2015/01/02

Conscience Sociale : bilan de la situation internationale fin 2014 et un aperçu de ce que 2015 pourrait nous apporter

Introduction

Le Saker a publié il y a trois jours son rapport de fin d’année 2014. Il s’agit d’une synthèse exclusivement centrée autour de la crise ukrainienne. L’état des lieux est particulièrement sensé, mais je pense que l’analyse peut être élargie ou complétée sur certains points. J’ai donc décidé de reprendre son texte original en anglais, et d’y introduire mes ajouts en français.
By any measure 2014 has been a truly historic year which saw huge, I would say, even tectonic developments. This year ends in very high instability, and the future looks hard to guess. I don't think that anybody can confidently predict what might happen next year.
Le terme essentiel dans la phrase qui précède est “de manière présomptueuse” (confidently), c’est-à-dire prédire avec une certitude absolue. Car le Saker a ensuite détaillé une logique qui l’autorise en conclusion à pouvoir prédire (predict) avec une certitude moindre (80%) certains comportements des acteurs analysés. Ce n’est pas de la prévision (foresee : to sense or know in advance) mais bien de la prédiction argumentée (predict) datée et vérifiable, c’est-à-dire de l’anticipation politique.
So what I propose to do today is something far more modest. I want to look into some of the key events of 2014 and think of them as vectors with a specific direction and magnitude. I want to look in which direction a number of key actors (countries) "moved" this year and with what degree of intensity. Then I want to see whether it is likely that they will change course or determination. Then adding up all the "vectors" of these key actors (countries) I want to make a calculation and see what resulting vector we will obtain for the next year. Considering the large number of "unknown unknowns" (to quote Rumsfeld) this exercise will not result in any kind of real prediction, but my hope is that it will prove a useful analytical reference.
Encore une fois, le terme essentiel dans la phrase qui précède est “à l’image de la réalité” (real), c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de prédire l’ensemble des événements marquants sur la planète en 2015. Il s’agit bien de produire une anticipation politique, qui détermine son cadre d’analyse, et qui nous donne rendez-vous dans 6 mois ou un an pour en vérifier la justesse, afin de l’affiner.

Cette démarche est le fondement qui nous permet d’échapper au sort, de ne pas être réduit à être prisonnier des événements. Elle est valable en tout temps et tous lieux, et est encore plus précieuse en temps de crise, parce qu’il s’agit du meilleur outil méthodologique qui nous reste à disposition, tous les autres ayant faillis.

L'évènement central et les acteurs principaux

A comprehensive analysis of 2014 should include most major countries on the planet, but this would be too complicated and, ultimately, useless.
Encore une fois, le terme essentiel dans la phrase qui précède est “complète” (comprehensive), c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de décrire l’ensemble des évènements de 2014 pour tous les pays majeurs du globe. Nous sommes d’accord, ce serait bien trop fastidieux, et peu utilisable à cause de la longueur du texte à lire. C’est pourquoi l’effort de synthèse est déterminant dans la constitution d’une anticipation politique.
I [the Saker] think that it is indisputable that the main event of 2014 has been the war in the Ukraine.
Partant de ce postulat, le Saker définit les principaux acteurs impliqués dans cette crise localisée et développe une analyse très pertinente. Mais nous devons la cantonner au périmètre de départ, c’est-à-dire la crise ukrainienne.

Notre ambition ici est de prendre davantage de recul pour réaliser une synthèse principalement sous les angles géo-économique et historique, englobant des acteurs dont certains sont naturellement différents du cadre choisi par le Saker.

En effet dans cette perspective géo-économique l’événement marquant de 2014 est le lancement d’un système financier international alternatif au sommet des BRICS à Fortaleza, que nous avions anticipé.

Ce mouvement n’est pas seulement celui d’une dé-dollarisation du système monétaire international. C’est aussi l’expression affirmée d’une dé-américanisation des esprits, de la fin du règne global de la pensée unique des soi-disant élites occidentales.

