prétendu établir entre l’âme et le corps une séparation radicale et absolue. Pour une pure intelligence, assurément, nulle forme extérieure, nulle expression n’est requise pour comprendre la vérité, ni même pour communiquer à d’autres pures intelligences ce qu’elle a compris dans la mesure où cela est communicable ; mais il n’en est pas ainsi pour l’homme. Au fond, toute expression, toute formulation, quelle qu’elle soit, est un symbole de la pensée qu’elle traduit extérieurement ; en ce sens, le langage lui-même n’est pas autre chose qu’un symbolisme. Il ne doit donc pas y avoir opposition entre l’emploi des mots et celui des symboles figuratifs ; ces deux modes d’expression seraient plutôt complémentaires l’un de l’autre (et d’ailleurs, en fait, ils peuvent se combiner, puisque l’écriture est primitivement idéographique et que parfois même, comme en Chine, elle a toujours conservé ce caractère). D’une façon générale, la forme du langage est analytique, « discursive » comme la raison humaine dont il est l’instrument propre et dont il suit ou reproduit la marche aussi exactement que possible ; au contraire, le symbolisme proprement dit est essentiellement synthétique, et par là même « intuitif » en quelque sorte, ce qui le rend plus apte que le langage à servir de point d’appui à l’« intuition intellectuelle » qui est au-dessus de la raison, et qu’il faut bien se garder de confondre avec cette intuition inférieure à laquelle font appel divers philosophes contemporains. [...]   Qu’on n’aille donc pas dire que la forme symbolique n’est bonne que pour le vulgaire ; c’est plutôt le contraire qui serait vrai ; ou, mieux encore, elle est également bonne pour tous, parce qu’elle aide chacun à comprendre plus ou moins complètement, plus ou moins profondément la vérité qu’elle représenter selon la mesure de ses propres possibilités intellectuelles. C’est ainsi que les vérités les plus hautes, qui ne seraient aucunement communicables ou transmissibles par tout autre moyen, le deviennent jusqu’à un certain point lorsqu’elles sont, si l’on peut dire, incorporées dans des symboles qui les dissimuleront sans doute pour beaucoup, mais qui les manifesteront dans tout leur éclat aux yeux de ceux qui savent voir. Est-ce à dire que l’usage du symbolisme soit une nécessité ? Ici, il faut faire une distinction : en soi et d’une façon absolue, aucune forme extérieure n’est nécessaire ; toutes sont également contingentes et accidentelles par rapport à ce qu’elles expriment ou représentent. C’est ainsi que, suivant l’enseignement des Hindous, une figure quelconque, par exemple une statue symbolisant tel ou tel aspect de la Divinité, ne doit être considérée que comme un « support », un point d’appui pour la méditation ; c’est donc un simple « adjuvant », et rien de plus. Un texte védique donne à cet égard une comparaison qui éclaire parfaitement ce rôle des symboles et des formes extérieures en général : ces formes sont comme le cheval qui permet à un homme d’accomplir un voyage plus rapidement et avec beaucoup moins de peine que s’il devait le faire par ses propres moyens. Sans doute, si cet homme n’avait pas de cheval à sa disposition, il pourrait malgré tout parvenir à son but, mais combien plus difficilement ! S’il peut se servir d’un cheval, il aurait grand tort de s’y refuser sous prétexte qu’il est plus digne de lui de ne recourir à aucune aide ; n’est-ce pas précisément ainsi qu’agissent les détracteurs du symbolisme ? Et même, si le voyage est long et pénible, bien qu’il n’y ait jamais une impossibilité absolue de le faire à pied, il peut néanmoins y avoir une véritable impossibilité pratique d’en venir à bout. Il en est ainsi des rites et des symboles : ils ne sont pas nécessaires d’une nécessité absolue, mais ils le sont en quelque sorte d’une nécessité de convenance, eu égard aux conditions de la nature humaine. Mais il ne suffit pas de considérer le symbolisme du côté humain comme nous venons de le faire jusqu’ici ; il convient, pour en pénétrer toute la portée, de l’envisager également du côté divin, s’il est permis de s’exprimer ainsi. Déjà, si l’on constate que le symbolisme a son fondement dans la nature même des êtres et des choses, qu’il est en parfaite conformité avec les lois de cette nature, et si l’on réfléchit que les lois naturelles ne sont en somme qu’une expression et comme une extériorisation de la Volonté divine, cela n’autorise-t-il pas à affirmer que ce symbolisme est d’origine « non-humaine », comme disent les Hindous, ou, en d’autres termes, que