Cette situation historique exige un repositionnement de l’Europe et de l’axe anglo-américain vis-à-vis de la Grande Asie, face à l’inéluctable retour de balancier de ce que l’on appelle aujourd’hui en géopolitique la puissance, mais – insistons encore une fois sur ce point – laquelle n’est rien d’autre que la résultante du développement de l’esprit des peuples.

La partie d’échecs entre ces deux axes n’a pas attendu la crise ukrainienne pour se révéler. Il s’agit d’un enjeu historique que l’on peut faire remonter au minimum au XVIIème siècle.

Voilà bien nos acteurs majeurs pour cette étude géo-économique : l’axe anglo-américain gouverné par l’état profond transnational et l’axe russo-chinois, qui est le fer de lance du monde multipolaire proposé par les BRICS.

Le tableau suivant résume les influences et alliances de ces deux axes à fin 2014, ainsi que leurs principaux atouts géo-économiques.

 Notes : sur les marchés truqués ; sur le protectorat de l’Allemagne

En 2015 nous estimons que les pays suivants rejoindront graduellement la sphère d'influence de l'axe russo-chinois: Australie, Arabie Saoudite, Turquie, Vatican, Pakistan, Corée du Nord, Corée du Sud, Yémen. La dynamique globale pousse nettement dans cette direction. Pour le découplement du système monétaire international, nous maintenons nos précédentes anticipations (voir ici et ici).

L’offensive géo-économique

La phase actuelle a selon nous commencée en 2007-2008 à l’initiative de l’axe anglo-américain. Exactement comme les crises financières précédentes (1837, 1863, 1873, 1893, 1907, 1913, 1933, Bretton Woods 1944, gold window 1971, crise asiatique 1997, crise des dotcom 2000), il ne s’agissait pour la « banque » que de donner une secousse au bon endroit et au bon moment pour que beaucoup s’écoulent. Il suffit alors de ramasser tout ce que les joueurs avaient misé sur le tapis pour accumuler encore plus de pouvoir – le capital n’étant qu’un instrument du pouvoir.



Intermède: Un témoignage
I had a nice talk with Jack Morgan the other day and he seemed more worried about Tugwell's speech than about anything else, especially when Tugwell said, "From now on property rights and financial rights will be subordinated to human rights." J.P.M. did not seem much troubled over the gold purchasing, and confessed that he had been completely misled in regard to the Federal expenditures. The real truth of the matter is, as you and I know, that a financial element in the larger centers has owned the Government ever since the days of Andrew Jackson — and I am not wholly excepting the Administration of WW — The country is going through a repetition of Jackson's fight with the Bank of the United Stated - only on a far bigger and broader basis.
(F.D. Roosevelt, 1882 – 1945 ; Letter to Col. Edward Mandell House, 21 November 1933 ; in F.D.R.: His Personal Letters,1928-1945, edited by Elliott Roosevelt, New York: Duell, Sloan and Pearce, 1950, p. 373)

Notes: Rexford Tugwell was one of FDRs economic advisors. At the time he was Assistant Secretary of the United States Department of Agriculture.
WW is the president W. Wilson.
Andrew Jackson was president from 1829 to 1837. He was strongly opposed to the Second Bank of the United States, a precursor to the modern Federal Reserve Bank.

[I have published a few months after this article a new one dedicated on this relation between finance and power.]



Cette crise financière déclenchée en 2008 par la faillite décidée (c'est à dire provoquée) de Lehman Brothers fut la première qui devait avoir un impact mondial. Cependant certains joueurs comme la Chine plus informés sur le sens de l’Histoire avaient pris certaines précautions, notamment depuis la crise asiatique, et furent bien moins touchés que prévu. Leur rattrapage économique sur les Etats-Unis, au lieu de ralentir, s’est alors fortement accentué jusqu’à les dépasser fin 2014.