son principe remonte plus loin et plus haut que l’humanité ? Ce n’est pas sans raison que le Révérend Père Anizan, au début de l’article auquel nous nous référions tout à l’heure, rappelait les premiers mots de l’Évangile de saint Jean : « Au commencement était le Verbe ». Le Verbe, le Logos, est à la fois Pensée et Parole : en soi, Il est l’Intellect divin, qui est le « lieu des possibles » ; par rapport à nous, Il se manifeste et s’exprime par la Création, où se réalisent dans l’existence actuelle certains de ces mêmes possibles qui, en tant qu’essences, sont contenus en Lui de toute éternité. La Création est l’œuvre du Verbe ; elle est aussi, et par là même, sa manifestation, son affirmation extérieure ; et c’est pourquoi le monde est comme un langage divin pour ceux qui savent le comprendre : « Cœli enarrant gloriam Dei » (Ps. XIX, 2). Le philosophe Berkeley n’avait donc pas tort lorsqu’il disait que le monde est « le langage que l’Esprit infini parle aux esprits finis » ; mais il avait tort de croire que ce langage n’est qu’un ensemble de signes arbitraires, alors qu’en réalité il n’est rien d’arbitraire même dans le langage humain, toute signification devant avoir à l’origine son fondement dans quelque convenance ou harmonie naturelle entre le signe et la chose ou l’idée signifiée. C’est parce qu’Adam avait reçu de Dieu la connaissance de la nature de tous les êtres vivants qu’il put leur donner leurs noms (Genèse, II, 19-20) ; et toutes les traditions anciennes s’accordent pour enseigner que le véritable nom d’un être ne fait qu’un avec sa nature ou son essence même. Si le Verbe est Pensée à l’intérieur et Parole à l’extérieur, et si le monde est l’effet de la Parole divine proférée à l’origine des temps, la nature entière peut être prise comme un symbole de la réalité surnaturelle. Tout ce qui est, sous quelque mode que ce soit, ayant son principe dans l’intellect divin, traduit ou représente ce principe à sa manière et selon son ordre d’existence ; et ainsi, d’un ordre à l’autre, toutes choses s’enchaînent et se correspondent pour concourir à l’harmonie universelle et totale, qui est comme un reflet de l’Unité divine elle-même. C’est à cette correspondance, véritable fondement du symbolisme, que nous avons déjà fait allusion ici même (décembre 1925) ; et c’est pourquoi les lois d’un domaine inférieur peuvent toujours être prises pour symboliser les réalités d’un ordre supérieur, où elles ont leur raison profonde, qui est à la fois leur principe et leur fin. Signalons à cette occasion l’erreur des modernes interprétations « naturalistes » des antiques doctrines traditionnelles, interprétations qui renversent purement et simplement la hiérarchie des rapports entre les différents ordres de réalités : par exemple, les symboles ou les mythes n’ont jamais eu pour rôle de représenter le mouvement des astres, mais la vérité est qu’on y trouve souvent des figures inspirées de celui-ci et destinées à exprimer analogiquement tout autre chose, parce que les lois de ce mouvement traduisent physiquement les principes métaphysiques dont elles dépendent. L’inférieur peut symboliser le supérieur, mais l’inverse est impossible ; d’ailleurs, si le symbole n’était plus rapproché de l’ordre sensible que ce qu’il représente, comment pourrait-il remplir la fonction à laquelle il est destiné ? Dans la nature, le sensible peut symboliser le suprasensible ; l’ordre naturel tout entier peut, à son tour, être un symbole de l’ordre divin ; et d’autre part, si l’on considère plus particulièrement l’homme, n’est-il pas légitime de dire que lui aussi est un symbole, par là même qu’il est « crée à l’image de Dieu » (Genèse, I, 26-27) ? Ajoutons encore que la nature n’acquiert toute sa signification que si on la regarde comme nous fournissant un moyen pour nous élever à la connaissance des vérités divines, ce qui est précisément aussi le rôle essentiel que nous avons reconnu au symbolisme.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; Le verbe et le symbole, Regnabit, janvier 1926)

C'est par la grâce de Dieu que nous avons été prédestinés pour devenir ses enfants adoptifs par Jésus-Christ : c'est elle qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres, qui nous a fait croire en lui, et passer dans le royaume de son Fils bien-aimé. Voilà pourquoi, il dit en saint Jean : « Personne ne peut venir à moi, s'il ne lui est donné par mon Père ». Par elle encore, l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs, afin que notre foi soit animée de la charité.