Les offensives géopolitiques de l’axe anglo-américain depuis 2008 (Georgie, printemps arabe, Soudan…) se sont entremêlées avec les passes d’armes géo-économiques entre les adversaires. Depuis le premier sommet BRICS en 2008, l’axe anglo-américain n’a pas voulu croire à la réalité de la constitution accélérée de l’axe russo-chinois, mais seulement de la nécessité de le retarder ou de l’éviter. Cela peut s’expliquer par le fait que reconnaître la réalité de cet axe revenait à reconnaître qu’il n’y avait plus aucune solution pour l’axe anglo-américain. La partie est perdue, et dans la structure sociopolitique du pouvoir en place ces mots font partie de l’indicible, de l’inaudible et de l’inenvisageable.

Un indicateur de la tension géo-économique et de la dé-dollarisation est donné par le montant des bons du Trésor américain détenus par la Fed et par le reste du monde. Les coups de frein de 2008 et 2013 par le "reste du monde" sont manifestes dans les graphiques qui suivent.

En rouge: part de détention des Bons du Trésor U.S. par la Fed;
En vert: part de détention des Bons du Trésor U.S. par les institutions étrangères (banques centrales);
source : conscience-sociale.org avec données St Louis Fed

Détention des Bons du Trésor US négociables confiés par les institutions étrangères à la Fed Bank of NY (en bleu, lhs: montant net ; en rouge, rhs: variation annuelle); Le pic négatif de mars 2014 marque la vente massive d'UST par la Russie suite au coup d'état en Ukraine.
source: conscience-sociale.org avec données St Louis Fed

Un autre indicateur, encore plus important, est celui de la base de l’or métal ou des taux GOFO. Nous avons déjà expliqué l’importance de ce marché et son évolution depuis 2013.

Aucune tactique employée par l’axe anglo-américain depuis 2008 n’a réussi à inverser la tendance. Ceci explique l’annonce de la fermeture à Londres du marché des taux de contrats à terme liés à l’or (GOFO). Celle-ci confirme très clairement notre anticipation en la matière.

La violence de l'attaque monétaire contre la Russie se lit dans le taux d'échange entre l'euro et la monnaie ukrainienne (le hryvnia), même après les premiers accords de cessez-le-feu de septembre 2014, dans ce pays en guerre civile :


Comparons avec le graphique du taux de change entre la monnaie ukrainienne et le rouble d'une part, et entre l'euro et le rouble d'autre part:



Le rouble a fortement chuté face à la monnaie ukrainienne et à l'euro à partir de septembre 2014 (remontée des taux hryvnia/rouble et euro/rouble) ! Bien évidemment, pas une seule bombe n'est pourtant tombée en Russie, pas de crise politique ni sociale ni sanitaire, et un bon nombre de nouveaux contrats massifs sont signés dans cette période. Cela reviendrait à dire que ne pas livrer les navires Mistral et diminuer les capacités d'accès aux dollar US pour quelques crédits en cours aurait un effet immédiat et encore pire qu'une guerre civile.

Il n'est évidemment pas question de se laisser influencer par une manœuvre de propagande aussi grossière. Chacun doit savoir que les cours de change ne sont pas déterminés par des offres et demandes de devises à l'instant t, mais pas des paris sur les taux futurs, parce que l'effet de levier y est très largement supérieur.


Les rumeurs que la Russie aurait bientôt épuisé ses réserves de change, ou que la banque centrale russe ne peut rien contre "les marchés", ça ne tient pas une seconde :

Volume des réserves de change de la Russie, de 1997 à décembre 2014

De plus je note que personne n'a expliqué que grâce à cette crise des changes la Russie a surtout racheté des roubles en les payant en dollar US au meilleur cours, c'est à dire a racheté sa devise aux fondamentaux excellents en payant avec de la monnaie de singe. Une très bonne affaire pour la banque centrale russe ! Ça renverse complètement le point de vue habituel "la Russie a été obligée de vendre ses réserves en dollar pour supporter le cours du rouble". Par contre il est certain que les acteurs de l'axe anglo-américain rêvaient tout grand que la Russie vende une partie de ses réserves d'or dans la panique qu'ils espéraient.
Ils en ont été pour leurs frais.

[Cet article devait initialement être complété sur la crise en Ukraine dans les jours suivants. Nous avons finalement choisi de traiter plus en profondeur les facettes géo-économiques, historiques et morales de l'Occident, qui restent les plus ignorées, et qui sont le terreau pour préparer demain.]


2015/01/01

Former des voeux, un exercice de conscience sociale pour Don Quichotte




"Je vous souhaite de souhaiter. Je vous souhaite de désirer. Le bonheur, c'est déjà vouloir. Comme en droit pénal, l'intention vaut l'action. Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous."
extrait d'une interview, donnée le 1er janvier 1968 sur Europe 1. Jacques Brel, L’Homme de La Mancha, y avait improvisé des vœux de nouvelle année. 





2014/12/31

Pour le réveillons-nous-veaux, gagnons notre liberté


Le réveillon du Nouvel An est une fête. 
Quel meilleur moment pour faire un cadeau ?

Je vous offre le moyen de devenir libre.

Tout commence par l'apprentissage de sa prison. Un prisonnier qui ne reconnait pas sa prison ne pourra jamais se libérer.

Voici une synthèse rapide des caractéristiques d'un état totalitaire, illustrées à partir de 2 exemples dans l'histoire du XXème siècle.

1ère étape, interrogez-vous sur les caractéristiques ci-dessous: dans quelle mesure décrivent-elles le système politique d'un pays occidental de votre choix (France, Allemagne, USA, Japon, UK, Israël...)?




2ème étape, pensez à ce que l'histoire nous apprend du devenir de tout état totalitaire: il ne subsiste qu'au détriment de sa propre population en la dévorant, tant que celle-ci l'accepte.

3ème étape: pensez à l'alternative que nous propose les pays BRICS en termes de voie de développement.

Combien de maux supporterez-vous encore de la part de nos soit-disant élites occidentales?

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Maj le 8/01:
Le célèbre Stiglitz écrit: "how much more pain will Europe have to endure before reason is restored?"

2014/12/03

Why and how negative GOFO really matters

Update: A few hours after this article was published 12/03/2014, LBMA announced its GOFO rates will stop 01/30/2015. As we wrote before, the world gold market is decoupling: the western part is fading quickly, but the eastern part is growing at the same speed. The next victim will be COMEX gold futures market. We can anticipate again a growing internationalized gold futures market in Shanghaï (SHFE International Board) at the same time. 

And remember the gold market is the unspoken foundation of International Monetary System. 

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1- Accurate definitions 

GOFO (Gold Forward Offered) rates are the rates at which Market Making Members LEND gold to forward date on a swap against US dollars. 

GOFO depends also on the spread between the gold forward contract and the gold spot market. 

GOFO rates are submitted at 10:30am and fixed at 11am (London time), LIBOR rates are requested between 11.00am and 11.20am and fixed shortly thereafter. The LBMA since 7/1989 sets GOFO by polling its major bank dealers (Bank of Nova Scotia – Scotia Mocatta, Barclays, Deutsche Bank, HSBC, Goldman Sachs, JP Morgan Chase Bank, Société Générale and UBS, knowing that some of them like Deutsche Bank have recently shut down their gold desk, following the LIBOR and Gold fix scandals).[*] 

GOFO Rates means are given in % using 5 digits but their minimum absolute variation above zero is currently 1/600. 


Sober Look: “As banks and other investors realized that gold prices can indeed drop significantly, many decided to hedge their positions by putting on gold forwards to lock in the price. A gold forward involves a future sale of gold at a fixed price. Whoever sold them the forward becomes long gold for future delivery. The forward provider will hedge her position by borrowing gold (via a lease) and selling it into the spot market. Now the forward provider will receive gold in the future on the forward contract and can deliver it against her lease, and is therefore fully hedged.” 

fofoa: "As long as the GOFO rate is positive, the borrowing of dollars will cost you more debt service than borrowing gold. So it can be said that there is a bid from gold for dollars as long as the GOFO is positive! When it turns negative, it can be said there is NO bid from gold for dollars. 