(A. Augustinus, 'saint Augustin d'Hippone', 354 - 430 ; Des Hérésies, 428-429, édition Guérin) 
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Ce que nous appelons, en effet, religion chrétienne, existait dans l'antiquité; elle remonte au berceau du genre humain; c'est de Jésus-Christ, lorsqu'il revêtit notre chair, que cette religion qui avait déjà le caractère de la vérité prit le nom de chrétienne. Les apôtres, en effet, après avoir vu leur Maître ressuscité et avoir été témoins de son ascension dans le ciel, commencèrent leur prédication; et c'est à Antioche, comme le racontent les Actes des Apôtres, que les disciples déjà nombreux commencèrent à être appelés chrétiens, ce qui explique ces paroles: « La religion chrétienne est aujourd'hui,» non qu'elle n'existât pas auparavant, mais parce qu'elle ne reçut ce nom que dans la suite.
(A. Augustinus, 'saint Augustin d'Hippone', 354 - 430 ; Retractations, livre 1, XIII, 3, in Œuvres complètes de saint Augustin, tome 2, Pp. 31, éd. en 34 vols. 1869-1878)

La troisième période : l’établissement de la doctrine et de la théorie du soufisme.
La fin tragique d’Al-Halladj mettait un point final à la mystique de la rupture. Le soufisme est reconnu et surtout compris grâce aux hautes valeurs spirituelles qu’il propage et aux efforts intellectuels des grands penseurs de cette époque, tout en se cantonnant dans une discrétion qui consiste notamment à ne tenir de propos d’une haute spiritualité qu’à ceux qui sont préparés à les entendre, en respectant, donc, les hiérarchies sociales et culturelles et le degré de compréhension de chacun.
Cette époque a été marquée essentiellement par la prolifération des traités sur le soufisme et notamment par la personnalité de Ghazali (424/1050) le plus grand philosophe du soufisme. Ce célèbre soufi ne se considérait pourtant pas comme un philosophe. Il critiquait plutôt la philosophie grecque et les philosophes de son époque, notamment dans son livre « Tahafut Alfalasifat ». Cela ne l’a pas empêché d’influencer de grands penseurs occidentaux tel que Kant. « Il est très probable que Kant a profité du patrimoine musulman, de la pensée de Ghazali en particulier.. Ce n’est certainement pas un effet du hasard si les deux livres les plus célèbres de Kant « critique de la raison pure » et « critique de la raison pratique » portent des titres qui rappellent ceux de deux livres de Ghazali : « mahak nadhar » (critique de la pensée théorique) et « mizane al a’amal » (l’évaluation de l’action).