Remember, a lease is where you "rent out" an asset to derive an income stream. And a swap (like GOFO) is where you need a loan, so you offer an asset as collateral and then YOU pay the income stream to someone else.” 

Source: LBMA

The forward contract is specific to LBM market. It is similar but not strictly equivalent to futures. In the GOFO market central banks are special warehousemen: they store only central banks gold, they can lease this gold to bullion banks, but usually do not sell or buy it in the open market (for instance because of CBGA agreement). In the strict perimeter of gold futures market warehousemen (bullion banks) store your gold but do not lease it. 

To calculate the daily derived gold lease rates (DGLR or usually called GLR), the GOFO rates means are subtracted from the corresponding values of the LIBOR (London Interbank Offered Rates) US dollar means: 

LIBOR minus GOFO = Derived Gold Lease Rate 

LBMA tables use the ‘LIBOR minus GOFO’ label. 

12 month GOFO data serie since 7/18/1989 (green); DGLR (blue); 
Source: Quandl.com ; updated daily [1]

GLOR (Gold Lease Offered Rate) is the daily mean of observed interest rates that central banks ask in order to lease the gold bullions they own. 

DGLR does not represent traded gold leasing like GLOR does. DGLR is a result of a simple arithmetic calculus. During normal market conditions, DGLR is a good enough proxy for GLOR. In this case LIBOR 3M should always be around 10bps (for storage etc) above GOFO 3M : DGLR = 10bps. 

Derived Gold Lease Rates between 1992 and 10/2013 (source

Derived Gold Lease Rates, 2 years moving data series 

We can observe: 1) 09/1999 was the biggest DGLR crisis till today. Explanations: 

In sept. 1999, 1M to 12M GOFO turned strongly negative but only for 2 days. Wednesday 29 Sept. 1999 is until now the only day where 12M GOFO was negative in LBMA history. It was the apex of the 1999 gold crisis : 
source: LBMA

We should note the 1999 gold crisis did not happened only for 2 days. The GOFO chart for this whole year depicts this clearly: observe how GOFO 1M has been divided by more than 2 in 97 and again in 98, before the 1999 crisis: 

GOFO rates, data series for Y1999; 
source: Conscience-sociale.org using LBMA data 

There are several major events to record here : 
  • the announcement of UK gold sale by BoE and Gordon Brown on 7 May 99 (i.e. : a crime of high treason against the english people; or watch this documentary about Brown's Bottom) 
  • the first gold auction on 6 July 1999; and others 16 auctions from July 1999 to March 2002 
  • and the historic first Washington Gold Agreement (CBGA) signed on Sunday 26 September 1999 
2) DGLR has been recorded with negative values during several months since 2009. Here is an explanation : 

Sober Look: “In 2008 during the Lehman bankruptcy lending markets froze. Banks wouldn’t lend to each other, and gold (the ultimate form of collateral) became a much more valuable asset to have on a balance sheet – increasing the cost to borrow gold dramatically. 

Lease rates stayed elevated through the first quarter of 2009, coincidentally the stock market bottomed at the same time, when the Fed inundated markets with liquidity and counterparty risk dropped. With counterparty risk no longer an issue, banks quickly began raising cash reserves in order to shore up their balance sheets. This pressure for bank liquidity was especially acute in Europe during the sovereign debt crisis. One of the easiest ways for banks to raise capital was lending out their gold. With all the banks trying to do this at the same time, it created a surge of gold available for borrow with little increase in demand. This ultimately pushed lease rates into negative territory, creating the perverse situation where traders were paying for another counterparty to borrow their gold. Now that balance sheets have been sufficiently capitalized, the gold leasing market has normalized with 3-month rates now trading around 15bps.” 

The most important here, because GOFO rates are near zero or lower these days, is that LIBOR, GOFO, DGLR are each means of offered prices. They are not individual bid or ask prices. Rigorously speaking, no gold basis or gold backwardation status (i.e. negative basis and positive cobasis) can be calculated using only them. But they are still useful as we will see. 

2- On The Road Towards Permanent Gold Backwardation in the West

Fekete has explained since a long time why permanent gold backwardation is the worst case scenario. 

Weiner has explained how temporary gold backwardation is deepening towards permanent gold backwardation. 

An example of full backwardation (as defined by the distorted rates curve) occurred in March 1998 in the London silver market, when W. Buffet decided to take delivery of at least 110MM ounces. The following figure shows the SIFO term structure evolution during the months towards full backwardation. 


The silver forwards rates are used here as a proxy for monitoring backwardation. It was more convenient and more readily available but also more approximate than the academic silver futures basis, until SIFO release was stopped

Fofoa has summarized how gold is withdrawn from the market during backwardation: “Only with a negative GOFO rate, you retain [at the end of the swap contract] control of the gold PLUS you receive the income stream coming in, so why instead would anyone LEASE their gold in this backwardation scenario? 

For that matter, why would you even SWAP your gold in this scenario? Unless, perhaps, you were desperate for dollars and you were swapping your gold with someone you knew for a fact would hold it safe for you and do nothing else with it.” 

But nowadays even central banks can make gold disappear without warning... 

Sandeep Jaitly has discussed the calculation of the gold basis using GOFO bid and offered prices in this essay

From our point of view, we can use publicly available GOFO as a trend or proxy signal for gold backwardation because : 

1) It seems that, on a very long timeframe, GOFO rates did not follow the same mostly always decreasing trend as did gold bases. But since 11/2011, they do. 

source and details (I've added the scale of the axes into the original chart) 

2) Since 1989, when GOFO 12M values become lower than 0,095 this has always been correlated with observed temporary backwardation for 1M contract (or worse) during the same week, as calculated using gold basis and cobasis. 

GOFO rates and "Paul's channel" with zoom till 12/02/2014; 
LBMA data compiled by conscience-sociale.org; 

This chart is updated frequently in our original article

What is remarkable is the way the purple line is drown (the bottom part of the channel), joining 4 key points of GOFO 12M curve:[2]
  • The 3 record lows : 05/22/2013, 05/06/2014, 12/01/2014 
  • And the value zero on 12/31/2014, the date of the end of G20 ultimatum to the US Congress to vote the negociated 2010 reform of IMF 
From this trend, we can anticipate when 12-month GOFO Rate will become negative (see channel above with yellow line and purple dash line). It will be the second time since the opening of western gold futures (or Gold forward) market. I've discussed this anticipation in this article and the first main consequences in this one

3- Beyond the screwed Gold Basis

a) The chartist way

Waiting for gold basis calculated using SGE futures international prices in renminbi instead of COMEX data, we can use the GOFO chart below to observe correlation between GOFO values, DGLR, geopolitical and monetary big events.

Source: conscience-sociale.org

This high definition picture allows to zoom (at the bottom) on events and key dates since 01/2010, together with some key DGLR values, record high or low. 

It is important to understand that because of ZIRP trap, the LIBOR rates cannot grow again above 0.5% like they did starting from 2004. Fed has lost this weapon for the next 2 decades (in US dollar life expectancy this means: forever), and cannot use it to sustain DGLR.

b) The basisGOFO way

What is the relation between Gold Basis and GOFO rates ? The answer is basisGOFO. 

Let’s follow Fekete’s questions

(1) What is the relation between LIBOR and LIBBR ? 

LIBBR is also called LIBID. 

LIBID (London Interbank Bid Rate) is the average of overnight interest rates for which banks accept deposits from others banks. It is published in the same time than LIBOR. 

For LIBID there is no formal fixing process, and it is supposed during normal market conditions that 

LIBID = (LIBOR – 0.125%) 

This means a difference of 1/8 base points. (source


(2) What is the relation between GLOR and GLBR 

GLBR (Gold Lease Bid Rate) is the daily average of interest rates that buyers want to pay to grab leased gold bullions; 

GLOR (Gold Lease Offered Rate) is the daily average of interest rates that market participants want to lease the gold bullions they own. 