Notons également un autre soufi, non moins célèbre que Ghazali, mais qui a vécu à cheval sur la troisième et la quatrième période. Il s’agit bien sûr de Ibn Arabi, Cheikh Al Akbar et kibrite alhamar (le plus grand des maîtres et le souffre rouge), l’homme qui a rédigé plus de quatre cents volumes sur le soufisme. Son œuvre monumentale puise son génie d’une lecture littérale du texte coranique à l’aide d’une connaissance profonde de la langue arabe et ses subtilités. Ibn Arabi était un contemporain du philosophe andalous Ibn Rochd (Averroès). Les relations et les rapports entre ce trio exceptionnel (Ghazali, Ibn Rochd, et Ibn Arabi) méritent une étude à part. Averroès est considéré comme le penseur arabe qui a influencé le plus la pensée occidentale de la Renaissance, voire celle de l’époque dite des lumières. Il est présenté comme un philosophe rationaliste, interprète de Socrate et ayant prêché la séparation des sciences et des disciplines. Ce personnage était avant tout un Faqih (savant en théologie) et juriste. La richesse de sa pensée provient de sa formation en sciences islamiques et de l’apport qu’il a reçu des philosophes et des soufis de son époque. Averroès était pourtant bien irrité par le personnage de Ghazali à qui il reprochait d’être « achaari avec les achaarites, philosophe avec les philosophes et soufi avec les soufis ». Il était surtout déconcerté par la « capacité formidable de Ghazali à mêler les différents domaines de la connaissance … et d’entrelacer leurs objets et leurs formes… ». Ibn Rochd est allé jusqu'à « passer sous silence l’introduction du livre « Al Moukhtasar »… (pourtant) cette introduction complète de la logique est, à notre avis, un événement essentiel dans la pratique interdisciplinaire du patrimoine (musulman)… » (le philosophe Taha Aberrahman, Tajdid Alminhaj, édition m.t.a Casablanca, 1994)
Ibn Arabi quant à lui, a rencontré Ibn Rochd et a assisté à son enterrement. C’était une première rencontre entre les deux hommes illustres : Averroès, un vieillard célèbre par ses savoirs livresques et Ibn Arabi, un jeune homme connu en tant que « wali » (un saint). Contrairement au schéma classique qui veut qu’un homme doit passer par les trois étapes (Charia – tariqa – haqiqa) pour arriver à la réalisation, Ibn Arabi a reçu le « fath » (l’ouverture ou la connaissance gnostique directe) alors qu’il avait à peine dix huit ans. Ce n’est que par la suite qu’il a suivi la tariqa ( la voie spirituelle) et acquit le savoir livresque. Dans son œuvre « Al-Futûhat al-Makkiyya », il raconte sa première rencontre avec Ibn Rochd :
« A mon entrée, le philosophe (Averroès) se leva de sa place, vint à ma rencontre en me prodiguant les marques démonstratives d’amitié et de considération, et finalement m’embrassa. Puis il me dit : "Oui." Et moi à mon tour, je lui dis : "Oui." Alors sa joie s’accrut de constater que je l’avais compris. Mais ensuite, prenant moi-même conscience de ce qui avait provoqué sa joie, j’ajoutai : "Non." Aussitôt, Averroès se contracta, la couleur de ses traits s’altéra, il sembla douter de ce qu’il pensait. Il me posa cette question : "Quelle sorte de solution as-tu trouvée par l’illumination et l’inspiration divine ? Est-ce identique à ce que nous dispense à nous la réflexion spéculative ?" Je lui répondis : "Oui et non. Entre le oui et le non les esprits prennent leur vol hors de leur matière, et les nuques se détachent de leur corps." » 
Les débats entre ces trois illustres personnages du 12/13éme siècle concernaient des thèmes fondamentaux tels que « l’indépendance ou l’interpénétration des sciences » et « la Connaissance entre la pensée rationaliste et celle inspirée par l’âme apaisée ». Force est de constater que ces débats sont tout à fait d’actualité. Ibn Rochd est, en quelque sorte, le père de la pensée moderniste et Ghazali et Ibn Arabi les pères de la pensée post- moderniste.
NDR: Peut-on imaginer une meilleure introduction à la Tétralité et à La Lettre De Ryad que ce dialogue ?

Heureux le moine qui tient tous les hommes pour Dieu, après Dieu.
Heureux le moine qui regarde le salut et le progrès de tous comme le sien propre, en toute joie.
Moine est celui qui est séparé de tous et uni à tous.
Est moine celui qui s'estime un avec tous, par l'habitude de se voir lui-même en chacun.
Quand tu seras parvenu dans ta prière au-dessus de toute autre joie, c'est alors qu'en toute vérité, tu auras trouvé la prière.