During normal market conditions, these rates are observed with a 20 bps spread usually (source: LBMA/LPPM, page 21

This means GLOR = (GLBR – 0.20%) 

For GLOR and GLBR there is no formal fixing process. Instead, LBMA calculates daily a weighted average of GOFO rates. 

This calculation excludes the higher and the lower rates, as for LIBOR (this means they could be rigged the same way as LIBOR). 

Knowing the 20 bps spread discussed above, we can approximate the following values for GLBR and GLOR : 

GLBR = (average GOFO + 0.1%) 

GLOR = (average GOFO – 0.1%) 

“Average GOFO” is the currently published GOFO in this simplified model. 

We can then calculate the "refined GOFO" (I call it basisGOFO) during normal market conditions.

basisGOFO = LIBOR - GLBR = LIBOR - average GOFO – 0.1  


(3) What is the relation between GOFO and COGOFO? 

Knowing the LIBOR/LIBID spread above, we can calculate COGOFO (I call it cobasisGOFO) during normal market conditions.

cobasisGOFO = LIBID - GLOR 
cobasisGOFO = LIBOR – 0.025 - average GOFO 
cobasisGOFO = basisGOFO + 0.075 
cobasisGOFO = DGLR – 0.025  


(4) Can COGOFO go negative, and if so, what does it mean? 

Negative cobasisGOFO implies basisGOFO < -0.075 or DGLR < 0.025 during normal market conditions. 

Positive basisGOFO implies DGLR > 0.1 during normal market conditions. 

If you have access to LIBID, GLBR, GLOR exact historical data then you can determine much more precisely the trend of (co)basisGOFO during market crisis like nowadays, and explain movements between US dollar and gold, and the scarcity of each of them on the market. In short: at which extent each of them is used as a store of value. 

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[*] This procedure might change in 2015. [update: it has just been officially announced]

[1] The value used here for 07/31/2013 is questionable because Quandl.com has not refreshed the data they have downloaded from LBMA. 
As I wrote 10/28/2013: some values on the official GOFO page have interestingly been modified for the day 07/31/2013 since October 2013. July 31 was Comex August gold futures first notice day (see the gold futures calendar).
Previously we could read the following values for GOFO rates : 
31-Jul-13 -0.04833 -0.03333 -0.01167 0.06167 0.18000 
Now we can read : 
31-Jul-13 -0.04833 -0.04667 -0.03500 -0.01500 0.02000 
LIBOR data have also been modified accordingly for that day. 
Of course, LBMA does not support any commitment about the values displayed on its web site, and about any update which can occur at any position. We have never expected more from a financial services association.

[2] The record low on 31/07/2013 is not included but the reliability of this data is questionable (see note 1)

2014/11/22

Le Référendum des Suisses sur l’Or : une Bonne Idée aux Conséquences Imprévues

Je publie ici la traduction en français que j'ai faite de l'article de Keith Weiner, "Swiss ‪Gold‬ Initiative: Good Idea With Unintended Consequences" publié cette semaine sur Forbes.com, avec l'autorisation de l'auteur.

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Il se prépare en ce moment une initiative très intéressante en Suisse, sous la forme d’un référendum qui vise à imposer à la Banque Nationale Suisse (BNS) de maintenir 20 % de ses réserves en or. Les électeurs se prononceront le 30 novembre. Je ne cherche pas prédire le résultat du vote, mais je veux discuter ici de l'impact probable en cas de victoire du oui.

La plupart des analyses sur cette initiative porte sur le prix de l'or. Une prédiction typique est que ce dernier va monter, puisque l'achat d’or de la BNS excéderait l'offre. Cependant Mike Shedlock note que, "Quasiment tout l'or jamais extrait est disponible ...". En effet l'or est infiniment recyclable. La demande de la BNS serait faible par rapport aux stocks d'or présents à travers le monde, et c’est pourquoi le prix ne variera pas beaucoup. Shedlock ajoute: "Il est tout à fait possible que les achats de la BNS pourraient modifier de manière significative les perceptions ...". Je suis d'accord que le sentiment du marché est mûr pour basculer.