(Évagre 'le Pontique', 345-399, Chapitre sur la prière, in Philocalie des Pères neptiques, tome A1, p.98)

Le vrai islam est celui qui nous permet de vivre son esprit et suivre sa Loi n'importe où et à chaque moment du cycle historique, même lors des derniers temps à propos desquels il est dit que l'islam se propagera dans des pays qui n'avaient pas abrité de musulmans jusqu'alors.
Il ne faut pas prétendre non plus que l'islam, pour la seule raison que nous l'avons rencontré maintenant, soit le même que celui du temps du Prophète, ou bien penser que, alors qu'il n'est plus tel en Orient, nous puissions le recréer aujourd'hui en Occident. On dirait que nous voulons fuir les difficultés de la vie, communes à tous les hommes, en nous enfermant dans la tour d'ivoire de notre appartenance traditionnelle pleine d'affinités électives et d'habitudes complaisantes, et en refusant tous les contacts et les devoirs demandés par notre situation humaine, et que nous prétendons faire de nos intérêts traditionnels le pivot de notre activité. Au contraire, nous ne devons refuser ni la vie, ni le monde en soi, mais seulement la vie anti-traditionnelle et le monde moderne. Si ceux-ci représentent des obstacles à notre développement, c'est dans la mesure où nous mêmes, fils de l'Occident moderne, sommes encore profanes. Il nous serait possible de surmonter ces épreuves par un changement intérieur qui devrait être le but de notre aspiration initiatique, de sorte que ce qui nous semblait être des obstacles devienne le support de notre réalisation.
De même, ne serait pas "islamique", dans la méthodologie du soufisme, le rejet des concomitances nécessaires aux expériences de la vie quotidienne et des responsabilités familiales et professionnelles, puisque cette acceptation du destin représente, en dépassant les aspirations et les caractéristiques personnelles, une adhésion plus sincère à la Réalité considérée comme expression de la Volonté divine. [...]
Tous les vrais croyants et pratiquants, parce qu'ils sont soumis à la volonté de dieu, sont des "musulmans", même au sein des communautés Abrahamiques précédentes. (p.87)
(Shaykh Abd-al-Wâhid Felice Pallavicini, 1926-2017 ; L'islam intérieur, 1991 ; une seconde édition augmentée est parue aux Ed. Christian de Bartillat, 2013)

Lorsque tu vois un Ansari (médinois qui ont accueilli le Prophète - sur lui la grâce et la paix) ou une Ansariyya (médinoise) aime-le profondément, même s’il est ton ennemi, et garde-toi de le détester car tu risquerai de quitter la foi.
En effet le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – a dit en croisant une Ansariyya : « Vous m’êtes les plus chers parmi les créatures de Dieu ». Il est également établi que l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – a dit : « La marque de la foi c’est l’amour des Ansars, et la marque de l’hypocrisie c’est la détestation des Ansars ».
Sache que tout homme qui fait triompher la religion de Dieu à n’importe quelle époque fait partie des Ansars et bénéficie des dispositions énoncées par ce hadith. Sache aussi que les Ansars de la religion de Dieu sont de deux sortes : Un homme qui a pris de lui-même l’initiative de faire la triompher la religion de Dieu sans savoir que c’est un devoir pour lui, et un homme qui sait que faire triompher la religion de Dieu est une obligation qui s’impose à lui conformément à la Parole divine : « Ô vous qui avez la foi, soyez les auxiliaires (Ansar) de Dieu. » (Coran, 61/14). Il leur ordonne de faire triompher la religion de Dieu. Cet homme s’acquitte donc de son obligation en faisant triompher la religion de Dieu. Il bénéficie à la fois de la récompense due à l’assistance, et de la rétribution pour l’accomplissement du devoir en formulant l’intention de se conformer à l’ordre de Dieu et à ce qui incombe à lui à ce sujet, même si autrui l’en décharge en assumant cette obligation.