Le prix n’est pas une perspective très intéressante, sauf si vous êtes un trader sur le marché de l’or. Il est beaucoup plus important de noter que le référendum propose le premier changement monétaire positif depuis des décennies. Il réintroduit un lien entre l'or et l’activité bancaire, et impose un obstacle à la dévaluation monétaire. Pour cela, les Suisses sont des héros.

Il existe une faille critique dans notre système de devises flottantes. Chaque actif financier est une dette portée par quelqu'un. Lorsqu’une devise varie, elle crée des gagnants et des perdants. Les grands mouvements peuvent nuire aux banques dont les portefeuilles de prêts sont situés dans d’autres pays.

C’est pourquoi la BNS ne permet pas actuellement que l'euro chute en dessous de 1,2 francs. Pour maintenir cette parité, la banque centrale vend des francs et achète des euros. Il n'y a aucune limite à cette dévaluation du franc délibérée, qui dépouille les épargnants suisses, les investisseurs et les entreprises.

Les grands exportateurs comme Swatch et Nestlé peuvent avoir exercé des pressions pour un franc suisse plus faible, dans l'espoir de rendre leurs produits plus compétitifs, mais ce n’est qu’un aspect annexe. Le but réel de la dévaluation du franc est de protéger les banques suisses de la dévaluation de l'euro. Elles sont vulnérables, parce qu'elles accordent beaucoup de prêts hors du pays. Ils ont des actifs libellés en euro et les passifs libellés en franc suisse. Ils subissent des pertes lorsque l'euro chute, ou que le franc monte.

Deux exemples permettent d'illustrer le problème. Tout d'abord, imaginons que Jens en Allemagne emprunte un million d'euros auprès du Crédit Suisse. Alors que l'euro chute, Jens rembourse la banque en euro dont la valeur est de plus en plus petite. Sur les livres de compte en franc suisse du Crédit Suisse, la valeur du prêt chute comme une pierre. Jens est heureux, mais le Crédit Suisse ne l’est pas.

Ensuite, regardons Adriana en Italie qui emprunte aussi de l'argent, mais pas en euro. Elle obtient un million de francs suisses d’UBS. Alors que l'euro chute, Adriana le ressent comme un franc en hausse. Son paiement mensuel monte de plus en plus. UBS est heureux, au moins au début, parce que le prêt d’Adriana est en francs. Cependant Adriana se retrouve coincée. Quand elle ne peut plus rembourser, alors UBS devient aussi malheureux que le Crédit Suisse.

A chaque fois, le capital des banques suisses s’érode. Si l'euro chute suffisamment, alors les banques pourraient faire faillite. Seulement, ils savent où est la limite, et ce n’est probablement pas trop loin sous de la parité actuelle de 1,2 francs.

En cas de victoire du oui, les déposants des banques suisses ne vont pas ressentir la douleur causée par la devise, au premier abord. Ils sont heureux de posséder des francs suisses, surtout si le franc est à la hausse. Au lieu de cela, ils devraient se soucier des conséquences inattendues de la fin de l’ancrage à l'euro. Leur franc fort ne sera pas bienvenu dans le cas d'insolvabilité bancaire.

Malheureusement le régime du papier-monnaie impose un dilemme amer au peuple suisse. Ils n’ont que le choix entre des pertes lentes par la dévaluation ou des pertes totales par la faillite. Ils méritent une meilleure option, celle d’une feuille de route concrète vers l'étalon-or.

Il est formidable que le peuple suisse lutte pour se rapprocher de l'or. Je suis un ardent défenseur de l'étalon-or, et je tiens à applaudir mes amis suisses. Pourtant, je dois les mettre en garde aujourd'hui. Je me rends compte qu'ils ont dépensé beaucoup d'argent et de capital politique pour arriver jusqu'ici, mais je ne veux pas gagner cette bataille et perdre la guerre. Ils ont besoin d'une nouvelle initiative populaire, qui prenne en compte les prêts des banques libellés en euro.