Ne tarde pas donc à accomplir l’ordre de Dieu et à faire triompher Sa cause, grâce à ce que tu as reçu comme science qui rend la vérité éclatante et chasse l’erreur. En effet il s’agit d’un combat (jihad) moral et tangible : il est moral en ce sens que l’intérieur l’accepte car l’âme est le réceptacle de la science et il est tangible dans la mesure où cela se rapporte à l’expression de cette science par la langue et l’écriture. Ainsi, cette science parvient à l’auditeur ou au lecteur, soit à partir de l’écoute de celui qui parle, soit à partir de la lecture du texte. Cela dit, le combat de l’ennemi peut être d’ordre matériel ou d’ordre moral. Pour ce qui est du combat moral, il faut savoir que rien ne touche l’ennemi intérieurement au point de l’arracher à sa propre croyance, de la part du combattant, comme ce qu’il reçoit de la part du savant lorsqu’il l’instruit, surtout si cet ennemi l’écoute et que Dieu lui accorde le succès d’être accepté et d’ouvrir son entendement à ce que le savant lui apporte dans son enseignement. Ce qui constitue le plus grand triomphe pour la cause divine, car ce savant est le plus grand Ansari. Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – dit à l’un de ses compagnons : « Que Dieu guide grâce à toi un seul homme, t’est meilleur que tout ce qui apparaît sous le soleil ! » Or le soleil se lève sur tout savant qui oeuvre en faisant le bien, et tu es meilleur que lui si tu fais triompher la religion de Dieu en instruisant et en enseignant la science. 
(Cheikh Muhyî-d-Dîn Ibn Arabî, 1165-1240 ; Kitâb al-wasâyâ [Le livre des conseils], recommandation 35 : Aime profondément les Ansars ; traduit de l’arabe par Mohamed al-Fateh : Paroles en Or, édition Iqra)

Lorsque l'étudiant, en possession de l'oeuvre de René Guénon (qui lui apporte un exposé synthétique de la doctrine traditionnelle dans ses éléments essentiels communs aux diverses formes), se trouve dans l'impossibilité d'avoir accès à un enseignement complet et détaillé sous la forme propre à la tradition et au courant particulier auxquels il est rattaché ou auxquels il se propose de demander l'initiation, la seule méthode qui convienne est de se concentrer sur l'étude des documents actuellement à sa disposition en se rappelant que seul un effort incessamment poursuivi dans le même sens peut, de par la loi des actions et réactions concordantes, faire surgir l'aide qui lui permettra d'aller plus loin.
(M. Clavelle, 1905-1988 ; in E.T. janvier-février 1957) 

L'existence de la Tradition n'est pas une affaire de croyance mais de certitude, malheureusement incommunicable et à laquelle chacun ne peut arriver que par soi-même ; il en est ainsi pour bien d'autres choses... La question de l'origine de la connaissance intellectuelle pure n'a pas à se poser ; ce n'est pas quelque chose qui est arrivé à un certain moment, cela est dès le commencement.
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; lettre à François Bonjean du 10 mars 1930, citée par Xavier Accart, Guénon ou le renversement des clartés, 2005, p.186)

Ce qui est franchement amusant, c’est le reproche final de « n’être jamais là où l’adversaire voudrait engager le combat » ; s’imagine-t-il donc que la doctrine traditionnelle consent à se reconnaître des « adversaires » et qu’elle peut s’abaisser à des « combats » ou à des discussions quelconques ? Ce sont là d’étranges illusions : dans ce domaine, disons-le nettement, on comprend ou on ne comprend pas, et c’est tout ; c’est peut-être très regrettable pour les philosophes et autres profanes, mais c’est ainsi. Dans ces conditions, il est bien évident que le soi-disant « adversaire » ne pourra jamais faire autre chose que de se débattre dans le vide, et que tous ses arguments porteront inévitablement à faux ;
(R.J.M.J. Guénon, 1886 - 1951 ; compte-rendu du livre de Henri-L. Mieville, Vers une Philosophie de l’Esprit ou de la Totalité, in Etudes Traditionnelles, juillet 1937)

Ne dis pas: « Comment se fait-il que les jours passés aient été meilleurs que ceux-ci? » car ce n'est pas la sagesse qui te pousse à demander cela. (Livre de l'Ecclésiaste, 7.10)

Sème tes graines dès le matin et le soir ne laisse pas ta main en repos, car tu ne sais pas ce qui réussira: est-ce que ce sera ceci ou cela ? Est-ce que l'un et l'autre seront également bons ? (Livre de l'Ecclésiaste, 11.6)